FAIR data et Open data

14204638437_6fc612f4e3_oSPARC Europe a publié fin décembre 2018 une note d’information sur les données à destination des décideurs, FAIR and Open Data. Je ne suis pas certaine que seuls les décideurs aient besoin de précisions sur ce que sont les données FAIR et les données ouvertes, ou confondent les 2.
D’où ce petit récapitulatif :
* Les données ouvertes (open data) couvrent des contenus librement accessibles qui peuvent être utilisés, modifiés et partagés par n’importe qui pour n’importe quel but. Ces contenus doivent être mis à disposition dans le cadre d’une licence ouverte, et ne doivent pas imposer de restrictions aux réutilisateurs au-delà de l’attribution (CC-BY) et du maintien de conditions de partage à l’identique (CC-BY-SA).
* Les données FAIR en revanche sont des données qui suivent un certain nombre de principes pour être lisibles et utilisables par des humains comme par des machines. L’acronyme FAIR a été traduit par Facile à trouver (Findable), Accessible, Interopérable, Reutilisable.
A chaque concept correspondent 3-4 principes, dont on peut trouver la traduction sur le site de l’INRA.
La note détaille 3 confusions souvent faites à propos des notions d’Open et de FAIR :
* Tout ce qui est FAIR n’est pas censé être Open : des considérations éthiques ou économiques peuvent justifier une restriction de l’accès à des données qui respectent par ailleurs les principes techniques FAIR. Et inversement, on peut diffuser des données ouvertes techniquement inutilisables.
* FAIR c’est mieux qu’Open : je crois que vous l’avez compris, en fait on ne parle pas exactement de la même chose. Bien qu’il y ait des notions communes, autour de l’interopérabilité et de l’accessibilité notamment, ce sont 2 objectifs différents qui sont poursuivis. L’idéal étant de proposer des données à la fois FAIR et Open, évidemment.
* Les données FAIR ne s’appliquent qu’aux sciences de la vie : certes, c’est au sein de la communauté des sciences de la vie que les principes FAIR ont émergé, mais ils ont une portée plus universelle, qui peut intéresser aussi bien les sciences sociales que d’autres sciences « dures ».
Vous trouverez dans la note plusieurs schémas assez parlants, notamment sur l’implémentation de ces concepts dans la gestion des données.
C’est plus clair maintenant ? 🙂

FAIR and Open Data, a briefing for policymakers and senior managers, SPARC Europe, décembre 2018

[Photo : Janneke Staaks]
[Disclaimer : je fais partie du Board de Sparc Europe]

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Quelle place pour les revues en SHS dans le plan S ?

benjamin-davies-599280-unsplashJan Erik Frantsvåg et Tormod Strømme, des bibliothécaires norvégiens, ont fait une brève étude de la compatibilité du plan S avec les revues du DOAJ. Ils ont analysé 10 des 14 critères du plan concernant les revues pour le corpus des revues du DOAJ. Ces critères sont pour moitié d’ordre politique (licences CC, maintien du copyright aux auteurs, processus de peer review, politique de d’exemption de frais), pour moitié d’ordre technique (usage d’identifiants, archivage, XML, statut OA lisible par les machines).

Leurs conclusions ne semblent pas surprenantes, et incitent à la vigilance en ce qui concerne les modalités d’application du plan S :

  • Les « gros » éditeurs (= ceux qui publient le plus de revues) publient plus de revues en STEM que les petits éditeurs, qui sont majoritaires pour les SHS
  • Le modèle économique du financement par APC est utilisé majoritairement par les revues dans les domaines des STEM, les revues en SHS utilisent d’autres modèles
  • Les revues en SHS remplissent bien les critères politiques, et les revues STEM remplissent bien les critères techniques. On peut imaginer que celles-ci, en étant généralement aux mains de « gros » éditeurs, ont, de fait, plus de possibilités de bénéficier d’une infrastructure plus compatible avec les exigences techniques du plan S
  • Environ 9% des revues du DOAJ répondent à tous les critères du plan S ; la différence entre les revues sans APC (3%) et les revues avec APC (26%) semble indiquer que ces dernières sont favorisées par ce plan. Une raison possible peut être que les APC permettent de financer les développements techniques nécessaires.

