Archive pour février 2011

26 et puis c’est tout

Retour sur le buzz du week-end dans la bibliosphère américaine : l’affaire Harper Collins OverDrive.
Overdrive, l’un des principaux diffuseurs de livres numériques pour les bibliothèques aux Etats-Unis, vient d’envoyer à ses clients un courrier faisant état de prochains changements dans la licence d’utilisation du service, pour répondre à la demande d’un éditeur (on apprendra par la suite qu’il s’agit d’Harper Collins). Cet éditeur souhaite en effet que la consultation des e-books mis à la disposition des bibliothèques soit limitée en nombre : au bout de 26 « prêts », le document n’est plus accessible, et la bibliothèque doit le racheter.
Tollé chez les bibliothécaires, naturellement : ce post de Librarian by Day rassemble un florilège des nombreux commentaires que la nouvelle a suscité dans le milieu des bibliothécaires et en dehors, et on peut suivre les réactions des uns et des autres sur Twitter sous le hashtag #hcod.
Racheter un e-book ? Oui oui, comme quand les livres nous reviennent en piteux état, avec les pages arrachées etc. Sauf que… arracher les pages d’un livre numérique ?!? Là clairement il va falloir choisir : soit on considère que le livre numérique, c’est pareil que le livre papier (même prix, un seul prêt à la fois), mais alors on peut le conserver, soit on dit que le livre électronique obéit à des règles différentes, et on peut faire plus de choses avec (accès illimité, accès multi-supports, contenus enrichis, pas de DRM…), ou le payer bien moins cher…
En BU on a déjà connu ça pour les revues (la fin de la propriété des contenus en faveur de l’achat d’accès limités dans le temps), et on s’est plus ou moins adaptés (avec quand même souvent l’ajout de clauses pour l’accès aux archives), en soulignant toutefois les risques d’uniformisation de l’offre documentaire : on voit dans le modèle proposé par Harper Collins que la poldoc en prend encore un coup, les bibliothèques finissant par ne racheter que les best-sellers… Peut-être cela dit que le modèle qui convient à l’information de type « revues » n’est pas forcément adéquat pour le livre, mais bon, je ne suis pas spécialiste.  Problème anecdoctique soulevé par ce type de licence : la question du signalement dans les catalogues (comment suivre les notices d’ouvrages qui disparaissent au  bout du 26ème prêt ? et peuvent réapparaître à la prochaine commande ?).
L’éditeur justifie ce revirement ainsi : « Nous pensons que ce changement permettra d’établir un équilibre entre la plus-value que les bibliothèques tirent de nos titres et la nécessité de protéger nos auteurs, et d’assurer pour les années à venir leur présence dans les bibliothèques publiques et au sein des communautés qu’elles desservent . »
Il me semble que ce que tout cela prouve, c’est qu’il est difficile de trouver des modèles économiques pour le livre numérique (voir les pistes que donne Eric Hellman), et que les éditeurs auraient beaucoup à gagner à travailler en concertation avec les bibliothécaires sur le sujet…
[Photo : Elisabeth Thomsen]

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Bibliothéconomie furtive

John Dupuis, sur Confessions of a science librarian, nous propose ce Manifeste pour une bibliothéconomie furtive :

« La bibliothéconomie furtive, c’est un état d’esprit.

Cette édition du manifeste est spécifique aux bibliothèques universitaires. Les principes de la bibliothéconomie furtive peuvent s’appliquer à toutes les branches de la profession, chacune à sa manière. Il pourrait y avoir d’autres manifestes, pour les bibliothèques publiques ou les bibliothèques d’entreprise par exemple.

Cependant les principes de base sont les mêmes : pour survivre et nous développer dans un environnement difficile mais stimulant, nous devons plus ou moins subtilement nous insinuer dans la vie de nos utilisateurs. Nous devons arriver à faire partie de leur monde, de leur environnement.

Le coeur de cible des communautés d’usagers des bibliothèques universitaires sont les enseignants-chercheurs et les étudiants. Ce manifeste concerne les enseignants-chercheurs. Un autre manifeste pourra couvrir l’infiltration des communautés étudiantes par les bibliothécaires furtifs. D’ailleurs, vous pouvez l’écrire vous même, allez-y.

Le travail des enseignants-chercheurs comprend la recherche, l’enseignement et le service. Nous devons nous insinuer subrepticement dans ces domaines. […]

– Arrêtons d’aller à des journées d’études pour bibliothécaires, et assistons plutôt à des conférences où nos utilisateurs sont présents.

