Archive pour octobre 2009

Fuites

3612937934_260faf7ca6_m.jpgCa paraît tellement énorme, c’est tellement pas dans notre culture, et pourtant : Sirsi-Dynix, multinationale spécialisée dans les solutions pour les bibliothèques (qui commercialise en France le SIGB Horizon), a diffusé auprès de certains de ses clients américains ce document « d’information » sur les SIGB open source, qui n’est rien moins que de la propagande anti-open source de base [il présente du reste un certain nombre de caractéristiques du FUD (Fear, uncertainty and Doubt), une technique de désinformation utilisée en marketing et en politique]. Ce document a été rendu public sur le site Wikileaks, qui est « une version non censurable de Wikipédia, qui vise à divulguer et à analyser des documents, dont la source ne puisse pas être identifiable et pour une diffusion à grande échelle. Elle associe la protection et l’anonymat que permettent les toutes dernières technologies de cryptographie, à la transparence et à la simplicité d’une interface wiki. »

Allez, juste un petit extrait qui m’a plu :
« Les systèmes propriétaires ont plus de fonctionnalités. Point. Les systèmes propriétaires sont plus conviviaux. Sirsi-Dynix développe son SIGB depuis plus de 30 ans. Il dispose d’une gamme de fonctionnalités de premier ordre. Il est important de noter que Sirsi-Dynix travaille pour 2 principaux groupes d’utilisateurs – les bibliothécaires qui traitent les ressources de la bibliothèque pour les acquisitions, le catalogage, le prêt, le PEB etc. Et les utilisateurs finaux qui utilisent les fonctions de l’OPAC comme le prêt autonome. Les développeurs de solutions open source passent la plus grande partie de leur temps à faire en sorte que les opérations internes de développement se passent correctement, alors que tout cela est au point chez nous depuis 30 ans. »

Les systèmes propriétaires ont plus de fonctionnalités. Point. Les systèmes propriétaires sont plus conviviaux.
Les systèmes propriétaires ont plus de fonctionnalités. Point. Les systèmes propriétaires sont plus conviviaux.
Les systèmes propriétaires ont plus de fonctionnalités. Point. Les systèmes propriétaires sont plus conviviaux.

Peut-être si on se le récite comme un mantra on finira par oublier toutes les fois où l’on a regretté que nos SIGB n’aient pas telle ou telle fonctionnalité (allez, une au hasard : des flux rss ?), ou ne soient pas plus orientés-utilisateurs ?
Le reste est du même tonneau, et montre, à mon sens, que l’open source est en train de gagner du terrain sur ce micro-marché qu’est celui des logiciels de bibliothèques : pourquoi ce genre de réaction défensive si l’open source ne représentait pas une sérieuse concurrence ?

[photo : 4PIZON]

Library101 !

Finie la « bibliothèque 2.0 » : depuis hier, la nouvelle hype, c’est « Library101 » !

Library101, c’est un projet de David Lee King et Michael Porter, bibliobloggueurs de longue date, qui souhaitent aider les bibliothécaires à entrer dans le XXIème siècle, en ayant pleinement conscience des enjeux que font porter les mutations en cours dans notre « société de l’information » sur notre métier. Etre bibliothécaire aujourd’hui (et demain !), c’est maîtriser un certain nombre de compétences, savoirs-faire et autres savoirs tout court, en terme de communication, de technologies, de présence en ligne, pour pouvoir rester en phase avec sa communauté de service. C’est ce que David et Michael rappellent avec cette initiative, qui connaît déjà un certain succès : + de 2000 fans sur la page Facebook du projet. Sur le site on trouve :

– des liens (Resources To Know)

– des textes (Essays) rédigés par 2 douzaines de professionnels réputés du monde des bibliothèques anglophones

– et bien sûr la vidéo (ci-dessus), illustrée de photos et vidéos envoyées par + de 500 professionnels des bibliothèques du monde entier (oui, j’y suis. plusieurs fois, même)

Le site a été lancé hier après-midi en direct de Monterey, Californie, lors d’Internet Librarian 2009. L’intervention a été filmée, à l’instar de certaines keynotes des jours précédents ; toutes les vidéos sont disponibles sur la chaîne ILive, alimentée par l’équipe des Shanachies ; je vous recommande l’interview de Paul Holdengraber de la New York Public Library par Erik Boekesteijn : c’est pertinent, drôle, « inspirational »… réussi, quoi.

