Archive pour avril 2008

Le marché du mardi, n°11

eec7e490ec7c791fc33f689de070c38c.pngOPEN ACCESS
Open Access Directory, lancé et animé par Peter Suber et quelques grands noms de l’OA, se veut le point de référence sur toutes les problématiques liées au libre accès. Voir particulièrement la page University actions, qui résume les mesures et les politiques mises en places en faveur de l’OA dans les universités.
– Une étude comparative des outils de publication électronique en open source s’accompagne d’un wiki pour poursuivre la discussion.
« […] Tout en reconnaissant que la numérisation de masse et les archives institutionnelles sont 2 types d’initiatives distinctes, l’auteur [de ce rapport du CLIR sur l’usage des archives institutionnelles] soutient que leurs différences sont moins importantes pour l’utilisateur que pour le bibliothécaire » : la mise en place d’accès transparents pour les utilisateurs, si elle leur facilite la navigation entre les ressources, redn plus ardue la mesure de l’usage qui est fait de ces ressources pour les bibliothécaires.
– Le dernier numéro d’AMETIST, la revue de recherche des amateurs de sigles en IST 😉 est tout entier consacré aux archives institutionnelles, on y lira avec profit l’article de Jean-Claude Guédon pour faire le point sur les origines, le contexte et les enjeux du libre accès. Juste une question : pourquoi tous ces articles ne sont-ils pas déposés dans une archive ouverte (je n’en ai vu passer qu’un seul sur ArchiveSIC) ?
– La Repository Map offre une vue cartographique des archives ouvertes dans le monde, quelle que soit leur obédience technique ; elle utilise les données du ROAR et de l’OpenDOAR, les répertoires a priori les plus complets en matière d’archives ouvertes.
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2.0
– L’école de bibliothéconomie de l’Université de Colombie Britannique a mis sur son wiki une bibliographie sur Google Scholar
– Plein de ressources intéressantes à mettre dans sa boite à outil 2.0 trouvées sur Webtools4U2use : franchement, si à l’école on nous montrait juste la moitié de tout ce que l’on peut trouver là, on n’aurait pas perdu notre année.
It’s del.icio.us : pushing links to create dynamic web pages : cette présentation est un vrai mode d’emploi pour optimiser les pages web de sa bibliothèques avec des contenus dynamiques – aucune raison valable après de ne pas faire la même chose dans sa BM ou sa BU.

Peter’s mantras

Architectures for Collaboration: Roles and Expectations for Digital Libraries est un article du numéro de mars / avril 2008 d’Educause Review dans lequel Peter Brantley liste ce qu’il pense que les bibliothèques (numériques) doivent faire sous la forme de mantras (en italique c’est moi) :c67b33255578b685ae92794b88b05962.jpg
– Les bibliothèques doivent être accessibles partout – là où vont les utilisateurs
– Les bibliothèques doivent être conçues pour s’améliorer avec l’usage que les gens en font – pour s’enrichir de l’usage qui en est fait
– Les bibliothèques doivent être portables – téléphones, assistants personnels, écrans de multiples tailles : les données doivent pouvoir être consultées quel que soit le support de lecture
– Les bibliothèques doivent pouvoir tenir compte du lieu où sont leurs utilisateurs – elles doivent pouvoir diffuser de l’information locale quand elles en disposent
– Les bibliothèques doivent aider à raconter des histoires – en assistant la diffusion de contenus locaux
– Les bibliothèques doivent aider à apprendre – en étant à l’écoute aussi des étudiants, pas seulement des enseignants
– Les bibliothèques doivent être des outils du changement – la publication prend d’autres formes, que les bibliothèques soutenir et anticiper
– Les bibliothèques doivent offrir des pistes d’exploration – et permettre à leurs utilisateurs de manipuler leurs données et leurs outils comme ils le font avec le reste des informations issues du web
– Les bibliothèques doivent aider à maintenir la mémoire – la conservation est un processus continu
– Les bibliothèques doivent porter la parole des autres – et se faire l’écho des problématiques qui touchent à l’édition, la proprité intellectuelle, la diffusion des idées…
– Les bibliothèques doivent étudier l’art de la guerre – pour pouvoir proposer des alternatives aux solutions commerciales et / ou propriétaires
[photo : j/f/photos]

Diffusion ou infusion ?

