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Actualités de SPARC Europe, septembre 2020

SPARC Europe a dans sa feuille de route un certain nombre d’activités pour promouvoir l’accès ouvert, je me dis que ça peut être intéressant, à l’occasion, de relayer les livrables produits ici, donc je tente un premier « digest » :

  • SPARC Europe participe au projet Invest in Open, qui s’intéresse au financement des infrastructures de science ouverte. Dans ce cadre, une dizaine d’interviews d’acteurs de la science ouverte sont en cours de réalisation, dont les 2 premiers viennent d’être publiés : il s’agit d’Our Research, l’entreprise derrière Unpaywall et Unsub, et de Redalyc, la plateforme de publication implantée à l’Université autonome de l’Etat du Mexique.
    • Our Research est une entreprise à but non lucratif, qui se finance en répondant à des appels à projet (grants et bourses), auxquels s’ajoutent les contributions des gros utilisateurs du service Unpaywall et depuis peu les abonnements institutionnels à Unsub. La co-fondatrice prévoit de conserver ces sources de financement diversifiées, et souligne la difficulté du positionnement d’Our Research vis à vis des institutions, à cheval entre vendeur et partenaire, mais sans forcément disposer des moyens RH pour gérer la partie commerciale.
    • Redalyc est une structure portée un réseau coopératif d’universités d’Amérique Latine, dont le financement est principalement institutionnel. Le fonctionnement de la plateforme passe aussi par les contributions non financières des universités partenaires, ce qui permet de partager les développements par exemple. L’accès ouvert est vu comme un bien commun, qui permet à la fois de visibiliser la production scientifique de cette région du monde et de professionnaliser les structures qui y participent : l’accent est mis sur le transfert de compétences au sein de la communauté, pour pouvoir rester indépendant des sociétés commerciales, et l’utilisation de l’IA permet de diminuer significativement les coûts de publication. Le fait de ne pas faire partie du « marché » de l’édition scientifique, et de ne pas être reconnu par les dispositifs d’évaluation est un handicap. Redalyc oriente sa stratégie de développement vers un renforcement du modèle « diamant » et vers une ouverture à d’autres régions du monde.

Source : 10 key interviews : insights into the sustainability of open intrastructure services

  • SPARC Europe diffuse ces jours-ci un rapport sur les politiques des éditeurs et des plateformes de diffusion en matière de conservation des droits d’auteur et de licences ouvertes. L’étude, menée à l’été 2020, examine les possibilités de partage et de dépôt sur une archive ouverte des publications, les types de contrats (cession, exclusivité) et de licences, ainsi que l’accessibilité de ces informations pour les auteurs. Elle s’est basée sur les infos disponibles sur les sites de 10 éditeurs (+ échanges pour affiner) et sur les revues OA indexées dans le DOAJ.
    • « Les résultats de l’analyse des dix grands éditeurs universitaires et des revues européennes répertoriées par le DOAJ montrent que les positions politiques actuelles des éditeurs en matière de propriété intellectuelle et de licence ne sont pas encore largement alignées sur les principes du Plan S. » : en effet, il reste encore beaucoup d’articles disponibles en mode hybride (donc pas encore totalement « flippés » par les accords transformants), avec dans la majeure partie des cas un embargo, sans conservation systématique des droits par les auteurs. Le rapport fait des recommandations aux éditeurs, aux organismes financeurs de la recherche, aux institutions de recherche, et aux auteurs, et conclut :
    • « Alors que certains éditeurs affirment que leurs politiques protègent l’auteur contre d’éventuels plagiats ou violations des droits d’auteur ou gèrent les demandes de réutilisation de leur travail, d’autres éditeurs actualisent leurs politiques pour favoriser la démarche d’accès ouvert, en prenant des mesures pour soutenir le changement, ce qui est louable. La communauté de l’OA attend avec impatience qu’un plus grand nombre d’éditeurs adaptent leurs politiques de rétention des droits et d’octroi de licences pour accompagner les auteurs dont ils dépendent. »

Source : Open Access: An Analysis of Publisher Copyright and Licensing Policies in Europe, 2020

[Disclaimer : je suis vice-présidente de SPARC Europe]

[Photo : Mizzou CAFNR]

De bonnes bases

3199154697_4b7fbde665Après avoir dénoncé publiquement les pratiques commerciales de certains éditeurs  (ACS l’an dernier, Sage ces dernières semaines), la directrice des bibliothèques du campus de Potsdam à New-York, Jenica Rogers, propose, dans l’optique de reprendre les relations avec les éditeurs sur de bonnes bases, une liste de principes élaborée avec ses bibliothécaires :
– Abandon des modèles tarifaires basés sur l’imprimés : l’électronique a sa propre valeur ajoutée, qui ne dépend en rien de choix faits précédemment pour le support papier.
– Fin des contrats pluri-annuels : tous les établissements d’enseignement supérieur étant touchés par des réductions drastiques de budget, il est préférable de garder une certaine souplesse financière pour  coller les achats de documentation numérique aux cursus.
– Refus de l’ajout automatique de contenus dans les bouquets : cela conduit à une augmentation mécanique des coûts, et à la perte de la maîtrise de la politique documentaire – une politique d’opt-in est préférable pour les nouveaux contenus.
– Evolution des big deals vers un modèle plus à la carte : pouvoir construire son propre bouquet, mixer des revues de niveau différent pour répondre aux attentes des publics.
– Plus de transparence dans la tarification, et moins de gaspillage de temps de travail : les négociations locales font perdre du temps aux éditeurs comme aux bibliothécaires.

Source : Attempting positivity by J. Rogers sur son blog.

[Photo : Jon Mc Govern]


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