Université d’été du CLEO – Table ronde 2/2

3916382107_eebc85816d_m.jpgSuite du compte-rendu de la table-ronde de clôture de l’Université d’été du Centre pour l’édition électronique Ouverte. Dans cette deuxième partie, la parole est aux chercheurs et responsables de revues, puis conclusion et séance de questions / réponses.

RIVES (Laboratoire TELEMME, L. Verdon)
La revue Rives nord-méditerranéennes est la vitrine de la recherche du laboratoire.
Numéros thématiques (6-10 articles), pas de contributions isolées. Rubrique «Jeunes chercheurs» pour aider à la publication d’une première contribution.
Les chercheurs souhaitent maintenir les 2 supports, car le livre en tant qu’objet esthétique attire du lectorat ; de plus, le livre a un rôle social lors des colloques et autres événements auxquels le laboratoire participe : il est offert en cadeau aux participants, échangé contre d’autres publications…
La revue est présente sur Revues.org depuis 2001 ; la principale valeur ajoutée de la présence sur la plateforme est l’appartenance à une communauté, un réseau de revues. L’équipe éditoriale apprécie également les outils statistiques fournis par la plateforme, qui lui permettent d’avoir une vision plus précise de lectorat (langue, temps de consultation, mots-clé utilisés pour la recherche…), et de voir les conséquences en cas de changement de politique éditoriale (recul de la barrière mobile par exemple).

Le laboratoire TELEMME expérimente par ailleurs un partenariat avec l’INA et la MMSH pour la valorisation d’archives télévisuelles : construite sur la base de la ressource «Jalons» produite par l’INA, «Repères méditerranéens» met en scène l’histoire de la région des années 1940 à aujourd’hui. Le laboratoire intervient pour l’accompagnement scientifique du projet : vérification des métadonnées et rédaction d’un appareil critique par les chercheurs.

REMMM (Laboratoire IREMAM, F. Siino)
Revue associative hébergée par l’IREMAM, qui lui délègue une secrétaire de rédaction, la Revue des Mondes Musulmans et de la Méditerranée reste indépendante du laboratoire. C’est une revue d’aire culturelle, pluridisciplinaire SHS.
2 numéros par an, thématiques mais avec un espace pour des contributions extérieures hors thème. Nombreux compte-rendus d’ouvrages.
Opposition de l’éditeur historique (papier) à une version électronique, d’où une présence réduite sur internet (compte-rendus puis résumés puis introductions). Depuis 2 ans, la revue travaille avec les Presses de l’Université de Provence (PUP), ce qui a permis la mise en ligne du texte intégral avec une barrière mobile de 3 ans. Un important chantier de rétro-conversion a été mené (40 années d’archives), avec le soutien de Revues.org et de Persée. Un travail assez lourd de recherche des auteurs pour l’obtention des autorisations de diffusion des articles a eu lieu en parallèle.

Revues.org travaille sur la continuité des collections avec Persée : l’interopérabilité passe par les échanges de sommaires et une indexation réciproque – pour pouvoir faire des recherche sur la totalité du corpus – (qui sera opérationnelle dans la nouvelle version du portail).

Presses de l’Université de Provence (JB Cholbi, B. Cousin, L. Denoix)
La réflexion sur le devenir des éditions papier est en cours aux PUP.
Une plateforme Lodel a été installée à l’Université de Provence, elle permet de gérer le portail des revues de l’Université de Provence (38 titres) ; elle est également utilisée comme support pour des communications et des colloques (ex : Littemu). C’est un axe qui pourrait être développé pour valoriser les 300+ colloques annuels organisés par l’université. Pour les revues, il s’agit plus d’une solution d’hébergement temporaire avant d’aller sur Revues.org. Lodel est également utilisé pour gérer la mise en ligne de bibliographies.

