La bibliothèque de l’Université Cornell vient de bénéficier d’une subvention de la Simons Foundation pour assurer la viabilité d’ArXiv, l’archive ouverte de référence en sciences. En janvier 2010, la bibliothèque avait attiré l’attention de la communauté scientifique internationale sur la nécessité de trouver un financement pour assurer le fonctionnement et l’évolution de l’archive. Plus de 300 000$ avaient été trouvés dans l’année, auprès des universités et établissements de recherche les plus utilisateurs de l’archive.
Cette subvention, d’un montant de 60 000$, financera le travail sur le modèle économique de l’archive, et sur sa viabilité à long terme ; elle vise en effet à :
“- développer un ensemble de principes de fonctionnement pour arXiv et solliciter l’avis d’acteurs-clé
- affiner le modèle économique institutionnel et le prévisionnel budgétaire
- déterminer un modèle de gouvernance et des règles définissant clairement les rôles et les responsabilités de la bibliothèque et de ses partenaires
- mettre en place un premier conseil de gouvernance, reflétant les niveaux de contribution financière des principaux acteurs et la communauté scientifique”
Elle vient s’ajouter aux contributions annuelles des établissements.
Le site arXiv support fournit des informations très détaillées sur le montant des contributions, sur les statistiques d’usage et sur les coûts de fonctionnement.
[photo : Jsome1]
Archive pour la catégorie 'Archives Ouvertes'
Une subvention pour la gouvernance d’ArXiv
Publié 07/11/2011 Archives Ouvertes , Business Laissez un commentaireCR : Publications scientifiques et financement européen
Publié 20/03/2011 Archives Ouvertes , Confs & journées d'études , Open Access Laissez un commentaireJ’ai assisté cette semaine à la matinée d’étude “Publications scientifiques et financement européen” organisée par Couperin pour présenter les initiatives de la Commission Européenne sur le sujet, et plus particulièrement le projet OpenAIRE.
La manifestation était de qualité, j’en retiens plus particulièrement 2 temps :
Keynote : Reconstruire la République des sciences par le libre accès : responsabilités et évaluation des chercheurs – Jean-Claude Guédon
Pour JCG, la Science est une « grande conversation ». Les associations savantes, les éditeurs, les bibliothécaires soutiennent cette « grande conversation », en diffusant l’information scientifique. Il fait les constats suivants sur la diffusion en libre accès :
- L’Open Access a rencontré beaucoup de succès depuis sa naissance en 2001-2002 : il existe de + en + d’archives institutionnelles, et plus de 5000 revues en OA sont recensées par le DOAJ. Un mouvement qui prend de l’ampleur, mais qui hésite sur la suite.
- Une faiblesse : le déséquilibre qui demeure entre le rôle des bibliothécaires (très positif, mais qui manque de légitimité) et la logique des chercheurs (relativement indifférents aux nouveaux usages mis en avant par les bibliothécaires)
- Malgré ces progrès, l’intérêt des chercheurs demeure pour les revues prestigieuses, et pas pour les revues en OA de visibilité moyenne (PLoS, Biomed Central), en raison de leur utilisation comme élément d’évaluation de la carrière des chercheurs.
Comment faire avancer les choses ? Vraisemblablement en faisant évoluer les métriques utilisées pour l’évaluation des chercheurs.
Si on prend le cas du facteur d’impact – de plus en plus détourné de son usage initial (l’évaluation des revues) pour évaluer les chercheurs – on voit que, à l’instar des pratiques utilisées en athlétisme pour la course de sprint, où les temps sont désormais calculés au centième de seconde, le facteur d’impact a lui aussi 3 décimales : on a augmenté artificiellement sa valeur pour créer de la compétition, du spectacle. Du coup, comme en athlétisme, on voit émerger des « champions » de la recherche, et du « dopage » : certains n’hésitent pas à adapter leur production scientifique à la métrique (voir des exemples d’articles retirés et autres malversations intellectuelles sur le site Badscience), qui agit comme une « stéroïde intellectuelle ». L’évaluation de la qualité générale de la science doit pouvoir se faire en dehors des « champions de la métrique » : de nouvelles formes d’évaluation peuvent s’élaborer avec l’Open Access ; on peut imaginer par exemple de mesurer un facteur d’éducation, un facteur social… Cela permettrait de reconstruire le jeu de la concurrence scientifique de façon plus saine, d’articuler la quête de l’excellence à la quête de la qualité. Plusieurs pays se sont démarqués de cet indicateur et ont bâti leurs propres métriques, notamment en Amérique Latine avec SCIELO.
