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Retour vers la communauté

2961793878_a39179fcb4_mSigne des temps ? Effet de la crise ? Deux outils de référence s’appuyant jusqu’ici sur des bibliothèques universitaires vont changer de modèle économique :
ArXiv tout d’abord : souvenez-vous : après avoir alerté la communauté scientifique internationale sur ses difficultés de financement, la bibliothèque de l’université de Cornell, qui héberge et fait tourner la base, avait mis en place un système de financement assuré par les contributions des 100 établissements les plus utilisateurs, et bénéficié d’une subvention de la fondation Simons pour trouver un modèle économique durable et organiser la gouvernance d’ArXiv. En août dernier, la bibliothèque de l’université a annoncé avoir conclu un accord, toujours avec la fondation Simons, pour l’obtention d’un cofinancement à hauteur de 300 000 dollars annuels pour subvenir au fonctionnement d’Arxiv, pour la période 2013-2017. L’autre partie du financement est fournie par les contributions volontaires des établissements (représentant 285 000 dollars), qui semblent estimer cette participation légitime : la majorité d’entre eux s’est déjà engagée pour 5 ans.
– Le DOAJ ensuite : la direction des bibliothèques de l’université de Lund vient de communiquer un prochain changement d’opérateur pour l’annuaire mondial des revues en libre accès. En effet, elle a passé un accord avec la société d’intérêt communautaire britanique « Infrastructure Services for Open Access » (IS4OA), qui va assurer la gestion et le développement du DOAJ à partir de 2013. Lars Bjørnshauge, ancien directeur des bibliothèques de l’université de Lund, et à l’origine du projet, vient d’être nommé directeur général du DOAJ au sein d’IS4OA. Au programme des évolutions à venir : l’amélioration des critères d’accès au DOAJ, l’extension à d’autres pays du modèle contributif expérimenté depuis 2 ans avec la France, la Turquie et la Grèce pour la pré-selection des revues et la traduction du site, une collaboration avec les éditeurs pour l’amélioration de la qualité de leurs métadonnées.
Dans les 2 cas, c’est le choix de la communauté qui a été fait : on passe d’un fonctionnement centralisé, nécessaire sans doute à l’impulsion d’un projet, à une organisation plus déconcentrée, qui permet d’inscrire la gouvernance du projet dans le long terme.

[photo : MarilynRP]

Effet positif des mandats pour le green OA

4336201148_e66ac0db54_mContrairement à ce qui est avancé dans le rapport Finch, il semble bien que l’existence d’une obligation de dépôt dans une archive ouverte soit fortement corrélée avec le nombre de dépôts effectifs. C’est en tout cas la conclusion à laquelle arrivent des chercheurs canadiens et britanniques dans Testing the Finch Hypothesis on Green OA Mandate Effectiveness :
« … les obligations de dépôt en Open Access ont un impact majeur, et plus l’obligation est forte, plus cet impact est important (le mandat de l’université de Liège, qui lie le dépôt à l’évaluation des performances de recherche étant le modèle le plus « contraignant »). Le conseil de la recherche du Royaume-Uni (Research Council of the UK, RCUK), ainsi que toutes les universités, les institutions de recherche et de financement de la recherche au niveau international seraient bien inspirées de mettre en place de fortes obligations de dépôt dans les archives ouvertes et d’instaurer des mandats institutionnels et liés au financement de la recherche. »
Selon les auteurs, les obligations de dépôt permettent d’augmenter significativement le taux de publications en libre accès : pour le royaume-uni il serait proche de 40%, alors que le taux moyen tourne plutôt autour de 25%.
[photo : lissalou66]

