Archive for the 'Open Access' Category

Zen, soyons zen

Qu’on le veuille ou non, c’est Elsevier qui dicte désormais les tendances dans l’édition scientifique : l’éditeur a ainsi récemment changé sa politique « de partage » des articles scientifiques (exit le dépôt des post-print sur les archives ouvertes, ajout d’embargos là où il n’y en avait pas), et les autres suivent. Ces jours-ci c’est Emerald qui ajoute 24 mois d’embargo pour le green – alors que personne ne lui a rien demandé-, dès lors qu’une politique institutionnelle de dépôt dans une AO est en vigueur dans un établissement (c’était la politique qui prévalait jusqu’à récemment chez Elsevier d’ailleurs). Ca peut paraître anodin en France, où peu d’établissements ont encore mis un mandat en place, cela l’est beaucoup moins au Royaume-Uni où le financement de la recherche est soumis à la diffusion en OA des articles produits par les chercheurs. Donc soit ils déposent dans l’archive ouverte de leur établissement, mais leurs articles ne seront accessibles que dans 2 ans, soient ils payent des APC. Et, comme par hasard, il se trouve qu’Emerald vient d’augmenter le coût des APC de 70% pour ses revues en sciences de l’ingénieur… Interrogée par Richard Poynder à ce sujet, dans le long billet qui est la source de celui-ci, la porte-parole de l’éditeur indique que “cette decision, basée sur l’analyse du marché et de la concurrence, mettra la tarification des APC d’Emerald au niveau des prix du marché, dans une position médiane vis à vis de ses concurrents. » C’est dit, c’est clair : ce n’est pas le coût de production de l’article qui détermine son APC, mais bien sa valeur marchande.

Pour maintenir leur activité (et valoriser leur entreprise en cas de rachat, on ne sait jamais, une consolidation du marché est si vite arrivée), il semblerait que les « petits » éditeurs s’alignent sur les « gros », ce qui a pour effet une augmentation globale des coûts. Les arguments sur la qualité des contenus sont ignorés : pourtant, le fait de lever les embargos et d’autoriser le dépôt représente plutôt un avantage pour attirer les auteurs, et se démarquer des éditeurs traditionnels, mais visiblement l’attrait du profit l’emporte sur l’offre de contenus… Quoique : Emerald a annoncé une opération « zéro embargo » sur sa vingtaine de titres en sciences de l’information et des bibliothèques – par souci réel d’améliorer son offre de service, ou opération « d’open washing » orchestrée par le service marketing pour redorer son blason auprès des bibliothécaires qui sont encore, pour l’instant, les principaux acheteurs de documentation ?

La bonne nouvelle dans tout ça, c’est que les résultats de l’étude commandée par le Ministère de l’Enseignement Supérieur en 2013 sur les embargos pour les revues en SHS viennent d’être publiés, et ses conclusions sont très claires :
« Nos résultats objectivent donc la mise en place d’une durée de barrière mobile relativement courte (moins d’un an) en comparaison aux durées évoquées dans le débat public pour les SHS (2 à 3 ans). » 

Sources :
Emerald Group Publishing tests ZEN, increases prices: what does it mean ? par Richard Poynder sur son blog Open and shut?.
– ZEN = zero embargo now selon Glynn Moody
– Le rapport de l’IPP : Les revues de sciences humaines et sociales en France: libre accès et audience – La note : Quel délai pour le libre accès des revues de sciences humaines et sociales en France ?

[Photo : instigator21]

Localiser des documents en OA

(C’est un billet de 2006, que j’ai mis à jour le 22/07/2015, le système a changé la date de publication inopinément)

Petit cours de rattrapage pour les bibliothécaires en manque d’information sur les archives ouvertes et l’open access :
– le ROAR est le répertoire des archives institutionnelles ouvertes hébergé par l’Université de Southampton. Il en dénombre 635 à ce jour.
– l’OpenDOAR répertorie aussi les archives ouvertes, à l’initiative de l’Universités de Nottingham (UK) et du JISC.
– le ROARMAP est le registre des politiques institutionnelles d’auto-archivage, qui liste les politiques des établissements ayant pris position en faveur de l’archivage (et mis en place une archive)
Sherpa/Romeo est le projet du JISC qui recense les politiques des éditeurs par rapport à l’auto-archivage (ne cherchez pas d’éditeurs français, il n’y en a que 2 : un vert – qui autorise l’archivage des pré & post-prints – (EDP Sciences), et un gris, qui n’autorise rien du tout). ; on y trouve 41 éditeurs français, dont 31 autorisent le dépôt sous une forme ou une autre.
– le DOAJ de l’Université de Lund répertorie les revues en OA (on en est à 2061 10 437 titres, dont plus de 500 6 200 indexés en texte intégral)

