Archive for the 'Tendances' Category



Qu’est-il arrivé aux listes de diffusion ?

3590546148_b6241f3242_m.jpg« Pour faire court, l’internet a mûri. Il y a 10 ou 15 ans, les listes de diffusion étaient vraiment le seul outil disponible (en dehors d’une poignée de salons de tchat thématiques). Si vous étiez un spécialiste des dinosaures, vous vous abonniez à la liste de diffusion sur les dinosaures. Aujourd’hui, vous avez le choix entre la liste de diffusion des dinosaures, de nombreux forums, les réseaux sociaux, et les blogs. En même temps, la communauté des utilisateurs a explosé. Il y a littéralement des centaines – et peut-être des milliers – de collègues qui suivent, commentent et créent des contenus sur la paléontologie tous les jours. Non seulement la conversation s’est déplacée, mais elle s’est élargie à un éventail de niches.« 

Andy Farke, du blog The open source paleontologist, retrace l’évolution de la communication entre paléontologues dans What Happened to Mailing Lists ? Part 2 (Part 1).

[photo : walliethefrog]

Risqués, les SIGB libres ?

3256116085_75a5eb07da_m.jpgKlog traduisait il y a quelques semaines un extrait de cet article analysant les relations paradoxales des bibliothécaires et des logiciels open source. Je signale également cette traduction d’un article du Library Journal par Jonathan Rochkind, bibliothécaire système à la bibliothèque Sheridan de l’Université Johns Hopkins, sur les risques que présentent les logiciels open source pour les bibliothèques en matière de support technique, argument souvent avancé contre l’adoption des SIGB libres. Il rappelle que plusieurs solutions sont possibles : l’appui de la communauté des développeurs et des utilisateurs (chaque logiciel a ses « évangélistes »), ou bien la contractualisation avec une société de services spécialisée, pour des prestations de support et de maintenance – et qu’elles ne sont ni plus, ni moins risquées que dans le cadre de l’utilisation d’un logiciel propriétaire. [Elles impliquent à mon avis d’autres changements dans les relations des bibliothécaires avec les prestataires et avec les communautés, mais bon après tout qu’est-ce que j’en sais ?]

Il conclut : « La survie même des bibliothèques en tant qu’institutions pertinentes et utiles à l‘ère de la société de l’information dépend directement des innovations dont nous parlons ici. Pour ce qui est des technologies utilisées en bibliothèque, la gestion du risque ne devrait pas être et ne peut pas être uniquement une politique d‘évitement. Les bibliothèques ont bien au contraire besoin de prendre des risques afin de rester pertinentes et utiles à leurs usagers. Dans l’environnement technologique actuel, l’utilisation de logiciels open source est bien souvent la voie d’accès privilégiée à l’innovation. »

Ce que j’aime bien chez les bibliothécaires américains, c’est leur optimisme.
[photo : Rémy Saglier Doubleray]

La revanche du Minitel ?

2435127840_f411450625_m.jpg« […]La faiblesse du Minitel était qu’il était un réseau centré. L’avantage d’Internet est d’être décentralisé. Et même acentré. C’est ce qui fait tout la différence entre Internet et les autres réseaux. Et ce qui permet à chacun d’innover. Là, on est à cheval entre les deux. Il y a une citation de Linus Tovalds (créateur du noyau Linux) qui disait en 1995 : « les backups c’est pour les fillettes, les vrais hommes mettent leurs données sur un serveur FTP et laissent le reste du monde créer des miroirs. » Or si vous regardez le noyau Linux, son code source est un paquet de données, au même titre qu’un film ou qu’un livre, dont toutes les versions, depuis la première en 1991-92, sont sur le net. Comme elles sont librement copiables, il y en a des centaines de milliers de copies. Chacun de ces sites peut disparaître, on ne perdra jamais son contenu.

De l’autre côté, il y a la bibliothèque numérique : je n’ai pas le droit de faire de miroir pour que les données ne se perdent pas. Tout est gardé sur un gros ordinateur central en espérant que ça ne crame pas. Comme dans la scène de Rollerball où un scientifique gueule contre un ordinateur : « Cette saloperie m’a perdu tout le XIIIe siècle ! » C’est du Minitel. C’est tout le contraire d’Internet, et c’est très dangereux. On sait que la bibliothèque d’Alexandrie, ça finit toujours par brûler.
On le sait, mais on continue ?