Table-ronde – Rendre les travaux librement accessibles : quel intérêt pour un chercheur ?
Il a été demandé aux 4 intervenants – des “power users” de Hal, issus de différents organismes de recherche, qui déposent beaucoup – comment ils percevaient leur plateforme :
- Importance de Hal pour repérer la littérature grise : le fait que Hal héberge d’autres types de documents que les articles (thèses, rapports…) est très apprécié : il permet de mettre en valeur facilement toutes les publications sur un projet, ainsi que de collaborer sur des documents non publiables (cas d’un document de travail alimenté en commun dans le cadre d’un projet européen)
- Intérêt principal pour le chercheur : avoir la liste complète de ses publications à un seul endroit, et pouvoir l’utiliser pour alimenter une page perso, ou la page de son laboratoire.
- Hal est un moyen de mettre sa production à disposition du public (qui n’a pas forcément accès aux revues en ligne dans lesquelles la recherche est publiée), mais pas un système de validation (ce rôle reste celui de la revue). C’est un auxiliaire utile, mais pas un outil de travail principal.
- Forte utilisation de Google ou Google Scholar comme point d’entrée dans une recherche, les chercheurs se tournent vers les bases de données spécialisées à partir du moment où ils veulent citer des articles. Hal n’est pas utilisé comme moteur de recherche.
- Le fait que les dépôts dans Hal soient assez rapidement indexés par Google Scholar est un vrai plus pour se faire connaître et de se faire citer.
- Hal est devenu petit à petit un outil partagé par les chercheurs, un point commun entre différentes institutions, toutes disciplines confondues.
- En ce qui concerne les améliorations souhaitées : plus d’automatisation pour repérer les travaux publiés dans les bases des éditeurs et demander aux auteurs de déposer, une compatibilité avec d’autres outils que Pubmed et ArXiv ; Endnote est cité.
[photos : Vestman, Waltarrrr]
Je relaie bien volontiers aujourd’hui ce communiqué de l’équipe d’E-LIS, l’archive ouverte internationale spécialisée en sciences de l’information et des bibliothèques :
E-LIS a migré sur D-SPACE
L’AePIC CILEA – Consorzio Interuniversitario Lombardo per L’Elaborazione Automatica – le consortium universitaire italien qui héberge et assure la maintenance technique d’E-LIS, a proposé en 2010 de passer d’EPrints à DSpace. L’équipe d’E-LIS a accepté cette proposition, et la migration a eu lieu entre décembre 2010 et janvier 2011, grâce à l’excellent travail de l’équipe de Susanna Mornati et d’Andrea Bollini. La migration est terminée, il reste jusque quelques améliorations à apporter à l’interface utilisateur, qui vont être effectuées au cours des semaines qui viennent. Nous avons conscience du fait que ce changement peut causer quelques difficultés aux utilisateurs habitués à déposer dans EPrints. Nous vous invitons, si c’est votre cas, à nous contacter via la liste de diffusion [http://groups.google.com/group/e-lis-e-prints-in-library-and-information-science] pour obtenir de l’aide dans le processus de dépôt.
De nouvelles organisations soutiennent E-LIS
Nous sommes heureux de vous annoncer qu’E-LIS est dorénavant soutenu par un plus grand nombre d’institutions :
- le CILEA via l’équipe AePIC, gérée par Susanna Mornati, qui apporte son soutien technique à E-LIS depuis janvier 2003
- la FAO (ONU) via son équipe FAO AIMS, gérée par by Johannes Keizer, engagée dans E-LIS depuis 2010
- DURASPACE qui rejoint E-LIS en 2011.
