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Je suis la nouvelle star !

d1bc28561829c5986345b7eb6f6b6b7d.jpgEt oui, une fois n’est pas coutume sur ce blog professionnel de haute tenue, une nouvelle un peu « people » – quoi que toujours plus ou moins dans le champ bibliothéconomique : je suis admise au concours de bibliothécaire. Ca veut dire qu’au bout de 10 ans de bons et loyaux services en tant que contractuelle, j’entre enfin officiellement dans le monde merveilleux du fonctionnariat ;-), et j’en suis très contente !

Un grand merci à tous ceux qui m’ont encouragée ces dernières semaines, ces derniers mois, ces dernières années… Bon, je vous laisse, je retourne danser la carioca

Les projets d’archives ouvertes : état des lieux des initiatives

5947b7b7657513236ac852a29144f8e7.jpgLors de mon dernier passage à i-expo, j’assisté à la séance plénière du jeudi 14/06/2007 intitulée « Les projets d’archives ouvertes : état des lieux des initiatives au plan international, européen et français ».

Je vous livre ici mes notes sur cette demie journée plutôt riche :
Introduction (F. André, INIST)
Les archives ouvertes sont arrivées à une certaine maturité, le soutien institutionnel fort dont elles font l’objet le prouve. Il reste cependant quelques problèmes à régler, notamment : le lien entre AO et publications scientifiques, la structuration au niveau national, la question de l’évaluation.

Jean-Claude Guédon (Université de Montréal)
Rappel : 2 voies pour arriver à l’OA :
– La publication dans des revues en OA
– L’auto-archivage dans des AO
f55ee18c71c6926cfb1dac9f81918259.jpgLa thèse de l’auto-archivage est devenue dominante à cause du problème du financement des revues en OA (inversion de la tendance)
L’état devrait compter les coûts de publication dans le coût global de la recherche. Les éditeurs commerciaux opposent à ce mode de fonctionnement le fait qu’ils sont, eux, indépendants du pouvoir – c’est un handicap supplémentaire pour les revues en OA.
Paradoxe : le rôle de dissémination des AO a été bien compris par les éditeurs qui ont, en autorisant l’auto-archivage sur les AO, contribué à l’évolution du mouvement. Celui-ci a connu une accélération quand l’ARL via SPARC a décidé de pousser la création d’AO par les bibliothèques, notamment en développant des solutions techniques (Dspace, E-prints…)
Problèmes :
– La logique de l’institution n’est pas forcément celle de la recherche : une AO est une vitrine, mais si on met toute la production de l’établissement, cela génère du bruit pour les chercheurs.
– Le dépôt dans l’AO est vu comme un travail en +, il n’y a pas d’obligation de dépôt, d’où la stagnation à 15-20% : les AO croissent, mais elles n’ont pas atteint une masse critique pour remettre en cause le système.
71a753f5d725fc5e9b7fc2213606daa7.jpgDébat sur le système de communication scientifique : les résultats de la recherche doivent-ils être réservés aux chercheurs, ou bien peuvent-ils être librement accessibles à tous ? On trouve des partisans de cette dernière approche parmi les médecins éloignés des CHU, ou les associations de patients. Pour les SHS il y a aussi des similarités : l’enseignement secondaire pourrait bénéficier des travaux de recherche, démarche qui, à terme, favoriserait l’échange citoyen (circulation d’une information vivante, pas filtrée par le prisme des programmes, de l’état).
Comment les AO se situent-elles dans la communication scientifique ?
– elles créent de la valeur symbolique autour des articles : en tissant des réseaux entre elles (par type de documents, par discipline…)
– elles pourraient être un nouvel outil d’évaluation de la recherche : de nouvelles métriques restent à inventer autour des AO, pour sortir du circuit de l’évaluation par les citations dominé par les outils de l’ISI. Elles pourraient prendre la forme de guides de lecture, d’outils de recommandation (type guide Michelin)
Les universités disposent d’ores et déjà d’un corpus de travail important pour tester et innover : les thèses.

J. Fernandez-Ros (DG sur la société de l’information et des médias, Commission européenne)
Sa présentation (ici en .pdf) est très complète.
Quelques points forts :
– la situation est très différente selon les pays (UK vs reste de l’Europe).
– il est fortement question que la CE finance les frais de publication des chercheurs qui publieraient dans les revues en OA (les frais de publi seraient éligibles à un financement).
– des études sur les pratiques d’embargo et sur l’impact des revues en OA sont en cours.

