Archive pour septembre 2009

Une huître dans une botte de foin

3813189585_713dac4684_m.jpgEn janvier dernier, l’Université du Michigan, à l’origine du projet OAIster, passait la main à OCLC, qui s’est alors engagé à maintenir un accès libre à cet outil (qui moissonne les archives OAI du monde entier et en fait un outil de diffusion de premier ordre pour les contenus en libre accès). Or OCLC vient d’annoncer les prochaines étapes de la migration d’OAIster aux responsables d’archives ouvertes, dans un mél qui en a contrarié plus d’un : à partir d’octobre prochain, OAIster sera interrogeable soit depuis Firstsearch (une base de données payante d’OCLC), soit depuis Worldcat (l’équivalent du Sudoc pour l’ensemble des bibliothèques publiques, gratuit, piloté aussi par OCLC).
Ce qui soulève plusieurs problèmes :
– Les archives ouvertes fonctionnent généralement selon les principes de l’open access (pas de barrière économique, ni technique, ni juridique) : on comprend que les auteurs et/ou les responsables ne soient pas d’accord pour que leurs données soient exploitées dans le cadre d’un abonnement payant, ni soumises aux conditions d’utilisation des données (les « Terms and conditions ») proposées par OCLC.
– A priori seuls les clients de Firstsearch pourront interroger OAIster de façon isolée : pour les autres, les résultats seront noyés dans les notices de Worldcat (il ne sera pas possible de restreindre la recherche à OIAster uniquement) : ce n’est pas très propice à la valorisation des contenus récoltés via OAIster. Certes, OCLC n’est pas une association philanthropique, et il est logique qu’elle cherche à faire bénéficier d’un « service plus » ses abonnés, mais sur ce coup là je trouve qu’en terme d’image et de service rendu, EBSCO (une autre entreprise commerciale) s’en sort beaucoup mieux lorsqu’elle met à la disposition de tous des bases comme LISTA ou Teacher Reference Center ou GreenFile.

Les explications de Roy Tennant (qui travaille chez OCLC) : The Straight Dope on OAIster et Clarification on OCLC/OAIster Transfer.
[photo : feetwet]

Du rififi dans le libre

3814521533_c35468cd77_m.jpgCela fait plusieurs semaines que des rumeurs circulent dans la communauté, et l’info officielle est finalement sortie : Liblime, l’une des sociétés contributrices historiques du SIGB libre Koha, ouvre sa propre branche de développement du logiciel (on appelle ça un fork) pour une version hébergée « Liblime Enterprise Koha ». Concrètement, cela signifie que les développements faits sur cette branche ne seront pas reversés (en tout cas pas au même rythme) dans le Koha « général », et que donc la communauté ne pourra pas en bénéficier. Cela peut ne pas être un problème (il y a eu d’autres cas de ce type, notamment dans les distributions Linux), tant que l’on reste dans la philosophie du libre : liberté de diffusion et de modification du code. Là ce que Liblime propose, c’est une version de Koha réservée à ses clients, qui les lie, de fait, à cette seule société : les développements resteront publics, mais ils seront livrés au rythme choisi par Liblime en accord avec leurs clients.

Rien d’illégal là-dedans cependant : une société a tout à fait le droit de vendre du service autour de logiciels libres, simplement le fait de sortir des améliorations du logiciel souvent et en les annonçant à l’avance permet d’une part au reste de la communauté de s’organiser (et de ne pas doublonner les développements par exemple), et d’autre part garantit une meilleure compatibilité entre les systèmes (intégrer du code tous les 6 mois sur un produit qui évolue tous les jours, ça ne sert pas à grandchose).

De nombreux billets ont commenté sur le sujet, allez voir pour vous faire une idée (sans manquer les commentaires, souvent très riches) :
Liblime to the Koha community : fork you ! par Roy Tennant
Liblime forks Koha chez Library matters
Where goes Koha ? chez Librarian 1.5
Koha manoeuvres chez parser librarian
A open letter to the Koha community par Marshal Breeding
Les explications du responsable de Liblime, et toute la discussion (thread) qui s’ensuit.