Vous trouverez plus d’informations à ce sujet ici : http://eprints.rclis.org/cms/support
Une nouvelle gouvernance pour E-LIS
E-LIS est un projet à but non lucratif organisé, géré et maintenu par une équipe internationale de bibliothécaires d’horizons différents. La force de cette archive institutionnelle réside dans ses 60 éditeurs nationaux, issus de 44 pays, qui prennent en charge le contrôle qualité des métadonnées des documents auto-archivés par leurs auteurs, ainsi que le respect des politiques de soumission et de copyright. E-LIS dispose de 5 éditeurs régionaux qui interviennent en appui aux éditeurs nationaux pour assurer le bon fonctionnement du processus de dépôt et pour coordonner leur travail. Ce travail éditorial est effectué sous la houlette d’un comité de rédaction (Executive Board), qui gère les décisions politiques, les partenariats, les nouvelles actions, les collaborations et tout autre sujet intéressant E-LIS. Le comité de rédaction est composé de 2 rédacteurs en chef (chief executives), de 2 représentants de l’équipe éditoriale, de 2 représentants du CIEPI – International Centre for Research in Information Strategy and Development – qui est l’association créée par les membres d’E-LIS pour représenter administrativement et juridiquement les intérêts d’E-LIS – et de 2 représentants techniques expérimentés dans l’utilisation de DSpace. En complément de cette structure s’ajoute un organe de conseil (advisory board), formé par les institutions et les individus qui soutiennent E-LIS.
Vous trouverez plus d’information à ce sujet ici : http://eprints.rclis.org/cms/governance
Enfin, cette année est celle du 8ème anniversaire d’E-LIS !
Pour finir, je voudrais remercier, de la part de toute l’équipe d’E-LIS, la communauté des sciences de l’information et des bibliothèques, qui nous a fait confiance jusqu’ici.
Cordialement,
Imma Subirats
E-LIS Chief Executive and Co-Founder
E-LIS, E-prints in Library and Information Science
http://eprints.rclis.org/
En janvier dernier, l’Université de Cornell faisait savoir à la communauté qu’elle ne pouvait plus assumer seule le fonctionnement d’ArXiv, l’archive ouverte de référence dans le domaine de la physique et des disciplines associées, et qu’elle allait demander une contribution aux établissements les plus utilisateurs du service.
Où en sommes-nous 10 mois après ? Selon cet article du Chronicle, Cornell pourrait d’ores et déjà compter sur environ 300 000$ de contributions, émanant de 85 institutions. Mais cela risque de ne pas suffire : d’après Anne Kenney, la bibliothécaire de l’Université, les coûts de fonctionnement et d’évolution du service pourraient avoisiner annuellement le demi-million de dollars. La question du modèle économique de cette archive, et des archives ouvertes en général, reste donc posée.
[photo : sonicfour]
Rendre les archives intitutionnelles + attractives
Publié 12/11/2010 Archives Ouvertes 1 Commentaire
Pour inciter les chercheurs à déposer dans des archives ouvertes, il y a les mandats institutionnels. Mais il pourrait y avoir aussi une évolution des fonctionnalités et/ou des types d’archives disponibles. Dans ce post, M. Fenner liste une série de possibilités d’enrichissement, essentiellement dans le domaine biomédical :
- L’hébergement de sets de données de recherche
- La création d’une archive disciplinaire pour la recherche biomédicale : en effet, PubMed Central et UK PubMed Central n’accueillent que les articles qui ont été financés par certains organismes.
- La création d’une archive pour les pré-publications d’essais cliniques, un peu comme ArXiv le fait pour la physique.
- Le fait que plus d’éditeurs autorisent l’auto-archivage
- Une intégration des archives dans le processus de soumission des articles
- Une intégration dans l’annuaire de la recherche des institutions (cf BibApp)
- L’usage d’un identifiant unique pour l’attribution des citations (cf ORCID, dont MF est l’un des principaux promoteurs).
[photo : alex_ark_55_55]
L’OA « vert » n’est pas la panacée
Publié 25/07/2010 Archives Ouvertes , Open Access Laissez un commentaire
“La voie “verte” vers le libre accès est simple : pour chaque article de revue scientifique, il faut qu’au moins un des auteurs fasse le nécessaire pour s’assurer que l’article en question est accessible en ligne librement, où que ce soit. Ils peuvent le déposer dans PubMed Central, ou bien mettre le pdf ou leur propre version de travail sur leur site web. Cependant, la méthode préférée de nombreux défenseurs du libre accès “vert” reste le dépôt dans une archive institutionnelle : chaque bibliothèque universitaire gère sa propre base de données des publications des chercheurs qui y sont affiliés. C’est effectivement une solution au problème de l’impossibilité d’accès aux articles que l’on souhaite lire.