Les auteurs terminent par 3 recommandations :

  • Nécessité d’investir dans des plateformes de revues compatibles techniquement avec le plan (ils citent l’exemple d’OJS), pour permettre à davantage de revues d’être présentes
  • Différencier le calendrier de mise en application du plan, pour tenir compte des spécificités des revues sans APC
  • Mettre en place des services de certification des revues, notamment en ce qui concerne les questions de TDM et d’archivage

Frantsvåg, J.E.; Strømme, T.E. Few Open Access Journals are Plan S Compliant. Preprints 2019, 2019010165 (doi: 10.20944/preprints201901.0165.v3).

[Photo by Benjamin Davies on Unsplash]

Prêt d’objets audiovisuels en BU

En début de semaine avait lieu la « Journée du SCD », grand-messe annuelle ou l’on fait le bilan de l’année précédente et la revue des projets en cours ou à venir le matin, et ou l’on peut participer à des ateliers animés par des collègues l’après-midi. Cette année, j’ai suivi un atelier proposé par les collègues du département Sciences (E. Allemand, JP Bouvet-Maréchal et C. Péron), intitulé « Prêt d’objets en BU et réalisation de vidéos » ; c’était inhabituel et intéressant. Et pour une fois que je parle de ce qui se passe dans mon SCD…
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Nous avons commencé par un jeu : « Le juste prix/Le juste prêt ! » 😉 ; il s’agissait pour les participants de deviner le prix de chaque appareil, et le nombre de prêts enregistrés pour l’année 2018. Une façon ludique de présenter l’offre de matériels audio-visuels dans les BU de sciences, ainsi que les enjeux matériels et financiers de ce type de dispositif.
Cette offre s’est construite suite à la mise en place du prêt d’ordinateurs portables lancée à la fin des années 2000, projet piloté par le service TICE de l’époque, et dont le SCD a été partie prenante dès le démarrage, parce que, si il y a bien une chose que nous savons (bien) faire en BU, c’est prêter des choses !
Avec l’évolution du taux d’équipement des étudiants, la baisse des coûts et l’essor des nouveaux modes et outils de consultation, le prêt d’ordinateur a cédé la place au prêt d’autres types de matériels : des camescopes numériques, des tablettes, des vidéoprojecteurs, des liseuses, des souris/claviers sans fil, des calculatrices, des casques, des caméra go-pro, des casques anti-bruit… (voir la liste). L’offre s’adapte aux besoins des étudiants (qui n’ont droit qu’à un certain type de calculatrices aux examens par exemple), et des enseignants, qui demandent de plus en plus à leurs étudiants des rendus sous forme vidéo. Pas besoins de budgets extravagants pour se lancer cependant, on peut tout à fait commencer par proposer une offre de base, avec du matériel pas trop onéreux, puis aller vers une offre « premium », plus sophistiquée.
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L’organisation d’une offre de matériels audiovisuels est une activité collaborative : les achats sont faits avec le service audiovisuel de l’université, qui apporte son expertise technique sur la qualité des matériels, ce qui permet de proposer du matériel solide pour un usage intensif. Les appareils les + prêtés sont les casques audio (1578 prêts en 2018), les calculatrices (791), les casques anti-bruit (434). Les liseuses sont peu prêtées (contrairement aux tablettes), ce qui est sans doute lié à l’offre de contenus (uniquement des oeuvres du domaine public), et surtout à des bibliothécaires…
Côté sécurité, les bibliothécaires comptent sur la prudence de leurs usagers : aucune caution n’est demandée, par contre une signalétique à l’intérieur de chaque sac de matériel prêté en rappelle les conditions d’usage et la valeur de remplacement. Ils constatent peu de casse, mais plutôt parfois des retards dans le retour des prêts (7 jdavours pour tous les matériels ou sur place pour les casques anti-bruit). A noter : il faut prévoir dans l’achat la partie consommables pour une utilisation optimale (des cartes SD notamment).
Nous avons également abordé un usage de ces matériels en lien avec la valorisation des collections : depuis quelques temps, le compte Twitter @biblio_amu met en avant des ouvrages des BU sous forme de capsules vidéo, en complément du travail de valorisation des fonds et des services fait sur les pages Facebook et les comptes Twitter des 5 départements documentaires du SCD. Chaque bibliothécaire a toute latitude sur la réalisation de sa vidéo, qui peut être artisanale ou plus élaborée. Les collègues aimeraient organiser, à terme, un espace dédié, avec du matériel pré-réglé pour une captation de qualité. Nous n’avons pas eu suffisamment de temps pour passer à la pratique, mais les bibliothécaires nous ont donné quelques conseils et outils pour ceux qui souhaitent s’y mettre :
– Un logiciel de prompteur : http://www.freeteleprompter.org/
– Un outil pour insérer des titres, entre autres : https://clipchamp.com/fr/
Nous n’en sommes pas au même niveau que certaines bibliothèques américaines, qui prêtent d’autres types de choses, comme des moules à gâteaux, des outils ou des tensiomètres, ou s’équipent de cinémas ou de véritables studios d’enregistrement ; n’empêche, une offre qui s’adapte aux besoins de ses usagers, même en dehors des champs d’intervention ‘traditionnels’ des BU, c’est plutôt encourageant.
[Merci à Emmanuelle, Caroline et Jean-Philippe de m’avoir permis de partager cette expérience]

