Archive pour mars 2010

Le marché du mardi, n°39

OPEN STUFF

Des étudiants américains créent un « club Wikipedia » officiel au sein de leur université
– Alimenté au départ par une demi douzaine de dictionnaires, Wordnik est un dictionnaire collaboratif : chaque utilisateur enregistré peut ajouter des exemples, mettre à jour des définitions, etc. Le site fournit également tout un tas de liens vers des photos, des twitts, des statistiques sur les termes recherchés (dont le nombre de points qu’ils rapportent au Scrabble, ça peut toujours servir)
OpenThesis : comme son nom l’indique… 😉 Une base de données de thèses et autres mémoires, surtout du signalement bibliographique, avec la particularité suivante : des services d’édition supplémentaires payants (attribution d’un ISBN, impression à la demande..) proposés aux auteurs ou aux universités et écoles partenaires.
– Pour ses 15 ans, l’Internet Public Library propose 15 fiches sur les technologies du web, avec des exemples et des exercices.
– Vite, vite : accès gratuit jusqu’au 16/04 aux documentaires d’American history in video (après enregistrement).
DOC ELEC
– Bloomberg lance Bloomberg Law, une interface de recherche juridique qui se positionne comme concurrente de Lexis-Nexis et Westlaw – le peu que j’en ai vu semble plus ergonomique que la concurrence, mais ce n’est pas bien difficile…
– Droit encore, avec la mise en ligne attendue des ressources en droit international et européen chez Dalloz
– Droit toujours : La revue des notaires devient Legalnewsnotaires – accès gratuit pour les bibliothèques abonnées à la revue papier jusqu’à la fin décembre, plutôt prohibitif après.
– Pour les amateurs de stats, il y a de quoi faire avec l’un des derniers nés de chez Google : le Google Vizualization tool permet de visualiser graphiquement des données publiques (elles proviennent d’Eurostats, de l’OCDE et de différentes agences gouvernementales US)
– 6 nouveaux chapitres viennent d’être ajoutés à l’Electronic resources management handbook de l’UKSG, et 2 ont été mis à jour.
– On trouve vraiment de tout, sur Wikipedia : même une liste des principales bases de données et moteurs de recherche scientifiques, ou une liste des projets de bibliothèque numérique.

DIVERS STUFF
La rubrique Biblioblogs de Bibliopedia compte 100 blogs de bibliothécaires (dans la catégorie bibliothécaires uniquement, je ne compte pas les blogs d’étudiants, les documentalistes, les archivistes etc), dont 14 inactifs ou à accès restreint. Il y en avait 84 (dont 10 inactifs) il y a un an.  Et alors ? Rien, je constate juste que cela nous fait grosso modo 1 nouveau biblioblog recensé par mois (si on enlève les inactifs).
[photos : -AX-, Monica Arellano-Ongpin, ]

TWIL

Non, il ne s’agit pas d’un nouveau réseau social, ni d’un tissu ringard, mais du nouveau « bébé » des Sanachies (Erik Boekesteijn et Jaap Van De Geer), ces bibliothécaires-aventuriers de la bibliothèque de Delft aux Pays-Bas (la fameuse DOK). This Week in Libraries, c’est une émission d’une heure, toutes les semaines, sur le web, qui parle… de bibliothèques bien sûr !

L’émission s’organise autour d’une interview (ont été reçus pour les 2 premiers numéros Bart Drenth, directeur du Sector Instituut Openbare Bibliotheken, et Aat Vos, architecte), et suivra les Sanachies lors de leurs prochains périples : au Canada en avril, et en Australie cet été. Les suggestions sont ouvertes pour les invités des futures émissions, et on peut les suivre sur leur compte twitter. Ils cherchent des sponsors pour financer cette « webTV des bibliothèques » : avis aux entreprises, petites ou grosses, qui passeraient par ici, et voudraient être citées dans les 30 prochaines émissions… TWiL est retransmis en live sur Ustream le vendredi.

PS : La deuxième émission évoque un moment la campagne en cours pour aider les bibliothèques publiques du New-Jersey, dont le budget 2010 doit être amputé… de 74%… Les bibliothécaires se mobilisent sur le site I love NJ libraries (et sur Facebook Save NJ libraries) pour sensibiliser l’opinion publique sur le sort de ces bibliothèques. A suivre.

