En janvier dernier, l’Université de Cornell faisait savoir à la communauté qu’elle ne pouvait plus assumer seule le fonctionnement d’ArXiv, l’archive ouverte de référence dans le domaine de la physique et des disciplines associées, et qu’elle allait demander une contribution aux établissements les plus utilisateurs du service.
Où en sommes-nous 10 mois après ? Selon cet article du Chronicle, Cornell pourrait d’ores et déjà compter sur environ 300 000$ de contributions, émanant de 85 institutions. Mais cela risque de ne pas suffire : d’après Anne Kenney, la bibliothécaire de l’Université, les coûts de fonctionnement et d’évolution du service pourraient avoisiner annuellement le demi-million de dollars. La question du modèle économique de cette archive, et des archives ouvertes en général, reste donc posée.
[photo : sonicfour]
Archive Page 15
« Le marché des revues scientifiques se caractérise par une délégation des achats, des indicateurs de demande pas fiables, et des produits complexes et difficiles à évaluer. La demande de revues est par conséquent très peu élastique en ce qui concerne les prix. De grands éditeurs commerciaux ont capitalisé sur cette demande non-élastique, en réduisant la concurrence à travers des fusions et des regroupements, en proposant des contrats couplés (les « big deals »), et en augmentant leurs prix bien au delà des coûts moyens. Selon nous, la demande pour de l’accès à des articles de revues serait bien plus élastique, et le coût global pour la communauté universitaire plus faible, si les universités cessaient d’acheter des licences de site pour des bouquets à des prix excédent largement le coût moyen. Tant que d’autres bibliothèques continueront d’acheter des licences à des prix gonflés, une université à elle seule ne peut espérer un changement de la structuration des prix en supprimant elle-même ses licences de type « big deal ». Quelques bibliothèques sont pourtant parvenues à faire des économies substantielles en négociant férocement. D’autres, comme Stanford et le California Institute of Technology, ont économisé encore plus en rejetant les contrats couplés et en ne s’abonnant plus qu’aux revues individuelles les plus rentables. »
Ted C. Bergstrom. « Librarians and the terrible fix: economics of the Big Deal » Serials 23.2 (2010): 77-82.
[photo : galoshes]
Ce qu’il manque à (« mon ») Koha
Published 14/11/2010 Open source , SIGBs generally suck Leave a Comment
La version 3.2 de Koha vient d’être annoncée, Nicole Engard nous en liste les nouveautés. Je travaille pour ma part sur une version sans nom de Koha, quelquepart entre la 3.2 et la 3.4, qui intègre les développement faits pour Aix-Marseille, pour Lyon 3 et pour Nîmes. Ma brève expérience du sujet me laisse à penser que, si on veut vraiment travailler avec un logiciel libre, il faut en connaître les défauts aussi bien que les qualités. Donc j’ai fait une petite liste au père noël, non pas de défauts, mais juste de quelques unes des choses qui me semblent manquer dans le Koha actuel (enfin, uniquement pour les modules qui m’intéressent : OPAC, gestion des lecteurs, stats) et qui sont susceptibles d’intéresser d’autres utilisateurs (on ne sait jamais, si quelqu’un manque d’inspiration pour son cahier des charges) :
– une connexion à Electre : le webservice est développé côté Electre, mais pas côté Koha. Une fois ce développement en place, à nous les couvertures sans lien vers Amazon, les résumés et les tables des matières (moyennant un abonnement annuel, cela va sans dire)
– une fonction d’enrichissement des notices depuis plusieurs sources de données, paramétrable : à l’heure actuelle, si on active Amazon et Google Books en même temps, on voit bien que l’affichage n’est pas prévu pour ça. Et impossible de se connecter à une autre source que celles proposées. Or ce serait pas mal de pouvoir utiliser Electre pour la production française et une autre base pour la production internationale. Ou bien de se brancher sur les sommaires des revues qui disposent d’un fil RSS. Ou encore d’afficher des couvertures ou du contenu depuis une base de documents numérisés, etc.
– un module de gestion des tables de correspondances : si vous souhaitez utiliser les webservices d’Apogee et d’Harpège pour récupérer les données sur les lecteurs, préparez-vous à un gros travail sur les correspondances entre codes-étape, cycle de l’étape et j’en passe. Actuellement les modifications sont faites manuellement via un editeur pour geeks pas très convivial ; sachant qu’il y a pour une université moyenne entre 600 et 800 correspondances à faire, susceptibles de changer tous les ans, c’est un vrai besoin.