Trouver des contenus en OA chez Taylor & Francis

ChosenLogo_V02Taylor & Francis est un éditeur pluridisciplinaire anglais, racheté par le groupe Informa il y a quelques années. Son portefeuille comporte plus de 160 revues en open access gold ; l’éditeur propose également un option hybride, Open Select, disponible pour 2500 revues. Pas de liste des APC par revue, mais un « Article Publishing Charges finder » qui indique le coût des APC pour chaque revue. La partie du site consacrée à l’open access est plutôt claire et détaillée.

En recherche standard comme en recherche avancée, aucune fonctionnalité ne permet de restreindre la recherche aux seuls contenus en open access. Il est possible d’affiner les résultats de recherche avec une option  » Only show content I have full access to« , qui ne limite pas aux contenus en OA, et inclut donc les articles en accès libre proposés à la discrétion de l’éditeur (le fameux « bronze OA« ) ; cette option n’apparaît qu’une fois qu’on a lancé une recherche, elle n’est pas proposée par défaut.

Les résultats indiquent, pour chaque item, leur statut OA ou Free au moyen d’un logo qui figure sur la liste des résultats et sur la notice de l’article. Dans l’onglet @licensing on trouve la mention de copyright ou la licence CC appliquée.

Quand on est sur la page d’une revue, il est possible d’afficher, dans la partie « Explore », sous la table des matières du numéro en cours, une sélection d’articles en OA dans un onglet spécifique, à côté des articles les plus cités et des plus lus.

A noter, T&F dispose d’une filiale dédiée à la publication de mégarevues, Cogent OA, qui propose une variante du modèle APC, le modèle Freedom APC : les auteurs sans financement peuvent définir le montant de l’APC qu’ils sont prêts à verser, moyennant un minimum tout de même. Les autres sont invités à payer l’APC standard de 1350$. Le site dispose de son propre moteur de recherche, indépendant de celui de T&F.

En résumé, une plateforme qui facilite plutôt l’accès aux publications en open access.

 

De l’importance des workflows pour les accords OA

6014917153_7ba8d142c7_o_dLes bibliothécaires de l’Université de Vienne, en Autriche, ont publié une analyse fort intéressante des différents contrats qu’ils ont négociés avec les éditeurs contenant une dimension « open access » ; plus précisément, ils se sont attachés à décrire les différents workflows à l’oeuvre pour couvrir le cycle complet de la diffusion en OA, de la soumission de l’auteur aux modalités de paiement et/ou de suivi de la dépense d’APC. Voici ce que l’on peut en retenir :
L’université de Vienne est une grosse université (90 000 étudiants), qui a passé des accords comportant un volet OA pour 14 ressources. On distingue 4 types d’accords :

  • Les « Read and publish » : ils fonctionnent sur le même principe que les big deals pour les ressources sur abonnement, avec un forfait négocié pour couvrir les APC des articles publiés par les auteurs de l’établissement.
  • Les accords de compensation (« offsetting agreements ») : soit la dépense d’APC est déduite de la dépense d’abonnement, soit la dépense d’abonnement ouvre droit à une importante remise sur les coûts des APC.
  • Les accords avec des éditeurs OA Gold payant : l’adhésion institutionnelle donne droit à une remise sur les APC, ou permet de mettre en place un système de pré-paiement.
  • Les autres accords : l’institution soutient financièrement une initiative, sur le modèle de SCOAP3 ou OLH.

