Archive pour mai 2010

Libguides, pourquoi s’en passer ?

Marlene’s corner accueille aujourd’hui un contributeur de choix en la personne de Julien Sicot (@jsicot), IGE au SCD de Rennes 2. Il nous présente Libguides, une solution hébergée de création de guides thématiques, qui nous montre que non, la bibliothèque numérique ne se résume pas à fournir à l’usager d’insipides listes de signets, et que oui, nous disposons désormais de véritables outils d’aide à la médiation numérique, en somme.

À la frontière entre Content Management System (ex : WordPress) et Learning Management System (ex : Moodle), Libguides est une application full web développée par la société SpringShare, spécifiquement pour les bibliothèques académiques, afin de concevoir et diffuser en ligne des guides thématiques en direction de leur public. Ce produit dispose d’une large communauté d’utilisateurs : près de 1200 bibliothèques (parmi lesquelles Cornell University Libraries, et MIT Libraries), réparties dans 25 pays, pour un total de 18 000 contributeurs et 82 000 guides publiés. Basée sur un système d’abonnement annuel, cette solution « clés en mains » et peu onéreuse, propose de nombreuses options de personnalisation, permettant de l’intégrer au système d’information de l’établissement.

Libguides s’appuie sur un système d’édition décentralisé souple et flexible, qui facilite la mise à jour, le partage et la réutilisation des contenus. Il permet de fédérer un véritable réseau de rédacteurs, ce qui en fait une solution de choix pour des projets multi-établissements. L’outil dispose, en effet, d’une bonne gestion multi utilisateurs (plusieurs rôles peuvent être définis : administrateur, auteur, contributeur, etc.) et d’un workflow simple de publication (guide non publié, publié, privé, etc.). Le système d’édition est le véritable point fort : il s’avère convivial et intuitif et s’adapte parfaitement à des utilisateurs “occasionnels”. Il est basé sur un éditeur WYSIWYG associé à un système d’onglets et de boîtes à la Netvibes. L’actualisation des contenus est facilitée par deux modules : un vérificateur de liens morts et un bookmarklet (similaire à delicious) qui permet de poster, depuis son navigateur et à n’importe quel moment, du contenu dans un de ses guides.

Autre qualité, Libguides est construit comme une immense base de connaissances : chaque contenu, texte ou lien créé dans un guide est potentiellement réutilisable dans un autre ; il est ainsi possible de cloner tout ou partie d’un guide pour en créer ou en alimenter un nouveau. Ce dispositif peut s’étendre à l’ensemble des bibliothèques abonnées… Imaginez un peu le potentiel d’un tel outil si plusieurs établissements francophones souscrivaient à Libguides !

Libguides offre en outre une forte expérience utilisateur : les guides sont imbriqués et reliés les uns aux autres, permettant à l’usager une multitude de points d’accès aux ressources. Ainsi, il peut, dès la page d’accueil, accéder aux guides par liste alphabétique, par sujets, par nuage de tags, par questions/réponses, par rédacteur, par guides récents ou populaires, ou bien plus simplement taper sa requête dans le moteur de recherche dédié. De plus, à partir de chaque guide, il est possible de rebondir sur des guides connexes, des questions liées, un thème, un auteur, un tag. De nombreux services et diverses interactions sont également possibles au niveau des guides : s’abonner aux flux des dernières modifications, créer des alertes par courriel, laisser un commentaire, noter des ressources, soumettre des liens, répondre à un sondage…

Libguides tire également pleinement profit des potentialités offertes par le web 2.0 : RSS, tags, intégration de Delicious (partage de signets), dissémination des contenus grâce à l’intégration de Twitter (micro-blogging), ou à l’aide de widgets, imbrication de contenu multimédia (tutoriels animés de type screencast, vidéos Youtube ou présentations Slideshare), widgets de recherche (Google, Google Scholar, etc.). Il est également possible de renseigner les paramètres d’un reverse proxy afin de garantir un accès authentifié aux ressources électroniques.

D’autre part, LibGuides permet de créer des profils pour les rédacteurs/formateurs (photo, domaines de spécialisation, coordonnées, widget de chat, liens vers les guides créés) ce qui apporte une dimension plus  « humaine » au contenu, l’utilisateur pouvant facilement identifier des personnes ressources et les contacter par chat en cas de problème. Libguides peut également être couplé à un service de références en ligne de type questions/réponses appelé LibAnswers, ce dernier offrant des fonctionnalités similaires à QuestionPoint d’OCLC.

Pour finir, Libguides est la solution qui a été adoptée – à la suite de la réalisation d’un comparatif des solutions existantes (Library à la Carte, SubjectsPlus et Libguides, donc) – dans le cadre du projet Form@doct, que je présenterai lors des journées Formist les 3 et 4 juin prochains à l’Enssib.

Le marché du mardi, n°40

DOC ELEC STUFF

Nouveau modèle de diffusion annoncé par IEEE Computer Society pour 2 de ses revues papier, qui seront proposées à partir de 2011 soit en accès électronique, soit sous forme numérique off-line (le communiqué parle « d’interactive disk », je suppose que c’est un DVD ?), soit sous forme d’un recueil de résumés. Ca s’appelle OnlinePLUS+, c’est censé être moins cher et plus éco-responsable. Mouais.