– un outil de gestion des listes : la possibilité de créer des dossiers et sous-dossiers, mais aussi un moyen de gérer la durée de vie de la liste. En cas d’utilisation « massive » de cette fonction – et c’est possible, ça fait partie des services « vendeurs », j’ai testé auprès des chargés de TD – il va être vite difficile de s’y retrouver…
– idem pour les statistiques : il faut pouvoir organiser les rapports statistiques SQL dans des dossiers et sous-dossiers, sous peine de perdre en lisibilité. Parce qu’il faut bien le reconnaître, beaucoup de données sur les notices passent par des requêtes SQL.
– une séparation plus claire de ce qui est public et de ce qui ne concerne que les professionnels : actuellement les listes, les formats d’export sont communs – ce qui peut rendre la présentation à l’OPAC quelque peu confuse pour l’utilisateur.
[photo : David Reeves]
Pour inciter les chercheurs à déposer dans des archives ouvertes, il y a les mandats institutionnels. Mais il pourrait y avoir aussi une évolution des fonctionnalités et/ou des types d’archives disponibles. Dans ce post, M. Fenner liste une série de possibilités d’enrichissement, essentiellement dans le domaine biomédical :
– L’hébergement de sets de données de recherche
– La création d’une archive disciplinaire pour la recherche biomédicale : en effet, PubMed Central et UK PubMed Central n’accueillent que les articles qui ont été financés par certains organismes.
– La création d’une archive pour les pré-publications d’essais cliniques, un peu comme ArXiv le fait pour la physique.
– Le fait que plus d’éditeurs autorisent l’auto-archivage
– Une intégration des archives dans le processus de soumission des articles
– Une intégration dans l’annuaire de la recherche des institutions (cf BibApp)
– L’usage d’un identifiant unique pour l’attribution des citations (cf ORCID, dont MF est l’un des principaux promoteurs).
[photo : alex_ark_55_55]
ORCID, c’est l’acronyme d’Open Researcher & Contributor ID, un projet ouvert d’identification unique des chercheurs, soutenu par plus de 140 institutions (sociétés savantes, éditeurs, organismes de recherche, universités – tiens, aucune institution française… ; il me semble quand même qu’il en a un travail en cours sur les autorités à l’ABES ? Mais sans doute ai-je tort de faire un lien entre ces 2 projets, cela n’a sûrement rien à voir).
Son objectif est la création d’un registre mondial des chercheurs, qui ferait référence auprès de tous les acteurs de l’édition scientifique dans l’attribution des contributions et des citations. L’idée, c’est de s’appuyer sur les systèmes existants déjà chez les organismes partenaires, et de les rendre interopérables ; la comparaison la plus réaliste, si j’ai bien compris, est celle d’un DOI pour les chercheurs. L’intérêt d’un tel système ? J’en vois au moins 3 :
– Gérer les homonymes – et en partie les affiliations des chercheurs
– Couvrir toutes les étapes de la publication : de la soumission du manuscrit à sa citation par d’autres documents.
– Pouvoir attribuer correctement des contributions autres que celles faites sous forme d’articles : liens vers des sets de données de recherche, vers des billets de blog, vers des travaux collaboratifs…
Mais aussi, vraisemblablement, pouvoir récupérer les données pour alimenter des CV de chercheurs, des listes de publications, des annuaires institutionnels via toutes sortes de mashups…
Le projet doit passer en phase publique au cours du premier semestre 2011. On peut suivre l’avancée du projet grâce au groupe ORCID Researchers.
Pour en savoir plus :
ORCID or how to build a unique identifier for scientists in 10 easy steps, par Martin Fenner, membre du CA du projet
ORCID and ISNI : Author, Swineherd, taxman, Alcohol researcher par OCLC
[photo : _YoYoH_]
« […] la Société [américaine de linguistique] a constaté une augmentation considérable de la participation à sa conférence annuelle, qui s’est traduite par une augmentation de ses revenus, attribuée à l’élargissement du dialogue sur la linguistique encouragé par ses publications en Open Access. J’ai été frappé par la ressemblance avec ce qui se passe dans l’industrie musicale, où le fait de proposer un accès à moindre coût, voire gratuit, à des morceaux, a permis d’augmenter le revenu des artistes (et pas forcément de leurs maisons de disques) pour leurs prestations en public.