On attend de voir la position des clients de Liblime dans cette affaire : pour l’instant peu d’entre elles ont réagi à cette annonce. Néanmoins on peut s’interroger sur la nature de la relation des bibliothèques au logiciel libre : alors qu’extérieurement cela devrait évoluer en une relation de partenariat (les bibliothèques apportant leur contribution au moins financière au projet), on a l’impression que cela reste une relation client-fournisseur traditionnelle (peu de bibliothécaires s’investissent par exemple dans les débats actuels sur la création d’une fondation pour gérer Koha). Ce manque d’engagement des bibliothécaires dans la communauté fait que, du coup, tout cela reste « un truc de développeurs ». Il y a certainement une question de compétences techniques (rares sont encore les bibliothécaires-développeurs), de formation (je ne suis pas certaine que la majorité des bibliothécaires soit au clair avec la notion d’open source), mais aussi sans doute un problème de volonté politique : pourquoi le développement mutualisé d’outils-métier libres pour les bibliothèques ne suscite pas autant d’engouement auprès des services TICE ou des DSI des universités que les ENT ou les plateformes pédagogiques ?

[photo : scribbletaylor]

10 conseils tech pour les directeurs de bibliothèque

3915829583_7241458e9e_m.jpgSur Techessence.info, Roy Tennant propose 10 conseils pour les administrateurs de bibliothèques à propos de l’informatique et des technologies (je résume) :
– La technologie, ce n’est pas aussi difficile que l’on pourrait croire (et c’est en tout cas beaucoup plu simple qu’il y a quelques années)
– Les technologies sont de plus en plus simples
– Les outils et les technologies coûtent de moins en moins cher
– L’investissement le plus coûteux, et le plus précieux, ce sont vos personnels – d’où l’intérêt de les former et de leur fournir des outils de travail adéquats.
– La perfection n’existe pas : il ne sert à rien d’attendre l’outil / le site parfait, mieux vaut sortir une version beta et faire des mises à jour fréquentes, qui tiennent compte des demandes des utilisateurs ; ils y sont habitués du reste, et cela peut toujours excuser les imperfections de votre site / outil
– N’ayez pas peur d’échouer : tout ne fonctionnant pas forcément du premier coup, mieux vaut lancer plusieurs projets et voir ensuite ce qui fonctionne ou pas. Il ne faut avoir peur ni d’échouer, ni d’expérimenter.
– N’ayez pas peur de réussir : quand ça marche, faites-le savoir !
– Jouez la carte du prototype : il donne un aperçu réel du service final, et a un rôle pédagogique non négligeable pour les équipes (et fait gagner du temps pour la mise en oeuvre s’il est validé)
– Dans un projet technique, la gestion de projet est capitale – et votre meilleur informaticien n’est pas forcément le meilleur chef de projet : faire travailler les gens en équipe est souvent une stratégie payante
« La plus grosse menace sur un projet technique est essentiellement politique. Au bout du compte, la partie technique est la plus facile. Ce qui est difficile, c’est la partie humaine. C’est pourquoi votre rôle, en tant que directeur de bibliothèque, est le plus important de tous dans n’importe quel projet technique. Allez-vous apporter votre soutien politique au projet ? Souhaitez-vous investir dans les ressources nécessaire pour en faire un succès ? Allez-vous mobiliser toute votre institution pour soutenir, promouvoir et utiliser ce nouveau site ou service ? Si tel n’est pas le cas, ce n’est pas la peine. Si ça l’est, alors bienvenue dans ce qui a toutes les chances d’être une réussite. »

Thanks, Roy !
[photo : Freebird_71]

Générations

3292899689_e2a741fb4c_m.jpg« […] Ils sont branchés

Pas au sens où l’entendait la génération X, ils sont littéralement branchés, connectés, cablés, voir même sans fil. La génération Y a grandi avec des ordinateurs, l’internet, les téléphones mobiles, les jeux vidéos et les lecteurs mp3. Ils sont des habitués du web qui fait parti de leur quotidien, au même titre que la télévision pour leurs ainés. Ils sont capables, du fait de leurs usages de la technologie, de fonctionner de façon multitâche, en regardant la télévision et en surfant sur internet en même temps, par exemple, à moins que cela ne soit en parlant au téléphone, en envoyant des SMS ou en écoutant de la musique. Le multitâche est assurément une de leurs caractéristiques distinctives.