Oui. Et ça n’est pas une question neutre de savoir si, le savoir de l’humanité, on va le garder ou on va le perdre comme des cons. Par exemple, la Nasa n’est pas capable de relire les vidéos des différents alunissages. Ils n’ont plus de magnétoscope capable de lire le modèle de bande magnétique sur lequel ils les ont enregistré. Ils ont des copies, mais plus accès aux bandes originales. Et ça plaide pour deux choses. Un : des formats ouverts et standardisés. Deux : le droit de les copier. Quand je reçois un DVD de chez Amazon et en fait une copie pour mon lecteur portable, j’en fait une copie privée. Ce qu’on essaye de m’empêcher de faire. Mais je fais un boulot de conservateur à ma petite échelle puisque je fais la copie d’un savoir qui se perdra d’autant moins. Et plus on fait de copies, moins il se perdra.[…] »

Benjamin Bayart, président de FDN (French Data Network), interviewé par Astrid Girardeau sur Ecrans.fr.
[photo : _foam ]

Un avis sur les réseaux sociaux académiques

29883811_7196027086_m.jpg« J’ai trouvé bon nombre de ces sites attractifs au premier abord, et j’ai apprécié de m’y aventurer. Mais maintenant que j’ai testé ces plateformes, revenir à Facebook, c’est un peu comme rentrer à la maison. C’est vrai que je ne peux pas y trouver les autres chercheurs qui partagent mes centres d’intérêt. Mais si l’on considère le nombre d’autres moyens que j’ai de les trouver – entre les publications, les blogs et les conférences -, ai-je réellement besoin d’un réseau social de plus ? »

C’est la conclusion à laquelle arrive Kim Leeder, après avoir dressé un panorama des réseaux sociaux dédiés aux universitaires dans cet article du blog In the library with the lead pipe.

Positionnement

490804338_34b5ce8b71_m.jpg« La plupart des bibliothèques ont des sites depuis longtemps, qui ont vraisemblablement des scores élevés sur Google. Tout ce qu’il vous faut maintenant, c’est de nouveaux contenus pour maximiser votre classement. Vous pouvez tirer profit des blogs pour cela, ou bien créer des bibliographies thématiques sur des sujets d’actualité, ou encore juste poster des critiques de livres sur votre site. Cela peut être aussi simple que ça.

J’ai entendu récemment lors de conversations des bibliothécaires déplorer le fait que personne ne consulte leurs sites. En fait, c’est vrai pour un bon nombre de sites web de bibliothèques. Mais cela peut changer !

Nous devons positionner nos sites comme des endroits qui valent la visite. Ils ne doivent pas être une simple entrée vers le catalogue en ligne. Il doit y avoir autre chose que des listes de résultats sur nos sites. Nous devons changer nos contenus, les mettre à jour, et permettre à nos utilisateurs de nous répondre via nos sites. A nous de décider si nous voulons que nos sites méritent que nos personnels y passent du temps. Si ce n’est pas le cas, pourquoi mériteraient-ils que nos usagers y passent du temps ? »

Lu chez Sites and soundbytes, à propos de l’intérêt pour les bibliothécaires de comprendre comment Google fonctionne.
[photo : pulpolux]

Absents mais pas inactifs

a9d8345b1577c332de0ecd175a064644.jpg« Les utilisateurs ont clairement maintenant substitué les usages virtuels aux usages physiques. Mais ce n’est pas parce qu’ils ne viennent pas qu’ils sont inactifs.Les ressources électroniques fournies via les portails de bibliothèques et internet ont apporté aux usagers des avantages bien plus conséquents que ce qu’ils auraient pu attendre quand la bibliothèque physique était la seule alternative.

Et les bibliothécaires ont plutôt réussi la transition, comme le montrent plusieurs enquêtes de satisfaction. C’est un signe très positif, qui démontre que les bibliothécaires ont fait ce qu’ils étaient à même de réussir. Vouloir attacher les utilisateurs à la bibliothèque physique n’a jamais été une option très réaliste, ceux-ci savent utiliser les stratégies qui fonctionnent le mieux pour eux. Ce qui a eu pour conséquence une baisse de la fréquentation des bibliothèques, et une augmentation de l’usage des ressources électroniques pour la recherche, l’étude et l’enseignement.