Le message à retenir de tout ça, c’est que nous devons penser de façon différente, et réaliser qu’il y a de nombreux modèles économiques alternatifs pour la publication scientifique. Lorsque l’on nous dit, comme c’est souvent le cas, qu’ « il faut bien que quelqu’un paye pour l’Open Access », nous devrions nous souvenir que le non-dit qui sous-tend cette remarque est généralement que « quelqu’un doit me payer, moi ! » Quand nous regardons de près les alternatives en Open Access, nous devons nous rappeler que le but ultime doit être de faciliter l’usage du système de communication scientifique le plus efficace, et pas de soutenir une entreprise ou un modèle économique en particulier. Le message de Berlin 8 est clairement que nous devons réfléchir en dehors des schémas traditionnels, pas uniquement sur la publication dans sa globalité, mais aussi sur le soutien à l’Open Access en lui-même. »
Kevin Smith, Staying out of boxes, sur Scholarly communications@Duke. Les présentations de la conférence Berlin 8 sont en ligne.
Comment bien choisir la revue dans laquelle publier son travail ? Et que faire quand les options d’accès aux contenus sont différentes ?
L’inestimable Dorothea Salo propose aux chercheurs quelques conseils pour faire leur choix :
« Admettons, pour les besoins de la discussion, que vous pouvez réduire votre choix à 2 revues, de prestige équivalent. Voici comment choisir entre les deux :
- Si l’une est en libre accès et l’autre accessible sur abonnement, choisissez celle en libre accès. Comme l’a entendu dire Kevin Smith par un éditeur récemment, certaines revues en libre accès sont en train de faire du bruit. Au moment où je vous parle, les abonnements des bibliothèques tombent comme des mouches. Le libre accès maximise les chances de vos articles de trouver des lecteurs, et épargne à vos lecteurs tout un tas de complications (parce que, vraiment, qui va se compliquer la vie pour récupérer un minuscule article ?)
- Si l’une des revues est accessible uniquement sur abonnement et l’autre sur un modèle hybride… c’est à voir. J’ai tendance à considérer les revues hybrides (des revues sur abonnement qui rendent accessibles librement certains articles moyennant le paiement d’un forfait de publication) avec une certaine précaution. Nombre d’entre elles n’affichent pas clairement sur leurs interfaces le statut libre ou pas de leurs articles. Nombre d’entre elles ne sont pas optimisées pour Google, ce qui leur retire l’un des avantages de base à être en libre accès. Nombre d’entre elles ne promettent même pas de réduire le coût de leurs abonnements proportionnellement à l’adoption du libre accès par leurs auteurs. Et elles sont nombreuses aussi à pratiquer des prix vraiment trop élevés. A vous de juger au mieux.
- S’il s’agit de 2 revues accessibles sur abonnement, mais que l’une exige un transfert de tous les droits d’auteur, et que l’autre demande seulement une licence pour la publication, optez pour celle avec la licence. C’est ce que l’on appelle « ne pas se fermer de portes ». Si vous cédez vos droits d’auteur, vous n’avez que la possibilité de faire ce que l’éditeur daignera vous accorder.
- S’il s’agit de 2 revues accessibles sur abonnement, mais que l’une vous autorise à déposer une version de pré- ou de post-publication dans une archive ouverte et l’autre non, choisissez la première. Soyez également vigilant sur le type d’archive autorisé. S’il existe une archive qui fait référence dans votre discipline, laisser votre éditeur vous interdire d’y déposer vos travaux, cela reviendrait à vos tirer une balle dans le pied. Si vous ne disposez pas de ce type d’archive, voyez si votre institution a sa propre archive : y déposer vos travaux en texte intégral leur permettra d’être indexé par Google et Google Scholar (et de récupérer une notoriété non négligeable, d’après ce que j’ai pu voir pour les archives dont je me suis occupée)
- Mettez dans des archives ouvertes tout ce que vous pouvez légalement y déposer. Encore une fois, votre objectif est de maximiser les possibilités pour que votre travail soit lu par les personnes intéressées. Oui, cela signifie que vous devez garder une trace de tous vos manuscrits. Et oui, cela signifie que vous devez lire ces sacrés contrats d’édition. D’après ma propre expérience, je peux vous le dire droit dans les yeux : ça vaut le coup.
