Archive pour mars 2008



Le marché du mardi, n°7

2.0
– Le festival SXSW, et sa déclinaison geek (SXSWinteractive) a démarré : au programme comme tous les ans de la bonne musique, des films et le tout libre comme l’air
Twemes : un mix des ‘memes’ sur Twitter – débrouillez-vous avec ça 😉
– Ca fait old news, mais Facebook existe maintenant en français, pour ceux qui ne s’en sont pas encore lassés… A voir si cela va vraiment attirer du monde ?
Computers in Libraries 2008 démarre le 7 avril, il y a un wiki et un compte Twitter pour suivre la manifestation.

OPEN
Soundzabound : un site de musique libre avec des licences et des technologies qui vont bien pour une utilisation pédagogique dans les écoles.
ScienceWatch est la nouvelle vitrine ouverte de Thomson, fabriquée à part des données de la base Essential Science Indicators (ESI) du groupe. Interviews, articles sélectionnés, données et analyses sont proposés tous les 15 jours.
Live content 2.0 est un projet de diffusion d’un DVD plein d’outils open source et de contenus sous licence CC.

LibraryThing dans ton OPAC

Vue sur ACRLog, le blog de l’Association of Colleges and Research Libraries, cette interview des responsables techno des bibliothèques du consortium de grandes écoles de Claremont (Californie) donne un exemple des enrichissements possibles du catalogue grâce à LibraryThing : ajout des tags de LT lorsqu’ils sont disponibles (sous la forme d’un nuage), ajout de suggestions (lien vers des ouvrages similaires), gestion des éditions multiples (FRBR).
13101ff28108b3b45c40b505afe9ed68.jpgComment ça marche : la bibliothèque envoie sur le serveur de LT une liste d’ISBNs, le serveur renvoie un morceau de code que la bibliothèque n’a plus qu’à insèrer dans son OPAC. Quand on lance une recherche, le système va vérifier si les ISBNs sont présents dans la base de LT et si c’est le cas afficher les données issues de LT sur les notices correspondantes. (exemple Potter)

Les bibliothécaires interrogées insistent sur la facilité d’implémentation du système, et regrettent de manquer de temps pour utiliser toutes les fonctionnalités disponibles (FRBRisation et personnalisation notamment). Elles aimeraient des améliorations : l’alimentation en temps réel, la connexion avec des ouvrages sans ISBN, l’inclusion de l’indexation LCSH…

Mais l’équipe de LibraryThing ne chôme pas : en effet, d’autres fonctionnalités sont en cours de développement, comme l’affichage des reviews, et la possibilité pour les utilisateurs de tagguer les ouvrages, et de les évaluer (leur donner une note).
LibraryThing for Libraries, ou comment rendre son catalogue un peu 2.0 sans réinformatiser 😉
[photo : j.towbin]

