Archive for the 'Open source' Category



L’open source c’est nous aussi

Dans la série « le dire, c’est bien, le faire, c’est mieux« , et parce que j’ai pris l’habitude, depuis Biblioacid, de faire les choses par moi-même quand elles n’existent pas, j’ai décidé d’apporter une modeste contribution aux outils open source que j’utilise :

– J’ai commencé à traduire en français certaines pages de la documentation en ligne de Zotero : pour démarrer, je me suis attelée à « Comment rendre son site Zotero-compatible« , « Comment demander un nouveau style » et « Les standards et logiciels compatibles« . Si vous voulez vous y mettre, il faut vous créer un compte pour l’accès au wiki, qui est différent du compte que vous pouvez avoir par ailleurs sur le site de Zotero.

– J’ai également créé sur Zotero un groupe Koha, ouvert à tous, qui permet d’alimenter collaborativement une bibliographie sur ce logiciel.

Utiliser des logiciels libres, c’est déjà bien, mais il me semble qu’il n’est pas si difficile que ça d’aller un peu plus loin, de donner un petit coup de main discrètement, de temps en temps… Et vous, vous faites quoi pour l’open source ?

[photo : esc.ape]

Koha : un nouvel entrant

Qui a dit que le monde du libre était un long fleuve tranquille ?

La nouvelle est tombée hier après midi : PTFS, une société de services pour les bibliothèques, rachète Liblime, la principale société qui assure le support de Koha pour de nombreuses bibliothèques américaines – et qui avait suscité le débat à l’automne 2009 en proposant à sa clientèle une version « privatisée » de Koha (LLEK).

Ce rachat, qui doit être finalisé courant janvier, amène à PTFS les compétences en terme de développement spécifiques à Koha de la douzaine d’employés de Liblime, ainsi que la centaine de contrats en cours (représentant près de 500 établissements).

PTFS  édite Archivalware, une solution de bibliothèque électronique, de gestion électronique de documents, etc, et travaille déjà avec des briques Koha ou Evergreen – ça me fait un peu penser à la société Jouve. D’après le communiqué de presse, PTFS envisage de faire converger ses outils et ses compétences pour proposer aux bibliothèques, par exemple, une solution tout-en-un pour gérer aussi bien les collections physiques qu’électroniques (une extension ERM est évoquée).

PTFS a une branche en Europe, Une autre société, PTFS Europe, indépendante de PTFS (mais qui distribue ses produits) proposera aussi du support sur Koha, ce qui élargit potentiellement le nombre de prestataires sur ce marché. Parallèlement, Bywaters Solutions et Biblibre, les 2 autres sociétés spécialisées dans le logiciel libre pour les bibliothèques, annoncent qu’elles vont proposer conjointement du développement et du service autour de Koha à la clientèle américaine.

Ces nouvelles me paraissent de bon augure pour le secteur du libre.

Fuites

3612937934_260faf7ca6_m.jpgCa paraît tellement énorme, c’est tellement pas dans notre culture, et pourtant : Sirsi-Dynix, multinationale spécialisée dans les solutions pour les bibliothèques (qui commercialise en France le SIGB Horizon), a diffusé auprès de certains de ses clients américains ce document « d’information » sur les SIGB open source, qui n’est rien moins que de la propagande anti-open source de base [il présente du reste un certain nombre de caractéristiques du FUD (Fear, uncertainty and Doubt), une technique de désinformation utilisée en marketing et en politique]. Ce document a été rendu public sur le site Wikileaks, qui est « une version non censurable de Wikipédia, qui vise à divulguer et à analyser des documents, dont la source ne puisse pas être identifiable et pour une diffusion à grande échelle. Elle associe la protection et l’anonymat que permettent les toutes dernières technologies de cryptographie, à la transparence et à la simplicité d’une interface wiki. »

Allez, juste un petit extrait qui m’a plu :
« Les systèmes propriétaires ont plus de fonctionnalités. Point. Les systèmes propriétaires sont plus conviviaux. Sirsi-Dynix développe son SIGB depuis plus de 30 ans. Il dispose d’une gamme de fonctionnalités de premier ordre. Il est important de noter que Sirsi-Dynix travaille pour 2 principaux groupes d’utilisateurs – les bibliothécaires qui traitent les ressources de la bibliothèque pour les acquisitions, le catalogage, le prêt, le PEB etc. Et les utilisateurs finaux qui utilisent les fonctions de l’OPAC comme le prêt autonome. Les développeurs de solutions open source passent la plus grande partie de leur temps à faire en sorte que les opérations internes de développement se passent correctement, alors que tout cela est au point chez nous depuis 30 ans. »