– Arrêtons de faire des présentations seulement à nos pairs. Il y a Twitter pour ça. Nous devons nous faire valoir auprès de nos utilisateurs sur leur territoire, et pas sur notre propre terrain.

– Quand c’est possible, collaborons avec des enseignants lors de présentations.

– Arrêtons de lire la littérature professionnelle officielle. Il y a les biblio-blogs pour ça. Nous devons nous familiariser avec les écosystèmes de la communication et de la littérature scientifiques de nos communautés d’usagers.

– Arrêtons d’écrire dans la littérature professionnelle officielle. Il y a les biblio-blogs pour ça. Nous devons défendre notre utilité dans la littérature de nos communautés d’usagers.

– Arrêtons d’adhérer aux associations professionnelles. Il y a Friendfeed et Facebook pour ça. Rejoignons plutôt des associations qui tournent autour de nos communautés d’usagers.

– Ne nous divisons pas en « commissions bibliothèques » dans ces organisations, mais participons y pleinement. Cela vaut pour les conférences et les publications (évoquées plus haut).

– Pour attirer les enseignants-chercheurs lors de conférences et dans la littérature, positionnons-nous sur le plan de la recherche comme sur le plan de l’enseignement.

– Arrêtons de participer à de multiples groupes de travail de bibliothécaires, et prenons le temps de siéger dans les instances à tous les niveaux de gouvernance de nos établissements. Cela peut demander un certain temps et un investissement considérable pour nous intégrer discrètement dans toutes les structures auxquelles nous appartenons.

– Invitons-nous et participons activement aux réunions de départements, conseils de faculté et autres organes pertinents.

– Intégrons-nous autant que nos moyens humains nous le permettent dans les missions d’enseignement et dans l’environnement pédagogique de nos enseignants. Nous avons de nombreuses choses à apprendre à leurs étudiants, et pouvons les aider à remplir leurs objectifs universitaires.

– Engageons-nous auprès de nos enseignants-chercheurs dans les réseaux sociaux qu’ils fréquentent. Tout comme nous le faisons avec les autres bibliothécaires, nous devons également suivre nos utilisateurs et communiquer avec eux sur Twitter, Facebook et autres sites appropriés. »

– A vous d’ajouter la suite…

Quelques précisions pour finir :

Comme tous les manifestes, celui-ci souffre des défauts de l’hyperbole et de la simplification excessive. Voyez-le plutôt comme une série de déclarations provocantes, et pas comme un plan d’action réaliste. Je ne pense pas réellement, par exemple, que nous devrions tous abandonner nos associations professionnelles.

Ce texte se veut optimiste, et pas désespéré.

Il est forcément incomplet et biaisé, n’hésitez pas à l’amender dans les commentaires, ainsi qu’à suggérer des modifications et suppressions. »

[photo : the other allen]