Closed access pour l’ACS

a33926119ba6c7b364daf6778f1fc174.jpgL’American Chemical Society est la société savante de référence de la recherche en chimie (active depuis 1876). Pour ses plus de 160 000 membres, elle organise des congrès, édite des ouvrages et une trentaine de revues scientifiques de haut niveau. Elle produit les Chemical Abstracts : il s’agit au départ d’un index de la littérature scientifique, auquel s’ajoute un ensemble d’outils (SciFinder Scholar) et de bases de données spécialisés, notamment le CAS registry, une base de substances chimiques qui fournit à chaque substance un numéro unique d’identification – une sorte d’ISBN 😉 – largement utilisé par les différents acteurs de la recherche en chimie (plus de 1300 institutions y sont abonnées).
L’ACS est par ailleurs une entreprise florissante, qui représente un chiffre d’affaires de 121 millions de dollars (je ne suis pas bien sûre que ce soit le CA, et j’ai du mal avec les millions, corrigez-moi dans les commentaires) et emploie près de 2000 personnes un peu partout dans le monde.
L’ACS se distingue aussi parce que c’est un éditeur « blanc », selon la terminologie Romeo/Sherpa, c’est à dire un éditeur qui, soit ne s’est pas prononcé par rapport à l’Open Access, soit s’est prononcé contre, et donc n’autorise pas, par exemple, les auteurs à déposer leurs pre- ou post-prints dans des archives institutionnelles ouvertes.
a1b3f2820984561d9e2ea42ef99912d2.jpgPas vraiment étonnant, donc, que la société refuse que les données du CAS registry soient utilisées pour alimenter les données chimiques de plus en plus nombreuses que l’on trouve sur le portail de la chimie de Wikipedia : ces numéros sont protégés par le copyright. Pour donner un ordre d’idées, le registry référence 27 millions de substances, on en trouve 1000 à 2000 sur wikipedia… Ce n’est pas une raison, certes ! Mais ce type de restriction va à l’encontre du mouvement de libération des données pour une plus grande dissémination de la recherche scientifique qui semble prendre chez certains chercheurs, notamment en chimie (voir par exemple l’Open Access Organic Dictionnary, dictionnaire spécialisé à utiliser avec votre traitement de textes préféré).
Certains d’ailleurs appellent au boycott pur et simple du registry, et proposent d’utiliser les identifiants de la base libre PubChem, qui, en référençant plus de 20 millions de substances, est désormais une alternative crédible (et compatible avec les directives de dépôt des NIH, ce qui est un atout).

[via OAN] – [photos : D.Miss(terre), most uncool]

Formation première

0835a958a1a78762c50487e309f501cb.jpg« Quand j’étais à l’école des bibliothécaires, j’ai appris à mener un entretien de référence, bien que je n’ai jamais eu l’intention de faire du service de référence.

Quand j’étais à l’école des bibliothécaires, j’ai appris les bases du MARC, bien que je n’ai jamais eu l’intention d’être un catalogueur.

Quand j’étais à l’école des bibliothécaires, j’ai appris ce que c’était qu’un instrument de recherche, bien que je n’ai jamais eu l’intention d’être un archiviste.

Quand j’étais à l’école des bibliothécaires, j’ai appris les bases de la gestion et du budget, bien que (à ce moment-là du moins) je ne pensais pas que je finirais par faire de la gestion de bibliothèque.

C’est juste le reflet de la réalité d’une profession avec de multiples spécialisations. Vous apprenez les bases de choses que vous n’utiliserez jamais. Pas de problème avec ça, et pas besoin de discours idéologique sur « le coeur du métier » pour justifier cela. Le fait que « ce sont des choses que font les bibliothécaires » suffit.
8efdabda605ce8d1f7835141dce8537d.jpgQuand j’étais à l’école des bibliothécaires, on ne m’a pas appris à faire tourner un serveur. On ne m’a pas appris comment évaluer des logiciels et du matériel pour pouvoir en acheter. On ne m’a pas appris quelles lois s’appliquaient pour les usagers et pour les ordinateurs. On ne m’a rien appris sur la numérisation. On ne m’a pas appris à créer une page web, et encore moins à programmer.

A croire que ce ne sont pas des choses que font les bibliothécaires. A croire que je ne suis pas une bibliothécaire ? »

C’est juste un petit extrait d’un récent post de Dorothea Salo sur Caveat Lector (à lire en entier), qui plaide pour la reconnaissance des compétences informatiques dans le métier et des spécificités des bibliothécaires système (des bibliothécaires électroniques, appellez-les comme vous voulez).

Et bien sûr je ne peux qu’approuver, étant actuellement « à l’école des bibliothécaires » : je confirme, on apprend toujours le MARC, la Dewey, Rameau.

A faire tourner un serveur ? A faire un cahier des charges ? A parler le XML couramment ? Ou bien, pour sortir des pratiques techno-centrées, à monter et animer une séquence de formation ? A concevoir une campagne de communication ? A analyser des statistiques ? Non. Toujours pas.
[Photos : American libraries]


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