Essayer de ramener les étudiants à la bibliothèque pour leur faire utiliser les ressources imprimées peut être un échec si les enseignants ne leur imposent pas cet usage, ou si des alternatives en ligne existent. L’ajout d’un café, d’une galerie d’art, de salles informatiques, de salles de cours et d’autres services non documentaires peut faire augmenter les entrées, mais n’aura vraisemblablement pas d’influence sur les taux d’usage des documents. 53bf5bb1be860b634a3cac8246a06cfa.jpg

La fin du déclin des prêts et de l’assistance aux usagers, que de nombreuses bibliothèques constatent, n’est pas pour demain. Cela présente des difficultés considérables pour quiconque essaye de justifier une nouvelle construction ou une amélioration des budgets documentaires, et c’est là qu’il est indispensable de démontrer comment les augmentations monumentales de l’usage des collections et des services électroniques, associées à de solides investissements dans les collections papier permettront d’offrir un bénéfice optimal pour les étduiants et les enseignants-chercheurs. »

Conclusion de The Absent User: Physical Use of Academic Library Collections and Services Continues to Decline 1995–2006, article de Charles Martell qui synthétise bien la problématique, je trouve.
[photos : dynamosquito]

Compagnons en droit

181c6cf07a2344cad832c90ff2362393.jpgA mi-chemin entre l’article et le billet de blog, on trouve pour les juristes de plus en plus de suppléments en ligne, équivalent des « Companions in … » qui existent en sciences dures. Y sont généralement regroupés des commentaires, des mini essais, des questions/ réponses autour de thèmes d’actualité juridique, qui émanent d’étudiants avancés, d’enseignants, de professionnels du droit. Ce sont souvent des lieux d’échanges sur des questions pointues ou de débats sur des sujets « chauds », qui utilisent la réactivité d’internet tout en suivant un minimum de ligne éditoriale.
Ken Strutin a décidé dans le post « Guide to Short Form Open Access Legal Publications » sur LLRX de les suivre et de les lister, en attendant qu’ils soient un jour intégrés dans les outils d’indexation commerciaux.
Thanks Ken !
[crédit photo : tajai]

Biblio-tendances de printemps 2007

medium_369877366_b28f631722_m.jpgMichael Stephens a posté il y a quelques temps ses « 10 tendances pour les bibliothécaires en 2007« , dont je vous livre ici un résumé :
Conversation : le web 2.0 est une affaire d’échange et de participation à la conversation globale, le bibliothécaire doit trouver les moyens de participer, et de permettre aux usagers de s’exprimer dans son univers
Convergence : la multiplication des outils de communication et des modes de diffusion doit être prise en compte par la bibliothèque, dont les contenus doivent être adaptés, notamment aux mobiles et autres i-phones
Contenus : la bibliothèque pourrait proposer un espace pour les contenus créés par les utilisateurs ; il cite YouTube, mais dans une logique universitaire on pourrait extrapôler aux plateformes d’archives ouvertes
Redéfinition des emplois en SIB : il s’agit de prendre en compte les nouvelles technologies dans les missions de la bibliothèque, ce qui doit se refléter dans les profils de poste : Responsable des technologies émergentes, Chargé de la stratégie numérique… L’accès est mis sur les compétences créatives et l’innovation.
Journalisme citoyen : les utilisateurs partagent leurs expériences (bonnes ou mauvaises) de la bibliothèque sur leurs blogs, leur compte Flickr, YouTube, etc ; aux bibliothèques d’entrer dans le dialogue sur ces espaces.
Humanisation : le bibliothécaire est une personne ! 😉
Ouverture et partage : la transparence bénéficie aussi bien aux bibliothécaires (qui communiquent mieux) qu’aux utilisateurs (qui financent les bibliothèques par ailleurs)
Participation : la bibliothèque a tout intérêt à gérer sa présence en ligne, en étant là où ses utilisateurs vont, et en autorisant l’échange sur son propre espace web.
Expérience : le bibliothécaire doit tester les nouveaux outils utilisés par les publics de la bibliothèque ; Second Life ou YouTube, c’est bien de savoir ce que c’est, expérimenter en vrai, c’est mieux (et en plus ça peut être marrant).