39f166f3bce060c8dbcb7888e9f1c578.jpgTable ronde
G. Chartron (CNAM) [son .ppt en .pdf]
Credo initial : AO disciplinaires, or ce sont les AO institutionnelles qui dominent (80%)
Du coup ce ne sont plus les résultats de la recherche qui dominent : l’objet « AO » est mal défini.
En France, la politique choisie est fortement centralisée, mais il y a une fracture avec les petits éditeurs (surtout en SHS). Les AO concentrent, mais ne sont pas les seules sources : la cohabitation avec les revues va se poursuivre – risque de substitution à long terme pour les petites structures.
Des liens avec le monde des éditeurs existent (Sherpa), mais il y a peu d’échanges (de métadonnées notamment)
Enjeux autour des AO (et de ce qu’on va en faire) : services de veille, overlay journals – les AO permettent une + grande créativité et un enrichissement scientifique.

O. Erzscheid (IUT La Roche sur Yon) – L’évaluation va-t-elle être influencée par les AO ?
Modes d’évaluation actuels : peer-review / facteur d’impact
Les AO englobent des articles validés et des pre-prints.
En 2006, l’index de citation d’ISI (SCI) comptabilisait 9300 titres de revues, dont 2,6% en OA – le DOAJ liste 2721 revues en OA.
14f00954036993616ac27b1ce95d8648.jpgProblèmes du peer-review :
– anonymat
– longueur du processus (entre 6 mois et 2 ans ou +)
– coût
– rôle de filtre pas forcément assuré : les articles refusés finissent par être publiés quand même
– + de la moitié des reviewers arrivent à identifier les auteurs…
Alternatives :
– Enfermement : anonymisation totale (aucun intérêt)
– Ouverture du processus :
* Open peer-review : levée de l’anonymat des pairs – critiques + argumentées, les pairs non compétents peuvent refuser de valider, ce qui n’est pas toujours le cas quand ils sont anonymes
* Ouverture à tous les commentaires : avant, pendant, après le processus de validation.
Facteur d’impact :
– Inadapté pour les SHS. De nouvelles métriques apparaissent (facteur d’usage = nombre de téléchargements par exemple)
– Projet de création d’un facteur d’impact européen pour les humanités en standby – résistances culturelles, résistances de marché. Cela dit le marché de la citation est perdu pour les éditeurs s’ils n’investissent pas dans des modes opératoires différents (cf Google Scholar).
– Solution : Création d’un portefeuille de métriques pour prendre en compte l’écosystème de la publication scientifique.

b3ef2de6a64e5b053dfececa96d25b50.jpgA. Caminade-Mendoza (Toulouse 1) – Aspects juridiques
Pour l’instant le droit reste un spectateur passif du phénomène : interventions ponctuelles quand on rencontre un problème avec les éditeurs classiques.
La position des éditeurs est clarifiée par des outils comme Sherpa/Romeo.
Le droit est quand même bousculé par le mouvement vers l’accès libre à la connaissance :
– la recherche doit rester un bien public (recommandation européenne)
– le savoir n’est pas une propriété (liberté), mais il y a des monopoles (droit d’auteur privatif, exclusif)
L’obligation de dépôt ne rencontre pas l’adhésion des chercheurs ; le phénomène est largement méconnu par les juristes (chercheurs en sciences juridiques) ; les éditeurs commerciaux du secteur juridique forment un lobby très puissant, qu’il est difficile de contester (certains auteurs ont payé pour publier).

Fin de la pause

76bd06c226e8e1f6b7cc2bf3474b2670.jpgHoù là ! Déjà presque 10 jours sans post, voilà qui ne me ressemble pas… Avant de revenir à un rythme normal les jours prochains, histoire de justifier ma prestigieuse 76ème place dans le classement des blogs de Wikio, catégorie « Loisirs » ;-)), juste quelques lignes pour signaler les podcasts de la revue First Monday annoncés pour août, qui seront utiles à qui veut rafraîchir son anglais et entendre des trucs intelligents…

Doc en vrac

Une botte de ressources en sciences mais pas seulement :
Wellcome Images : une base de données de + de 40 000 photos autour de la médecine, des origines à nos jours, le tout sous licence creative commons.
Scitalks : des vidéos sur toutes les disciplines scientifiques ou presque, déjà plus d’un millier de conférences disponibles. Des déclinaisons du concept sont prévues dans les mois qui viennent pour les sciences humaines (Humtalks), l’économie (Busitalks) et l’information gouvernementale (Govtalks).
– le Dictionnaire médical Merriam-Webster : accès gratuit à ses 59 000 définitions, et possibilité de rebond vers le portail Healthline.
– le Quid, je l’ignorais, est en libre accès.