Les systèmes propriétaires ont plus de fonctionnalités. Point. Les systèmes propriétaires sont plus conviviaux.
Les systèmes propriétaires ont plus de fonctionnalités. Point. Les systèmes propriétaires sont plus conviviaux.
Les systèmes propriétaires ont plus de fonctionnalités. Point. Les systèmes propriétaires sont plus conviviaux.

Peut-être si on se le récite comme un mantra on finira par oublier toutes les fois où l’on a regretté que nos SIGB n’aient pas telle ou telle fonctionnalité (allez, une au hasard : des flux rss ?), ou ne soient pas plus orientés-utilisateurs ?
Le reste est du même tonneau, et montre, à mon sens, que l’open source est en train de gagner du terrain sur ce micro-marché qu’est celui des logiciels de bibliothèques : pourquoi ce genre de réaction défensive si l’open source ne représentait pas une sérieuse concurrence ?

[photo : 4PIZON]

Du rififi dans le libre

3814521533_c35468cd77_m.jpgCela fait plusieurs semaines que des rumeurs circulent dans la communauté, et l’info officielle est finalement sortie : Liblime, l’une des sociétés contributrices historiques du SIGB libre Koha, ouvre sa propre branche de développement du logiciel (on appelle ça un fork) pour une version hébergée « Liblime Enterprise Koha ». Concrètement, cela signifie que les développements faits sur cette branche ne seront pas reversés (en tout cas pas au même rythme) dans le Koha « général », et que donc la communauté ne pourra pas en bénéficier. Cela peut ne pas être un problème (il y a eu d’autres cas de ce type, notamment dans les distributions Linux), tant que l’on reste dans la philosophie du libre : liberté de diffusion et de modification du code. Là ce que Liblime propose, c’est une version de Koha réservée à ses clients, qui les lie, de fait, à cette seule société : les développements resteront publics, mais ils seront livrés au rythme choisi par Liblime en accord avec leurs clients.

Rien d’illégal là-dedans cependant : une société a tout à fait le droit de vendre du service autour de logiciels libres, simplement le fait de sortir des améliorations du logiciel souvent et en les annonçant à l’avance permet d’une part au reste de la communauté de s’organiser (et de ne pas doublonner les développements par exemple), et d’autre part garantit une meilleure compatibilité entre les systèmes (intégrer du code tous les 6 mois sur un produit qui évolue tous les jours, ça ne sert pas à grandchose).

De nombreux billets ont commenté sur le sujet, allez voir pour vous faire une idée (sans manquer les commentaires, souvent très riches) :
Liblime to the Koha community : fork you ! par Roy Tennant
Liblime forks Koha chez Library matters
Where goes Koha ? chez Librarian 1.5
Koha manoeuvres chez parser librarian
A open letter to the Koha community par Marshal Breeding
Les explications du responsable de Liblime, et toute la discussion (thread) qui s’ensuit.

On attend de voir la position des clients de Liblime dans cette affaire : pour l’instant peu d’entre elles ont réagi à cette annonce. Néanmoins on peut s’interroger sur la nature de la relation des bibliothèques au logiciel libre : alors qu’extérieurement cela devrait évoluer en une relation de partenariat (les bibliothèques apportant leur contribution au moins financière au projet), on a l’impression que cela reste une relation client-fournisseur traditionnelle (peu de bibliothécaires s’investissent par exemple dans les débats actuels sur la création d’une fondation pour gérer Koha). Ce manque d’engagement des bibliothécaires dans la communauté fait que, du coup, tout cela reste « un truc de développeurs ». Il y a certainement une question de compétences techniques (rares sont encore les bibliothécaires-développeurs), de formation (je ne suis pas certaine que la majorité des bibliothécaires soit au clair avec la notion d’open source), mais aussi sans doute un problème de volonté politique : pourquoi le développement mutualisé d’outils-métier libres pour les bibliothèques ne suscite pas autant d’engouement auprès des services TICE ou des DSI des universités que les ENT ou les plateformes pédagogiques ?

[photo : scribbletaylor]


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