Archive pour avril 2010

Revues, ne vous coupez pas du DOAJ

Le Directory of Open Access Journal, au départ (en 2003) simple projet expérimental de la bibliothèque de l’Université de Lünd, recense aujourd’hui près de 5000 revues en open access au niveau international. Pour être incluse dans le DOAJ, une revue doit satisfaire un certain nombre de critères, notamment avoir une validité scientifique (être de niveau universitaire), et être diffusée en open access, suivant la définition de la BOAI ci-dessous (tirée de la FAQ de Peter Suber), qu’il est toujours bon de rappeler :

 » Par « accès libre » à cette littérature, nous entendons sa mise à disposition gratuite sur l’Internet public, permettant à tout un chacun de lire, télécharger, copier, distribuer, imprimer, chercher ou faire un lien vers le texte intégral de ces articles, les disséquer pour les indexer, s’en servir de données pour un logiciel, ou s’en servir à toute autre fin légale, sans barrières financières, légales ou techniques autres que celles indissociables de l’accès et l’utilisation d’Internet. La seule contrainte à la reproduction et la distribution, et le seul rôle du copyright dans ce domaine, devrait être de garantir aux auteurs un contrôle sur l’intégrité de leurs travaux et le droit à être correctement reconnus et cités. »

Un autre critère déterminant concerne l’accès exhaustif au contenu de la revue : ainsi, le choix d’un embargo (une période pendant laquelle le contenu n’est délibérément pas accessible) ou d’une barrière mobile (« moving wall ») sera rédhibitoire pour l’inclusion d’une revue dans le DOAJ.

Et c’est souvent là que le bât blesse : la diffusion des contenus en ligne des revues fait bien souvent l’objet d’un embargo (sur les derniers numéros ou les années les plus récentes), ce qui les disqualifie d’entrée. C’est dommage, parce qu’en 7 ans, le DOAJ a acquis une notoriété grâce à laquelle ces revues pourraient gagner en visibilité : pourquoi s’en priver avec une politique d’embargo sur des revues dites ‘en libre accès’ ? Le but de la publication dans des revues universitaires n’est-il pas, pour le chercheur, *dans l’absolu*, la dissémination des connaissances, la diffusion des idées, l’ouverture à des collaborations, avant la rentabilité économique ? Je ne parle pas ici bien entendu des revues aux mains des multinationales de l’édition, mais plutôt des revues produites « à la main » par des labos, des centres et autres instituts de recherche, qui produisent des contenus de grande qualité, mais qu’il est souvent difficile de repérer pour l’internaute lambda ou l’étudiant intéressé.

Alors responsables éditoriaux et chercheurs, pour optimiser ce vous avez investi dans la production de votre revue, allez jusqu’au bout de la démarche : libérez tous vos contenus, et référencez-vous dans le DOAJ !

[photo : sillygwailo]

Bibliothécaires LOL

« L’équipe LOL (Library Outside the Library) de la bibliothèque de l’Université Cornell a pour objectif d’améliorer la visibilité de la bibliothèque et de la rendre accessible en dehors des lieux, des outils et des services traditionnels. Pour mener cette tache à bien, l’équipe trouve, paramètre, diffuse, et évalue des services et outils pour amener la bibliothèque à ses usagers, où qu’ils soient. Et pour remplir sa mission, l’équipe LOL a développé une approche « soft » pour intégrer les pratiques inovantes : elle tire profit des outils existants, en y apportant la personnalisation nécessaire le cas échéant ; elle encourage une culture de l’expérimentation et la volonté de stopper les projets qui ne fonctionnent pas ; enfin, l’équipe n’a pas peur d’adopter les tendances à la mode – après tout, c’est souvent là que se trouvent de nombreux usagers actuellement. Parmi les projets en cours de LOL figurent le développement d’une application pour iphone et une version mobile du site web de la bibliothèque de Cornell, un service de référence par SMS, et le chargement de collections importantes sur Flickr. Certaines de ces initiatives ont connu un succès tel qu’elles ont été intégrées dans les services et les missions de base de la bibliothèque. »

Pour plus de détail sur le fonctionnement de LOL, on peut consulter ces documents présentés lors de la dernière réunion des groupes de travail de la Coalition for Networked Information (CNI).

