Diffusion ou infusion ?

8b9dce218f1359ab1ed380d3e8ee0f37.jpg« Actuellement, mon hypothèse est que les bibliothécaires ont 2 façons d’acquérir des savoirs professionnels : soit par diffusion occasionnelle, soit par infusion continue. Je suis une inconditionnelle de la méthode de l’infusion continue. Je lis de la littérature professionnelle chaque jour, des biblioblogs et des blogs techniques et des revues en ligne et des rapports et des compte-rendus de conférences et tout ce que vous voulez. Je ne lis pas au hasard, je ne peux pas me le permettre. Je ne lis pas certaines personnes de mon propre domaine, souvent parce que leur lecture fait monter ma tension pour rien. Parfois je balance des rapports une fois que l’ai lu la fin du résumé ; ça ne vaut pas la peine. Parfois c’est tellement mauvais que je ne peux que jurer intérieurement et passer à autre chose. Et même comme ça, tous les jours je lis quelquechose. Quoi que ce soit.

Mes habitudes de lecture ne sont pas parfaites, la plupart de la « littérature » m’échappe. Cela allait mieux quand je faisais de la formation à l’automne dernier, parce que les cours avaient lieu dans la bibliothèque de l’école des sciences de l’information et des bibliothèques, et que j’étais à proximité immédiate des nouvelles revues au format papier. Cela irait mieux si plus de revues en SIB proposaient leurs sommaires par fils rss ; je fais l’effort de creuser un peu les infos qui me paraissent intéressantes une fois que j’en ai eu connaissance. Pour être honnête cependant, la plus grande partie de ma veille professionnelle se passe dans mon agrégateur Bloglines ces jours ci.

Quand même. Chaque jour. Chaque jour je lis quelquechose.

J’ai le sentiment que bon nombre de mes collègues préfèrent la méthode de la diffusion occasionnelle : vous allez à une conférence ou à un atelier ou à n’importe quelle sorte de réunion. Vous recevez ce que l’on vous dispense par à coups concentrés. Vous ramenez ce que vous avez appris. Vous reprenez votre travail et vous laissez filer, parce que vous êtes trop occupé pour lire, jusqu’à la prochaine conférence.

Je suppose que ça doit très bien marcher pour eux. C’est juste que je ne peux pas, vraiment pas, imaginer de fonctionner comme ça moi même. J’aurai l’impression d’avoir perdu la vue ou l’ouïe. »
Dorothea Salo, à propos des bibliothécaires qui n’ont jamais le temps de faire de la veille professionnelle.
[photo : drauh]

Advertisements

3 Responses to “Diffusion ou infusion ?”


  1. 1 Xavier Galaup 26/04/2008 à 00:00

    Je pense que les deux correspondent à des modes de fonctionnement différent mais à mon sens l’infusion permet d’installer un changement progressif alors que la diffusion risque de nos jours de créer des réveils difficiles face aux évolutions de notre métier.

    La question cruciale reste comment les réflexions provoquées par l’infusion ou la diffusion peuvent se traduire dans la réalité.

  2. 2 Chaps 25/04/2008 à 00:00

    Se pose la question du temps disponible (j’ai l’impression que c’est difficile d’estimer et d’équilibrer les charges de travail en bibliothèque), des choix des ressources ou de l’existence d’outils pour découvrir et suivre ces ressources, de la qualité de la communication dans l’équipe et des relations interpersonnelles et de la connaissance par les « décideurs » des profils de compétence de ses collaborateurs…

    Combien de conférences dont le personnel n’a même pas un compte rendu de la part des informés, combien de conférence oû les personnes envoyées étaient bien placées dans la hiérarchie mais absolument pas outillées pour retirer quelque chose de la dite conférence pour améliorer la bib?

    (je ne nie pas qu’il y a toujours un problème de ressources pour mettre en pratique ce qu’on apprend mais il y a aussi le phénomène « je suis chef donc je dois être informé de l’évolution de mon secteur professionel même si rien ne changera dans mon institution »)

  3. 3 Olivier Tacheau 24/04/2008 à 00:00

    Marlène, je crois qu’on ne peut opposer les informés occasionnels (souvent a posteriori, c’est pour ça d’ailleurs que leurs rapports te tombent des mains…) des infusés continuels. Ils sont à mon sens complémentaires et la question est celle de l’interface entre ces deux modes, ces deux mondes… car il est difficile d’être à la fois dans l’information, la décision et l’action en même temps. Comment les informés(-décisionnaires pour faire vite si je lis entre les lignes de ton post) utilisent-ils leurs infusés de proximité ? en ont-ils ? les écoutent-ils ? les intègrent-ils dans leur décision ? acceptent-ils d’être moins au courant qu’eux ? Finalement, la question posée est : quelle place pour les infusés continuels dans les organisations et la chaîne de décision pour que leur expertise ne tourne pas à vide. je me trompe ?


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s




avril 2008
L M M J V S D
« Mar   Mai »
 123456
78910111213
14151617181920
21222324252627
282930  

Archives

Licence

Licence Creative Commons
Ce(tte) œuvre est mise à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution 3.0 France.

%d blogueurs aiment cette page :