8b9dce218f1359ab1ed380d3e8ee0f37.jpg« Actuellement, mon hypothèse est que les bibliothécaires ont 2 façons d’acquérir des savoirs professionnels : soit par diffusion occasionnelle, soit par infusion continue. Je suis une inconditionnelle de la méthode de l’infusion continue. Je lis de la littérature professionnelle chaque jour, des biblioblogs et des blogs techniques et des revues en ligne et des rapports et des compte-rendus de conférences et tout ce que vous voulez. Je ne lis pas au hasard, je ne peux pas me le permettre. Je ne lis pas certaines personnes de mon propre domaine, souvent parce que leur lecture fait monter ma tension pour rien. Parfois je balance des rapports une fois que l’ai lu la fin du résumé ; ça ne vaut pas la peine. Parfois c’est tellement mauvais que je ne peux que jurer intérieurement et passer à autre chose. Et même comme ça, tous les jours je lis quelquechose. Quoi que ce soit.

Mes habitudes de lecture ne sont pas parfaites, la plupart de la « littérature » m’échappe. Cela allait mieux quand je faisais de la formation à l’automne dernier, parce que les cours avaient lieu dans la bibliothèque de l’école des sciences de l’information et des bibliothèques, et que j’étais à proximité immédiate des nouvelles revues au format papier. Cela irait mieux si plus de revues en SIB proposaient leurs sommaires par fils rss ; je fais l’effort de creuser un peu les infos qui me paraissent intéressantes une fois que j’en ai eu connaissance. Pour être honnête cependant, la plus grande partie de ma veille professionnelle se passe dans mon agrégateur Bloglines ces jours ci.

Quand même. Chaque jour. Chaque jour je lis quelquechose.

J’ai le sentiment que bon nombre de mes collègues préfèrent la méthode de la diffusion occasionnelle : vous allez à une conférence ou à un atelier ou à n’importe quelle sorte de réunion. Vous recevez ce que l’on vous dispense par à coups concentrés. Vous ramenez ce que vous avez appris. Vous reprenez votre travail et vous laissez filer, parce que vous êtes trop occupé pour lire, jusqu’à la prochaine conférence.

Je suppose que ça doit très bien marcher pour eux. C’est juste que je ne peux pas, vraiment pas, imaginer de fonctionner comme ça moi même. J’aurai l’impression d’avoir perdu la vue ou l’ouïe. »
Dorothea Salo, à propos des bibliothécaires qui n’ont jamais le temps de faire de la veille professionnelle.
[photo : drauh]

Comment soutenir l’OA ?

6f4b7a18ffadb5581e4c442151e2fdd2.jpgSur son Google Scholar blog, Dean Giustini propose 5 façons pour les bibliothécaires de contribuer au mouvement pour le libre accès (mes ajouts entre []):
« 1) Améliorez votre propre connaissance des problématiques autour de l’Open Access ; suivez Open Access News (le blog de Peter Suber, LA ressource exhaustive sur le sujet) quotidiennement
Et pour démarrer, familiarisez-vous avec l’OA en lisant l’introduction de Peter Suber (version longue en anglais), ou le dossier de l’ENPC

2) Soutenez l’Open Access en créant des kits d’information pour votre bibliothèque, ce afin d’attirer l’attention sur les principes et les actions de l’Open Access [voir le toolkit de l’ACRL ou celui des bibliothèques de l’Université de Californie]

3) Développez un circuit d’auto-archivage pour augmenter le nombre de dépôts dans les archives locales

4) Montrez votre solidarité en mettant en avant les revues en Open Access sur le site de votre bibliothèque […] ; faites des démos, des brochures, des présentations, etc.

5) Déposez vos articles et vos présentations sur E-LIS, l’archive ouverte pour les bibliothécaires et les spécialistes de l’information, ou sur une autre archive – PubMedCentral par exemple. »

Dans les commentaires est également suggéré d’afficher son soutien en arborant sur son site une des bannières, boutons et autres images promotionnelles proposées par PLoS.
[photo : Harshad Sharma]

Georgia Tech vs Sageoxbridge

2c0edd6ba1518b6345b94d11dbdc1413.jpgNouvelle offensive des éditeurs pour défendre leurs intérêts : 3 d’entre eux viennent d’assigner en justice la Georgia Tech University, au motif qu’elle met à disposition de ses étudiants une sélection d’articles de revues en texte intégral sur ses propres serveurs – ce que l’on appelle une e-reserve, ie les documents qui vont être les plus consultés car faisant partie d’un cours -, ce qui ne serait pas couvert par la notion de « fair use » et donc violerait le copyright. L’issue de l’affaire risque fort de faire jurisprudence, mettant en balance l’intérêt (commercial) des éditeurs et l’intérêt pédagogique de l’université.
Tout cela pourrait faire indirectement du bien au Libre Accès : après tout, si les articles en question avaient été publiés dans des revues en libre accès, ou bien déposés dans des archives ouvertes, le problème ne se serait pas posé…
(Voir dans ce post de Peter Suber une liste d’une dizaine de sites de cours en libre accès)
[photo : celie]