E-books et TVA

Vu sur l’édition 2012 du Rapport de l’International Publishers Association sur la TVA sur les livres   (merci à GC pour le signalement) :
« En 2012, 45% des pays analysés n’accordent aucune exemption ni aucun taux réduit pour les publications électroniques, un pourcentage qui reste inchangé par rapport à 2011. Ce traitement fiscal discriminatoire entre livres imprimés et électroniques se poursuit en violation des recommandations et des études comparatives de l’OCDE, qui préconisent une politique non-discriminatoire et l’application d’allègements sur les publications numériques. Comme l’usage de livres électroniques augmente particulièrement rapidement dans les pays du marché anglophone, et commence à être adopté dans d’autres pays, il devient vraiment urgent de se saisir de cette question. »
En effet, car les conséquences de cette TVA inadaptée sur le livre électronique sont multiples :
– maintien de coûts élevés sur des ressources que les lecteurs s’attendent à payer moins chers et dont les auteurs espèrent retirer un bénéfice plus important
– recul des initiatives pour le développement du numérique, dans l’éducation notamment
– pénalisation des lecteurs handicapés (qui ne peuvent pas, selon le handicap, utiliser de livres imprimés)
L’argument avancé le plus fréquemment par les tenants d’un fort taux de TVA étant la difficulté à repérer les livres électroniques parmi le reste des contenus numériques, on en revient à l’importance de bien définir ce qu’est un livre numérique (comme cela a déjà été évoqué lors des journées Couperin sur les e-books). Le rapport mentionne la définition utilisée par la ville de New-York, où un « produit » (ie un livre électronique) remplissant les conditions suivantes ne doit pas être taxé :
« a) L’achat du produit n’ouvre pas au lecteur l’accès à d’autres biens ou services, et toutes les révisions apportées au livre électronique sont limitées à la correction d’erreurs
b) Le produit est fourni sous la forme d’un téléchargement individuel
c) Le produit est vendu et promu en tant que livre électronique ou tout terme similaire
d) Si l’usage du produit nécessite que celui-ci soit mis à jour, ou bien fasse l’objet d’une édition nouvelle ou révisée occasionnellement, les mises à jour ou la nouvelle édition ou l’édition révisée ne doivent pas être effectuées plus d’une fois par an
e) Le produit n’est pas conçu pour fonctionner avec un autre logiciel que celui destiné à la lecture (que ce soit sur un Kindle, un Nook, un Ipad, un Iphone ou un ordinateur) »

Le rapport réaffirme en conclusion la nécessité d’aligner la fiscalisation des e-books sur celle des livres imprimés.
[photo : s_falkovw]

Quitter l’American Chemical Society ?

Jenica Rodgers, dans Walking away from the American Chemical Society sur son blog Attempting elegance, nous apprend que certaines bibliothèques de l’université d’état de New-York (State University of New-York, SUNY) ont décidé de ne pas reconduire leur abonnement au bouquet de revues de l’American Chemical Chemistry (ACS) en 2013. Après plusieurs mois de tentatives de négociation avec l’équipe commerciale sur un tarif de base plus juste pour les établissements de petite taille (SUNY rassemble des facultés et des grandes écoles, avec des possibilités d’abonnement différenciées), voyant qu’ils avaient peu de chance d’aboutir à une solution acceptable, les bibliothécaires ont rencontrés leurs chimistes, les ont informé de la situation et tout le monde est tombé d’accord sur le fait que non, le tarif proposé n’était vraiment pas viable. Les chimistes ont fait remonter leur mécontentement à l’ACS en tant que membres de l’association (car c’est une société savante, au départ, et pas une entreprise commerciale). Et les bibliothécaires ont cherché d’autres solutions. Au final, la bibliothèque va proposer une offre en chimie comprenant :
– un abonnement au bouquet Gold de la Royal Society of Chemistry (RSC)
– l’achat des archives d’ACS, apparemment plus abordable que l’accès aux contenus courant
– les titres de chimie du bouquet Science Direct d’Elsevier, auxquelles l’université est de toutes façons abonnée
La collaboration avec les enseignants de chimie a aussi d’autre aspects qui me semblent intéressants :
– la sensibilisation des étudiants aux problèmes de financement des ressources : les enseignants encouragent ainsi les étudiants à adhérer à l’ACS pour bénéficier d’articles gratuits
– la mise en place de formations pour les étudiants sur le thème de « Comment faire de la recherche en chimie sans le soutien des ressources de l’université »

Reste un petit problème « collatéral » : comme c’est l’ACS qui accrédite les programmes des diplômes en chimie (ils doivent être validés par l’ACS pour avoir plus de valeur sur le marché du travail), il n’est pas impossible que les formations de SUNY perdent leur accréditation, puisque n’offrant pas les ressources les plus cotées de la discipline…

Rappelons enfin, pour mémoire, qu’ACS fait partie des éditeurs « blancs », selon la terminologie en vigueur sur Romeo/Sherpa : ce sont les éditeurs qui n’autorisent aucun dépôt dans des archives ouvertes pour les articles qu’ils publient.