Ca va vous paraître une hérésie, mais le problème de l’accès n’est pas intéressant. Les éditeurs commerciaux butés ont raison quand ils disent que la plupart des gens peuvent lire la plupart des articles qui les intéressent. Oui, cela signifie envoyer des messages aux auteurs, pirater entre amis, et emprunter des mots de passe, et oui, c’est un vrai problème, et non, les éditeurs commerciaux n’ont aucune excuse pour ne rien faire contre ça. Mais ce n’est plus un problème intéressant. Nous laisser lire un article librement, sans avoir à se connecter ou à harceler l’auteur au bout de 12 mois, ce n’est pas une révolution.
Il y a d’autres problèmes tout aussi ennuyeux dans le domaine de la publication scientifique que le libre accès “vert” ne résout pas. Comme par exemple trouver comment les bibliothèques universitaires peuvent échapper aux éditeurs parasites (ceux qui ne jurent que par l’accès sur abonnement), qui sont en train de tuer à petit feu leurs hôtes sans défense. Le libre accès “vert” envoie à ces éditeurs parasites le message qu’ils peuvent continuer à vider les bibliothèques de leurs budgets en leur vendant des bouquets d’abonnements à des revues de faible qualité que peu de gens veulent lire, du moment qu’ils ouvrent l’accès aux articles au bout de 12 mois.
C’est maintenant, alors que les bibliothèques sont confrontées à leurs plus grandes restrictions budgétaires depuis le début de la crise, le moment idéal pour qu’elles aient le cran d’intervenir, de dire “non”, et de se débarrasser de ces parasites une bonne fois pour toutes, avant que quelqu’un n’arrive et ne les bâillonne derrière un énorme sparadrap. Les étudiants devraient se révolter en apprenant qu’ils vont devoir se passer de manuels et d’ordinateurs parce que leurs bibliothèques préfèrent dépenser plusieurs dizaines de milliers d’euros pour un bouquet d’obscures revues de seconde zone. Au lieu de cela, nous sommes distraits par le libre accès “vert”, parce qu’on nous dit que c’est de cela que la recherche a désespérément besoin.“
Joe Dunkley dans “Green is no goal“, sur Journalology. Il évoque ensuite les “vraies révolutions” pour la recherche : la diffusion ouverte de données dans des formats structurés (il cite l’exemple de ce qui a été fait en génomique), et l’open notebook science (la science “ouverte”, dont les partisans diffusent librement leurs travaux, recherches et expérimentations en cours, en toute transparence), susceptible de modifier profondément selon lui la manière de faire de la recherche.
[photo : gfpeck]
Extrait de l’interview de Claudio Aspesi, analyste financier à propos des évolutions possibles pour Elsevier, par Richard Poynder sur son blog Open and shut ? – je vous conseille de le lire en entier, si vous vous intéressez aux questions de doc électronique – :
“RP: Dans un rapport publié en mars, vous disiez “Reed Elsevier semble nier l’ampleur du problème pouvant affecter l’édition scientifique, et une approche plus en profondeur sur cette question serait la bienvenue.” Pouvez-vous nous en dire plus sur ce à quoi vous faites allusion ?
CA: Si – et je tiens à souligner le “si” – les contraintes budgétaires sur les bibliothèques universitaires résultent en plusieurs années de faible augmentation, voire d’absence d’augmentation des revenus, les éditeurs devront, au minimum, réduire fortement leurs coûts de production.
Si les contraintes budgétaires conduisent à des suppressions massives de contrats de type “big deal”, et à une offre de nouveaux contrats à 20-30% de dépenses en moins, les éditeurs auront l’obligation de s’adapter. Aussi longtemps que les gestionnaires sembleront croire (si l’on en juge leurs déclarations publiques) qu’il n’y a aucune probabilité pour que leurs revenus restent inchangés pour les nombreuses années à venir, il faudra se demander s’il existe un plan B, qui en est responsable, et quel type d’événement pourront le déclencher.
Il y a également le fait que les arguments qu’Elsevier a mis en avant par le passé à propos de l’OA ne sont pas convaincants : par exemple, quand Reed Elsevier affirme que l’OA est voué à l’échec à cause du besoin de validation par les pairs, la société ignore le fait que la plupart des partisans de l’OA soutiennent la dissemination de cette validation.