Dans la foulée, Peter Suber nous signale qu’Affaires universitaires du mois de mars 2006 fait un point sur l’OA au Canada, extraits :
« […] le potentiel du mouvement en faveur du libre accès ne se réalisera pas par l’imposition de conditions visant à nuire au fonctionnement de petits groupes d’éditeurs de revues. Un effort général est plutôt nécessaire pour faire de l’autoarchivage une habitude et un aspect incontesté du travail de rédaction, tout comme l’est l’ajout de bibliographies et de références à la fin d’un article. »[…]
« Quel est le point de vue des universitaires sur l’autoarchivage? « Les auteurs n’ont pas pris cette habitude, affirme M. Willinsky, de la UBC, en grande partie parce qu’ils cherchent avant tout à publier leurs articles plutôt qu’à les diffuser. » »

Transition vers l’OA : les Pays-Bas s’organisent

6307249018_06277f720c_mEn novembre dernier, les universités des Pays-Bas annonçaient le blocage de leur négociation nationale avec Elsevier parce qu’elles n’arrivaient pas à trouver un accord permettant une transition vers l’open access. L’idée est somme toute assez simple : d’un côté on a les établissements qui payent des sommes considérables pour leurs abonnements, plus des APC, plus le coût de gestion des APC (compter 3 à 4h par transaction, tout de même), et de l’autre les éditeurs qui se targuent de ne pas faire payer 2 fois les institutions (le fameux « double dipping »).

Pour que ce soit vraiment le cas, il faut mettre en place un système de compensation (« offsetting ») pour que les dépenses des universités restent « acceptables » (avec 25 mille guillemets) : c’est ce que négocient le JISC au Royaume-Uni et le VSNU aux Pays-Bas ; cela peut consister à prendre en compte les dépenses en APC pour réduire la facture d’abonnement, ou bien à « offrir » un nombre d’APC correspondant au montant de l’abonnement (c’est ce que fait la RSC). Le VSNU a ainsi conclu des accords avec Springer, avec Sage, et c’est en cours avec Wiley. C’est donc que c’est possible, non ?

Et bien apparemment toujours pas avec Elsevier, puisque, la négociation étant toujours dans une impasse, le VSNU vient d’annoncer la première phase de boycott de l’éditeur en demandant aux chercheurs ayant des responsabilités éditoriales chez Elsevier de démissionner de leur charge. Dans un deuxième temps, ce sont les reviewers qui seront sollicités, puis c’est à la totalité des chercheurs qu’il sera demandé de ne plus publier chez cet éditeur.

Utopique ? Naïf ? Pas si sûr : le ministre de l’éducation a placé la barre assez haut en ciblant 60% des publications des chercheurs hollandais en OA en 2019, et 100% en 2024… Et ce n’est même pas qu’une question d’argent : comme au Royaume-Uni, c’est la voie Gold qui est privilégiée ; les hollandais sont prêts à financer la diffusion en OA, mais à des conditions équitables, et sans perdre l’objectif d’une transition durable d’un modèle à l’autre, pour le bénéfice du plus grand nombre. Autre marque, s’il en fallait, de cette volonté politique forte : ce ne sont pas des bibliothécaires qui mènent les négociations (qu’on se rassure, ils sont bien là en appui), mais des présidents d’université, avec du coup une autorité non négligeable sur les comportements des chercheurs.

[Photo : gigi ibrahim]

Coupon RSC : just use it !

10866048103_89ca6e3fdd_mEn 2014, pour la première fois, le fait de souscrire un abonnement à une ressource en ligne a eu un lien direct avec l’open access : en effet, le montant de notre abonnement annuel chez l’éditeur de revues de chimie RSC a été converti en un certain nombre de « coupons »* pour la mise en open access d’articles acceptés pour publication (c’est le programme Gold for gold). Ces coupons peuvent être utilisés dans des revues OA et pour de l’OA hybride (des articles en OA dans des revues sur abonnement).