Open Science Directory

0f11cfdd2459b239cb31055cd6aac466.jpgN’étant pas cliente chez Esbco, je n’avais pas vu passer cette info : l’agence d’abonnement a mis en ligne, dans le cadre d’un partenariat avec la bibliothèque universitaire de Hasselt (Belgique) et de nombreux acteurs du libre accès, l’Open Science Directory, une base qui recense près de 13 000 titres de revues en Open Access – un accès AtoZ tel que nous le connaissons pour nos ressources payantes, mais qui ne comprend que des ressources en libre accès. On retrouve parmi les partenaires du projet le DOAJ, PubMed Central, HighWirePress et Biomed Central, mais aussi des initiatives moins connues, comme Hinari (santé), Agora (nutrition et sciences de l’environnement) et OARE (environnement). Des négociations sont en cours avec d’autres projets ou réseaux de projets de publication en libre accès : INASP, eJDS (physique et maths), eIFL (un consortium de consortia, déja présenté ici).
[photo : cercamon]

Doc électronique pour les débutants (3/5) : Modes d’accès

24bea8847958cfa8c048831a0b8f55d1.jpgAccès par login + mot de passe
Individuel et délivré par l’éditeur : Le principe c’est : un abonnement (papier) = un code d’accès, évidemment incessible. Absolument ingérable pour les bibliothèques, ce système a vité été remplacé par le contrôle d’accès par IP, sauf pour quelques petits éditeurs francophones qui s’adressent plus à une clientèle d’entreprises.
Variante : l’accès par login + mot de passe géré par la bibliothèque. Un temps utilisé faute de mieux pour l’accès à distance. Compliqué à gérer pour la bibliothèque, chronophage.

Accès par adresses IP
La solution la plus courante, et la plus simple (à mon avis). D’abord, se procurer auprès de son CRI la liste des adresses IP de l’université. Ensuite, la transmettre à l’éditeur de la ressource à laquelle on veut donner accès. Les IP sont enregistrées sur les serveurs de l’éditeur : quand un utilisateur se conecte depuis une IP enregistrée, il accède en toute transparence à la ressource. C’est le modèle qui prévaut encore actuellement, son inconvénient principal étant qu’il limite les possibilités d’accès aux machines connectées depuis le réseau de l’université.

Accès distant
Le manque de bureaux sur les campus, les horaires d’ouverture limités des bibliothèques, ou tout simplement l’essor des outils et des comportements nomades ont créé une forte demande pour des moyens d’utilisation à distance des ressources documentaires. Seul préalable : la présence d’outil d’identification géré par le CRI (et pas par la bibliothèque), en l’occurence un annuaire LDAP.

a0e3621c3681d0a35ece70408f83a40d.jpgPlusieurs méthodes :
VPN (Virtual Private Network) ou réseau privé virtuel : l’utilisateur installe un logiciel client sur sa machine, configure la connexion sécurisée (tout est crypté) vers un serveur de l’université avec ses identifiants, l’adresse de ce serveur est déclarée aux éditeurs : au lieu de l’adresse de l’utilisateur, c’est l’adresse du serveur qui va être identifiée sur le serveur de l’éditeur. Inconvénient : l’installation et la configuration du client ne sont pas simples, et les utilisateurs parfois pas très à l’aise techniquement avec leur propre machine. Je sais qu’il existe des VPN qui ne nécessitent pas d’installation locale, mais il y a quand même un paramétrage à faire.

Serveur proxy :
L’utilisateur paramètre son navigateur pour qu’il se connecte à internet en passant par un serveur intermédiaire, le fameux proxy. Avantage : le bibliothécaire n’a plus qu’une seule adresse IP à déclarer (celle du proxy). Inconvénient : les échanges entre les machines et le serveur ne sont pas sécurisés.

Reverse proxy :
Même principe que pour le serveur proxy, sauf qu’il n’y a rien à paramétrer au niveau de l’utilisateur et que le niveau de sécurité est plus important. Par contre il y a un important travail de paramétrage et de suivi côté CRI et bibliothèque lors de la mise en place. C’est une des options les plus utilisées pour les accès distants.

Je vous la fais courte, mais sachez que Couperin alimente une FAQ sur l’accès distant bien plus complète.
[photos : thomasf8475, monsieurlam]


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