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Conclusions du 3ème workshop ESAC

461240381_4a57e4f032_oESAC (Efficiency and Standards for Article Charges) est une initiative qui a pour objectif de suivre les évolutions des frais de publication des articles dans les revues scientifiques, de recenser les bonnes pratiques et faire des recommandations sur la gestion des APC et les workflows associés.
Fin juin s’est tenu le 3ème Workshop du projet, le rapport qui en est issu est en ligne, je vous en résume/traduis les grandes lignes :
A propos de l’évaluation de la valeur et les facteurs déterminant le coût :

  • Il faut différentier dans les analyses les différents modèles d’APC, le fait qu’on parle de gold ou d’hybride ou d’accords de compensation (« offsetting agreements ») change la perspective.
  • Le coût des APC hybrides est nettement plus élevé que celui des APC des revues gold, c’est un fait désormais établi.
  • Le coût des APC dans le cadre d’un accord de compensation est du niveau de celui des APC hybrides, mais il est à envisager dans le contexte global de l’accord, ie en prenant en compte les économies éventuelles réalisées sur le double dipping.
  • Les indicateurs tels que le SNIP ou le facteur d’impact ne sont pas les seuls critères pour définir le coût des APC : la discipline, l’éditeur ou le modèle économique jouent également un rôle.
  • Les APC des revues gold reflètent de manière plus cohérente les coûts de production et de services dans leurs prix, alors que les APC hybrides traduisent plutôt le niveau de revenu actuel et les marges bénéficiaires de l’activité d’abonnement des éditeurs. Il ne s’agit donc plus d’un argument valable en faveur d’une hausse des prix des APC.
  • Les niveaux de prix médians sont les principaux moteurs de l’évolution globale des coûts. Sont donc à surveiller les prix des revues très fréquentées et les portefeuilles de revues qui englobent la plus grande partie de la production scientifique.

A propos du suivi des coûts :
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  • Nécessité de l’indépendance de la collecte et de l’analyse des données sur les APC. La transparence obtenue grâce à des initiatives telles que OpenAPC permet à la communauté de discuter des coûts des APC sur la base de données probantes.
  • Nécessité pour les différents acteurs institutionnels ou individuels actifs sur le sujet de se coordonner pour maximiser l’impact de leurs efforts.
  • Les institutions et les consortiums de bibliothèques doivent maintenant mettre en place des actions concrètes, utilisant ces nouvelles données comme un atout, pour faire passer les négociations avec les éditeurs à un autre niveau, et arriver à un système de publication équitable, durable et en accès complètement ouvert.

A propos du risque d’augmentation des coûts globaux de l’édition scientifique à cause de l’OA hybride :

  • La stratégie d’intégration de l’open access et des coûts relatifs dans le contrat de licence d’abonnement des institutions permet d’exercer un suivi des coûts pour contenir les dépenses en double et de travailler à convertir officiellement les dépenses d’abonnement en soutien à la publication en accès ouvert. Les accords de compensation doivent être négociés comme des mesures transitoires, avec l’objectif clair d’arriver rapidement à la conversion vers l’accès ouvert complet.

A propos du risque de voir les éditeurs traditionnels dominer le marché de l’édition scientifique et imposer leurs coûts d’APC sur la base de leurs marques éditoriales :

  • Le modèle économique basé sur les APC pour la publication en accès ouvert est une nette amélioration par rapport au marché actuel des abonnements, en ce sens que les coûts des APC sont transparents et, par conséquent, soumis à un niveau de contrôle qui fait totalement défaut sur le marché opaque des abonnements. Néanmoins, afin de soutenir l’évolution d’un marché plus efficace et plus diversifié, les institutions devraient éviter deux écueils du modèle des abonnements :4418249517_a83f1e5f4d_o.jpg
    • L’augmentation des prix obligatoire : quand on compare les coûts par article du système actuel d’abonnements (entre 3800 et 5000 euros)[1] avec les coûts moyens d’APC (autour de 2000 euros), on voit bien qu’il y a déjà assez d’argent dans le système pour soutenir une transition vers un accès ouvert ; les augmentations ne sont pas justifiées.
    • L’usage des indicateurs : évaluer le coût des APC en fonction d’indicateurs comme le SNIP et JIF n’est pas pertinent, car ceux-ci sont limités en termes de transparence et d’applicabilité au niveau de l’article, et ne servent qu’à renforcer le pouvoir des revues et des marques d’éditeur. Et puis ce sont les APC médians qui ont la plus grande influence sur l’évolution globale des coûts du marché, dont pas vraiment ceux des revues à fort facteur d’impact.
  • Par ailleurs, n’oublions pas la bibliodiversité : les modèles de publication coopératifs et sans APC ont besoin d’être soutenus. Un transfert des budgets et des économies réalisées vers de nouveaux modèles permet de stimuler la concurrence et l’innovation sur le marché de l’édition scientifique.