Comme cette offre n’était valable que jusqu’à fin 2014, et comme j’ai vu, en faisant un petit sondage informel auprès de quelques collègues, que nous sommes peu à avoir utilisé cette possibilité, il m’a semblé utile de partager la démarche suivie dans mon établissement.

J’ai commencé par chercher sur la plateforme de l’éditeur les articles publiés par des chercheurs de mon établissement en 2014 (en recherche plein texte, car il n’y a pas de possibilité de recherche par affiliation – j’en ai profité au passage pour signaler à l’éditeur que ce serait sans doute intéressant de développer cette possibilité à l’avenir). Il y en avait plus que ce que je n’avais de coupons, ce qui m’a facilité la tâche. Sur cette liste, j’ai repéré des articles qui étaient déjà en open access, je les ai mis de côté. J’ai ensuite cherché si le « corresponding author » était affilié à mon établissement, je l’ai mentionné pour chaque article. A ce niveau là, le choix n’était plus de mon ressort : j’ai contacté le responsable de la fédération de chimie, qui a sélectionné dans la liste les articles à passer en open access, en tenant compte de différents critères propres à la discipline. Une fois la liste arrêtée, après un échange riche sur les critères avec le responsable, je l’ai transmise à l’éditeur, accompagnée des numéros des coupons à utiliser. J’ai demandé à l’éditeur à ce que les auteurs ne reçoivent pas le message standard les informant du fait que leur article était désormais disponible en open access pour pouvoir leur en envoyer un spécifique, rédigé avec le responsable de la fédération de chimie et expliquant la démarche et les critères de choix.

Je pensais que c’était une affaire réglée, sauf que… il m’a fallu faire signer une licence autorisant la publication en open access par le VP Recherche (et il faudra recommencer chaque année), licence qui n’était mentionnée à aucune étape du processus naturellement… Enfin, ça y est, la fournée des articles 2014 est en open access, on va pouvoir s’attaquer à 2015.

Ce n’est sans doute pas l’idéal, il serait peut-être plus « sain » d’établir une politique de diffusion ou des critères d’attribution en amont et d’en informer les chercheurs au préalable, mais c’est le moyen le plus simple à mettre en œuvre que j’ai trouvé, dans le contexte local (ie avec un responsable de la discipline) et compte tenu des délais. Je ne sais pas si nous procéderons de la même façon cette année, on verra si l’initiative fait parler d’elle au sein de la communauté des chimistes. Si vous avez mis quelque chose en place dans vos établissements, ça serait intéressant de le partager dans les commentaires.

* Si vous avez une meilleure traduction pour « vouchers », mettez-la en commentaire, je corrigerai le billet avec.

APC : Combien ça coûte ?

6736154311_9a0a3a44ba_mJ’ai travaillé en mars dernier sur une évaluation du coût des frais de publication (APC) en accès ouvert pour mon établissement. Ce fut une expérience assez intéressante, j’en note ici les points saillants pouvoir reproduire l’opération les années suivantes.

La démarche

A partir du Web of Science, j’ai limité mes résultats 2013 aux articles en OA : il existe depuis quelques mois une case à cocher qui permet de faire ça. Une fois les données extraites sur Excel, on passe à la recherche du coût des APC pour chaque éditeur, voire revue.

Les difficultés

– Tomber sur des éditeurs qui calculent leurs APC en fonction du nombre de pages de l’article, et aller voir le nombre de page de chaque article pour recalculer un coût plus juste.

– Manquer d’info sur les adhésions des auteurs à telle ou telle société savante : des tarifs préférentiels sont parfois proposés par ces sociétés à leurs membres ; en l’absence d’information, j’ai récupéré le coût le plus élevé.

– Réaliser après coup qu’en fait tous les « corresponding authors » ne sont pas forcément de mon établissement, et reprendre *tous* les articles pour vérifier ; je suis partie du principe que c’est l’établissement de « l’auteur correspondant » qui paye l’APC, c’est une hypothèse qui demande à être vérifiée.

Combien de temps ça m’a pris ? A la grosse louche, je dirai une trentaine d’heures étalées sur 2 mois , mais j’ai perdu du temps en revenant sur des choses que je n’avais pas prévues au départ. Ce qui prend du temps, c’est de trouver la politique des éditeurs et le modèle tarifaire des APC : pour plus de la moitié des éditeurs, il n’y a pas de page dédiée qui détaille les coûts et les différentes options, l’accès à l’information n’est pas facile – il m’est arrivé d’écrire à un éditeur pour savoir si sa revue était bien en OA, et à quel coût.