ARWU

medium_78023560_c2f7b929de_m.jpgARWU, ça vous dit quelquechose ? Non ? Mais si, si vous travaillez en université, vous en avez forcément entendu parler ces dernières années, sous son appellation plus courante qui est… « le classement de Shangaï » !!

Pour les non-initiés, il s’agit du classement international des 500 « meilleures » universités mis au point par l’l’institut pour l’enseignement supérieur de l’Université Jiao Tong de Shangaï. L’objectif de l’exercice est de juger de l’excellence des universités, dans un contexte de concurrence mondialisée, à partir d’une série de critères objectifs, parmi lesquels :

– le nombre de Prix Nobel et de Médailles Fields (l’équivalent du Nobel pour les mathématiques)

– le nombre de chercheurs les plus cités (d’après HighlyCited d’ISI

– le nombre total d’articles publiés (=indexés dans la base Web of Science d’ISI)

– le nombre d’articles publiés dans les revues Nature et Science

– la taille de l’établissement (effectifs étudiants et enseignants)

Les universités ont pris l’habitude depuis l’été 2003 de scruter fébrilement la liste de Shangaï, pour voir si elle y sont, si elles ont gagné ou perdu des places… Et ce, malgré la controverse sur ces différents classements : entre autres biais, on leur reproche que les critères pris en compte se focalisent sur les publications dans les revues, ne prennent pas en compte les production non anglophones, et les outils de mesure (la panoplie des bases ISI) ne sont pas fiables, notamment en ce qui concerne le nommage des institutions.

Néanmoins ces jours-ci vient de sortir la première version du classement de Shangaï par discipline : les universités sont classées selon 5 grands champs disciplinaires (Sciences sociales, Médecine et pharmacie, Sciences de la vie, Sciences de l’ingénieur et informatique, Sciences dures et mathématiques), et 2 critères ont été ajoutés : le nombre de publications dans les revues les plus côtées de la discipline (selon le Journal of Citation Report d’ISI), et le montant des dépenses de recherche (uniquement pour les sciences de l’ingénieur, et encore, que pour les US et le Canada).

Blogtannica

medium_550215584_4edda31f66_m.jpgTiens, la Britannica vient de monter un blog ! Ca pourrait être une bonne nouvelle, la prise en compte des nouveaux outils de diffusion de l’information par une référence encyclopédique. Ca pourrait… sauf qu’en creusant un peu, on tombe sur 2 posts de Michael Gorman (oui oui, l’ex-président de l’ALA lui-même, qui s’était distingué l’hiver dernier par un pamphlet anti-bloggueurs…) qui, sous le couvert d’explorer les fonctionnalités du web 2.0, revient en fait sur la notion d’autorité mise à mal sur internet en général, et sur les sites collaboratifs dont le nom commence par Wikip… en particulier ;-). Il oppose la « sagesse des foules » (wisdom of the crowd) à l’expertise de l’individu, selon le discours habituel des détracteurs de Wikipedia. Ce qui me chagrine ici – à part que Gorman critique Wikipedia sur un blog hébergé par une encyclopédie commerciale, ce qui ne me semble pas être un gage d’objectivité 🙂 – , c’est simplement l’opposition de principe à toute nouveauté, à toute nouvelle façon de concevoir et de diffuser le savoir, et finalement le manque d’imagination des acteurs du domaine : les nouveaux usages issus des technologies web amènent forcément à repenser les modèles éditoriaux, quel dommage que les éditeurs « historiques » n’aient pas pris le train en marche dès le début…
[Credit Photo : Sidehike]

Fliqueure

medium_542747322_cce4a923ce_m.jpgUne bonne nouvelle : l’arrivée de la version française de Flickr ! C’était un gros défaut de la plateforme, qui limitait l’adhésion des utilisateurs (et des collègues à qui je l’ai présenté) ; maintenant plus d’excuse pour s’y mettre, d’autant plus que de nouvelles fonctions intéressantes ont fait leur apparition sur le plateforme ces derniers mois :
– les collections (=classeurs), qui permettent de rassembler plusieurs « sets » (=albums)
– l’ouverture d’accès limités par set
– la carte des photos géotagguées