[photo : KayVee.INC]

Open Access : Etat des lieux en France

Vu sur le site du consortium Couperin , un rapport sur l’état de l’Open Acccess en France rédigé par Couperin, le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche et l’INIST-CNRS, visant à dresser un état des lieux, au mois d’avril 2010, des développements et des réalisations françaises en matière d’Open Access.
« Il a été réalisé dans le cadre du consortium SELL (Southern European Library Link) réunissant six pays d’Europe du Sud : Espagne, France, Grèce, Italie, Portugal et Turquie. Les rapports de ces six pays seront présentés et discutés lors d’un séminaire qui se tiendra les 13 et 14 mai 2010 à Grenade en Espagne et qui aura pour objectif de mettre au point des recommandations pour amplifier le mouvement de l’Open Access.
Après une présentation du contexte de la recherche française et de l’historique du libre accès en France, le rapport dresse en trois parties un état complet :
– des 168 revues académiques en accès libre,
– des 68 entrepôts d’archives ouvertes disciplinaires et institutionnelles,
– des trois principales plateformes de documents numérisés.
Cette étude met notamment en lumière la disparité persistante dans le domaine de la mise en place d’archives ouvertes entre les organismes de recherche d’une part et les universités et grandes écoles d’autres part. Si près des deux tiers des organismes disposent d’un tel outil de diffusion et de valorisation de leur production scientifique, à ce jour seules 20 % des universités et environ 15 % des grandes écoles se sont engagées dans cette voie. Un certain nombre d’actions devant permettre d’améliorer cette situation sont évoquées dans le rapport et seront discutées lors du séminaire de Grenade. Un compte-rendu de ces travaux sera publié sur le site de Couperin. »
[photo : biblioteekje]

Anticipation : 2020

« […]De quelles compétences les bibliothécaires vont-ils avoir besoin pour la bibliothèque de 2020 ?
– conception et développement web
– communication (savoir écrire pour le web, par exemple)
– maintenance informatique, pour eux-mêmes et pour leurs usagers
– intelligence politique
– marketing
– gestion de l’expérience utilisateur – en ligne et dans les espaces physiques
– relations avec d’autres professions
– pensée critique
– compétences sociales
– méthodologie de recherche
– compréhension des métadonnées – conception, normalisation, réutilisation
– sens aigü des affaires
– gestion de projet
– aisance sociale
– capacité d’auto-promotion, quel que soit l’interlocuteur
– plus d’hommes jeunes dans la profession
– ?!? 😉
– changement d’image
– compréhension des méthodes d’enseignement

Que devrons-nous laisser tomber d’ici à 2020 ?
– la duplication du catalogage – si nous devons garder le même nombre de catalogueurs, autant les faire travailler ensemble
– le prêt en masse
– des collections statiques
– les livres
– les formulaires et autres paperasses
– le perfectionnisme
– la peur de l’échec
– les groupes de travail
– le fait de réinventer la roue
– la prédominance du texte.
 »
Les réponses sont celles de bibliothécaires participant à un atelier « bibliothèque du futur » animé par Kathryn Greenhill lors d’une formation sur les bibliothèques 2.0 à Melbourne en mars dernier.