La suite ?

Ce qu’il faut maintenant, c’est que je puisse croiser mes résultats avec l’outil comptable de l’université, en ayant bien conscience de 2 écueils potentiels avec cette méthode : d’une part tous les APCs ne sont pas forcément payés sur des crédits universitaires, et d’autre part les APCs pour des articles hybrides seront sans doute difficiles à repérer (comment les distinguer des frais de publication « traditionnels » ?) ; je compte reproduire l’opération en mars prochain, pour voir comment ça a évolué.

Double peine

7615370532_791d9a917c_z« Les commissions de recherche du Royaume-Uni, et d’autres organismes financeurs de la recherche, exigent la publication en accès ouvert des résultats de recherche qu’ils financent. Cela a abouti, pour l’University College of London (UCL), partisan de l’accès ouvert de la première heure, ainsi que pour d’autres universités à forte activité de recherche, à un double paiement auprès des éditeurs : une première fois sous la forme de frais de traitement (« article processing charges », APCs), pour pourvoir publier les articles en accès ouvert, et une seconde fois sous la forme d’abonnements, pour pouvoir lire ces mêmes articles.
Pour répondre à la pression de la communauté universitaire, portée par l’UCL, plusieurs éditeurs ont fini par reconnaître l’impact négatif de ces mesures sur le coût global de possession (ce que l’on désigne parfois sous le terme de « double-dipping »). Dans le cadre d’un accord conclus avec le JISC, les éditeurs Wiley-Blackwell et Taylor&Francis se sont engagés auprès de la communauté à répondre à ces inquiétudes avec des modèles innovants pour s’attaquer à la question du coût global de possession et faire baisser les dépenses totales payées actuellement par les BU. »

Je n’arrive pas à me réjouir de cette nouvelle, surtout après avoir commencé à recevoir mes devis pour 2015. Effectivement, il y a bien une colonne avec une réduction pour les publications en OA. Mais son montant est si faible, au vu des coûts des APCs pratiqués par les éditeurs (pas forcément les 2 évoqués ci-dessus, d’ailleurs)…

On apprend par ailleurs que les négociations entre l’association des universités des Pays-Bas et Elsevier sont dans l’impasse, justement parce que l’éditeur n’a apparemment pas été en mesure jusqu’ici de proposer une option crédible de transition vers la diffusion en accès ouvert. Si aucune solution n’est trouvée d’ici la fin de l’année, les accès seront interrompus : l’objectif affiché du ministère de la recherche hollandais est d’atteindre 100% de la production de recherche en OA d’ici 10 ans, il met en cohérence sa politique et ses actes, ce qui n’est pas si fréquent.

[Photo : danaharisson]

Quels changements pour les BU quand l’OA primera ?

13921535969_dccf724a92_kJe trouve le billet d’Aaron Tay « How academic libraries may change when open access becomes the norm » particulièrement pertinent par rapport aux questionnements que nous avons en BU ces temps-ci ; voici les changements qu’il anticipe (ce qui est en italique est traduit par mes soins) , en partant du principe « qu’au cours des 10-25 prochaines années, 50 à 80% (ou plus) des publications annuelles seront disponibles sous une forme ou une autre d’open access« .

1. « Les rôles des BU dans la découverte et même dans la fourniture d’information aux usagers vont diminuer » :
Les étudiants, et de plus en plus de chercheurs, n’utilisent pas le site de la BU pour commencer leurs recherches, ils utilisent sans le savoir les ressources de la BU croisées avec les outils de signalement commerciaux comme Google Scholar : exit la mission d’aide à la découverte.
Par ailleurs, une fois la majorité des ressources accessibles librement en OA, finie la mission de fourniture d’information : divers outils permettent déjà (l’extension pour Chrome Lazy Scholar par exemple) de récupérer automatiquement une version en libre accès quand elle est disponible.
Du coup, cela aura une incidence au niveau des RH : on n’aura en principe plus besoin de grosses équipes pour la gestion des abonnements imprimés (tant qu’il en restera) ni pour la gestion des ressources en ligne (qui se concentrera du coup sur l’administration du résolveur de liens, de la base de connaissance…)