Il faut des développeurs en bibliothèque

Dans Why Not Grow Coders from the inside of Libraries?, Bohyun Kim (Library Hat) s’interroge sur le manque de compétences techniques en interne dans les bibliothèques :
« Ca ne serait pas génial si chaque petite bibliothèque disposait d’un développeur en interne ? On utiliserait tous des logiciels open source, avec des fonctionnalités sur-mesure, correspondant exactement à nos projets et aux besoins de nos communautés d’utilisateurs. Les bibliothèques deviendraient alors des consommatrices de technologie réellement avisées, et plus de simples clientes à la merci de systèmes bancals. Et même, cela les re-positionnerait en tant que contributrices des technologies permettant au public d’accéder à l’information et aux ressources scientifiques. Je suis sûre qu’aucun bibliothécaire n’aurait d’objection à cette proposition. Mais en ces temps de restrictions budgétaires continues, conserver du personnel de bibliothèque est un défi en soi, alors engager un développeur…
Mais pourquoi devrions nous en passer par là ? Les bibliothécaires sont sans doute les professionnels les plus compétents techniquement après les informaticiens, les scientifiques, les ingénieurs et les personnels du marketing. Alors pourquoi n’y a-t-il pas plus de bibliothécaires qui codent ? Pourquoi n’assistons nous pas à un déferlement de bibliothécaires-développeurs ? Après tout, nous vivons à une période où le web est la plateforme sur laquelle se déroulent pratiquement toutes les activités humaines, et où les bibliothèques changent leurs noms pour des appellations comme « learning centers ». Développer ne me semble pas trop compliqué ni trop difficile à apprendre pour n’importe quel bibliothécaire, quel que soit son parcours. Les bibliothèques proposent aujourd’hui un large éventail de ressources et de services en ligne, et déploient et utilisent de nombreux outils, du SIGB au système de gestion électronique de documents, qu’elles pourraient certainement utiliser avec un grand profit des personnels capables de développer. »
[…]
Pour elle, le problème vient en partie du fait que les compétences informatiques ne sont pas suffisamment valorisées au sein des établissements, qui ont tendance à recruter uniquement en dehors des bibliothèques. Alors que, ce type de compétences s’acquérant souvent en auto-formation, sur le temps personnel des agents, ce sont généralement des personnes motivées, qui pourraient apporter un vrai plus. A cela s’ajoute le fait que, quand elles existent, ces compétences sont utilisées de façon fragmentaire : rares sont les bibliothécaires qui développent à plein temps. En filigrane, il y a aussi la question de la formation : les vagues notions de html survolées dans la plupart des cursus initiaux ne font pas des codeurs aguerris…
Le sujet devient plus brûlant pour les bibliothèques qui utilisent des logiciels libres – il a été abordé lors d’une session la dernière conférence Code4lib consacrée à l’open source en bibliothèque  :
« Les participants [à la conférence] habitués à travailler avec des logiciels libres étaient unanimes sur le fait que l’adoption du libre n’est pas bon marché. On croit souvent à tort qu’en adoptant des logiciels libres, les bibliothèques vont faire des économies. Mais, si c’était le cas, cela ne serait pas à court terme. Le libre nécessite d’avoir en interne du personnel technique formé, capable de bien comprendre le fonctionnement des logiciels pour tirer avantage de leur flexibilité au profit de leur établissement. Ce n’est pas du gratuit prêt à l’emploi qui démarre au quart de tour. Adopter les logiciels en open source donne certes aux bibliothèques une certaine liberté pour expérimenter et améliorer leurs services, et de fait les rend plus autonomes, mais les bénéfices ne viennent pas sans investissement. On peut alors se demander pourquoi les bibliothèques n’utiliseraient-elles pas, simplement, les services de sociétés tierces assurant le support de systèmes ou de logiciels libres. Mais sans la capacité à comprendre le code source, et les méthodes pour le modifier selon ses propres besoins, comment les bibliothèques pourraient-elles exploiter le potentiel du libre ? Et parvenir à des relations plus cordiales entre bibliothécaires et vendeurs ? »
[photos : rezponze]

Citer mieux

Citer, c’est faire référence à la publication de quelqu’un d’autre depuis son propre texte. Faire un lien entre 2 textes. Soit. Mais souvent le lien n’est pas d’une évidence absolue, il est dé-contextualisé : CiTO (Citation Typing Ontology) propose d’y remédier. Il s’agit d’une ontologie qui décrit les relations entre un document et une référence citée – lesdits documents et références concernés étant des articles scientifiques et tout type de travail universitaire -, et permet de les exposer sur le web sémantique (merci aux spécialistes de me corriger si je dis des bêtises). Ce qui permet, par exemple, de définir que l’auteur de l’article A cite l’article B pour exprimer son désaccord avec ce qui est dit dans cet article, ou bien que l’article C est cité  en tant que preuve dans l’article B, etc. Ce n’est qu’une petite partie de ce à quoi peut servir CiTO, une présentation plus détaillée est disponible dans cet article du Journal of biomedical semantics. Et il existe depuis peu une extension qui permet d’insérer des citations dans des billets de blog avec WordPress, Link to Link, qui intègre les relations définies par CiTO.

A l’origine de CiTO, David Shotton, un enseignant du département de zoologie de l’université d’Oxford. Link to Link est développé par Martin Fenner, médecin et chercheur en cancérologie à Hannovre. Il semble que les auteurs sont en train de prendre l’amélioration de leur « citabilité » en main. Et pourquoi pas ? #justdoit

[photo : linkogecko]

