Archive for the 'Trucs mobiles' Category

Prêt d’objets audiovisuels en BU

En début de semaine avait lieu la « Journée du SCD », grand-messe annuelle ou l’on fait le bilan de l’année précédente et la revue des projets en cours ou à venir le matin, et ou l’on peut participer à des ateliers animés par des collègues l’après-midi. Cette année, j’ai suivi un atelier proposé par les collègues du département Sciences (E. Allemand, JP Bouvet-Maréchal et C. Péron), intitulé « Prêt d’objets en BU et réalisation de vidéos » ; c’était inhabituel et intéressant. Et pour une fois que je parle de ce qui se passe dans mon SCD…
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Nous avons commencé par un jeu : « Le juste prix/Le juste prêt ! » 😉 ; il s’agissait pour les participants de deviner le prix de chaque appareil, et le nombre de prêts enregistrés pour l’année 2018. Une façon ludique de présenter l’offre de matériels audio-visuels dans les BU de sciences, ainsi que les enjeux matériels et financiers de ce type de dispositif.
Cette offre s’est construite suite à la mise en place du prêt d’ordinateurs portables lancée à la fin des années 2000, projet piloté par le service TICE de l’époque, et dont le SCD a été partie prenante dès le démarrage, parce que, si il y a bien une chose que nous savons (bien) faire en BU, c’est prêter des choses !
Avec l’évolution du taux d’équipement des étudiants, la baisse des coûts et l’essor des nouveaux modes et outils de consultation, le prêt d’ordinateur a cédé la place au prêt d’autres types de matériels : des camescopes numériques, des tablettes, des vidéoprojecteurs, des liseuses, des souris/claviers sans fil, des calculatrices, des casques, des caméra go-pro, des casques anti-bruit… (voir la liste). L’offre s’adapte aux besoins des étudiants (qui n’ont droit qu’à un certain type de calculatrices aux examens par exemple), et des enseignants, qui demandent de plus en plus à leurs étudiants des rendus sous forme vidéo. Pas besoins de budgets extravagants pour se lancer cependant, on peut tout à fait commencer par proposer une offre de base, avec du matériel pas trop onéreux, puis aller vers une offre « premium », plus sophistiquée.
audiovisuel
L’organisation d’une offre de matériels audiovisuels est une activité collaborative : les achats sont faits avec le service audiovisuel de l’université, qui apporte son expertise technique sur la qualité des matériels, ce qui permet de proposer du matériel solide pour un usage intensif. Les appareils les + prêtés sont les casques audio (1578 prêts en 2018), les calculatrices (791), les casques anti-bruit (434). Les liseuses sont peu prêtées (contrairement aux tablettes), ce qui est sans doute lié à l’offre de contenus (uniquement des oeuvres du domaine public), et surtout à des bibliothécaires…
Côté sécurité, les bibliothécaires comptent sur la prudence de leurs usagers : aucune caution n’est demandée, par contre une signalétique à l’intérieur de chaque sac de matériel prêté en rappelle les conditions d’usage et la valeur de remplacement. Ils constatent peu de casse, mais plutôt parfois des retards dans le retour des prêts (7 jdavours pour tous les matériels ou sur place pour les casques anti-bruit). A noter : il faut prévoir dans l’achat la partie consommables pour une utilisation optimale (des cartes SD notamment).
Nous avons également abordé un usage de ces matériels en lien avec la valorisation des collections : depuis quelques temps, le compte Twitter @biblio_amu met en avant des ouvrages des BU sous forme de capsules vidéo, en complément du travail de valorisation des fonds et des services fait sur les pages Facebook et les comptes Twitter des 5 départements documentaires du SCD. Chaque bibliothécaire a toute latitude sur la réalisation de sa vidéo, qui peut être artisanale ou plus élaborée. Les collègues aimeraient organiser, à terme, un espace dédié, avec du matériel pré-réglé pour une captation de qualité. Nous n’avons pas eu suffisamment de temps pour passer à la pratique, mais les bibliothécaires nous ont donné quelques conseils et outils pour ceux qui souhaitent s’y mettre :
– Un logiciel de prompteur : http://www.freeteleprompter.org/
– Un outil pour insérer des titres, entre autres : https://clipchamp.com/fr/
Nous n’en sommes pas au même niveau que certaines bibliothèques américaines, qui prêtent d’autres types de choses, comme des moules à gâteaux, des outils ou des tensiomètres, ou s’équipent de cinémas ou de véritables studios d’enregistrement ; n’empêche, une offre qui s’adapte aux besoins de ses usagers, même en dehors des champs d’intervention ‘traditionnels’ des BU, c’est plutôt encourageant.
[Merci à Emmanuelle, Caroline et Jean-Philippe de m’avoir permis de partager cette expérience]
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Ipad et ressources documentaires