Ce qui saute immédiatement aux yeux, c’est la diversités des modes de fonctionnement de chaque accord : certains éditeurs ont une interface claire et des consignes compréhensibles pour les auteurs, d’autres perdent ces derniers avec des désignations inhabituelles de leur institution de rattachement. La mention du fait que les APC sont pris en charge par l’institution est plus ou moins visible selon les plateformes. Certains éditeurs envoient une seule facture, d’autres de multiples factures, et acceptent ou pas de les envoyer à l’institution et pas directement au chercheur. Des accords portent sur tous les types de documents ou de revues, d’autres ne concernent que les articles de recherche ou les revues hybrides.

Même pour un bibliothécaire c’est compliqué !

Dans ces conditions, la principale difficulté est de communiquer toutes ces subtilités aux enseignants-chercheurs : malgré les différentes activités de sensibilisation et de promotion, informer tous les chercheurs de l’établissement sur les différentes possibilités qui s’offrent à eux relève de la mission impossible ; et pourtant le site web d’information sur l’open access monté par la BU est plutôt bien fait.

L’identification correcte des enseignants-chercheurs, permettant de vérifier leur éligibilité aux bénéfices de l’accord est également une étape cruciale : les bibliothécaires constatent que lorsque les éditeurs mettent des moyens humains pour faciliter cette identification, le système est bien plus efficace, et le taux d’articles diffusés en OA grimpe, alors qu’il stagne, voire décline, quand ce n’est pas le cas. Malheureusement un seul des éditeurs avec lesquels traitent les collègues viennois a mis suffisamment de moyens…

A celà s’ajoutent la mauvaise qualité des métadonnées et les modes de facturation variés, qui complexifient le travail de suivi et la traçabilité des dépenses, malgré les mandats des financeurs de la recherche.

Pour les bibliothécaires, la question des workflows doit être intégrée très tôt dans la négociation avec les éditeurs :

Nous avons appris à nos dépens que, pour qu’un accord aboutisse, les workflows doivent occuper une place centrale et que des discussions doivent être engagées dès les premières étapes des négociations. Il s’est avéré essentiel d’établir une communication directe non seulement avec l’équipe commerciale de l’éditeur, mais aussi avec le personnel responsable des workflows d’OA. Idéalement, une démonstration en direct devrait être organisée, au cours de laquelle le personnel compétent de l’université, comme les chercheurs et le personnel du service en charge de l’open access, peut tester sur le terrain chacune des étapes que les auteurs correspondants devront franchir au fur et à mesure du processus de publication. A défaut, l’éditeur pourrait fournir des captures d’écran détaillées du processus. Quoi qu’il en soit, ce serait l’occasion d’attirer l’attention sur les problèmes potentiels et d’envisager des solutions pour y remédier.

Ils concluent qu’il y a une vraie refonte des modes de fonctionnement à imaginer, et que ce sont essentiellement les pratiques des éditeurs qui doivent évoluer :

Les accords de publication en open access ont le pouvoir de faire augmenter considérablement la proportion de publications en OA produites par les institutions,  et de contribuer ainsi à la transition vers l’OA. Toutefois, le succès de ce type de projet dépend en grande partie de la conception et de la mise en œuvre judicieuses des workflows. Bien que tous les acteurs concernés aient un rôle important à jouer dans ce contexte, la responsabilité principale incombe aux éditeurs, qui doivent repenser les flux de travail existants et intégrer la publication en open access dans leurs systèmes. Essayer de construire un workflow de la publication en OA juste en adaptant les méthodes actuelles de gestion des abonnements ne donnera pas de résultats satisfaisants.