107836657_9b249c6349_m.jpgConclusion
Il est désormais question d’une édition électronique ouverte :
– sur ce qu’elle va devenir (ouverte à une réflexion commune)
– qui s’appuie sur des logiciels en open source
– à la lecture et à l’écriture
– à tous les acteurs de la chaîne du livre (y compris auteurs et lecteurs).


Questions / Réponses

Q1 : Pourquoi ne pas étendre la cotisation à d’autres acteurs (laboratoires, programmes de recherche…) ? Importance symbolique de ce type de participation : logique de coopération, pas seulement de service.
R1 : La cotisation annuelle pourra être évolutive et couvrir des regroupements de laboratoires ; il y a des partenariats institutionnels qui restent à inventer.
Rappel de l’enquête menée conjointement avec Cairn sur le lectorat : la pyramide des âges montre que les lecteurs de Revues.org sont plutôt âgés et ceux de Cairn plutôt jeunes ; il y a vraisemblablement un lien avec le fait que les bibliothèques font la promotion de Cairn qui est un service qu’elles payent (abonnement annuel). La cotisation est peut-être un moyen de jouer sur l’inégalité de traitement des intermédiaires culturels que sont les bibliothèques.

Q2 : Quelles sont les conditions pour la mise en ligne d’une édition en ligne différente de l’édition papier (coût des images, traitement des documents iconographiques…) ?
R2 : Une édition enrichie est plus difficile à mettre en oeuvre, en général. De plus Revues.org n’a pas vocation à être diffuseur de sources, car d’autres institutions publiques sont en train de mettre cela en place (TGE Adonis, Medi-Hal…). Revues.org offre tout de même certaines possibilités : insertion de cartes multimedia en flash, encapsulage de fichiers mp3, insertion de vidéos (en provenance d’un portail patrimonial par exemple), d’albums photos Flickr. La plateforme est ouverte aux expérimentations : la seule contrainte, c’est que ce les solutions soient faciles à mettre en oeuvre et techniquement durables.
Le coût des images est un problème, qui aboutit à la publication d’articles de recherche indigestes (sans images puisque les droits sont trop chers), qui ne font évidemment pas le poids face aux éditions commerciales richement illustrées, qui attirent plus le grand public. Il est de plus en plus nécessaire de repenser le droit (et en particulier le droit d’auteur) pour régler ce type de problème qui finit par verrouiller une partie du patrimoine culturel de l’humanité.

Q3 : Sur la monétisation du téléchargement : n’y a-t-il pas un paradoxe entre la rapidité technique de traitement des informations et les barrières mobiles imposées par les modèles économiques ?
R3 : Revues.org promeut l’Open Access total (politique d’incitation), mais c’est la revue qui choisit. La cohabitation entre le gratuit et le payant permet de maintenir l’édition électronique dans l’économie. Les choses se font progressivement, souvent par la réduction de la barrière mobile. Il y a une question pratique aussi : certaines revues n’ont pas les ressources humaines nécessaires pour traiter tous les textes, la barrière mobile permet d’absorber le flux. Pour réduire ce paradoxe, une solution pourrait être une édition tout-électronique avec impression à la demande ; l’enjeu de ce type de solution, c’est la mutualisation des moyens pour sortir de l’artisanat expérimental et passer en mode «industriel» – d’où l’intérêt absolu du travail en réseau. Le numérique ne doit pas être considéré comme un service, mais faire partie de la démarche de recherche.

[photos : treehouse1977, Greg Gladman]

Université d’été du CLEO – Table ronde 1/2

2311309574_29ebef6f1b_m.jpgJ’ai pu assister le mois dernier à la table-ronde organisée en clôture de l’Université d’été du Centre pour l’édition électronique Ouverte. C’était très intéressant, même si, soyons franche, il n’y avait pas foule (pas plus d’intervenants que de public mais pas loin, et aucun bibliothécaire – sauf moi). Et il tombait des cordes, mais je m’égarre. J’ai pris pas mal de notes, du coup je scinde le compte-rendu en 2 posts distincts. Première partie : les différentes plateformes du CLEO, leurs évolutions, et un retour sur l’Université d’été.