Je me suis intéressée dernièrement à l’offre documentaire pour les supports mobiles : smartphones et tablettes. Enfin, surtout tablettes (enfin,  surtout ipad !).  Ca a été l’occasion d’alimenter la page consacrée aux applications documentaires pour terminaux mobiles de Bibliopédia. Voici mes observations sur l’offre de contenus actuelle, envisagée dans un contexte de bibliothèque universitaire. Sachant que je me suis concentrée sur les ressources auxquelles mon établissement est abonné, donc surtout dans les disciplines juridiques, économiques et scientifiques, mais, ledit établissement s’étant étendu depuis le début de mon étude, je commence à avoir un bon panel de ressources pluridisciplinaires. Non que tous les éditeurs soient présents sur ce créneau, cependant : à la louche, je dirai qu’un peu moins de 30% du portefeuille de ressources payantes est disponible sur le web mobile (je vérifierai à l’occasion).

Appli et sites dédiés

Au niveau technique, on a affaire à 2 types de dispositifs :
– d’une part  des applications dédiées pour certains systèmes d’exploitation mobiles : Androïd et  iOS (pour les produits Apple). Les applications fonctionnent en « circuit fermé », puisque leur utilisation est subordonnée à un type d’appareil défini. On les trouve assez facilement en tapant le nom de la ressource sur l’Apple store ou le Marketplace (ou nom de la ressource + ‘application’ dans Google).
– d’autre part des sites web spécifiques, optimisés pour une consultation mobile. Leur intérêt principal est d’être consultable depuis n’importe quel appareil.

Les éditeurs juridiques : oui… mais non

Les éditeurs juridiques (français) qui sont présents se distinguent par le peu de contenus accessibles : Dalloz, Francis Lefebvre et Lamy ne proposent qu’un accès à leurs actualités, aucun lien n’existe vers du texte intégral. Legalnews semble s’être le plus investi sur les interfaces mobiles : l’éditeur propose ainsi une appli pour Androïd, une appli pour iOS et une appli pour Blackberry. Bien qu’il existe de nombreuses applis pour les produits Lexis-Nexis outre-Atlantique, le Juris-Classeur, édité par ce même groupe, n’est pas disponible. Du côté des éditeurs étrangers, Westlaw propose un site mobile pour sa déclinaison Westlaw Next (qui n’est pas celle à laquelle nous avons accès en France), ainsi qu’HeinOnline, toujours très dynamique sur tous les outils web, une appli iOS est également disponible.

Les limites du point de vue des BU
Le principal problème lié à l’accès mobile aux ressources documentaires, c’est la gestion d’accès personnalisés par des services habitués à gérer des accès collectifs : généralement en BU, pour ouvrir les accès, on déclare des listes d’adresses IP, un serveur proxy pour les accès distants, et basta. La gestion de l’authentification des usagers est déportée sur les DSI, qui administrent l’annuaire LDAP, le serveur CAS, etc. Pour accéder à une ressource à distance, on s’authentifie sur un serveur proxy spécifique à son université. Avec une appli, l’accès se fait en direct : du coup, comment faire savoir à l’éditeur que oui, on est bien un utilisateur autorisé de l’université de X… ?
Parmi les applications que j’ai testées, on retrouve 3 grands types de solutions  adoptées par les fournisseurs :
– accès uniquement depuis une IP déclarée de l’établissement. Nécessite quand même l’activation du mode « mobile » depuis un poste fixe du réseau. Donc pas d’accès réellement nomade. Ex : Factiva.
– accès distant activé depuis depuis une adresse IP déclarée – assez pratique : pas de gestion d’identifiants par la BU, tout peut se faire à distance par l’utilisateur en se connectant au site de la BU par le proxy. Inconvénient : l’utilisateur doit réactiver son accès depuis un poste du réseau au bout d’un certain temps. Ex : EbscoHost (9 mois), HeinOnline (30 jours).
– accès aux contenus libres (les actualités), mais demande des identifiants d’administration du compte pour l’accès au texte intégral (Dalloz), donc au final pas d’accès.
Pour les sites mobiles, c’est un peu différent : il est possible de les proxifier, ie de les inclure dans la configuration d’un serveur proxy. Reste à faire en sorte que les usagers se connectent via ce serveur.
Autres problématiques : communication, évaluation, formation
Du coup se pose la question de la communication pour ce type de service : simple ajout d’une entrée « nomade » dans la liste des ressources électroniques, à côté des accès traditionnels, ou bien mise en place d’une page dédiée pour les accès nomades ? Et comment faire apparaître tout ça dans les outils de découverte ?
Autre interrogation : comment mesurer ces usages ? Une solution pourrait passer par une généralisation de l’usage de Shibboleth : inclure ce type d’authentification sur une appli ou un site mobile pourrait permettre de faire le lien entre les usagers et les institutions qui fournissent les accès. Je pense (j’espère !) également que les éditeurs ont les moyens techniques de nous fournir des stats de consultation de leurs ressources depuis des appareils mobiles au sein de nos propres réseaux, ce sera aussi un indicateur important à prendre en compte dans l’évaluation des usages.
Enfin, mais cela va sans dire, le suivi des sites et des applications doit entrer dans le travail de veille du bibliothécaire, qui, idéalement, doit être formé à ces outils ; encore faut-il que celui-ci soit équipé ou ait accès aux outils en question – je n’ai cependant pas l’impression que les tablettes « de service » soient légion dans la plupart des BU pour l’instant. Elles restent, pour ce que j’ai pu constater, vues comme un gadget plus qu’autre chose. Il faudrait que ça change.
[photo : zandwatch]