Source : Pinhasi, R., Blechl, G., Kromp, B., & Schubert, B. (2018). The weakest link – workflows in open access agreements: the experience of the Vienna University Library and recommendations for future negotiations. Insights, 31, 27. DOI: http://doi.org/10.1629/uksg.419
[Photo : atoach]

Le (bon) plan S

38028099792_44acda4c73_oScience Europe vient d’annoncer le lancement de la « Coalition S« , un accord signé par 11 organismes financeurs de la recherche en Europe, dont l’ANR. Et c’est l’occasion d’en apprendre un peu plus sur le fameux Plan S élaboré par le chargé de mission pour l’open access de la Commission Européenne, Robert-Jan Smits (RJS). En effet, cette coalition s’engage sur l’objectif principal du Plan S, à savoir l’obligation de diffusion en accès ouvert, à compter du 01/01/2020, de toute la littérature de recherche financée par des fonds publics ; la diffusion pouvant se faire soit dans des revues en open access, soit sur des archives ouvertes.

Le Plan S se décline en 10 points (je résume) :

  • Les auteurs conservent leurs droits et diffusent leurs travaux sous une licence ouverte
  • Les financeurs vont définir des critères et un haut niveau de service pour qualifier les revues OA et les plateformes d’archives ouvertes labellisés
  • Les financeurs soutiendront la création de revues et de plateformes si besoin ; ils soutiendront également les infrastructures de l’open access
  • Les APC seront payés par les financeurs ou par les institutions (et pas par les individus)
  • Les APC seront standardisés et plafonnés au niveau européen
  • Les universités, organismes de recherche et BU devront aligner leurs politiques et leurs stratégies en la matière
  • Tous les produits de la recherche sont concernés par cette politique, même les ouvrages, bien que pour ceux-ci une tolérance soit accordée  au niveau du délai de mise en place
  • Le rôle des archives ouvertes pour la conservation à long terme des productions de recherche et pour l’innovation éditoriale est réaffirmé
  • Exit les hybrides : le modèle hybride n’est pas compatible avec les objectifs du plan S
  • Les financeurs feront une suivi du respect de ces règles et sanctionneront les manquements

Evidemment, les éditeurs ne voient pas ce plan d’un bon oeil : le refus des hybrides signerait la fin de la liberté académique du chercheur et freinerait la transition vers l’open access, le plan « saperait le travail de validation effectué par les revues de qualité » et ne serait « pas soutenable pour les revues du groupe Science », selon un porte-parole de l’éditeur.

PS : Pour quoi un plan « S » ? C’est « S » pour « Science, Speed, Solution, Shock », selon RJS.

Sources :
European science funders ban grantees from publishing in paywalled journals
Radical open access plan could spell end to journal subscriptions

Conclusions du 3ème workshop ESAC

461240381_4a57e4f032_oESAC (Efficiency and Standards for Article Charges) est une initiative qui a pour objectif de suivre les évolutions des frais de publication des articles dans les revues scientifiques, de recenser les bonnes pratiques et faire des recommandations sur la gestion des APC et les workflows associés.
Fin juin s’est tenu le 3ème Workshop du projet, le rapport qui en est issu est en ligne, je vous en résume/traduis les grandes lignes :
A propos de l’évaluation de la valeur et les facteurs déterminant le coût :

  • Il faut différentier dans les analyses les différents modèles d’APC, le fait qu’on parle de gold ou d’hybride ou d’accords de compensation (« offsetting agreements ») change la perspective.
  • Le coût des APC hybrides est nettement plus élevé que celui des APC des revues gold, c’est un fait désormais établi.
  • Le coût des APC dans le cadre d’un accord de compensation est du niveau de celui des APC hybrides, mais il est à envisager dans le contexte global de l’accord, ie en prenant en compte les économies éventuelles réalisées sur le double dipping.
  • Les indicateurs tels que le SNIP ou le facteur d’impact ne sont pas les seuls critères pour définir le coût des APC : la discipline, l’éditeur ou le modèle économique jouent également un rôle.
  • Les APC des revues gold reflètent de manière plus cohérente les coûts de production et de services dans leurs prix, alors que les APC hybrides traduisent plutôt le niveau de revenu actuel et les marges bénéficiaires de l’activité d’abonnement des éditeurs. Il ne s’agit donc plus d’un argument valable en faveur d’une hausse des prix des APC.
  • Les niveaux de prix médians sont les principaux moteurs de l’évolution globale des coûts. Sont donc à surveiller les prix des revues très fréquentées et les portefeuilles de revues qui englobent la plus grande partie de la production scientifique.