Présentation du CLEO et de l’Université d’été (Marin Dacos, Directeur)
Démarche de constitution d’une nouvelle profession : l’édition électronique – métier en cours de structuration.

Le CLEO est la coquille institutionnelle créée pour accueillir Revues.org en 2007 (alors que le projet date de la fin des années 1990), c’est depuis peu une Unité Mixte de Service (UMS) sous tutelle CNRS / Université de Provence / Université d’Avignon / EHESS. Cela dit Revues.org reste un portail « oecuménique ». Son objectif n’est pas d’être une grosse plateforme française, mais clairement d’être une petite plateforme internationale (ouverture vers les pays d’Amérique du Sud et traduction des interfaces en cours). Les 4 piliers du CLEO sont :

Hypothèses : plateforme de carnets de recherche
La plateforme, lancée en 2007? accueille une cinquantaine de blogs, dont 25 sont mis en avant sur le site principal. Un conseil scientifique procède à la sélection des blogs, il reçoit environ 1 candidature par semaine. Il existe 3 niveaux de validation :
– l’acceptation de la création du blog (qui est peu visible sur la plateforme, pour que l’auteur « se fasse la main »)
– l’agrégation : le blog apparaît sur la page d’accueil, une fois que son auteur maîtrise ses contenus et ses outils
– l’éditorialisation : il s’agit de valoriser des contenus, sans doute sous la forme d’un « Carnaval des blogs ». La sélection des contenus à valoriser pourra, pour garantir une pluralité de regards, être ouverte à d’autres personnes que les seuls membres du conseil scientifique.
Hypothèses reste un prototype, un outil en devenir ; ce stade expérimental permet de voir quelle appropriation en font les chercheurs d’une part, et de tenir compte de leurs retours pour améliorer l’outil d’autre part. Exemple des compte-rendus de lecture, nombreux sur la plateforme : un système d’ajout des ISBN va être implémenté pour agréger les compte-rendus concernant le même ouvrage.

Manuscrits : plateforme de gestion éditoriale (backoffice)
Gestion des soumissions, du blind peer-review ; peut tout à fait gérer un circuit d’édition papier traditionnel (prise en compte de toutes les étapes, jusqu’au bon à tirer)

Revues.org : plateforme de revues en ligne
La grande nouveauté de 2009, c’est l’ouverture aux livres électroniques : c’est désormais un marché, dans lequel s’impliquent des acteurs majeurs (Google, Amazon, Apple), il faut que la recherche en fasse partie. Le problème est que le livre électronique reste un objet difficile à manipuler au niveau électronique.
Par ailleurs un partenariat avec Cairn permet de diffuser la partie commerciale de 24 revues ; ce qui évite au CLEO d’avoir à gérer un département spécifique à la commercialisation (et accessoirement permet d’échapper à une « guerre des portails » néfaste).
La recherche de modèles économiques pour l’open access a abouti a une solution mixte : le freemium. Cette solution permet à la plateforme de rester gratuite en amont (pour les auteurs) et en aval (pour les lecteurs). Comme les financements publics ne suffisent pas, des cotisations optionnelles vont être proposées aux revues, ainsi qu’aux bibliothèques universitaires (en 2010) : elles leur donneront accès à une dizaine de services supplémentaires (par ex pour les revues, la possibilité d’inclure des cartes interactives, des vidéos etc. Pour les BU, accès à des statistiques de consultation, interlocuteur spécifique et journées de formation) sur les 110 services proposés au total, qui seront soumis à une barrière mobile.
Prochainement, les livres électroniques produits par le CLEO seront disponibles à la vente dans des librairies en ligne (Immatériel, Feedbooks) : l’idée c’est que les contenus sur le réseau sont gratuits, et que ceux qui s’en détachent (téléchargement sur disque dur ou liseuses) sont payants ; c’est une expérimentation (réversible) qui va être mise en place avec des éditeurs volontaires. Autre étape à plus long terme : proposer de l’impression à la demande pour les revues ou livres aux éditeurs qui le souhaiteront (plus d’épuisés).

