Les 12 suggestions d’un chercheur

Peter Murray-Rust est enseignant-chercheur au département de chimie de l’Université de Cambridge. Il s’intéresse depuis longtemps  à l’Open science, à l’Open data et à l’Open Access. Pour changer la façon dont les bibliothécaires (et les bibliothèques) servent la communauté universitaire, il leur propose dans 12 suggestions for how librarians can build the future les idées suivantes :
« – Agir en bibliothécaire citoyen
Recrutez des bénévoles pour vous aider. Il y a des tonnes de choses que les jeunes de la génération internet pourraient faire. S’ils arrivent à cataloguer des revues comme « Galaxies », ils sont capables de cataloguer d’autres types d’information. Relâchez le contrôle et faites grandir votre communauté.

– Rendre publique toute la production scientifique – ignorer le copyright
L’université crée de l’information. Celle-ci lui appartient, ainsi qu’à ses membres, et pas à des acteurs extérieurs. Donc les thèses, les manuscrits, etc sont sous notre contrôle. Si tout le monde faisait ce choix, les acteurs extérieurs seraient affaiblis. Démarrez avec ce qui n’est pas trop sensible. Passez ensuite aux domaines où ces questions sont plus floues – et, le cas échéant, excusez-vous d’avoir fait plutôt que de demander la permission de faire. Ca peut être un moyen d’impliquer les chercheurs.

– Analyser les contenus
Valorisez les contenus que vous détenez. Analysez les thèses. Le texte comme les données. Exposez vos résultats, ne les cachez pas au fond d’un serveur.

– Charger les étudiants de 2ème année du développement de ressources et technologies pédagogiques
Vu que, d’ici 3 ans, les bibliothèques seront dans les appareils mobiles des étudiants et plus dans des bâtiments, il faut les impliquer. Leur demander comment traiter l’information dont ils ont besoin. Parce que si les bibliothèques ne le font pas, Google et les éditeurs s’en chargeront. Et adieu les bibliothèques.

– Participer activement à l’obtention de subventions de recherche
Les chercheurs survivent grâce aux subventions. Si vous aidez un chercheur à obtenir un financement, il vous soutiendra, ne serait-ce que pour que vous puissiez l’aider à nouveau. La recherche de subvention dépend pour une grande part (je le constate régulièrement), non seulement de la discipline de recherche, mais aussi du style du rédacteur et de sa connaissance des arcanes institutionnelles. Il n’y a pas de raison pour que vous ne puissiez pas y arriver – et, en tant que chercheur, c’est quelque chose que j’apprécierai sûrement.

– Participer activement au processus de publication scientifique
Même motivation que précédemment : si vous aidez un chercheur à publier plus d’articles, le chercheur appréciera.

– Fermer la bibliothèque universitaire de sciences et aller dans les labos
On n’a plus besoin de BU de sciences – ce sont peut-être des endroits tranquilles pour travailler, mais leur design ou leur gestion n’ont rien de particulier. Des bibliothécaires « humains » devraient être en blouse auprès des chercheurs et co-auteurs de leurs articles.

– Passer le relais des achats à un responsable national des achats ayant du « mordant »
Ca ne sert à rien d’envoyer des bibliothécaires négocier face aux forces de vente surentraînées des éditeurs. Elles sont formées pour gagner. Gérez ça nationalement – je crois que cela se fait déjà au Brésil.

– Mettre en place un nouveau type de presses universitaires
C’est une des plus grosses occasions manquées du siècle. Les universités auraient pu créer de nouveaux modes de publication académique. Les coûts sont bien moindres maintenant – ce n’est peut-être pas trop tard. Avant que, dans 5 ans, Google ou son successeur gère les systèmes d’information universitaires.

– Développer son propre système de métriques (ARGGH!)
Je déteste les métriques, mais s’il en faut, les bibliothèques pourraient facilement s’en charger. Toute l’information circule dans la bibliothèque – pourquoi l’ISI devrait-elle s’en occuper ? Vous auriez des métriques ouvertes et de qualité plus fiable.

– Faire campagne publiquement pour plus d’ouverture
Vous pouvez le faire. Pensez chaque jour à quelque chose qui devrait être ouvert. Puis réfléchissez à comment vous pourriez y arriver. Rejoignez l’Open Knowledge Foundation. Aucun des Panton Principles n’est hors de votre portée. Ni le projet Open bibliography de l’OKF. Ni le CKAN
Engagez-vous dans des projets comme mySociety. Encouragez la démocratie numérique…

– Rendre la bibliothèque ludique
Certaines des innovations les plus intéressantes se basent sur une addiction ludique. Aucun problème avec ça. Rendez amusant l’usage de la bibliothèque – sous quelque forme que ce soit. Rendez-le gentiment concurrentiel. Rendez-le motivant, comme cela peut l’être sur internet.

Et sortez de la bibliothèque et venez discuter avec nous. Si vous lisez ce blog, vous savez où me trouver pendant la pause déjeuner. »

[photos : mellyjean, Reading in public]

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