Temps de veille

Resourceshelf rapporte les résultats d’une enquête menée par l’Université de Göteborg sur les activités de recherche d’information et de veille de différents groupes professionnels (des infirmières, des enseignants et des bibliothécaires ont été observés) :

« Les bibliothécaires diffèrent des enseignants et des infirmières en cela que la recherche d’information est essentielle à leur profession. Cependant, comme les enseignants, les bibliothécaires interrogés ont répondu n’avoir jamais été formés à la veille. Le temps de travail dédiée aux activités telles que la consultation de la littérature professionnelle est rare dans les 3 groupes étudiés, et ceci bien que les bibliothécaires puissent bénéficier d’un accès à une information considérable sur leur lieu de travail. »

A peu près au même moment est sortie la dernière enquête sur les bibliothécaires universitaires menée par le Primary Research Group ; elle s’est penchée cette fois sur leur usage des blogs, de la littérature professionnelle, des conférences et leur participation associative. Voici les quelques résultats disponibles en ligne gratuitement (merci encore à Resourceshelf – le rapport complet coûte 85$ !) :

– les professionnels consacrent en moyenne 22,26 minutes par jour à la lecture de la presse professionnelle au format papier (31 minutes pour les plus de 60 ans)

– les moins de 30 passent 19 minutes quotidiennes à la consultation des blogs professionnels

– les listes de diffusion continuent à intéresser surtout ceux qui ont entre 10 et 20 ans d’expérience (qui déclarent y consacrer 23,12 minutes par jour en moyenne)

– 72% des sondés font partie d’une association professionnelle

– les professionnels chargés du service public sont ceux qui assistent le moins à des conférences

Disons que ça fait, papier + électronique compris, à peu près 2 heures hebdomadaires de veille : ça vous paraît beaucoup ? Peu ? Vous y passez combien de temps, à cette veille, vous ?

[photo : quinn.anya]

Bibliothèques et sciences : pertinence ?

Il y a eu un mini-débat, lors de la dernière conférence Science Online 2010, sur les rapports entre enseignants-chercheurs et bibliothécaires, les uns s’étonnant de la présence des autres à une conférence scientifique. Pour Dorothea Salo, bibliothécaire, le fait que les acteurs de la recherche soient si déconnectés des professionnels de l’information, que la pertinence des bibliothèque et des bibliothécaires pour la recherche soit ignorée par ces mêmes acteurs – comme s’il n’y avait pas de lien entre documentation et recherche – est extrêment inquiétant pour les BU, notamment scientifiques.

(J’ai envie d’ajouter que c’est un peu une tendance générale dans les universités, qui bien souvent relèguent sur leur site web les BU dans la rubrique « vie universitaire » ou « formation »… Du reste en France, depuis la LRU, les directeurs de SCD ne font plus partie des membres du Conseil Scientifique ni du Conseil d’Administration de l’université, ils ne participent plus qu’au Conseil des Etudes et de la Vie Universitaire. Mais je m’égare.)

Dorothea ajoute : « Je vais vous dire une chose : nous ne combleront pas le gouffre [qui nous sépare des chercheurs, ndlt] en restant derrière nos bureaux dans nos bibliothèques. Nous ne le combleront pas dans des conférences de bibliothécaires ou sur l’édition. Nous pourrons peut-être jeter des ponts par dessus ce gouffre grâce à l’électronique, mais nous n’arriverons à rien en restant dans notre coin sur nos petits sites web. »

A cela Martin Fenner, un chercheur en médecine qui s’intéresse aux questions d’édition scientifique (et qui tient le blog Gobbledygook), répond qu’effectivement, les relations entre chercheurs et bibliothécaires se sont raréfiées avec le développement des ressources en ligne, qui ont fortement diminué l’intérêt d’une visite à la bibliothèque. Et que, bien que les bibliothèques aient pris le virage internet, elles n’ont pas su saisir cette opportunité d’adapter leur offre aussi bien que certains éditeurs, qui en ont profité pour créer de nouveaux produits (il cite notamment Faculty of 1000). Résultat : le chercheur visite bien plus souvent Pubmed ou ses revues favorites que la page d’accueil de la BU. Martin propose plusieurs suggestions pour rendre le site de la BU plus attractif :