Calenda : agenda des événements en SHS
Plus de 10 000 événements déjà signalés, avec + de 100 000 visites par mois, c’est le plus gros poste en terme de statistiques de fréquentation.

Organisation : 1 personne à temps plein est chargée du référencement des ressources du CLEO. Les revues sont encouragées à maintenir un lien direct avec leurs lecteurs (module de création de newsletters) et à assurer aussi leur propre promotion. Côté technique, la plateforme est hébergée sur une vingtaine de serveurs à Lyon, gérée par 5 personnes.

Revues.org fonctionne avec une stratégie ouverte de management : tous les membres de l’unité ont accès à toutes les listes de diffusion ; le corollaire de cette volonté de transparence dans la communication interne est pour chacun un travail nécessaire sur la rédaction des informations et sur le vocabulaire utilisé. La diffusion de la compétence et des connaissances dans cet univers instable passe par une veille permanente sur l’édition électronique effectuée par l’ensemble des métiers de Revues.org.

2901783799_32cbf787dd_m.jpgL’université d’été du CLEO (M. Dacos)

[Mes notes reprennent le contenu du support de présentation – mais donnent moins mal au coeur ;-)]
Contexte : évolution des pratiques de lecture, le livre change mais ne disparaît pas > décomposition de la galaxie Gutenberg : recul de la presse écrite, dématérialisation du livre…
Google Book Search : on n’est plus en face d’un «simple» moteur de recherche, mais d’une grosse entreprise de numérisation (déjà 7 millions d’ouvrages numérisés).
Un marché des liseuses est en train de se créer : le Kindle, c’est déjà du business (30% des ventes sur Amazon se font sur de l’électronique). Verrouillage des prix et des formats par le trio Amazon, Apple et Google.
La menace, c’est d’arriver à un Minitel 2.0 = faire d’internet un tuyau fermé, totalitaire. En France, la vitesse de circulation des données sur internet est plus grande pour la réception que pour l’envoi des informations, cela limite les possibilités des internautes pour monter leurs propres serveurs (limitation volontaire du secteur marchand)

Il faut arrêter de parler du livre, qui se désintègre et devient avant tout un texte, qui a et aura d’autres modalités :

  • fluide
  • flux
  • immatériel
  • multiformats (problèmes d’optimisation qui font grimper les coûts)
  • reproductible
  • pléthorique (1,5 millions sur l’Open Content Alliance) : on est de plus en plus dans une économie de l’attention : il y a plus de documents que de lecteurs. D’où l’importance des labels, de la recommandation.
  • indexable (fonction oubliée des premiers outils)
  • sémantisable
  • liable
  • piratable
  • annotable : tags, favoris, notes (cf commentpress)

Les connexions entre les livres apportent de la valeur ajoutée à tous les livres > valeur de la recommandation, des liens de comparaison, de mise en perspective. Forge des livres = soumission / commentaires, capitalisation de la conversation scientifique, échanges internationaux (Exemple du Read Write Book, fil rouge de l’Université d’Eté).
Livre papier = objet fermé ; livre électronique = début d’une conversation (y compris pour la fiction).
Importance croissante des métadonnées (autant, voire plus que le livre lui-même) en terme de valeur ajoutée ; le problème est que cela revient très cher à mettre en oeuvre, d’ailleurs Google le fait mal (et le reconnaît : exemple de l’année 1899, qui comprend de nombreux exemplaires, et n’est en fait qu’un choix arbitraire suite à une fusion de plusieurs bases de données…)

Pour donner le meilleur du texte électronique, il faut qu’il puisse être :