[…] Le travail n’est pas leur identité, c’est juste un espace et un temps délimité dans leur existence. La génération Y ne voit pas pourquoi une entreprise ne pourrait pas faire des concessions comme de leur permettre de travailler d’où ils veulent, de s’adapter à leurs horaires, de permettre des communications plus souples et moins hiérarchisées au sein de l’entreprise, ainsi que de leur offrir un environnement de travail plus fun. »

Extraits de l’article de S. Perez et F. Epelboïm La génération Y va tout changer sur RWW.

La génération Y, ce sont les gens nés entre (en gros) 1982 et 1997, comme les étudiants que l’on inscrit en ce moment dans les BU… et comme vraisemblablement un certain nombre de bibliothécaires : comment vont cohabiter les bibliothécaires de la génération Y avec ceux de la génération X (1960-1981) et ceux de la génération précédente, les baby boomers ?

Marronnier

1438051057_7789bc8c40_m.jpgCa n’a échappé à personne, c’est la rentrée… Et avec elle le nouveau tirage de l’incontournable brochure REPERE, dont nous venons, comme la plupart des autres BU, de recevoir 300 exemplaires. Une bonne surprise dans cette livraison 2009, le chapitre consacré à l’exploitation de l’information, qui aborde aussi bien la gestion des références bibliographiques, la gestion des signets que la citation, la veille ou le plagiat. Je reste toujours un peu perplexe sur la finalité de cette opération : la brochure me semble trop complexe pour des étudiants ou des enseignants en dehors des sciences de l’info, mais bon…

Quoi que : hasard de l’actualité, je viens de lire les dernières brèves de l’UNJF, et du coup j’ai une suggestion pour donner plus d’impact au travail d’analyse et de recensement fait pour cette brochure : pourquoi ne pas créer, à l’instar de la rubrique « les outils de recherche sur internet spécifiques au domaine scientifique », une rubrique sur les ressources numériques pour les sciences juridiques ? Il pourrait être judicieux ensuite de la proposer au comité éditorial de l’UNJF : cela leur éviterait de mettre en référence sur tous les cours en ligne de la plateforme cet article consacré aux Bases et banques de données juridiques et économiques d’A. Maximin, paru dans le BBF certes, mais en 1981…

[photo : annia316 ]

Le marché du mardi, n°34

3736092292_9a9f43283c_m.jpgE-BOOKS STUFF
– Des livres de chimie en libre accès, ça existe : Stan Sykora en tient une liste à jour.
– A voir aussi : Texbook revolution, une initiative étudiante de signalement des manuels en libre accès (toutes disciplines), qui mentionne notamment la licence propre à chaque document.

OPEN STUFF
– Une nouvelle revue juridique en OA, qui s’intéresse au logiciel libre : International Free and Open Source Software Law Review – « Free and Open Source Software has become a serious player. It deserves serious analysis. » C’est bien mon avis 😉
Plaidoyer pour le libre dans l’Education Nationale par Deeder chez Presse-Citron, qui en rappelle certains avantages dans le contexte pédagogique : pérennité, interopérabilité, sensibilisation aux questions liées au droit d’auteur pour les élèves ET les enseignants…

NUMERISATION ET ARCHIVAGE STUFF
Images for education : plus de 500h de films (depuis les 25 dernières années), plus de 56 000 images (depuis le XIXème) mises à disposition de la communauté pédagogique du Royaume-Uni, ce projet financé par le JISC sera achevé à l’été 2010.
3719394479_2e27dc9b26_m.jpgLes fournisseurs sont aussi bien institutionnels que privés, ils versent 1 To de données par mois. L’accent est mis aussi sur la qualité des métadonnées (chaque image pourra être géolocalisée par ex).
– L’état de Californie a mis en ligne les premières collectes effectuées par le Service d’archivage du web proposé par la California Digital Library : 18 archives, 9 institutions partenaires, 940 sites web, 2.6 TB de données, le tout accessible librement pour tous.

2.0 STUFF
– Choses en 7 : 7 applis iPhone pour bibliothécaires, 7 trucs à connaître sur le microblogging
– Personne ne m’a donné son avis sur Posterous, un ouvel outil de diffusion de contenus, qui présente la particularité de ne pas nécessiter d’inscription préalable à son utilisation : il suffit de poster un contenu à une adresse mél dédiée pour créer … quoi au fait ? un blog ? un site ? une page ? un microblog (Tumblr-like) ? Ca devient difficile à dire…

[photos : fs999, keepps]


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