2. « Les BU pourraient plus se concentrer sur leurs fonds spécifiques et passer à l’édition/l’hébergement de revues » :
« Au delà du simple rôle d’archive, quelques bibliothèques s’essayent à produire des épirevues, comme le fait l’University College London. Cela demande essentiellement que les BU se lancent dans l’édition en convertissant les archives institutionnelles en plateformes de publication. Les presses universitaires de l’UCL, par exemple, sont désormais un département au sein de la bibliothèque de l’institution. En combinant la plateforme open source Open Journal System (OJS) et l’archive institutionnelle comme système de stockage, la bibliothèque édite désormais des revues en open access. De nombreuses revues sont aussi publiées avec la solution Digital Commons.
La grosse question est de savoir si les BU ont les compétences, les savoirs et les motivations pour jouer ce rôle et reprendre le système de communication scientifique. »
En ce qui concerne les fonds spécifiques, il s’agirait de penser non plus en termes quantitatifs, mais qualitatifs : mettre l’accent sur les unica, les documents rares ou précieux, ou spécifiques à l’institution (littérature grise, thèses, etc). Pour ce faire, « numérisation, OCRisation, transcription de textes, création de métadonnées pour une meilleure « découvrabilité » desdites collections. Une autre façon de revenir de la gestion de l’abondance à celle de la rareté qui a sous-tendu l’activité des bibliothèques pendant des siècles, si je ne m’abuse ?

3. « Les bibliothèques s’axeront plus sur des services d’expertise à haute valeur ajoutée, comme l’information literacy, les services de gestion des données, les services de géolocalisation etc pour remplacer leur mission réduite d’acquisition » :

La BU est ici confrontée à son problème d’image, de perception qu’en ont les utilisateurs : dans un monde où tout ou presque est accessible facilement, sans barrière financière, institutionnelle ou juridique, la mission d’acquisition de documentation n’a plus de raison d’être. Or cette mission est celle qui est la plus reconnue aux bibliothèques (p.67) par les chercheurs : comment justifier la valeur ajoutée de la BU pour la recherche dans ce contexte ? D’où l’intérêt pour les bibliothécaires de se saisir le plut tôt possible d’autres missions de support à la recherche : aide à la publication en OA, bibliométrie, gestion des données, formation aux « compétences informationnelles »…

4. « Les budgets des bibliothèques pourraient diminuer » :
En toute logique, la disponibilité des contenus en OA implique une baisse des coûts.
Cela ne veut pas dire que la dépense sera nulle pour autant : il faudra bien payer les APCs (mais ce rôle ne sera pas forcément donné aux bibliothèques), et, j’ajoute que l’édition électronique et les archives institutionnelles, ça a un coût aussi : développer des fonctionnalités pour son archive ouverte, former le personnel à de nouvelles compétences d’édition par exemple, ou embaucher des personnels qualifiés pour mettre en oeuvre une chaîne de publication, rien de tout cela n’est gratuit.
La question fondamentale à mon avis, c’est : est-ce que ces missions se feront dans les bibliothèques ou en dehors ?

10231527134_535e3171e5_k5. « Moderniser les pratiques de citation » :
Selon l’article « Academic citation practices need to be modernized – References should lead to full texts wherever possible« , les versions en open access des articles publiés devraient devenir la source de référence, et les articles accessibles uniquement sur abonnement ne devraient être cités qu’en dernier recours ; il propose l’ordre de priorité suivant :

  1. Revue en open access
  2. Revue hybrides
  3. Archive ouverte institutionnelle
  4. Toutes les autres sites en open access, aussi bien les réseaux sociaux de recherche type Academia.edu ou Researchgate que les archives thématiques comme SSRN

(L’auteur de l’article prône également la citation des DOI, l’usage d’URLs compactes et l’abandon de la pagination)

Aaron s’interroge, en conclusion, sur les indicateurs qui permettront aux BU de réaliser qu’il est temps pour elles de diminuer les activités traditionnelles : « la baisse des téléchargement d’articles par utilisateur pour les revues sur abonnement ? La baisse des consultations du site web de la bibliothèque ?
A partir de quel pourcentage de la production éditoriale annuelle en open access les BU commenceront-elles à réduire la voilure ? »
[Photos : Santi, Lena CH]


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