  • Lisible dans un format ouvert
  • Recomposable (zoomable comme sur les iphone et ipod touch) – ce qui est une hérésie par rapport au processus de composition de l’édition traditionnelle des livres, il va falloir changer les mentalités.
  • Conservable : l’utilisation est actuellement limitée à une nombre défini de machines, ce qui interdit d’autres usages > objets génétiquement périmés par les DRM.
  • Manipulable – au moins autant que le format papier :
  • Copiable/collable
  • Inscriptible (annotable)
  • Citable : identifiable, avec des url pérennes, des métadonnées correctement renseignées (importance du nommage des fichiers – cf podcasts de France Inter vs ceux de RTL). La mise en place d’une vraie politique d’enrichissement des fichiers est nécessaire.
  • Interopérable : il faut faire communiquer les livres entre eux, les faire entrer dans la conversation (détection des citations entre les livres) – traçabilité de la vie intellectuelle du livre, de ses usages.

[photos : jonas_k, biblicone]

OA week : s’informer toute l’année

vert_ban_add_120x240.jpgDernier épisode de la semaine de l’OA 2009, avec quelques pistes pour les bibliothécaires souhaitant de s’informer sur ce qui se passe concernant le libre accès tout au long de l’année.

Incontournable : Open Access News
Animé par Peter Suber et Gavin Baker, c’est LE site de veille de référence en la matière. Peter Suber édite également la SPARC Open Access Newsletter. On peut suivre OAN par son fil RSS, ou bien s’y abonner par mél.

Collaboratif: Open Access Directory
Il s’agit d’un wiki, alimenté par la communauté et hébergé par le département de Sciences de l’Information et des Bibliothèques du Simmons College, qui compile les informations sur l’Open Access sous forme de listes : les blogs sur l’OA, les revues passées à l’OA, les déclarations des institutions en faveur de l’OA

Collaboratif et expérimental : Open Access Tracking Project
C’est un projet de veille collective thématique lancé il y a quelques mois par Peter Suber. L’idée c’est d’utiliser Connotea pour rassembler les informations sur l’OA trouvées sur le web et tagguées par les participants au projet. N’importe quelle personne disposant d’un compte sur Connotea peut participer – il suffit d’ajouter les tags prédéfinis lors de l’enregistrement de nouvelles références. Comme toutes les infos que trouvent Peter Suber et Gavin Baker ne font pas systématiquement l’objet d’un billet sur OA News, et qu’il y a un + grand nombre de contributeurs, cela fait d’OATP sans doute la ressource la plus riche sur le sujet. Fil RSS, abonnement mél, @oatp.

Engagé : Open Access Archivangelism
Le blog de Steven Harnad, apôtre de l’Open Access de la première heure – et accessoirement enseignant-chercheur au département de sciences cognitives de l’Université de Southampton. Fil RSS@AmSciForum

Bibliographique : Open Access bibliography
Mise à jour par Charles Bailey Jr, elle est consultable au format HTML ou sous la forme d’un gros pdf. A l’occasion de la semaine de l’OA, Charles vient de lancer l’Institutional Repository Bibliography, ce qui me rappelle de vous recommander également la lecture d’Institutional repositories, tout de suite, une introduction aux archives ouvertes du même auteur.

Moteurs de recherche
OAISTER encore interrogeable directement, avant d’être totalement intégré à Worldcat
Scientific Commons

Voilà, j’espère que cette semaine portera ses fruits, et que l’on verra une plus grande présence francophone lors de la prochaine édition !

OA week : témoignage d’un auteur

« J’ai eu l’agréable surprise cette semaine de recevoir des statistiques de consultation et un chèque des Presses Universitaires d’Athabasca. En effet, j’ai dirigé la seconde édition de l’ouvrage « Theory and Practice of Online learning« , qui a été édité puis promu, vendu et distribué par ces presses universitaires. J’ai expliqué pourquoi j’ai choisi de sortir ce livre sous une licence Creative Commons ici.
Au cours de la première année, 404 exemplaires ont été vendus, et à 5% de droits sur les ventes, mon chèque se monte à 636$. Pendant la même année, 26 497 chapitres ou exemplaires complets du livre ont été téléchargés gratuitement. Cela signifie que 1,5% des lecteurs ont choisi de payer – ce qui est peut-être sous-estimé puisque certains lecteurs ont probablement téléchargé plus d’un chapitre, ou plus d’une fois. Quoi qu’il en soit, ces 600$ correspondent à peu près à ce que j’ai l’habitude de recevoir pour les 5 autres ouvrages universitaires que j’ai écrit ou co-écrit. Mais alors la notoriété auprès de 26 000 lecteurs de plus, ça n’a pas de prix !
 »

Terry Anderson, professeur à l’Université d’Athabasca, Royalties from Open Access (repéré par OANews).