Une chose qui ne fait jamais de mal : si d’aventure vous tombez sur un contrat d’édition restrictif, soupirez, prenez un air affligé et demandez à l’éditeur s’il ne peut pas faire mieux que ça. Au pire il vous dira « Non, c’est ça ou rien. » Mais parfois il vous dira oui, et ce que vous obtiendrez sera nettement mieux. Vous ne mettrez pas votre travail en danger. Vous enverrez un message positif montrant que vous vous préoccupez de vos droits. Personne n’y perdra. »
The smart scholar’s publication-venue heuristics; or, how to use open access to advance your career, par Dorothea Salo sur Book of Trogool.
[photo : Gabriela Camerotti]
Chef de projet, retour d’expérience
Published 01/11/2010 Rien d'autre à faire , SIGBs generally suck 5 Comments
J’ai été chef de projet pour la ré-informatisation de mon SCD pendant 2 ans, et vu que j’ai un peu galéré pour trouver des infos sur ce type de mission, je me dis que mon expérience pourra être utile à d’autres (je ne dis pas que j’ai tout fait correctement, hein, j’en suis souvent bien loin, même).
Se renseigner
Autant le dire tout net : les livres sur « le rôle du chef de projet dans la cadre d’une réinformatisation », ça n’existe pas 🙂 – il n’existe pas non plus grand chose sur l’administration des SIGB en général, entre parenthèses (juste ça et ça). Côté articles ou blogs, la pêche n’est pas terrible non plus, même à l’étranger – il y a une niche à prendre, là, c’est sûr 😉
Finalement, les avis les plus judicieux m’ont été prodigués par des chefs de projet dans d’autres domaines que le mien.
Bien s’entourer
Il faut le savoir : dans la fonction publique, vraiment n’importe qui peut être nommé chef de projet, pas forcément quelqu’un qui connaît à fond techniquement tous les aspects du projet. Pas de panique : ce que l’on attend de vous, c’est que vous coordonniez les différentes actions et étapes du projet. Personne ne vous demande de tout savoir, mais à vous de constituer votre équipe avec des gens qui, eux, sont hyper-compétents techniquement et/ou ont une bonne connaissance des pratiques professionnelles locales. Et une fois qu’ils font partie de l’équipe, leur faire confiance, et ne pas hésiter à déléguer.
Organiser le bal
Pas question de se laisser porter par le mouvement : en réunion, le chef de projet est là pour mener la danse ; il arrive avec un ordre du jour, prend note des demandes et suggestions, et se charge généralement de la rédaction des compte-rendus. Pour les tests, il explique aux testeurs ce qui est attendu d’eux, dans quel délai, sous quelle forme. Il prend également en charge la logistique des formations.
Elle fait rien qu’à rapporter
A toutes les étapes du projet, il faut prévoir un récapitulatif régulier pour sa hiérarchie bien sûr, mais aussi pour les collègues : le projet existe, il y a des agents qui travaillent dessus, il faut que ça se sache, que ça fasse partie du paysage commun, du contexte global du service. Ca permet aussi de rassurer à propos des éventuels retards, et de motiver les équipes, de les impliquer dans la mise en place de ce nouveau système qui, après tout est quand même leur futur outil de travail…
Autre tâche du chef de projet : recueillir les retours des testeurs, et rapporter les bugs au prestataire… Nous utilisons un outil libre pour le suivi des problèmes rencontrés lors de l’utilisation du système (les bugs, quoi) : on ouvre un ticket à chaque fois que l’on veut signaler un bug, un manque ou suggérer une nouvelle fonctionnalité.
Documentez, documentez, il en restera toujours quelque chose
Parce que chef de projet, c’est une mission temporaire, il faut documenter le plus possible les choix qui sont faits, en terme de paramétrages particulièrement, mais pas seulement : avoir un historique du projet, avec les compte-rendus des réunions, mais aussi les notes et autres synthèses intermédiaires qui auront été produites, sera précieux à la personne qui prendra en charge l’administration quotidienne une fois le système passé en production – qui peut être une personne différente du chef de projet.
Facile à dire, mais pas à faire
Je vois plusieurs écueils pouvant guetter le chef de projet en herbe – à ce que j’ai entendu dire, hein 😉 :
– trop s’investir dans le projet : on en rêve la nuit, quand on arrive à dormir ; on prend les remarques des collègues pour des critiques personnelles – et on finit déprimé et fatigué
– travailler en solo : on ne délègue rien, on communique au minimum – et tout le monde vous tombe dessus lors du passage en production.