[photo : stratoz]

Le Rapport Finch

Depuis quelques semaines les réactions sont nombreuses sur les blogs et autres listes de diffusion professionnelles anglophones à propos du rapport « Accessibilité, durabilité, excellence : comment accroître l’accès aux publications de la recherche » réalisé par le groupe de travail sur l’extension de l’accès aux résultats de la recherche publique, mandaté par le gouvernement britannique en octobre 2011.

Des avancées
Le rapport Finch (du nom de la responsable du groupe de travail, Janet Finch), dont le résumé a été opportunément traduit par les équipes de l’INIST (merci à elles), pose les points suivants :
– Le principe d’un accès libre aux résultats de recherche financée sur fonds public est renforcé
– La « voie dorée » (ie la publication dans des revues en OA) doit être privilégiée
– Il y aura une période de transition, qui engendrera des coûts supplémentaires
– La question des licences nationales doit être étudiée et évaluée
– Les archives ouvertes ont un rôle de conservation et de point d’accès à la littérature grise et aux données de recherche

Des critiques

Présenté ainsi, ce rapport a tout d’une belle avancée pour l’Open Access, cependant… il prête le flanc à un certain nombre de critiques :
– Le modèle des revues en OA (« Gold OA ») est strictement assimilé au modèle auteur-payeur : or, d’une part nombre de revues publiées par des laboratoires et centres de recherche ne font pas payer de frais de publication (« Article Processing Charges », APC) aux auteurs (c’est le cas pour 80% des revues signalées dans le DOAJ) – certes elles sont financées par l’institution en amont, aussi sur fonds publics, mais elles fournissent un accès libre direct à l’intégralité de leurs contenus -, et d’autre part le modèle auteur-payeur ne libère, au final, qu’un seul article à la fois. Alors que les revues en OA constituent une réelle alternative aux revues sur abonnement, le système de l’auteur-payeur me paraît très limité : comment suivre les évolutions d’une thématique de recherche quand on n’a accès qu’à des fragments de cette recherche ? Je trouve que une solution comme le mandat de dépôt mis en place par la Commission Européenne dans le cadre du 7ème PCRD (et l’accès via OpenAIRE) plus efficace : pour tout un projet, toutes les publications doivent être déposées (avec une période d’embargo certes, mais c’est un moindre mal). Par ailleurs, le rapport recule sur la question des embargos en préconisant une durée minimale de 12 mois (au lieu de 6 généralement).

– Les recommandations du rapport sont également les plus coûteuses : elles ne dispensent pas du maintien des abonnements traditionnels, et ajoutent une dépense non négligeable pour les frais de publication, dont le coût, estimé à 50-60 millions de £, ne sera pas compensé par une rallonge budgétaire en ces temps de crise. Et il n’est demandé aucune contrepartie aux éditeurs (parce que quand même c’est par là que ça devrait commencer) : une baisse du coût des abonnements serait pourtant la moindre des choses. C’est vraiment l’industrie de l’édition qui est défendue ici (« the group […] had been concerned not to recommend measures that would “damage high standards of peer review or undermine the very successful publishing industry”…), bien plus que l’amélioration des circuits de diffusion de l’information scientifique… Pour ce qui est des licences nationales, le rapport reste au stade des recommandations, aucune estimation n’est donnée. A mon avis, quitte à mettre 50 millions de £ sur la table, autant les investir dans des licences nationales pour tous que dans des frais de publication pour une diffusion partielle. Je dis ça je dis rien…

– On passe d’un système où il faut payer pour lire les articles à un système où il faut payer pour publier, ce qui creuse les inégalités entre les pays (quid des chercheurs des pays en développement ?), entre les établissements (les « riches » paieront en plus pour publier, les « pauvres » continueront à payer pour voir pendant la loooongue période de transition) et entre les disciplines (en SHS ce sont encore les ouvrages qui font référence, or que restera-t-il pour financer la publication d’ouvrages en OA ?). Au sein d’un même établissement, on risque également de voir s’accentuer la compétition :

  • entre les disciplines de pointe et les disciplines de niche : les établissements devront établir des priorités de financement, qui risquent d’être défavorables aux disciplines émergentes ou hyperspécialisées.
  • entre les anciens et les modernes : il est vraisemblable que les établissement miseront plus volontiers sur des chercheurs confirmés que sur de jeunes chercheurs, ce qui n’encourage pas forcément l’innovation.