Changements pour E-LIS

Je relaie bien volontiers aujourd’hui ce communiqué de l’équipe d’E-LIS, l’archive ouverte internationale spécialisée en sciences de l’information et des bibliothèques :
E-LIS a migré sur D-SPACE
L’AePIC CILEA – Consorzio Interuniversitario Lombardo per L’Elaborazione Automatica – le consortium universitaire italien qui héberge et assure la maintenance technique d’E-LIS, a proposé en 2010 de passer d’EPrints à DSpace. L’équipe d’E-LIS a accepté cette proposition, et la migration a eu lieu entre décembre 2010 et janvier 2011, grâce à l’excellent travail de l’équipe de Susanna Mornati et d’Andrea Bollini. La migration est terminée, il reste jusque quelques améliorations à apporter à l’interface utilisateur, qui vont être effectuées au cours des semaines qui viennent. Nous avons conscience du fait que ce changement peut causer quelques difficultés aux utilisateurs habitués à déposer dans EPrints. Nous vous invitons, si c’est votre cas, à nous contacter via la liste de diffusion [http://groups.google.com/group/e-lis-e-prints-in-library-and-information-science] pour obtenir de l’aide dans le processus de dépôt.

De nouvelles organisations soutiennent E-LIS
Nous sommes heureux de vous annoncer qu’E-LIS est dorénavant soutenu par un plus grand nombre d’institutions :
– le CILEA via l’équipe AePIC, gérée par Susanna Mornati, qui apporte son soutien technique à E-LIS depuis janvier 2003
– la FAO (ONU) via son équipe FAO AIMS, gérée par by Johannes Keizer, engagée dans E-LIS depuis 2010
DURASPACE qui rejoint E-LIS en 2011.
Vous trouverez plus d’informations à ce sujet ici : http://eprints.rclis.org/cms/support

Une nouvelle gouvernance pour E-LIS
E-LIS est un projet à but non lucratif organisé, géré et maintenu par une équipe internationale de bibliothécaires d’horizons différents. La force de cette archive institutionnelle réside dans ses 60 éditeurs nationaux, issus de 44 pays, qui prennent en charge le contrôle qualité des métadonnées des documents auto-archivés par leurs auteurs, ainsi que le respect des politiques de soumission et de copyright. E-LIS dispose de 5 éditeurs régionaux qui interviennent en appui aux éditeurs nationaux pour assurer le bon fonctionnement du processus de dépôt et pour coordonner leur travail. Ce travail éditorial est effectué sous la houlette d’un comité de rédaction (Executive Board), qui gère les décisions politiques, les partenariats, les nouvelles actions, les collaborations et tout autre sujet intéressant E-LIS. Le comité de rédaction est composé de 2 rédacteurs en chef (chief executives), de 2 représentants de l’équipe éditoriale, de 2 représentants du CIEPI – International Centre for Research in Information Strategy and Development – qui est l’association créée par les membres d’E-LIS pour représenter administrativement et juridiquement les intérêts d’E-LIS – et de 2 représentants techniques expérimentés dans l’utilisation de DSpace. En complément de cette structure s’ajoute un organe de conseil (advisory board), formé par les institutions et les individus qui soutiennent E-LIS.
Vous trouverez plus d’information à ce sujet ici : http://eprints.rclis.org/cms/governance

Enfin, cette année est celle du 8ème anniversaire d’E-LIS !

Pour finir, je voudrais remercier, de la part de toute l’équipe d’E-LIS, la communauté des sciences de l’information et des bibliothèques, qui nous a fait confiance jusqu’ici.

Cordialement,
Imma Subirats
E-LIS Chief Executive and Co-Founder
E-LIS, E-prints in Library and Information Science
http://eprints.rclis.org/

Le marché du mardi, n°43

DOC ELEC STUFF
– Accéder à des numéros de revues récents sur JSTOR ? C’est désormais possible avec le Current Scholarship Program, qui concerne pour l’instant 174 titres, avec des numéros récents de revues déjà dans la base d’archive, mais aussi de nouveaux titres, parmi lesquels The American Journal of International Law et International Legal Materials. La nouveauté, c’est aussi que, pour ce programme, JSTOR diversifie son modèle économique en proposant aussi de l’abonnement titre à titre, et plus uniquement sous forme de bouquets.
– SciVerse, la nouvelle plateforme d’Elsevier, a ouvert sa place de marché où l’on peut déposer applications et sets de données. La dernière connexion en date est celle avec les données publiques américaines disponibles sur data.gov. De quoi faire plein de trucs de web sémantique. Elsevier sponsorise aussi le Hackathon 2011 du New Jersey Institute of Technology, je suis curieuse de voir les mashups qui vont en sortir.