A signaler aussi :
Slickr permet de créer un économiseur d’écran à partir de photos dans Flickr ; j’en ai installé un sur le tag ‘books’ au bureau de références. Idée-marketing à pas cher : pourquoi une bibliothèque ne mettrait pas des photos de ses fonds numérisés, de ses locaux, de son personnel… sur tous ses postes publics ?
SlideFlickr utilise l’API de Flickr pour créer des diaporamas, à installer sur son site par un simple copier-coller.
– et puis, sur Dumpr, plein de gadgets pour transformer ou habiller vos photos.

Auto-archivage : l’exemple des physiciens

medium_374530959_96a7b6d6de_o.jpg« Les physiciens des hautes énergies ont été les premiers à auto-archiver leurs publications dans ArXiv tout en les publiant aussi dans les revues de l’American Physical Society (APS). En utilisant la force de leur nombre, les physiciens ont réussi à faire changer les règles du copyright de l’APS. L’auto-archivage permanent des publications dans ArXiv a finalement été admis par l’éditeur.

Le copyright de l’APS est devenu le premier modèle de copyright de « revue verte » (revue qui autorise l’auto-archivage) et aujourd’hui, plus de 10 ans après, les périodiques de APS ne semblent pas en faire les frais.

Pour parler encore de l’esprit d’indépendance des physiciens qui contraste tant avec la réticence des chercheurs des autres disciplines, je rappellerai qu’Alma Swan a trouvé en octobre 2005 que 7 articles sur 8 du premier numéro de “Nature Physics” étaient en ligne accessibles librement quelque part, alors que ce périodique exige un embargo de 6 mois pour l’auto-archivage.

Il paraît donc évident que l’avantage de rendre visible leurs publications à tous et le plus rapidement possible a bien été compris par les physiciens et qu’ils n’attendent pas le bon vouloir des éditeurs de donner des droits (ce bon vouloir ne viendrait pas seul) : ils le provoquent. »

Hélène Bosc, sur Opening scientific communication, le blog du groupe de travail sur le libre accès d’Euroscience, l’association européenne pour la promotion de la science et de la technologie.

La fin des épuisés

medium_labyrinthe01_copie.jpg« Désolé, mais ce titre est épuisé. » Bientôt une réalité qui n’aura plus cours, si l’on en croit Amazon. En effet la librairie en ligne, via sa filiale Booksurge spécialisée dans l’impression à la demande, vient d’annoncer un partenariat avec une douzaine d’éditeurs américains, qui devrait leur permettre de fournir leurs livres jusque-là épuisés, et accessoirement de distribuer à moindre frais les ouvrages les plus demandés, en gagnant en rapidité sur la livraison par dessus le marché ; finies les ruptures de stock, donc.

Les classements en questions

medium_109578033_f62ee8d712_m.jpg« Tous les classements d’universités actuels sont faussés dans une certaine mesure, et la plupart à la base.
Les classements du U.S. News & World Report, et ceux publiés par le Times Higher Education Supplement (THES) britannique dépendent fortement d’enquêtes menées par des centaines d’experts – système que certains contestent. Un troisième classement, celui de l’Université Jiaoi Tong à Shangaï, se base sur des mesures plus quantitatives, comme le nombre de citations, de prix Nobel et de publications dans Nature et Science. Mais même ces mesures ne sont pas très claires.
Il est notoire que les données sur les citations d’ISI (Thomson Scientific) ne sont pas satisfaisantes pour les classements ; le nom d’une même institution est écrit différemment d’un article à l’autre, et les affiliations à une université sont souvent oubliées. Après avoir « nettoyé »i, pour éviter ces défauts, les données d’ISI pour tous les articles du Royaume-Uni, le nombre d’articles pour l’Université d’Oxford, par exemple, s’avère être supérieur de 40% à celui fourni par ISI… »

Extrait de cet article de Nature (sur abonnement), via S. Harnad, qui milite ici pour une scientométrie par le libre accès (et liste les équipes de recherche qui travaillent sur ces questions au niveau international).
[Crédit photo : pbo31]


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