– être chef de projet sur le papier, mais chef de rien en réalité : les décisions sont prises ailleurs, la communication vous échappe, vous passez pour un(e) imbécile.
Du suivi
Une ré-informatisation c’est un peu comme la construction d’une maison : il faut suivre tout les corps de métier sous peine d’accumuler erreurs et retards. Et comme en général « votre » projet n’est qu’un projet parmi d’autres pour vos « partenaires » (DSI, scolarités, prestataires), il vous faut relancer les uns et les autres pour que le chantier avance correctement.
Des outils qui aident
- Freemind (ou tout autre outil pour faire des cartes heuristiques) pour y voir clair dans ce qui est fait / ce qu’il reste à faire.
- Un outil de reporting comme Mantis, pour alimenter le workflow de tous les bugs et autre problèmes techniques.
- Des wikis pour mettre en ligne toute la documentation, les tables de correspondance, les supports de formation etc – pour être sûr d’avoir toujours la version la plus à jour (je suis toujours contente de PBworks, mais on travaille aussi avec Dokuwiki).
Est-ce que ces remarques s’appliquent aussi au rôle d’administrateur du SIGB ? Est-ce que c’est plus simple, ou plus compliqué ? Il est trop tôt pour vous le dire, on verra à la fin de l’année universitaire…
[photo : fotemas]
Peter Murray-Rust est enseignant-chercheur au département de chimie de l’Université de Cambridge. Il s’intéresse depuis longtemps à l’Open science, à l’Open data et à l’Open Access. Pour changer la façon dont les bibliothécaires (et les bibliothèques) servent la communauté universitaire, il leur propose dans 12 suggestions for how librarians can build the future les idées suivantes :
« – Agir en bibliothécaire citoyen
Recrutez des bénévoles pour vous aider. Il y a des tonnes de choses que les jeunes de la génération internet pourraient faire. S’ils arrivent à cataloguer des revues comme « Galaxies », ils sont capables de cataloguer d’autres types d’information. Relâchez le contrôle et faites grandir votre communauté.
– Rendre publique toute la production scientifique – ignorer le copyright
L’université crée de l’information. Celle-ci lui appartient, ainsi qu’à ses membres, et pas à des acteurs extérieurs. Donc les thèses, les manuscrits, etc sont sous notre contrôle. Si tout le monde faisait ce choix, les acteurs extérieurs seraient affaiblis. Démarrez avec ce qui n’est pas trop sensible. Passez ensuite aux domaines où ces questions sont plus floues – et, le cas échéant, excusez-vous d’avoir fait plutôt que de demander la permission de faire. Ca peut être un moyen d’impliquer les chercheurs.
– Analyser les contenus
Valorisez les contenus que vous détenez. Analysez les thèses. Le texte comme les données. Exposez vos résultats, ne les cachez pas au fond d’un serveur.
– Charger les étudiants de 2ème année du développement de ressources et technologies pédagogiques
Vu que, d’ici 3 ans, les bibliothèques seront dans les appareils mobiles des étudiants et plus dans des bâtiments, il faut les impliquer. Leur demander comment traiter l’information dont ils ont besoin. Parce que si les bibliothèques ne le font pas, Google et les éditeurs s’en chargeront. Et adieu les bibliothèques.
– Participer activement à l’obtention de subventions de recherche
Les chercheurs survivent grâce aux subventions. Si vous aidez un chercheur à obtenir un financement, il vous soutiendra, ne serait-ce que pour que vous puissiez l’aider à nouveau. La recherche de subvention dépend pour une grande part (je le constate régulièrement), non seulement de la discipline de recherche, mais aussi du style du rédacteur et de sa connaissance des arcanes institutionnelles. Il n’y a pas de raison pour que vous ne puissiez pas y arriver – et, en tant que chercheur, c’est quelque chose que j’apprécierai sûrement.
– Participer activement au processus de publication scientifique
Même motivation que précédemment : si vous aidez un chercheur à publier plus d’articles, le chercheur appréciera.
– Fermer la bibliothèque universitaire de sciences et aller dans les labos
On n’a plus besoin de BU de sciences – ce sont peut-être des endroits tranquilles pour travailler, mais leur design ou leur gestion n’ont rien de particulier. Des bibliothécaires « humains » devraient être en blouse auprès des chercheurs et co-auteurs de leurs articles.