RP: Je pense que ce que vous dites, au fond, c’est que le groupe est en déni face à l’Open Access (OA), et à son impact probable sur sa rentabilité future. En quoi l’OA est-il une menace pour l’avenir d’Elsevier ?
CA: L’OA n’a pas besoin d’être une menace. En fait, je pense qu’un passage vers l’OA “en or” (Gold OA) pourrait être bénéfique à Elsevier : si les revues proposaient des coûts de publication correspondant globalement aux revenus que la compagnie perçoit actuellement, elle maintiendrait son niveau de revenu, pour un coût vraisemblablement moindre.
La véritable menace vient de l’auto-archivage des revues validées par les pairs [Green OA]. C’est cela qui rend SCOAP, le modèle développé par la communauté des physiciens, tellement perturbant : il réduit le rôle de l’éditeur à la gestion du processus de validation, avec éventuellement un peu de mise en page. Cela nécessite des coûts plus faibles, et nie la valeur du facteur d’impact.
RP: Alors quel est le fond du problème auquel fait face Elsevier ?
CA: La société a élaboré un modèle économique sur un principe d’augmentations de revenu annuelles, justifiées et donc financées par le lancement continu de nouveaux titres. Cela a bien marché (en tout cas pour Elsevier) tant que les bibliothécaires ont pu trouver l’argent nécessaire (quel qu’ait pu être leur mécontentement croissant de l’augmentation des dépenses). Cela ne peut pas durer si l’on continue à restreindre les budgets des bibliothèques.”
[photo : deni]
L’Open Access, un mythe qui pourrait commencer à devenir une réalité en Europe ?
C’est en tout cas l’objectif du projet OpenAIRE (Open Access Infrastructure for Research in Europe) : il s’agit d’aider à la mise en libre accès des publications présentant les résultats de programmes de recherche bénéficiant d’un financement de la Commission Européenne (dans le cadre du 7ème PCRD) ou de l’European Research Council. La première phase du projet, prévue sur 3 ans, vise à signaler 20% de la production de recherche faite sur des financements CE (dans 7 domaines prédéfinis). Comment ? En mettant en place un méta-moteur, chargé de moissonner les archives institutionnelles compatibles pour en faire remonter les projets estampillés “7ème PCRD”. L’Italie, qui est le partenaire chargé de la partie technique, doit fournir les pré-requis OAI pour que les archives soient compatibles (en gros, il s’agit d’exposer un set de métadonnées qui indique l’appartenance de l’article à un projet européen). Dans chaque pays participant (27 pays en tout), un bureau national est chargé de diffuser de l’information sur l’Open Access, et d’apporter soutien et assistance aux chercheurs ou aux institutions devant se mettre en conformité avec ce programme pilote pour l’Open Access en Europe. Un volet du projet est destiné aux chercheurs dont les institutions ne disposent pas d’archive ouverte : il permet le dépôt des articles dans une archive maintenue par le CERN, en Suisse. Mais on en reparlera.
Quelques sites pour en savoir plus :
- OpenAIRE : le site du projet (@openaire.eu), le communiqué de presse.
- Eurosfaire : toute l’info sur les programmes de recherche en Europe (@eurosfaire)
- Le site du 7ème PCRD
[photo : N.I.M.A]
La question, sous-jacente depuis quelques temps, émerge de plus en plus ouvertement : ainsi la bibliothèque de l’Université de Cornell, qui héberge ArXiv, va lancer très prochainement un appel à contributions pour mutualiser une partie du financement des 400 000$ annuels nécessaires au fonctionnement de la base. La cible de cet appel : les 200 institutions les plus utilisatrices du service (qui représentent 75% des consultations). J’aimerai bien voir les chiffres d’usage pour avoir une idée de ce que ça représente pour un établissement ; il semble cependant que ce soit “rentable” (ie moins cher que certaines bases de données commerciales), vu que 11 des 20 premières institutions contactées ont déjà donné leur accord pour une participation financière. C’est une première étape dans le développement d’une stratégie à plus long terme pour assurer la pérennité de l’archive ; le modèle de contribution “durable” reste à définir – publicité, donations, subventions, services premium sont à l’étude.