– Une étude récente de l’évolution des revues scientifiques (en accès libre chez Springer) souligne le fait que, dans certains secteurs parmi les plus dynamiques (informatique, sciences de l’ingénieur), la diffusion des résultats de la recherche passe de plus en plus par les actes de conférences ou les archives ouvertes. Or ces sources sont peu indexées par le Science Citation Index, qui est l’outil de référence pour la mise en valeur des domaines de recherche d’une part, et pour le recensement des publications des chercheurs d’autre part. Pour les auteurs, la réduction de la couverture de certaines zones de la recherche par le SCI (et ses variantes en SHS, que l’on sait déjà biaisées) pose question sur la poursuite de l’utilisation de cet outil pour l’établissement d’indicateurs de portée nationale.

La même étude estime à 24 000 le nombre total de revues scientifiques actuellement.

OPEN STUFF

– Une bonne typologie des différentes mouvances du « libre » : open access, open source, open data, open education, open science chez The book of Trogool

– Curieuse initiative que celle de SPIE vient de lancer avec Optipedia, une encyclopédie sur l’optique et la photonique : constituée à partir de chapitres d’ouvrages publiés par l’éditeur, elle propose sur chaque article un lien vers l’ouvrage dont il est issu, que l’on peut acheter en ligne si on veut le lire dans son intégralité. Le site de l’éditeur propose aussi une rubrique « Free content » avec des sélections d’articles, des communications…

Internet Archive direct dans mon Firefox ? C’est possible, avec ce plug-in qui va ajouter l’IA aux moteurs de recherche fournis en standard avec votre navigateur préféré (vu sur le blog What’s new at the Internet Archive).

– Le repérage de cette présentation sur le statut juridique de la donnée libre par @calimaq m’a fait découvrir Veni, vidi, libri, un site consacré aux licences libres, que je n’ai pas encore fini d’explorer.

MOBILE STUFF

– Mobile, mobile oui mais pour quoi et pour qui ? C’est la question que se pose J. Rochkind dans mobile trendiness, à propos des applications et des interfaces pour mobile qui fleurissent sur les sites de bibliothèques. Sans remettre en cause l’intérêt de la chose, il aimerait avoir des retours sur l’usage réel de ces outils, histoire de vérifier qu’il y a bien un public pour ce type de service, et que ce qui leur est proposé jusqu’à présent correspond réellement à ce que les usagers attendent ; J. Rochkind suggère par ailleurs qu’avant de se lancer dans les services pour mobile, les bibliothèques devraient valider quels sont les services réellement appréciés parmi ceux qu’elle propose en ligne, voire améliorer ceux qui ont besoin de l’être, et ensuite seulement s’atteler à une version nomade…

OTHER STUFF

– L’Ecosse en images, c’est sur Scottish screen archive, une initiative de la bibliothèque nationale écossaise qui rassemble plus de 32 000 documents vidéo sur l’histoire et l’actualité du pays, dont 1000 sont visionnables en ligne gratuitement.
– Hispana est le portail d’accès aux ressources numériques culturelles de nos voisins espagnols, si j’ai bien compris, ce qui n’est pas sûr vu que mon espagnol date un peu…
– Leicestershire Statistics and Research Online (LSRO) me semble être un bon exemple de ce qui peut se faire en matière de mise à disposition des données publiques, dans un cadre collaboratif qui plus est.
– Tout savoir sur l’OCDE ? C’est ce que propose l’OECDFactblog : le blog fourmille de cartes, de stats, de liens vers des rapports et autres études… une mine, quoi.

[photos : graphic spirit, attraction-photos]

19.6, jusqu’à quand ?

Dans la pratique, les budgets d’acquisition de ressources électroniques des établissements publics acquéreurs sont amputés de 19.6%, sans contrepartie. Le taux de TVA actuel appliqué aux ressources électroniques est en train de miner les budgets d’acquisitions des universités en matière de documentation électronique… Comme le dit très bien Henri Isaac : « Ce niveau de T.V.A. pénalise très fortement les budgets des Services Communs de la Documentation (S.C.D.). » Le même constat peut être élargi au niveau européen. Une étude du groupe de Francfort de 2006, étude menée par le SOFI (Institut de recherche sociologique de Göttingen) montre que la TVA freine considérablement le développement de la documentation électronique en Europe. Le rapport appuie ce constat sur deux thèses. D’une part, le poids de la TVA pèse sur la décision des bibliothèques de choisir la version  électronique pour leurs ressources. D’autre part, comme les budgets des bibliothèques européennes sont réduits à proportion de l’élévation du taux de TVA, c’est l’ensemble du développement de la production éditoriale et scientifique en Europe qui se trouve affaibli. Comparativement, d’autres pays, comme les USA, qui bénéficient d’une TVA à taux zéro sur les publications électroniques bénéficient d’un avantage compétitif. Pour le groupe de Francfort, l’abaissement du taux de TVA sur les publications électroniques pourrait être un facteur déterminant de l’accroissement de la compétitivité européenne.

Dans TVA de 19.6% sur les ressources électroniques : jusqu’à quand ?, Pierre Naegelen, responsable des ressources électroniques au SCD de Toulouse 3, fait une bonne synthèse de la question de la TVA sur la documentation « dématérialisée ». Il évoque principalement la question du livre électronique, puisque c’est celle qui fait le plus parler d’elle, mais également le reste de la documentation électronique, en attirant notre attention sur un dispositif réglementaire qui permettrait aux universités de récupérer une partie de la TVA versée pour la documentation électronique utilisée pour remplir des contrats de recherche.

Je vous laisse, je vais voir mon agent comptable…


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