– L’impact du dépôt dans des archives ouvertes (la « voie verte » vers l’OA) est minoré, au prétexte que le rythme des dépôts n’est pas celui escompté. Certes il est recommandé de poursuivre le développement des archives ouvertes, mais en les cantonnant à une complémentarité avec l’édition traditionnelle : ciblage sur la littérature grise et aux données de recherche, rôle de conservation. Il semblerait plus judicieux de renforcer les mandats institutionnels pour augmenter le nombre de dépôts, non ? En plus ça ne coûte pas grand chose, enfin, pas rien, mais pas 50 millions non plus.

Sources

Reaction to the Finch report par Peter Murray-Rust

Push for gold will cost millions, open-access report says dans le Times Higher Education

The Finch Report on open access: it’s complicated sur Reciprocal space

The Finch Report: Optimism, Hope and Frustration for Repository Staff in Equal Measures par l’UKCoRR (United Kingdom Council of Research Repositories)

Some Thoughts on the Finch Report sur The past speaks

The Finch report and its implications for the developping world sur Open and Shut?

The Finch Report: UCL’s David Price Responds sur Open and Shut?

The Finch Report in a global Open Access landscape par Paul Ayris sur Open and Shut?

[photo : steve nordby]

Mandat européen de dépôt en OA : pas d’impact avant 2022 ?

Le projet pilote de la Commission européenne pour l’Open Access, qui exige la mise à disposition en libre accès d’une partie (20%) des résultats de recherche qu’elle finance,  vient d’être étendu à 100% des publications d’ici 2020. D’ici cette date, les chercheurs sont encouragés à rendre accessibles dans un délai de 6 mois  (pour les sciences « dures ») ou de 12 mois (pour les SHS) les articles publiés dans le cadre d’un projet financé par l’UE, soit en les soumettant dans des revues en open access (« Gold road »), soit en les déposant dans une archive ouverte (« Green road ») ; l’ensemble des publications déposées pouvant être interrogé via l’infrastructure OpenAIRE.

Suite à cette annonce, repérée chez Peter Suber, le groupe d’investissement Exane BNP Paribas a sorti cette analyse à propos du groupe Reed-Elsevier (extraits) :
« Il est peu probable que cette politique ait un quelconque impact sur les revenus des éditeurs en sciences et technique d’ici 10 ans. L’UE est un acteur mineur du financement global de la recherche – on estime qu’elle finance 8% des dépenses de recherche de l’Europe des 27, soit moins de 3% de la littérature scientifique mondiale. Nous estimons que ce financement aboutit à la publication annuelle de 70 000 articles sur les 1,5 millions d’articles produits chaque année dans le monde. Nous notons de plus que le projet pilote, couvrant 20% des budgets de recherche européens, n’ a eu aucun impact au cours des 5 dernières années. […] Le taux de dépôt actuel de mandats plus anciens (comme celui des NIH ou du Wellcome Trust) est en dessous de 60%, les chercheurs ne réalisant pas qu’il est de leur rôle d’auto-archiver leurs articles. Enfin, bien que les frais de publication des revues en open access payés par les auteurs  (Gold OA) soient éligibles au remboursement par l’UE, nous pensons que, comme au Royaume-Uni, l’absence d’un financement dédié à l’Open Access est un facteur de ralentissement dans l’essor de ce modèle. »
Les auteurs de l’analyse ajoutent que malgré une progression, on est encore loin d’atteindre une masse critique d’articles en OA, et que « même dans un monde où l’Open Access dominerait, les éditeurs continueraient à générer du profit grâce à la valeur ajoutée qu’il amènent à la communication scientifique (en gérant la validation par les pairs et la mise en page des articles). […] Dans un scénario-catastrophe fort improbable, où la pression de l’Open Access sur les prix ne serait pas compensée par le volume des publications – Elsevier ne monétise qu’un tiers des articles reçus, les 2 tiers restants étant rejetés – nous estimons que la valeur par action des revues détenues est de 50p inférieure à ce qu’elle devrait être. »
De fait, Peter Suber note également qu’au lendemain de l’annonce de la Commission, le taux de l’action Reed-Elsevier a baissé de 2%.