[photos : ryk_neethling]

De moins en moins

« Vu l’investissement que mettent ces éditeurs [Lamy, Dalloz, Lexis-Nexis, Lextenso, Lexbase] dans des bases de doctrine, il semblerait que « Doctrinal plus » soit de moins en moins utilisé et apprécié. Le manque d’informations relatives à la couverture exacte du produit oblige les abonnés à se tourner vers d’autres outils. Les délais d’intégration des articles sont jugés trop long entre leur date de parution et leur présence dans la base. Doctrinal plus est aujourd’hui uniquement un produit complémentaire de recherche de références d’articles, mais ne suffit plus à des recherches exhaustives. »

Ce n’est pas moi qui le dit (je ne me permettrai pas – ou alors je parlerai aussi des statistiques inexploitables, de l’absence de possibilité d’export, ou de personnalisation, des liens aléatoires vers le fulltext… Bref), mais les spécialistes de l’association Juriconnexion, qui évaluent régulièrement au sein de leur groupe de travail Juriformation les bases de données et autres produits juridiques en ligne. La fiche Doctrinal plus vient de sortir, donc.

[photo : samantha celera]

OpenAIRE

L’Open Access, un mythe qui pourrait commencer à devenir une réalité  en Europe ?

C’est en tout cas l’objectif du projet OpenAIRE (Open Access Infrastructure for Research in Europe) : il s’agit d’aider à la mise en libre accès des publications présentant les résultats de programmes de recherche bénéficiant d’un financement de la Commission Européenne (dans le cadre du 7ème PCRD) ou de l’European Research Council. La première phase du projet, prévue sur 3 ans, vise à signaler 20% de la production de recherche faite sur des financements CE (dans 7 domaines prédéfinis). Comment ? En mettant en place un méta-moteur, chargé de moissonner les archives institutionnelles compatibles pour en faire remonter les projets estampillés « 7ème PCRD ». L’Italie, qui est le partenaire chargé de la partie technique, doit fournir les pré-requis OAI pour que les archives soient compatibles (en gros, il s’agit d’exposer un set de métadonnées qui indique l’appartenance de l’article à un projet européen). Dans chaque pays participant (27 pays en tout), un bureau national est chargé de diffuser de l’information sur l’Open Access, et d’apporter soutien et assistance aux chercheurs ou aux institutions devant se mettre en conformité avec ce programme pilote pour l’Open Access en Europe. Un volet du projet est destiné aux chercheurs dont les institutions ne disposent pas d’archive ouverte : il permet le dépôt des articles dans une archive maintenue par le CERN, en Suisse. Mais on en reparlera.

Quelques sites pour en savoir plus :

OpenAIRE : le site du projet (@openaire.eu), le communiqué de presse.

Eurosfaire : toute l’info sur les programmes de recherche en Europe (@eurosfaire)

– Le site du 7ème PCRD

[photo : N.I.M.A]

Un Aardvark dans le moteur

Aardvark est un service de questions-réponses collaboratif monté par d’ex-cadres de chez Google en 2007, qui utilise les réseaux sociaux pour multiplier les points d’accès : on peut poser des questions et y répondre sur le site web, par messagerie instantanée, par iphone, sur Twitter (d’où la rapidité des résultats – dans les 5 minutes – ce qui est un plus). Le site est simple et plutôt convivial – il permet de renvoyer un message de remerciement à la personne qui vous a répondu, on peut accéder facilement à la liste des questions que l’on a posées / des réponses que l’on a données, ou transférer la question vers une personne plus susceptible de connaître la réponse.

Le concept de ‘recherche sociale’ appliqué ici, c’est, en gros, qu’il vaut mieux demander à celui qui sait plutôt que perdre du temps à chercher. Un réflexe qui n’est pas idiot, mais que j’aurai pensé moins répandu – que ce que j’ai plu le constater en pratiquant sur Aardvark – à l’heure où on peut trouver tout ce qu’on veut en 2 clics sur internet : certaines des questions que j’ai vu passer trouvaient une réponse par une simple requête sur Google. Ce qui me laisse perplexe : il me semble plus facile de googler quelque chose que d’aller poser une question sur un site de questions-réponses, non ? Mais bon, toutes les questions ne sont pas du même acabit, et il y a aussi beaucoup de demandes de conseils, de tuyaux, d’avis : c’est la recommandation que l’on recherche.

Le service marche plutôt bien, enfin, on peut raisonnablement le penser, puisqu’il vient d’être racheté par… Google.

[photo : axlotl]


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