OPEN ACCESS STUFF
– Nature lance Scientific Reports, sa première revue en open access (modèle auteur-payeur). La nouveauté, c’est que lesdits articles seront diffusés avec une licence CC, et que Nature s’engage à verser 20$ par article à Creative Commons, à concurrence de 100 000$ annuels.
– Dans la série « ça peut servir », cet article du LJ propose une liste de bases de données spécialisées, en libre accès.
– Faculty of 1000 lance un site qui répertorie les posters – non, pas ceux des chambres d’ados, mais ceux présentés lors des conférences scientifiques : de la littérature grise de qualité souvent perdue une fois la conférence terminée, qui sera accessible librement sur F1000-Posters. Je n’ai pas trouvé de posters dans les types de documents disponibles sur de Hal, il faudrait sans doute regarder de plus près la catégorie « Autres publications ».
– Qui va vouloir acheter des notices Unimarc de revues en open access ? C’est la question que je me suis posée en voyant l’offre Freemium de Revues.org.
– L’open source gagne du terrain et entre dans la cuisine. Déjà + de 7000 recettes.
[photos : milstan, Keith Williamson]

Quel archivage pour les revues ?

Le fil RSS de l’ABES nous apprend la mise à disposition par l’agence du site d’archivage des revues Elsevier, et définit ses modalités d’utilisation :
« Le site de dépôt ABES pour les archives Elsevier est donc une solution de secours pour les établissements qui ne souhaitent pas participer au nouveau groupement de commandes Elsevier en 2011. Il ne s’agit en aucun cas d’une solution de substitution à l’abonnement à l’offre Elsevier. » : euh… pour les établissements qui se seraient effectivement désabonnés, c’est bien une solution de substitution, non ?
L’annonce apporte également des précisions sur le contenus et les fonctionnalités disponibles sur cette plateforme :
« D’une part les fonctionnalités proposées pour la recherche sont sensiblement réduites. L’accès au résumé et au texte intégral des articles se fait uniquement : soit par feuilletage des titres des revues (par années, volumes, numéros), soit par recherche simple (titre de l’article, résumé ou mots-clés et/ou titre de revue et/ou auteur et/ou volume et/ou numéro).
D’autre part, les fonctionnalités de la plate-forme Elsevier telles que les statistiques de consultations conformes Counter, la compatibilité Open Url, l’export de références vers un logiciel de gestion de références bibliographiques, la liste des articles liés, ne sont pas proposées sur le site de dépôt de l’ABES. »
: quand j’ai lu ça, je me suis inquiétée – à quoi bon mettre en place une plateforme si on ne peut rien faire avec ? En fait ce que le communiqué ne dit pas, c’est que rien de tout cela n’est rédhibitoire pour le chercheur : l’interface de recherche de Science Direct est accessible même quand on n’est pas abonné, elle donne accès aux articles liés, et permet l’export des références dans de multiples formats (pour openURL, joker – je ne sais pas, je laisse les spécialistes nous éclairer là dessus). Seul le texte intégral est inaccessible. Pour le bibliothécaire par contre, c’est un peu plus embêtant, de ne pas avoir de statistiques Counter (ne serait-ce que pour justifier un réabonnement auprès de sa tutelle).
No offense pour les équipes de l’ABES, hein (#pastaper ;-)), simplement j’avoue que cette annonce me laisse un peu sur ma faim, et soulève au moins autant de questions que ce qu’elle ne m’apporte de réponses :
– qu’en est-il de l’accès à la plateforme ? L’accès sera-t-il contrôlé par IP, ou bien par Shibboleth ou autre solution nomade ?
– qu’en est-il des autres éditeurs ? Plusieurs établissements ont déjà supprimé des abonnements, et se retrouvent avec des piles de CD ou DVD d’archives, dont ils ne peuvent plus faire grand-chose : ça vaudrait le coup de leur proposer une solution nationale.
– qu’en est-il des clauses d’archivage dans les négociations ? J’ai l’impression qu’on insiste de plus en plus sur ces notions d’accès à un archivage quand on négocie au niveau national, mais est-ce vraiment pertinent si on ne met pas en place une infrastructure correcte pour l’accès à ces données en aval ?
– pourquoi une plateforme nationale d’archivage devrait-elle être uniquement un accès en mode dégradé à des données que nous payons le prix fort ?
Peut-être que je pinaille (après tout, aucun établissement n’est pour l’instant concerné par ce type d’accès, du moins pour Science Direct), peut-être qu’il y a dans « les hautes sphères » des gens qui travaillent sur ces questions (ou pas)… C’est juste que moi ça me rassurerait, qu’il y ait plus de communication là dessus.
[photo : Kaptain Kobold]


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