Pour finir, à propos du risque d’augmentation des coûts pour les établissements de recherche intensive :

  • Chaque institution est susceptible d’être confrontée à ce problème pour certains éditeurs dont les coûts de publication dépasseront les anciens coûts d’abonnement. Toutefois, comme on l’a vu plus haut, il y a suffisamment d’argent dans le système : il faut trouver un moyen de réaffecter les coûts. Des solutions sont à travailler au niveau des  consortiums, par exemple en introduisant des mécanismes de compensation internes et des fonds de solidarité, le cas échéant.

[1] Disrupting the subscription journals’ business model for the necessary large-scale transformation to open access : le rapport de la Max-Planck-Gesellschaft sur les coûts de la transition vers l’open access.

[Photos : Daniel hoherd, Laura Thorne, Kirstie Warner]

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Coupon RSC : just use it !

10866048103_89ca6e3fdd_mEn 2014, pour la première fois, le fait de souscrire un abonnement à une ressource en ligne a eu un lien direct avec l’open access : en effet, le montant de notre abonnement annuel chez l’éditeur de revues de chimie RSC a été converti en un certain nombre de « coupons »* pour la mise en open access d’articles acceptés pour publication (c’est le programme Gold for gold). Ces coupons peuvent être utilisés dans des revues OA et pour de l’OA hybride (des articles en OA dans des revues sur abonnement).

Comme cette offre n’était valable que jusqu’à fin 2014, et comme j’ai vu, en faisant un petit sondage informel auprès de quelques collègues, que nous sommes peu à avoir utilisé cette possibilité, il m’a semblé utile de partager la démarche suivie dans mon établissement.

J’ai commencé par chercher sur la plateforme de l’éditeur les articles publiés par des chercheurs de mon établissement en 2014 (en recherche plein texte, car il n’y a pas de possibilité de recherche par affiliation – j’en ai profité au passage pour signaler à l’éditeur que ce serait sans doute intéressant de développer cette possibilité à l’avenir). Il y en avait plus que ce que je n’avais de coupons, ce qui m’a facilité la tâche. Sur cette liste, j’ai repéré des articles qui étaient déjà en open access, je les ai mis de côté. J’ai ensuite cherché si le « corresponding author » était affilié à mon établissement, je l’ai mentionné pour chaque article. A ce niveau là, le choix n’était plus de mon ressort : j’ai contacté le responsable de la fédération de chimie, qui a sélectionné dans la liste les articles à passer en open access, en tenant compte de différents critères propres à la discipline. Une fois la liste arrêtée, après un échange riche sur les critères avec le responsable, je l’ai transmise à l’éditeur, accompagnée des numéros des coupons à utiliser. J’ai demandé à l’éditeur à ce que les auteurs ne reçoivent pas le message standard les informant du fait que leur article était désormais disponible en open access pour pouvoir leur en envoyer un spécifique, rédigé avec le responsable de la fédération de chimie et expliquant la démarche et les critères de choix.

Je pensais que c’était une affaire réglée, sauf que… il m’a fallu faire signer une licence autorisant la publication en open access par le VP Recherche (et il faudra recommencer chaque année), licence qui n’était mentionnée à aucune étape du processus naturellement… Enfin, ça y est, la fournée des articles 2014 est en open access, on va pouvoir s’attaquer à 2015.

Ce n’est sans doute pas l’idéal, il serait peut-être plus « sain » d’établir une politique de diffusion ou des critères d’attribution en amont et d’en informer les chercheurs au préalable, mais c’est le moyen le plus simple à mettre en œuvre que j’ai trouvé, dans le contexte local (ie avec un responsable de la discipline) et compte tenu des délais. Je ne sais pas si nous procéderons de la même façon cette année, on verra si l’initiative fait parler d’elle au sein de la communauté des chimistes. Si vous avez mis quelque chose en place dans vos établissements, ça serait intéressant de le partager dans les commentaires.

* Si vous avez une meilleure traduction pour « vouchers », mettez-la en commentaire, je corrigerai le billet avec.


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