Archive pour janvier 2011

Machine à (garder ses) sous

L’étude The value of UK HEI’s to the publishing process du JISC s’est penchée sur le coût des publications scientifiques pour les établissements d’enseignement supérieur et de recherche du Royaume-Uni, sachant que :
– la communication scientifique ne peut pas se passer du peer-review
– le peer-review est réalisé gratuitement par les chercheurs
– le nombre d’articles scientifiques est en augmentation constante, et donc le peer-review aussi.
Elle arrive à des chiffres non négligeables :
– le travail de peer-review est estimé à entre 110 et 165 millions de £
– la participation à des comités éditoriaux représente 30 millions de £
Si l’on ajoute à cela la dépense annuelle des établissements consacrée aux abonnements en ligne, pour pouvoir consulter les articles de revues, estimée à entre 113 et 121 millions de £, la facture se monte annuellement à entre 253 et 316 millions de livres sterling, ie entre 300 et 400 millions d’euros.
Avec de telles sommes, les établissements ne pourraient-ils pas mettre en place un système de production, de diffusion et de conservation de l’information scientifique ? C’est ce que propose Brad Wheeler, de l’Université de l’Indiana dans cet article d’Educause Review, avec « the Big Digital Machine », un concept en cours d’élaboration au sein du Committee on Institutional Cooperation, un consortium d’universités du nord ouest des Etats-Unis. Le principe est que si les établissements se réapproprient leur recherche, ils seront en mesure d’en définir les modes d’accès, aussi bien en terme de droits qu’en termes techniques – l’idée c’est aussi de s’appuyer sur les outils existants, qui ont fait leurs preuves, comme Open Journal Systems (OJS), Fedora/DSpace/DuraSpace, Connexions, EPrints pour pouvoir gérer la totalité du workflow des publications. Une infrastructure de ce type pourrait fédérer aussi bien les sociétés savantes que les presses universitaires, voire les « petits » éditeurs pas encore passés au numérique. Tentant…

[Photo : cobalt123]

Utiliser Facebook pour la formation à l’information

Très intéressant article d’Ann Pemberton dans le dernier numéro de C&R libraries news : elle y relate son expérience de formatrice à la maîtrise de l’information, au cours de la quelle elle utilise  Facebook comme fil rouge, parce que, c’est vrai que, quand on y pense :
– Utiliser Facebook, c’est utiliser une base de données (le compte FB = la notice biblio, les infos personnelles = les champs de la notice, etc)
– Avec Facebook, on peut aussi avoir besoin d’utiliser une forme de recherche avancée. Qui permet de repérer des choses que Google ne peut pas trouver (parallèle avec le web invisible)
– Le marquage de ses amis sur les photos peut être l’occasion d’attirer l’attention sur l’intérêt d’utiliser un vocabulaire contrôlé, de montrer la différence avec les contenus générés par les utrilisateurs…
– Les bibliothèques ne sont pas plus maîtres des changements dans les interfaces des bases de données bibliographiques que ne le sont les utilisateurs des modifications de Facebook, par exemple
– Les recommandations des amis sur Facebook sont un moyen d’aborder les questions d’évaluation de l’information (qu’est-ce qui fait que je vais cliquer sur un lien proposé par un ami…)
Elle conclut :
« L’utilisation de FB comme point de départ dans les formations a eu un impact énorme sur ma pédagogie. Il y a d’autres concepts que j’aborde en lien avec FB, par exemple « le feuilletage vs la recherche », « l’infobésité », « la complexité de l’information », « la croissance de l’information », et d’autres. Les étudiants sont intéressés par les sessions et semblent comprendre les concepts que j’évoque d’une façon plus solide. Cela rend les formations pertinentes et plaisantes, et cela a modifié ma façon d’enseigner : je suis passée du cours à une approche basée sur la discussion, et je trouve que cela a amélioré le résultat de ces sessions. Tous ces concepts sont applicables à une service de référence. Nous ne comprenons peut-être pas toujours nos étudiants, mais nous pouvons au moins essayer de les aider à comprendre les concepts dont ils auront besoin pour avoir une bonne maîtrise de l’information, et Facebook pourrait bien juste être un moyen d’y parvenir. »
From friending to research : Using Facebook as a teaching tool
[Photo : Steel Wool]

S’adapter ou disparaître

« Pour les bibliothèques, 2010 sera considérée comme la dernière année au cours de laquelle acheter des documents de référence en version imprimée a eu du sens. L’année a signé la fin de la  conception de « la bibliothèque comme entrepôt », la bibliothèque survivant comme l’espace où l’on vient *faire* quelquechose plutôt que celui où l’on vient  *chercher* quelquechose. C’est l’année au cours de laquelle j’ai vraiment réalisé que les bibliothèques et les bibliothécaires qui ne changeront pas sérieusement disparaitront – l’économie l’emportant sur la tradition et le sentimentalisme. Et c’est la première fois que je trouve que c’est une bonne chose. Nous deviendrons une profession plus réduite, plus flexible mais plus vitale si nous adoptons la réalité du « cloud » et si nous fusionnons avec les spécialistes des métiers de l’intégration des technologies. Pour ceux qui sont prêts et capables de changer, en tout cas. »
2010: the year of the cloud, Doug Johnson.


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