Archive for the 'Open Access' Category



Les bibliothécaires, faux amis de l’OA ?

Extrait d’un post de Dorothea Salo sur Caveat Lector d’hier :
« On parle beaucoup des bibliothécaires comme ralentisseurs de l’Open Access. Je vais vous surprendre : je suis d’accord avec ça. Cela n’a rien à voir avec les métadonnées (bien que je reconnais que l’on soit parfois hyper-obsédés avec ça, et que l’expérience montre que ce n’est pas là dessus que nous devons faire porter nos efforts). Cela n’a rien à voir avec la conservation, qui est un sujet de préoccupation tout à fait valable et nécessaire. Cela n’a rien à voir avec les contenus (recherche validée contre tout ce qu’on peut archiver).
C’est une question d’ignorance. C’est exactement comme pour les chercheurs : le plus gros problème dans les bibliothèques, c’est qu’en dehors de quelques meneurs éclairés et d’une poignée de pignoufs comme moi, les bibliothécaires ne connaissent à peu près rien à l’Open Access. Pire, d’après ce que j’ai pu constater, la méfiance viscérale du bibliothécaire envers tout ce qui est gratuit empêche effectivement l’utilisation et la promotion de l’information en libre accès.
Serials Solutions propose un module Open Access dans son célèbre outil de gestion des périodiques. Des douzaines de revues et autres sources de données en accès libre peuvent être ajoutées aux collections des bibliothèques en quelques clics. C’est une approche très intelligente. Je me demande combien de bibliothèques clientes de Serials Solutions s’y sont déjà seulement intéressées ?
Je me demande combien de responsables d’archives ouvertes doivent se battre pour emporter l’adhésion [du personnel] autour de l’archive au sein même de la bibliothèque. Pour autant que j’ai pu voir en en gérant une, tout passe à force de personnalité, plus qu’avec l’investissement intellectuel de mes collègues pour le concept. Plusieurs de mes collègues ont toujours du mal, lorsqu’ils me présentent à des enseignants (ce qu’ils savent très bien faire), à expliquer ce que je fais exactement.
[…] Je me demande combien de bibliothécaires dans des petites institutions où il y a assez peu de recherche pensent que l’open access ne les concerne pas. Je me demande combien sont rebutés par le sentiment anti-bibliothécaire virulent dans la communauté de l’open access – j’ai dû me battre contre ça moi-même une fois ou deux.
Bien que je n’aime pas les enquêtes, j’y vois là un usage. Nous devons savoir à quel point ce problème d’ignorance est grave. Nous devons savoir si des bibliothécaires suppriment des données en open access, et si oui, pourquoi. Nous devons savoir s’ils partagent les craintes, les incertitudes et les doutes des éditeurs…
 »
Il y a un peu de parano sur la fin peut-être – je ne pense pas qu’il y ait chez nous de réaction anti-bibliothécaire parmi les chercheurs, du moins pas à ce sujet 😉 -, mais sans doute aussi du vrai sur la méconnaissance du phénomène et des enjeux parmi les bibliothécaires, qui sont généralement tous d’accord pour dire qu’il y a une crise (de l’édition, des périodiques), mais peu nombreux à voir l’open access comme une solution possible à moyen terme.

Nue, au soleil

Beth Ritter-Guth, une prof d’anglais qui prépare une thèse à la Texas Tech University, travaille sur l’Open access et ses effets sur la communication scientifique, ce qui est une chose intéressante en soi. Mais l’originalité de son travail est qu’elle a choisi de travailler en toute transparence, en utilisant un wiki et en relatant son expérience sur un blog dédié. Elle commente : « En un sens, c’est un peu comme prendre sa douche en public. Toutes mes idées sont là dehors. C’est une façon complètement nouvelle de faire de la recherche pour moi (qui suis une super-fan des carnets en couleurs, des surligneurs qui flashent et de tout un tas de trucs liés au papier). » Ce n’est pourtant pas une novice des outils sociaux, à voir le nombre de blogs auxquels elle est affiliée sur son profil Blogger : au delà des outils, c’est donc bien la façon de travailler qui change.

Open Nature

Bonne nouvelle : Nature ouvre ses archives ! A partir du 01/01/2007, les archives de toutes les publications de Nature Publishing Group seront accessibles librement, du début de la publication en ligne à janvier 2003. Encore un bon point pour Nature !

PS : Non, je n’ai pas d’actions chez Nature, mais… je vous ai déjà dit qu’ils proposent aussi des podcasts ? 🙂

OA for library stuff

Heather Morrisson souligne, sur son blog OA librarian, le fait que les bibliothécaires ont de plus en plus de moyens de déposer leurs contributions dans les différentes archives ouvertes en sciences de l’info et des bibliothèques :
E-LIS
DLIST
ArchiveSIC
– celle de leur établissement
– celle d’un consortium ou d’un regroupement d’établissements
– …

Multiplication des archives = confusion pour l’utilisateur ? Non, peu importe où est déposé le document, le tout c’est de mettre en place des outils de recherche suffisamment ergonomiques pour que l’on puisse le retrouver facilement. Ca suppose quand même de travailler avec des protocoles ouverts, mais bon, ça n’est pas une nouveauté.