OA week : l’exemple d’E-LIS

vert_ban_add_120x240.jpgSuite de la semaine de l’Open Access, avec une présentation d’ELIS.

ELIS est une archive ouverte thématique dédiée aux sciences de l’information et des bibliothèques, créée en 2003. Elle est maintenue et mise à jour par une équipe internationale de volontaires, constituée d’une soixantaine de bibliothécaires ; ceux-ci (les éditeurs) vérifient les métadonnées des documents soumis par les auteurs et valident les dépôts.
ELIS fait partie du projet de recherche RCLIS (Research in Computing, Library and Information Science), qui vise à recenser et à disséminer le plus largement possible la production de recherche dans le domaine des sciences de l’information et des bibliothèques. Techniquement, l’archive est hébergée par l’AEPIC (Advanced e-Publishing Infrastructures – CILEA), service du CILEA, un consortium d’universités italiennes fortement impliqué dans le libre accès. L’AEPIC est également l’opérateur de l’archive ouverte italienne PLEIADI.

ELIS oeuvre également à la promotion de l’Open Access auprès des bibliothécaires par la participation de ses volontaires à de nombreuses manifestations professionnelles (au moins une trentaine de conférences et journées d’études en 2009).

Des contenus

L’archive accepte des documents scientifiques ou techniques, relevant des disciplines des sciences de l’information et des bibliothèques, publiés ou non, finalisés, pouvant être communiqués. Les documents déposés sont principalement des articles (plus de la moitié), mais également des présentations, des communications, des posters, des thèses. Plus de la moitié de ces documents a fait l’objet d’une validation par les pairs. La classification utilisée par l’archive, JITA, est spécifique aux sciences de l’information et des bibliothèques.

De la technique
L’archive est construite avec le logiciel open source GNU E-prints, qui utilise nativement le protocole OAI, ce qui la rend moissonnable par de nombreux moteurs de recherche (généralistes comme spécialisés).

Des chiffres

En octobre 2009, l’archive héberge plus de 9600 documents en 37 langues, provenant de 5600 auteurs. Les plus gros contributeurs sont l’Espagne, l’Italie (plus de 1000 documents), les Etats-Unis, l’Inde et Cuba (entre 500 et 1000 docs), le Royaume-Uni, la Grèce, le Mexique, l’Allemagne et le Canada (entre 300 et 500 docs).

Les statistiques de consultation, plutôt en hausse régulière depuis 2005, semblent marquer le pas, du moins en ce qui concerne le nombre d’abstracts et de documents téléchargés ; elles sont cependant à prendre avec précaution : je ne sais pas dans quelle mesure le changement de plateforme technique qui a eu lieu fin 2008 n’a pas affecté les chiffres sur les usages.

De la participation

La participation francophone à l’archive est assez faible (données octobre 2009) :

– on recense 131 documents en langue française : 54 provenant de Suisse, 41 de France, 11 de Belgique, 8 d’Argentine, 7 du Canada, 3 du Maroc , 8 d’autres pays européens.

– 85 documents proviennent de France (et oui, les auteurs français publient aussi en anglais) ; comme je le rappelais dans ce billet, certaines revues professionnelles autorisent l’auto-archivage, qui ne prend pas plus de 10 minutes sur E-LIS, il ne faut pas hésiter à se lancer.

D’ailleurs la participation est en hausse : j’ai édité pour la catégorie France 7 documents en 2008, 11 en 2009 – j’espère que vous serez encore plus nombreux en 2010 ! 😉


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