Travailler avec un iPad

« Je n’ai pas l’intention de me débarrasser de mon micro-portable. Je ne recommanderai à aucun de mes collègues techniciens de laisser tomber leur PC. Mais, pour la majorité de mes amis et de mes relations, j’affirme sans réserve qu’un iPad est tout ce dont ils sont besoin. »
C’est la conclusion à laquelle arrive Tony Bradley, de PCWorld, à la suite de son expérience 30 jours avec un iPad. Il s’agissait pour lui de voir s’il pouvait utiliser professionnellement, au quotidien, un iPad en remplacement de son micro-portable. Pour l’utilisateur lambda, qui n’a ni les compétences ni l’envie  d’utiliser un PC correctement, c’est très suffisant, mais professionnellement, pas question.
C’est une démarche similaire qui a été menée il y a quelques mois par 2 bibliothécaires du Texas, relatée dans iPotential: Mobile electronic resource management on an iPad (accès payant sur ScienceDirect), qui ont voulu voir s’il était possible d’effectuer leur travail de gestion des ressources électroniques avec un iPad. Ils ont testé les versions mobiles de tous les outils qu’ils utilisent, de la messagerie au traitement de textes, en passant par le SIGB, l’ERM et le résolveur de liens. Ils pointent plusieurs difficultés pour un usage au quotidien, particulièrement :
– l’impossibilité de gérer des dossiers et une arborescence
– le manque d’un port USB pour charger des documents, la difficulté pour les manipuler
Leur conclusion est quand même plus nuancée que celle du journaliste de PCWorld  :
« La réponse aux questions posées par les auteurs en début d’article (Est-il possible de travailler à distance, et, plus spécifiquement, de gérer des ressources électroniques avec un iPad ?), si on se base sur l’expérience des auteurs, est peu satisfaisante : ça dépend. Si l’iPad est pratique pour de courtes périodes de temps, comme pour un déplacement à une conférence, il n’est en aucun cas prêt à être utilisé au quotidien. En fait c’est la nature des tâches à accomplir qui va déterminer la pertinence de l’usage de l’iPad. Par exemple, si la majeure partie des tâches comprend l’usage d’interfaces web […], alors peut-être un iPad peut-il répondre au besoin, si on est prêt à passer sur quelques problèmes mineurs occasionnels. Mais si il est aussi nécessaire de travailler directement sur un serveur, comme un serveur proxy ou un SIGB, alors un iPad sera beaucoup moins utile. » Ils entrevoient néanmoins des possibilités d’amélioration, avec le développement  probable d’applications mobiles dédiées par les fournisseurs de logiciels professionnels, qui permettront sans doute un usage plus fluide.
Les 2 articles se focalisent sur l’iPad, mais je me demande si on obtient des résultats similaires avec d’autres tablettes, comme les Transformer d’Asus qui semblent si prometteuses ?

[photo : Brett Jordan]


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