Archive for the 'Tendances' Category



Retour de scène

Avec quelques collègues twitterers, nous avons couvert le colloque de Lille en direct avec l’outil en ligne Cover it live, que j’avais déjà vu à l’oeuvre pour la session Top Tech Trends de la conférence LITA forum : notes du 26/11notes du 27/11.

J’ai trouvé l’expérience plutôt réussie : le système permettant de se connecter à Twitter, il a été possible d’agréger aux commentaires faits sur Cover it live tous les messages twittés avec le hashtag #epef09, ainsi que des photos, ou des liens vers les sites mentionnés par les intervenants. Les stats indiquent une centaine de visiteurs uniques pour chaque journée, ce qui n’est pas rien pour un premier essai.

J’ai l’impression que ce genre de pratique va se propager, l’étape suivante étant, à mon avis, de faire entrer cette « manifestation parallèle numérique » en amont, ie dans l’organisation des colloques et autres journées d’étude : au même titre que les viennoiseries de la pause café, il faudrait prévoir de bonnes conditions pour une couverture numérique des événements : des prises électriques, de la wifi (ça en général, ça va), mais aussi un signalement des opérations « live » sur la page d’accueil de la manifestation, une présence de la manifestation sur les réseaux sociaux (page facebook, hashtag prédéfini), etc.

C’est ma 2ème expérience de « reporting numérique » cette année (la première c’était pour le blog des journées AO de Couperin), et je trouve tout cela très stimulant ; le fait de pouvoir partager le travail dans une sorte de compte-rendu collaboratif est à la fois rassurant (surtout quand les journées sont denses, on est moins stressé à l’idée de manquer un passage trop technique par exemple) et un peu contraignant : sachant que mes commentaires sont suivis par mes pairs en direct, j’essaye de ne pas dire trop de bêtises, voire de dire des choses intéressantes ;-).

Une pratique que je tâcherai de renouveler, sans aucun doute.

<Update>Gaël détaille l’opération de live-blogging sur son tout nouveau blog 24 hour library people<Update>

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Library101 !

Finie la « bibliothèque 2.0 » : depuis hier, la nouvelle hype, c’est « Library101 » !

Library101, c’est un projet de David Lee King et Michael Porter, bibliobloggueurs de longue date, qui souhaitent aider les bibliothécaires à entrer dans le XXIème siècle, en ayant pleinement conscience des enjeux que font porter les mutations en cours dans notre « société de l’information » sur notre métier. Etre bibliothécaire aujourd’hui (et demain !), c’est maîtriser un certain nombre de compétences, savoirs-faire et autres savoirs tout court, en terme de communication, de technologies, de présence en ligne, pour pouvoir rester en phase avec sa communauté de service. C’est ce que David et Michael rappellent avec cette initiative, qui connaît déjà un certain succès : + de 2000 fans sur la page Facebook du projet. Sur le site on trouve :

– des liens (Resources To Know)

– des textes (Essays) rédigés par 2 douzaines de professionnels réputés du monde des bibliothèques anglophones

– et bien sûr la vidéo (ci-dessus), illustrée de photos et vidéos envoyées par + de 500 professionnels des bibliothèques du monde entier (oui, j’y suis. plusieurs fois, même)

Le site a été lancé hier après-midi en direct de Monterey, Californie, lors d’Internet Librarian 2009. L’intervention a été filmée, à l’instar de certaines keynotes des jours précédents ; toutes les vidéos sont disponibles sur la chaîne ILive, alimentée par l’équipe des Shanachies ; je vous recommande l’interview de Paul Holdengraber de la New York Public Library par Erik Boekesteijn : c’est pertinent, drôle, « inspirational »… réussi, quoi.

Qu’est-il arrivé aux listes de diffusion ?

3590546148_b6241f3242_m.jpg« Pour faire court, l’internet a mûri. Il y a 10 ou 15 ans, les listes de diffusion étaient vraiment le seul outil disponible (en dehors d’une poignée de salons de tchat thématiques). Si vous étiez un spécialiste des dinosaures, vous vous abonniez à la liste de diffusion sur les dinosaures. Aujourd’hui, vous avez le choix entre la liste de diffusion des dinosaures, de nombreux forums, les réseaux sociaux, et les blogs. En même temps, la communauté des utilisateurs a explosé. Il y a littéralement des centaines – et peut-être des milliers – de collègues qui suivent, commentent et créent des contenus sur la paléontologie tous les jours. Non seulement la conversation s’est déplacée, mais elle s’est élargie à un éventail de niches.« 

Andy Farke, du blog The open source paleontologist, retrace l’évolution de la communication entre paléontologues dans What Happened to Mailing Lists ? Part 2 (Part 1).

[photo : walliethefrog]

Risqués, les SIGB libres ?

3256116085_75a5eb07da_m.jpgKlog traduisait il y a quelques semaines un extrait de cet article analysant les relations paradoxales des bibliothécaires et des logiciels open source. Je signale également cette traduction d’un article du Library Journal par Jonathan Rochkind, bibliothécaire système à la bibliothèque Sheridan de l’Université Johns Hopkins, sur les risques que présentent les logiciels open source pour les bibliothèques en matière de support technique, argument souvent avancé contre l’adoption des SIGB libres. Il rappelle que plusieurs solutions sont possibles : l’appui de la communauté des développeurs et des utilisateurs (chaque logiciel a ses « évangélistes »), ou bien la contractualisation avec une société de services spécialisée, pour des prestations de support et de maintenance – et qu’elles ne sont ni plus, ni moins risquées que dans le cadre de l’utilisation d’un logiciel propriétaire. [Elles impliquent à mon avis d’autres changements dans les relations des bibliothécaires avec les prestataires et avec les communautés, mais bon après tout qu’est-ce que j’en sais ?]