Au final son mot d’ordre c’est :
Apprendre à apprendre
S’adapter au changement
Scruter l’horizon
Beau programme !

[crédit photo : M. Stephens himself]

Ca YouTube chez vous ?

Un site qui monte, qui monte : YouTube, le site d’hébergement de vidéos créées par tout un chacun. Bibliothèques et bibliothécaires y sont présents, de multiples façons (2222 résultats pour le tag library ce jour) :
– vus avec humour : Super Librarian, Conan the librarian, Mr Bean at the library
– plus professionnellement :

– des vidéos de présentation du métier de bibliothécaire (librarian, library assistant, library technician)
I’m a librarian, une vidéo pour lutter contre les stéréotypes attachés au métier de bibliothécaire par vonjobi (The filipino librarian)

Par ailleurs Brian Matthews (The ubiquitous librarian) utilise YouTube comme un outil de formation à destination de ses usagers : il a ainsi monté plusieurs tutoriels pour apprendre à utiliser les bases de données que sa bibliothèque universitaire propose aux étudiants en ingéniérie, en informatique, etc. Il nous montre encore une fois qu’il est important que la bibliothèque s’intègre dans l’environnement de travail, mais pas uniquement : la présence de la bibliothèque dans l’environnement global de l’utilisateur, sur les réseaux sociaux type MySpace par exemple (article d’Mlive sur le sujet), peut contribuer non seulement à modifier l’image de la bibliothèque dans l’esprit de l’utilisateur, mais aussi l’amener à se tourner de façon plus automatique vers la bibliothèque pour ses recherches, à développer un genre de ‘réflexe bibliothèque’. Enfin, il me semble.

Alerte sur les logiciels sociaux

La biblioblogosphère US (ici, ici, et aussi ici, entre autres) commente largement ces jours-ci l’actualité législative : en effet, le projet de loi sur la « suppression des prédateurs numériques » (DOPA, Deleting Online Predators Act), vient d’être voté par les députés par 415 votes contre 10. Il doit maintenant passer au Sénat, mais il y a peu à espérer de ce côté là…

Mais de quoi s’agit-il au juste ? Et bien le DOPA est une mesure qui, dans le but louable de protéger les mineurs des mauvaises rencontres sur internet, obligerait les écoles et les bibliothèques américaines qui bénéficient d’un financement fédéral spécifique (« e-rate »), à bloquer l’accès aux sites de chat et à la plupart des logiciels sociaux pour pouvoir continuer à le recevoir.

Par logiciels sociaux, le législateur entend :

– délivrés par un fournisseur commercial

– permettant à des utilisateurs enregistrés de se créer un profil comprenant des information personnelles détaillées

– permettant à des utilisateurs enregistrés de se créer un journal en ligne et de le partager avec d’autres utilisateurs

– permettant d’obtenir des informations personnalisées sur les utilisateurs extrèmement précises

– permettant de communiquer entre utilisateurs

Ce qui s’applique, en gros, à tous les Flickr, Amazon, MySpace, les plateformes de blog,… Et, par ricochet, aux services qui appliquent les fonctionnalités si populaires des sites commerciaux dans d’autres domaines, comme OpenWorldCat d’OCLC, par exemple.

Au lieu de mettre l’accent sur l’éducation à l’information, sur la formation à la culture du réseau, sur la sensibilisation des utilisateurs (et pas seulement des mineurs) à un « safe surf », une navigation sur internet « protégée », on préfère nier le problème en tentant de bloquer les accès pour tous les utilisateurs potentiels. Comme si ces sites n’étaient pas accessibles par ailleurs, dans les cybercafés, à la maison, … Comme si les systèmes de filtrages d’internet étaient réellement performants…

Cette méconnaissance des usages et des pratiques du réseau me fait penser, comme c’est bizarre, à la loi DADVSI, qui vient de sortir du Conseil Constitutionnel encore plus répressive qu’avant d’y être entrée…


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