Le même type de réflexion est à l’oeuvre ailleurs, chez Revues.org notamment, où la mise en place d’une cotisation pour les bibliothèques, en échange de services dédiés (statistiques d’usage notamment) est annoncée pour 2010 (Marin Dacos en a parlé lors de l’Université d’Eté du CLEO, et Pierre Mounier l’a évoqué lors du colloque EPEF). Les bibliothèques françaises accepteront-elles de payer ? Ces cotisations de soutien ne devraient-elles pas plutôt être versées par les services de recherche ? Après tout, l’ouverture au libre accès est une question politique, l’engagement de toute une institution, et pas des seules bibliothèques. A suivre.
[photo : kipbot]
OA week : l’exemple d’E-LIS
Publié 21/10/2009 Archives Ouvertes , Open Access Laissez un commentaire
Suite de la semaine de l’Open Access, avec une présentation d’E-LIS.
E-LIS est une archive ouverte thématique dédiée aux sciences de l’information et des bibliothèques, créée en 2003. Elle est maintenue et mise à jour par une équipe internationale de volontaires, constituée d’une soixantaine de bibliothécaires ; ceux-ci (les éditeurs) vérifient les métadonnées des documents soumis par les auteurs et valident les dépôts.
E-LIS fait partie du projet de recherche RCLIS (Research in Computing, Library and Information Science), qui vise à recenser et à disséminer le plus largement possible la production de recherche dans le domaine des sciences de l’information et des bibliothèques. Techniquement, l’archive est hébergée par l’AEPIC (Advanced e-Publishing Infrastructures – CILEA), service du CILEA, un consortium d’universités italiennes fortement impliqué dans le libre accès. L’AEPIC est également l’opérateur de l’archive ouverte italienne PLEIADI.
E-LIS oeuvre également à la promotion de l’Open Access auprès des bibliothécaires par la participation de ses volontaires à de nombreuses manifestations professionnelles (au moins une trentaine de conférences et journées d’études en 2009).
Des contenus
L’archive accepte des documents scientifiques ou techniques, relevant des disciplines des sciences de l’information et des bibliothèques, publiés ou non, finalisés, pouvant être communiqués. Les documents déposés sont principalement des articles (plus de la moitié), mais également des présentations, des communications, des posters, des thèses. Plus de la moitié de ces documents a fait l’objet d’une validation par les pairs. La classification utilisée par l’archive, JITA, est spécifique aux sciences de l’information et des bibliothèques.
De la technique
L’archive est construite avec le logiciel open source GNU E-prints, qui utilise nativement le protocole OAI, ce qui la rend moissonnable par de nombreux moteurs de recherche (généralistes comme spécialisés).
Des chiffres
En octobre 2009, l’archive héberge plus de 9600 documents en 37 langues, provenant de 5600 auteurs. Les plus gros contributeurs sont l’Espagne, l’Italie (plus de 1000 documents), les Etats-Unis, l’Inde et Cuba (entre 500 et 1000 docs), le Royaume-Uni, la Grèce, le Mexique, l’Allemagne et le Canada (entre 300 et 500 docs).
Les statistiques de consultation, plutôt en hausse régulière depuis 2005, semblent marquer le pas, du moins en ce qui concerne le nombre d’abstracts et de documents téléchargés ; elles sont cependant à prendre avec précaution : je ne sais pas dans quelle mesure le changement de plateforme technique qui a eu lieu fin 2008 n’a pas affecté les chiffres sur les usages.
De la participation
La participation francophone à l’archive est assez faible (données octobre 2009) :
- on recense 131 documents en langue française : 54 provenant de Suisse, 41 de France, 11 de Belgique, 8 d’Argentine, 7 du Canada, 3 du Maroc , 8 d’autres pays européens.
- 85 documents proviennent de France (et oui, les auteurs français publient aussi en anglais) ; comme je le rappelais dans ce billet, certaines revues professionnelles autorisent l’auto-archivage, qui ne prend pas plus de 10 minutes sur E-LIS, il ne faut pas hésiter à se lancer.
D’ailleurs la participation est en hausse : j’ai édité pour la catégorie France 7 documents en 2008, 11 en 2009 – j’espère que vous serez encore plus nombreux en 2010 !