  • Fournir des outils de gestion des références bibliographiques, et l’assistance qui va avec
  • Proposer de la formation  et des tutoriels en ligne
  • Maintenir une liste à jour des publications des chercheurs de l’institution
  • Participer au dépôt de la production scientifique dans l’archive ouverte de l’institution
  • Aider les chercheurs à soumettre leurs articles pour publication
  • Permettre aux chercheurs de découvrir les nouveaux outils de travail et de communication à leur disposition

Rien de ce qui est dans cette liste ne me choque, bien au contraire : je pense que c’est vers ce type de service que nous devons nous orienter pour faire de la bibliothèque une véritable valeur ajoutée pour l’université.

[photo : Nic’s events ]

Appel à témoignage

Vous qui avez déjà vécu une réinformatisation (comme chef de projet ou comme simple participant), ça vous dirait de partager vos suggestions, vos astuces, vos erreurs sur la gestion du projet (je pense particulièrement à tout ce qui a trait à la formation des personnels et à la communication vers le public) ?

Si oui, envoyez-moi à l’adresse habituelle (@gmail) les « plus » et les « moins » de vos expériences passées ou en cours, je ferai une synthèse sur la liste ici même, promis !

OPAC is (really) dead

« Jane Burke, VP de Serials Solutions, a décrit comment les ressources électroniques éloignaient de plus en plus les bibliothèques de leurs usagers dans le processus de recherche. Et sa conclusion fut, sans équivoque, que « le modèle traditionnel d’utilisation de la bibliothèque est fini », et que « l’OPAC est vraiment mort ».

Des études de ProQuest, d’Ithaka, d’OCLC et d’autres montrent que l’OPAC n’est plus le premier outil de découverte ou le point de départ des recherches. Les dépenses des bibliothèques portent désormais en priorité sur les ressources électroniques, mais les OPAC couvrent moins de la moitié de ces ressources – ils excluent les articles de revues et les projets de numérisation des collections spécialisées.

La perception des usagers de la valeur et de la qualité de la bibliothèque reste très forte, remarque Burke. Cependant, les étudiants ont des difficultés à naviguer entre des douzaines d’interfaces et de stocks de contenus. Le point d’entrée le plus simple pour une recherche, c’est Google, qui, selon de nombreux enseignants, est la source du déclin de la qualité du travail de recherche fait par les étudiants. La solution ? « Accepter le nouveau modèle de recherche, » suggère J. Burke. « Accepter un risque à court terme pour éviter une désintermédiation à long terme, laisser tomber nos règlements, et simplifier les choses. »

Extrait de E-access changes everything, compte-rendu dans Library Journal de la Charleston Conference de novembre dernier, par Carol Tenopir.

[photo : Brave Heart]

Gaffe aux données

Dans ce post du koha blog, Owen Leonard donne quelques conseils aux bibliothèques qui se lancent dans les SIGB libres en externalisant leur hébergement (il parle de Koha, mais à mon avis cela vaut pour les autre systèmes aussi) :

Insistez pour avoir accès à votre base de données : vous êtes propriétaires de vos données (des lecteurs aux autorités), vous devez pouvoir y accéder à tout moment (pour faire des sauvegardes complémentaires par exemple, ou les tester sur un autre système).

Ne vous limitez pas aux données : intéressez-vous à toutes les procédures mises en place par votre prestataire autour de la base de données (tout ce qui tourne autour des imports notamment, et des mises à jour : toutes ces opérations que l’on ne voit pas et qui sont pourtant primordiales pour le bon fonctionnement du système) – infos qu’il me semble indispensable d’avoir quelquepart, même quand on héberge son SIGB localement.

Exigez que les développements que vous financez soient reversés à la communauté, histoire de ne pas vous retrouver coincé avec un système que seul votre prestataire maîtrise, ce qui rend les choses beaucoup plus compliquées le jour où vous décidez d’en changer. Si les développements vous sont spécifiques – ça peut arriver – là aussi, avoir une documentation complète à portée de clic sur ce qui a été fait est essentiel.


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