Il conclut : « La survie même des bibliothèques en tant qu’institutions pertinentes et utiles à l‘ère de la société de l’information dépend directement des innovations dont nous parlons ici. Pour ce qui est des technologies utilisées en bibliothèque, la gestion du risque ne devrait pas être et ne peut pas être uniquement une politique d‘évitement. Les bibliothèques ont bien au contraire besoin de prendre des risques afin de rester pertinentes et utiles à leurs usagers. Dans l’environnement technologique actuel, l’utilisation de logiciels open source est bien souvent la voie d’accès privilégiée à l’innovation. »

Ce que j’aime bien chez les bibliothécaires américains, c’est leur optimisme.
[photo : Rémy Saglier Doubleray]

La revanche du Minitel ?

2435127840_f411450625_m.jpg« […]La faiblesse du Minitel était qu’il était un réseau centré. L’avantage d’Internet est d’être décentralisé. Et même acentré. C’est ce qui fait tout la différence entre Internet et les autres réseaux. Et ce qui permet à chacun d’innover. Là, on est à cheval entre les deux. Il y a une citation de Linus Tovalds (créateur du noyau Linux) qui disait en 1995 : « les backups c’est pour les fillettes, les vrais hommes mettent leurs données sur un serveur FTP et laissent le reste du monde créer des miroirs. » Or si vous regardez le noyau Linux, son code source est un paquet de données, au même titre qu’un film ou qu’un livre, dont toutes les versions, depuis la première en 1991-92, sont sur le net. Comme elles sont librement copiables, il y en a des centaines de milliers de copies. Chacun de ces sites peut disparaître, on ne perdra jamais son contenu.

De l’autre côté, il y a la bibliothèque numérique : je n’ai pas le droit de faire de miroir pour que les données ne se perdent pas. Tout est gardé sur un gros ordinateur central en espérant que ça ne crame pas. Comme dans la scène de Rollerball où un scientifique gueule contre un ordinateur : « Cette saloperie m’a perdu tout le XIIIe siècle ! » C’est du Minitel. C’est tout le contraire d’Internet, et c’est très dangereux. On sait que la bibliothèque d’Alexandrie, ça finit toujours par brûler.
On le sait, mais on continue ?

Oui. Et ça n’est pas une question neutre de savoir si, le savoir de l’humanité, on va le garder ou on va le perdre comme des cons. Par exemple, la Nasa n’est pas capable de relire les vidéos des différents alunissages. Ils n’ont plus de magnétoscope capable de lire le modèle de bande magnétique sur lequel ils les ont enregistré. Ils ont des copies, mais plus accès aux bandes originales. Et ça plaide pour deux choses. Un : des formats ouverts et standardisés. Deux : le droit de les copier. Quand je reçois un DVD de chez Amazon et en fait une copie pour mon lecteur portable, j’en fait une copie privée. Ce qu’on essaye de m’empêcher de faire. Mais je fais un boulot de conservateur à ma petite échelle puisque je fais la copie d’un savoir qui se perdra d’autant moins. Et plus on fait de copies, moins il se perdra.[…] »

Benjamin Bayart, président de FDN (French Data Network), interviewé par Astrid Girardeau sur Ecrans.fr.
[photo : _foam ]

Un avis sur les réseaux sociaux académiques

29883811_7196027086_m.jpg« J’ai trouvé bon nombre de ces sites attractifs au premier abord, et j’ai apprécié de m’y aventurer. Mais maintenant que j’ai testé ces plateformes, revenir à Facebook, c’est un peu comme rentrer à la maison. C’est vrai que je ne peux pas y trouver les autres chercheurs qui partagent mes centres d’intérêt. Mais si l’on considère le nombre d’autres moyens que j’ai de les trouver – entre les publications, les blogs et les conférences -, ai-je réellement besoin d’un réseau social de plus ? »

C’est la conclusion à laquelle arrive Kim Leeder, après avoir dressé un panorama des réseaux sociaux dédiés aux universitaires dans cet article du blog In the library with the lead pipe.

Positionnement

490804338_34b5ce8b71_m.jpg« La plupart des bibliothèques ont des sites depuis longtemps, qui ont vraisemblablement des scores élevés sur Google. Tout ce qu’il vous faut maintenant, c’est de nouveaux contenus pour maximiser votre classement. Vous pouvez tirer profit des blogs pour cela, ou bien créer des bibliographies thématiques sur des sujets d’actualité, ou encore juste poster des critiques de livres sur votre site. Cela peut être aussi simple que ça.

J’ai entendu récemment lors de conversations des bibliothécaires déplorer le fait que personne ne consulte leurs sites. En fait, c’est vrai pour un bon nombre de sites web de bibliothèques. Mais cela peut changer !

Nous devons positionner nos sites comme des endroits qui valent la visite. Ils ne doivent pas être une simple entrée vers le catalogue en ligne. Il doit y avoir autre chose que des listes de résultats sur nos sites. Nous devons changer nos contenus, les mettre à jour, et permettre à nos utilisateurs de nous répondre via nos sites. A nous de décider si nous voulons que nos sites méritent que nos personnels y passent du temps. Si ce n’est pas le cas, pourquoi mériteraient-ils que nos usagers y passent du temps ? »

Lu chez Sites and soundbytes, à propos de l’intérêt pour les bibliothécaires de comprendre comment Google fonctionne.
[photo : pulpolux]


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