– Passer le relais des achats à un responsable national des achats ayant du « mordant »
Ca ne sert à rien d’envoyer des bibliothécaires négocier face aux forces de vente surentraînées des éditeurs. Elles sont formées pour gagner. Gérez ça
nationalement – je crois que cela se fait déjà au Brésil.
– Mettre en place un nouveau type de presses universitaires
C’est une des plus grosses occasions manquées du siècle. Les universités auraient pu créer de nouveaux modes de publication académique. Les coûts sont bien moindres maintenant – ce n’est peut-être pas trop tard. Avant que, dans 5 ans, Google ou son successeur gère les systèmes d’information universitaires.
– Développer son propre système de métriques (ARGGH!)
Je déteste les métriques, mais s’il en faut, les bibliothèques pourraient facilement s’en charger. Toute l’information circule dans la bibliothèque – pourquoi l’ISI devrait-elle s’en occuper ? Vous auriez des métriques ouvertes et de qualité plus fiable.
– Faire campagne publiquement pour plus d’ouverture
Vous pouvez le faire. Pensez chaque jour à quelque chose qui devrait être ouvert. Puis réfléchissez à comment vous pourriez y arriver. Rejoignez l’Open Knowledge Foundation. Aucun des Panton Principles n’est hors de votre portée. Ni le projet Open bibliography de l’OKF. Ni le CKAN…
Engagez-vous dans des projets comme mySociety. Encouragez la démocratie numérique…
– Rendre la bibliothèque ludique
Certaines des innovations les plus intéressantes se basent sur une addiction ludique. Aucun problème avec ça. Rendez amusant l’usage de la bibliothèque – sous quelque forme que ce soit. Rendez-le gentiment concurrentiel. Rendez-le motivant, comme cela peut l’être sur internet.
Et sortez de la bibliothèque et venez discuter avec nous. Si vous lisez ce blog, vous savez où me trouver pendant la pause déjeuner. »
[photos : mellyjean, Reading in public]
Oui je suis responsable d’une bibliothèque numérique, non je n’ai pas pour habitude de faire des feux de joie avec des livres dans l’arrière cour et de danser autour couverte de peintures de guerre
Published 29/09/2010 e-volution Leave a Comment
« Ce n’est pas une habitude, et je ne l’ai même jamais fait. Je continue à voir des gens pour qui passer au numérique, se tenir au courant des technologies, voire – ciel ! – les utiliser signifie que les bibliothèques et les bibliothécaires rejètent leurs services traditionnels au profit de nouveaux joujoux plus sexy comme Twitter. Qu’avant qu’une bibliothèque ait une page sur Facebook, il faut d’abord sacrifier 100 livres sur l’autel des réseaux sociaux.
En tant que responsable de bibliothèque numérique, je n’ai rien contre les livres, non, je pense que nous devrions avoir plus de livres. Chez moi, dans ma bibliothèque personnelle, il y a probablement plus de livres que chez certains de mes collègues « traditionnels ». Il ne faut pas se débarrasser des livres.
Je pense vraiment que les bibliothèques doivent se développer en même temps que la société qu’elles servent.
Je ne comprend pas les gens qui veulent que les bibliothèques continuent à n’être qu’une affaire de livres ; rien qu’une affaire de livres d’encre et de papier. Le monde évolue à une vitesse extraordinaire, rien ne reste immobile.
Pourquoi les bibliothèques ne devraient-elles pas avancer ? Si nous restons immobiles, comment allons nous pouvoir rendre service à nos utilisateurs qui, eux, avancent ?
Beaucoup de gens voient l’ajout de nouveaux services comme une menace pour les anciens services. Je ne pense pas que quiconque ait prévu de jeter le bébé avec l’eau du bain. Evoluer, ce n’est pas facile, c’est parfois douloureux, parfois des tentatives échouent, mais c’est nécessaire. Le monde change, plus vite chaque jour, et si nous ne changeons pas avec lui, nous serons oubliés. Ceux qui veulent et ont besoin des bibliothèques sous toutes leurs formes finiront par s’en passer. »
Yes I am a Digital Branch Manager, No I Do Not Regularly Build Bonfires of Print Books in My Backyard & Dance Around Wearing Warpaint, par Bobbi Newman.
[photo : Sarah Ross]
Update : j’ai légèrement modifié le titre de ce billet, suite à une remarque de @gaelos (j’avais lu trop vite « warpants » au lieu de « warpaints »), qu’il soit maudit en soit remercié.