[photo : ZeRo SKiLL]

Global Open Knowledge Base

Global Open Knowledge Base est le fruit du partenariat entre le projet de SGB mutualisé américain Kuali OLE  et l’agence britannique JISC Collections. Il s’agit de monter l’architecture d’une base de connaissances mutualisée intégrable dans différents systèmes de gestion de données. JISC Collections travaille sur les modèles et les circuits de données, il peut également s’appuyer sur ses contacts existants avec les éditeurs (l’agence est l’un des principaux opérateurs pour la négociation des ressources électroniques au Royaume-Uni) ainsi que sur le réseau existant de ses établissements membres pour l’alimentation. La partie mutualisée de la base de connaissances gère les éléments au niveau global (titre, éditeur, identifiant, bouquet, plateforme), les informations locales (contrats, licences, commandes, stats…) sont gérées dans le SGB. Les atouts de GOkb sont l’utilisation de standards, la mise en place d’un système d’identification des ressources, l’application de modèles de données et de workflows, la gestion communautaire. Le projet bénéficie d’un financement de 499000$ de la fondation Mellon, passage en production de la version 1.0 prévu pour 2013.

[photo : squarepants2004/auntiehuia]

Arrêter Science Direct ?

Dans Leaving Elsevier’s big deal, Franco Toni raconte comment la bibliothèque de l’Istituto Superiore di Sanità (ISS) italien, l’équivalent de notre INSERM national, a dû, en raison d’une baisse significative de son budget (-30%), mettre fin en 2010 à son contrat avec Elsevier pour l’accès à Science Direct. Elle a ramené sa liste de revues à 185 titres (contre 343 dans la liste de départ en 2002) au format électronique, et réduit sa dépense chez cet éditeur de 50% (sous la menace d’une suppression totale de tous les abonnements néanmoins). Ce changement a eu des conséquences :
– relativement limitées pour les chercheurs : perte de l’accès aux 2200 titres (mais accès aux archives des années souscrites), mais l’important travail de sélection fait en amont a permis de conserver les titres les plus pertinents pour le plus grand nombre ; ce sont surtout les domaines de recherche spécialisés qui sont pénalisés (les revues avec moins de 100 téléchargements annuels ont été supprimées)
– positives pour l’institution : une baisse des téléchargements de 22% seulement, pas d’augmentation significative des demandes de fourniture de documents. Au passage, l’auteur souligne la gestion approximative de l’éditeur pour la sécurisation de ses propres contenus : les accès ont été supprimés pour la bibliothèque mais sont restés ouverts via le résolveur de liens pendant 6 mois…
– négatives pour le consortium dont la bibliothèque était membre : le manque à gagner à été répercuté sur les autres membres du consortium
Cet exemple illustre une fois encore combien le big deal, censé protéger les bibliothèques des augmentations imprévisibles des éditeurs, s’est retourné contre elles : le poids du chiffre d’affaires historique, tel le boulet des frères Dalton, empêchant tout ajustement des dépenses au contexte budgétaire. Par ailleurs, l’absence d’une liste publique des tarifs, les changements continuels dans la liste des titres disponibles et dans l’organisation des collections font que finalement les bibliothécaires sont incapable d’évaluer le coût réel de ce qu’ils achètent.
L’auteur conclut que ce modèle tarifaire ne doit plus servir de référence dans les négociations, qu’il faut trouver de nouveaux modèles, plus adaptables à l’activité des institutions ; pour lui un de ces modèles devrait porter sur une sélection de titres par discipline, et prendre en compte des indicateurs comme les statistiques d’usage et le coût à l’article. Je suis plutôt dubitative sur ce type d’indicateurs : voir à ce propos les réflexions toujours d’actualité de Dominique Rouger…

[Photo : Môsieur J]

Le marché du mardi, n°46

Vite fait, parce que c’est la saison des grands ménages mais aussi les vacances :-), un sélection d’outils open :
Annotum est une extension de Worpress qui permet d’en faire un outil de publication scientifique.
Showme : une plateforme ouverte de vidéos pédagogiques, sur toutes sortes de thèmes (art, musique, langues, sciences…)
CASH Music : une plateforme open source de publication en direction des artistes
– Il n’y a pas que Zotero dans la vie : il y a aussi Mendeley, et voici une série de tutoriels vidéo en français.
F1000Research : open peer-review, publication rapide, datasets, révisions, multi-format, le tout sous licence CC ; bref, un nouveau projet éditorial à suivre.

JE ebooks Couperin : les supports

Les supports des interventions de la journée d’études du consortium Couperin sur les ebooks sont en ligne sur le site du consortium.


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