Une autre façon de voir l’OA

La société Elsevier vient d’annoncer qu’elle offre (si j’ose dire) à partir du mois de mai la possibilité à ses auteurs de sponsoriser l’accès libre à leurs articles : pour la modique somme de 3000$ (par article) leurs articles seront désormais accessibles en ligne gratuitement. Pour démarrer seules quelques revues de physique sont concernées (Nuclear physics A & B, Astroparticle physics). 2-3 trucs qui me chiffonnent :

– ces 3000$ sont entendus hors charges liées à l’ajout de d’images en couleurs, charges que certains éditeurs suppriment dans le cadre d’expérimentations OA

– aucune baisse du tarif des abonnements aux revues n’est annoncée (ni même envisagée amha)

– il y a comme un déséquilibre entre accès libre internet / accès payant version papier qui n’est pas compensé (cf point précédent)

– ça va encore compliquer les choses pour l’utilisateur et pour les bibliothèques : c’était déjà pas évident de signaler dans les catalogues et les sites web de bibliothèques les revues gratuites par rapport aux revues payantes, là il va falloir descendre au niveau de l’article, ce que personne ne fait encore à ma connaissance – et est-ce aux bibliothèques de le faire ? Bonne question. Un truc qui serait bien, ce serait que l’éditeur ajoute une ptite case à cocher pour ne faire porter la recherche que sur les contenus en libre accès, mais bon, c’est pas encore au programme.

– et surtout, en attendant, ça fait une source de revenus de plus pour la multinationale : abonnements papier + abonnements électroniques + sponsoring des auteurs = de bien beaux bénéfices en fin d’année…

Exemple à suivre

« (…) qu’est-ce qu’une archive « exemplaire » ? C’est une archive bien remplie. La réussite d’une archive se mesure à son taux de remplissage par rapport à la production scientifique de l’institution qui l’abrite, par an, puisque l’accessibilité des documents récemment publiés est la référence du LA [Libre Accès]. Si on estime actuellement que seulement 15% de la production scientifique des institutions de recherche est auto-archivée spontanément, quelques rares archives dans le monde atteignent pourtant le taux de 100%.
Il s’agit des Universités de Southampton, de Minho, de Zurich, du Queensland University Technology et du CERN. Le secret de cette réussite est simple et peut être appliqué partout : les responsables ont exigé que leurs chercheurs auto-archivent leurs travaux. »

Hélène Bosc, « Les meilleures Archives ouvertes dans le monde : le modèle à suivre et pourquoi » (résumé, ppt), communication lors de la journée sur les archives ouvertes (présentations ici) organisée par l’URFIST de Toulouse en avril dernier.

[Repéré sur la brique documentaire de l’ENT de Grenoble universités]

De l’OA à i-expo

En préparation au salon i-expo, plusieurs documents (des « clés de lecture« , ils appellent ça) sont disponibles sur le site de la manifestation, notamment L’Open Access : une problématique à l’âge de raison ? qui, je trouve, fait un bon point sur le sujet, avec une approche plus bizness un peu différente du discours biblio/doc.

Presqu’OA

Je ne connaissais pas cette variante de l’Open Access utilisée par BePress (Berkeley Electronic Press) depuis 5 ans : le quasi-open access. Le principe est simple : j’accède gratuitement à l’article de mon choix, moyennant le remplissage d’un formulaire mentionnant le nom de mon université, labo, école,… L’éditeur se charge ensuite de contacter la bibliothèque de mon institution pour l’informer de mon intérêt pour ses publications, et lui suggérer de s’abonner à ses revues (une trentaine de revues peer-reviewed, essentiellement en éco, droit, sciences po et un peu en sciences).

BePress fait l’actualité ces jours-ci avec Researchnow, son moteur de recherche, qui permet d’interroger, outre les revues publiées par BePress, près d’une centaine d’archives institutionnelles utilisant les services d’hébergement proposés par l’éditeur (pour le droit et les statistiques), ou la plateforme Digital Commons de Proquest.

J’ai trouvé un autre service innovant chez cet éditeur décidément intéressant : ExpressO, un système de soumission d’articles auprès des comité éditoriaux des revues de droit. Moyennant 2$ par revue, ce service se charge de transmettre la copie électronique de votre dernière contribution à xx revues spécialisées en une seule opération, ce qui vous économise les coûts de copie, d’envois multiples, etc.

Il me semble que les éditeurs comme les bibliothécaires devraient s’intéresser de près à ce type de services à valeur ajoutée : les premiers parce qu’il leur faudra bien se diversifier si les archives ouvertes se développent (même si ce n’est pas pour tout de suite), et les seconds parce que ces ‘services plus’ sont des moyens de faire valoir leur expertise, leurs compétences et finalement leur rôle dans l’accès à l’information.

De l’OA pour les étudiants en SIB

Les étudiants du département SIB de l’école d’informatique de l’Université de Buffalo viennent de lancer une nouvelle revue en open access, Library Student Journal. En + d’être une initiative étudiante, d’être en OA (et peer-reviewed !), le site est joliment fait : on ouvre les pages de la revue, il y a des coups de stabilo, des post-it… Les contributions seront acceptées à partir de mai, pour une publication courant 2006. A suivre.

OA : ça existe aussi en droit

Un symposium sur la publication en OA et la recherche en droit (Open Access Publishing and the Future of Legal Scholarship) a été organisé par la Faculté de droit Lewis & Clark (Portland, Oregon). Les présentations et les versions audio sont en ligne ; la présentation d’O. Arewa a plus particulièrement attiré mon attention : elle y examine notamment les rapports étroits entre Lexis et Westlaw (les 2 poids lourds du marché de l’information juridique) et les facultés de droit, et envisage dans quelle mesure ils sont un frein à la publication en open access dans les disciplines juridiques.

Dans la foulée du symposium, la bibliothèque a mis en ligne un site consacré à l’OA et la recherche juridique .

A noter : tous les podcasts du symposium sont hébergés sur le site de la bibliothèque.


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