Research Gate : you’ve got mail !

234447967_516894d7fc_mSTM, l’association internationale des éditeurs en sciences, techniques et santé, vient d’envoyer un courrier à la direction de Research Gate, via son cabinet d’avocats (merci à @McDawg et @protohedgehog pour le lien). Dans ce courrier, après avoir rappelé la volonté des éditeurs de parvenir à un écosystème de diffusion de l’information scientifique durable et légal, et leur souhait de trouver une solution concrète avec les acteurs du secteur, dont RG, pour garantir le partage des contenus scientifiques dans le respect des règles élaborées par STM, l’association propose au réseau académique de procéder à quelques petites modifications dans son fonctionnement :

  • Selon STM, les éditeurs disposent de moyens techniques pour vérifier le statut des documents déposés sur RG. Si la version déposée est compatible avec la politique de l’éditeur, no problemo, le document pourra rester en ligne et accessible librement. Si la version déposée n’est pas compatible – par exemple s’il s’agit d’un pdf éditeur, ce qui est le cas de pratiquement 80% des documents déposés sur RG selon cet article -, le système permettra de « verrouiller » le document en ne donnant plus accès qu’aux co-auteurs ou à des groupes de personnes définis. L’auteur recevra même un petit message lui expliquant comment donner un accès plus large à ses documents, par exemple, je suppose, en lui proposant de payer des APCs…
  • Pour faire de la pédagogie auprès des auteurs, STM est prête à travailler avec RG, en renforçant la communication sur les politiques des éditeurs en matière d’auto-archivage.
  • Sympa, STM ne met pas la pression à Research Gate : elle lui donne jusqu’à juin 2018 pour passer ses contenus au crible et identifier les articles dont le niveau d’accès doit être modifié.
  • Et puis, bien sûr, dans un souci de préservation de l’intégrité scientifique, il n’est plus question que RG indexe les métadonnées des documents qui se trouvent sur ses serveurs, ni que RG se recréée une base de données interne en copiant les documents eux-mêmes…

Si Research Gate ne répond pas positivement à cette proposition d’ici la semaine prochaine, la société sera « contactée » individuellement par les membres de la STM, ou plus vraisemblablement par leurs avocats, un peu comme Elsevier ou l’American Chemical Society l’ont fait avec Sci-Hub.

Research Gate va-t-elle accepter ces conditions ? Les éditeurs vont-ils poursuivre RG pour non respect du copyright ? Et Academia dans tout ça ? Ca n’irait pas plus vite de racheter RG directement ? Les auteurs vont-ils finir par déserter les réseaux sociaux académiques ? A suivre…

[Photo : Liz West]

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