A propos du suivi des coûts :
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  • Nécessité de l’indépendance de la collecte et de l’analyse des données sur les APC. La transparence obtenue grâce à des initiatives telles que OpenAPC permet à la communauté de discuter des coûts des APC sur la base de données probantes.
  • Nécessité pour les différents acteurs institutionnels ou individuels actifs sur le sujet de se coordonner pour maximiser l’impact de leurs efforts.
  • Les institutions et les consortiums de bibliothèques doivent maintenant mettre en place des actions concrètes, utilisant ces nouvelles données comme un atout, pour faire passer les négociations avec les éditeurs à un autre niveau, et arriver à un système de publication équitable, durable et en accès complètement ouvert.

A propos du risque d’augmentation des coûts globaux de l’édition scientifique à cause de l’OA hybride :

  • La stratégie d’intégration de l’open access et des coûts relatifs dans le contrat de licence d’abonnement des institutions permet d’exercer un suivi des coûts pour contenir les dépenses en double et de travailler à convertir officiellement les dépenses d’abonnement en soutien à la publication en accès ouvert. Les accords de compensation doivent être négociés comme des mesures transitoires, avec l’objectif clair d’arriver rapidement à la conversion vers l’accès ouvert complet.

A propos du risque de voir les éditeurs traditionnels dominer le marché de l’édition scientifique et imposer leurs coûts d’APC sur la base de leurs marques éditoriales :

  • Le modèle économique basé sur les APC pour la publication en accès ouvert est une nette amélioration par rapport au marché actuel des abonnements, en ce sens que les coûts des APC sont transparents et, par conséquent, soumis à un niveau de contrôle qui fait totalement défaut sur le marché opaque des abonnements. Néanmoins, afin de soutenir l’évolution d’un marché plus efficace et plus diversifié, les institutions devraient éviter deux écueils du modèle des abonnements :4418249517_a83f1e5f4d_o.jpg
    • L’augmentation des prix obligatoire : quand on compare les coûts par article du système actuel d’abonnements (entre 3800 et 5000 euros)[1] avec les coûts moyens d’APC (autour de 2000 euros), on voit bien qu’il y a déjà assez d’argent dans le système pour soutenir une transition vers un accès ouvert ; les augmentations ne sont pas justifiées.
    • L’usage des indicateurs : évaluer le coût des APC en fonction d’indicateurs comme le SNIP et JIF n’est pas pertinent, car ceux-ci sont limités en termes de transparence et d’applicabilité au niveau de l’article, et ne servent qu’à renforcer le pouvoir des revues et des marques d’éditeur. Et puis ce sont les APC médians qui ont la plus grande influence sur l’évolution globale des coûts du marché, dont pas vraiment ceux des revues à fort facteur d’impact.
  • Par ailleurs, n’oublions pas la bibliodiversité : les modèles de publication coopératifs et sans APC ont besoin d’être soutenus. Un transfert des budgets et des économies réalisées vers de nouveaux modèles permet de stimuler la concurrence et l’innovation sur le marché de l’édition scientifique.

Pour finir, à propos du risque d’augmentation des coûts pour les établissements de recherche intensive :

  • Chaque institution est susceptible d’être confrontée à ce problème pour certains éditeurs dont les coûts de publication dépasseront les anciens coûts d’abonnement. Toutefois, comme on l’a vu plus haut, il y a suffisamment d’argent dans le système : il faut trouver un moyen de réaffecter les coûts. Des solutions sont à travailler au niveau des  consortiums, par exemple en introduisant des mécanismes de compensation internes et des fonds de solidarité, le cas échéant.

[1] Disrupting the subscription journals’ business model for the necessary large-scale transformation to open access : le rapport de la Max-Planck-Gesellschaft sur les coûts de la transition vers l’open access.

[Photos : Daniel hoherd, Laura Thorne, Kirstie Warner]


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