Bibliothéconomie furtive

John Dupuis, sur Confessions of a science librarian, nous propose ce Manifeste pour une bibliothéconomie furtive :

« La bibliothéconomie furtive, c’est un état d’esprit.

Cette édition du manifeste est spécifique aux bibliothèques universitaires. Les principes de la bibliothéconomie furtive peuvent s’appliquer à toutes les branches de la profession, chacune à sa manière. Il pourrait y avoir d’autres manifestes, pour les bibliothèques publiques ou les bibliothèques d’entreprise par exemple.

Cependant les principes de base sont les mêmes : pour survivre et nous développer dans un environnement difficile mais stimulant, nous devons plus ou moins subtilement nous insinuer dans la vie de nos utilisateurs. Nous devons arriver à faire partie de leur monde, de leur environnement.

Le coeur de cible des communautés d’usagers des bibliothèques universitaires sont les enseignants-chercheurs et les étudiants. Ce manifeste concerne les enseignants-chercheurs. Un autre manifeste pourra couvrir l’infiltration des communautés étudiantes par les bibliothécaires furtifs. D’ailleurs, vous pouvez l’écrire vous même, allez-y.

Le travail des enseignants-chercheurs comprend la recherche, l’enseignement et le service. Nous devons nous insinuer subrepticement dans ces domaines. […]

– Arrêtons d’aller à des journées d’études pour bibliothécaires, et assistons plutôt à des conférences où nos utilisateurs sont présents.

– Arrêtons de faire des présentations seulement à nos pairs. Il y a Twitter pour ça. Nous devons nous faire valoir auprès de nos utilisateurs sur leur territoire, et pas sur notre propre terrain.

– Quand c’est possible, collaborons avec des enseignants lors de présentations.

– Arrêtons de lire la littérature professionnelle officielle. Il y a les biblio-blogs pour ça. Nous devons nous familiariser avec les écosystèmes de la communication et de la littérature scientifiques de nos communautés d’usagers.

– Arrêtons d’écrire dans la littérature professionnelle officielle. Il y a les biblio-blogs pour ça. Nous devons défendre notre utilité dans la littérature de nos communautés d’usagers.

– Arrêtons d’adhérer aux associations professionnelles. Il y a Friendfeed et Facebook pour ça. Rejoignons plutôt des associations qui tournent autour de nos communautés d’usagers.

– Ne nous divisons pas en « commissions bibliothèques » dans ces organisations, mais participons y pleinement. Cela vaut pour les conférences et les publications (évoquées plus haut).

– Pour attirer les enseignants-chercheurs lors de conférences et dans la littérature, positionnons-nous sur le plan de la recherche comme sur le plan de l’enseignement.

– Arrêtons de participer à de multiples groupes de travail de bibliothécaires, et prenons le temps de siéger dans les instances à tous les niveaux de gouvernance de nos établissements. Cela peut demander un certain temps et un investissement considérable pour nous intégrer discrètement dans toutes les structures auxquelles nous appartenons.

– Invitons-nous et participons activement aux réunions de départements, conseils de faculté et autres organes pertinents.

– Intégrons-nous autant que nos moyens humains nous le permettent dans les missions d’enseignement et dans l’environnement pédagogique de nos enseignants. Nous avons de nombreuses choses à apprendre à leurs étudiants, et pouvons les aider à remplir leurs objectifs universitaires.

– Engageons-nous auprès de nos enseignants-chercheurs dans les réseaux sociaux qu’ils fréquentent. Tout comme nous le faisons avec les autres bibliothécaires, nous devons également suivre nos utilisateurs et communiquer avec eux sur Twitter, Facebook et autres sites appropriés. »

– A vous d’ajouter la suite…

Quelques précisions pour finir :

Comme tous les manifestes, celui-ci souffre des défauts de l’hyperbole et de la simplification excessive. Voyez-le plutôt comme une série de déclarations provocantes, et pas comme un plan d’action réaliste. Je ne pense pas réellement, par exemple, que nous devrions tous abandonner nos associations professionnelles.

Ce texte se veut optimiste, et pas désespéré.

Il est forcément incomplet et biaisé, n’hésitez pas à l’amender dans les commentaires, ainsi qu’à suggérer des modifications et suppressions. »

[photo : the other allen]

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5 Responses to “Bibliothéconomie furtive”


  1. 1 Dominique Lahary 01/03/2011 à 22:42

    C’est pas forcément incompatible, d’être là où sont les utilisateurs et organisés professionnellement.

  2. 2 Benide 24/02/2011 à 09:45

    Je ne suis pas sur Facebook…cela veut-t-il dire qu’on « ne me trouvera pas »? 😦
    …et moi qui pensait que les usagers de la bibliothèque étaient (ou passaient au moins un ptit moment) à la bibliothèque …quel dinosaure que je suis! 🙂
    Bnd

  3. 3 Antonin Benoît DIOUF 24/02/2011 à 07:21

    « bibliothéconomie furtive » pour dire également (peut-être) bibliothéconomie contextualisée, adaptative et…agressive.Belle inspiration en tout cas. J’aime particulièrement le point sur les réseaux sociaux, oui il faut aller touver les usagers là où ils sont, c’est-à-dire actuellement et pour longtemps (je crois) sur …Facebook et assimilés 🙂


  1. 1 Utilisateur, usager, lecteur, notre héros | docnews Rétrolien sur 15/03/2011 à 17:32
  2. 2 Tweets that mention Bibliothéconomie furtive « Marlène's corner -- Topsy.com Rétrolien sur 24/02/2011 à 17:06

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