Archive for the 'Profession' Category



Anticipation : 2020

« […]De quelles compétences les bibliothécaires vont-ils avoir besoin pour la bibliothèque de 2020 ?
– conception et développement web
– communication (savoir écrire pour le web, par exemple)
– maintenance informatique, pour eux-mêmes et pour leurs usagers
– intelligence politique
– marketing
– gestion de l’expérience utilisateur – en ligne et dans les espaces physiques
– relations avec d’autres professions
– pensée critique
– compétences sociales
– méthodologie de recherche
– compréhension des métadonnées – conception, normalisation, réutilisation
– sens aigü des affaires
– gestion de projet
– aisance sociale
– capacité d’auto-promotion, quel que soit l’interlocuteur
– plus d’hommes jeunes dans la profession
– ?!? 😉
– changement d’image
– compréhension des méthodes d’enseignement

Que devrons-nous laisser tomber d’ici à 2020 ?
– la duplication du catalogage – si nous devons garder le même nombre de catalogueurs, autant les faire travailler ensemble
– le prêt en masse
– des collections statiques
– les livres
– les formulaires et autres paperasses
– le perfectionnisme
– la peur de l’échec
– les groupes de travail
– le fait de réinventer la roue
– la prédominance du texte.
 »
Les réponses sont celles de bibliothécaires participant à un atelier « bibliothèque du futur » animé par Kathryn Greenhill lors d’une formation sur les bibliothèques 2.0 à Melbourne en mars dernier.

[photos : ryk_neethling]

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Temps de veille

Resourceshelf rapporte les résultats d’une enquête menée par l’Université de Göteborg sur les activités de recherche d’information et de veille de différents groupes professionnels (des infirmières, des enseignants et des bibliothécaires ont été observés) :

« Les bibliothécaires diffèrent des enseignants et des infirmières en cela que la recherche d’information est essentielle à leur profession. Cependant, comme les enseignants, les bibliothécaires interrogés ont répondu n’avoir jamais été formés à la veille. Le temps de travail dédiée aux activités telles que la consultation de la littérature professionnelle est rare dans les 3 groupes étudiés, et ceci bien que les bibliothécaires puissent bénéficier d’un accès à une information considérable sur leur lieu de travail. »

A peu près au même moment est sortie la dernière enquête sur les bibliothécaires universitaires menée par le Primary Research Group ; elle s’est penchée cette fois sur leur usage des blogs, de la littérature professionnelle, des conférences et leur participation associative. Voici les quelques résultats disponibles en ligne gratuitement (merci encore à Resourceshelf – le rapport complet coûte 85$ !) :

– les professionnels consacrent en moyenne 22,26 minutes par jour à la lecture de la presse professionnelle au format papier (31 minutes pour les plus de 60 ans)

– les moins de 30 passent 19 minutes quotidiennes à la consultation des blogs professionnels

– les listes de diffusion continuent à intéresser surtout ceux qui ont entre 10 et 20 ans d’expérience (qui déclarent y consacrer 23,12 minutes par jour en moyenne)

– 72% des sondés font partie d’une association professionnelle

– les professionnels chargés du service public sont ceux qui assistent le moins à des conférences

Disons que ça fait, papier + électronique compris, à peu près 2 heures hebdomadaires de veille : ça vous paraît beaucoup ? Peu ? Vous y passez combien de temps, à cette veille, vous ?

[photo : quinn.anya]

Travailler autrement

« Nous devons apprendre de nouveaux modes de travail si nous voulons maximiser la valeur de Koha dans nos organisations :

– Réfléchissez en fonction de ce que VOUS voulez, et pas de ce qui existe

– Apprenez les compétences de base de l’administration du système, et prenez la responsabilité du paramétrage de Koha pour qu’il soit conforme à ce que VOUS voulez

– Devenez à l’aise sur un outil de réseautage comme irc

– Apprenez à identifier, à décrire et à signaler les bugs, puis à tester les corrections

– Dites-vous « et si… ? » – et proposez des suggestions d’améliorations

– Puis rejoignez la conversation au sein de la communauté, pour vous assurer que les développeurs aient bien compris ce que vous vouliez, et réfléchissez au moyen de l’inclure dans la branche de développement principale

– Trouvez un développeur pour réaliser ce dont vous avez besoin si vous même n’êtes pas programmeur

– Apprenez à demander de l’aide et à en donner aux autres

– Partagez vos analyses et réflexions, vos trucs et astuces et vos supports internes (comme des tutoriels ou des vidéos)

– Devenez un adepte du travail collaboratif sur les wikis

– Financez des développements pour la communauté, sans les garder égoïstement pour vous-mêmes

– Et co-financez des développement conséquents avec d’autres organismes pour en partager les coûts, et que cela bénéficie à tout le monde ».

Ce sont les suggestions que Joann Ransom propose aux bibliothécaires qui se lancent dans l’aventure du libre avec Koha dans Users vs developpers : not in my universe ! Elle souligne la nécessité de sortir de la relation traditionnelle client-vendeur – pourtant si confortable – pour que les bibliothécaires arrivent à reprendre le contrôle de leur outil de travail. Il me semble qu’en France, on est loin de certains points de cette liste (passer à IRC après des décennies de messagerie, c’est pas gagné…), mais on se rapproche d’autres (le SUDOC a amené une certaine forme de travail collaboratif, au moins parmi les catalogueurs). Ce qui me paraît crucial ici, c’est le fait de savoir ce que nous voulons : finalement, avons-nous jamais réfléchi à ce que devrait être notre SIGB idéal ? Ne nous contentons-nous pas bien souvent de reproduire à l’identique les spécifications du système précédent dans nos cahiers des charges de réinformatisation ?

[photo : LuChOeDu]

Extension du domaine de la veille

Ce post du Vancouver Law Librarian attire notre attention sur la nécessité, pour les bibliothécaires et autres professionnels de l’information, d’étendre le périmètre de leur veille : en plus des bases de données, revues et sites web, il faut également regarder ce qui se fait du côté des applications pour mobiles, tant pour leurs aspects fonctionnels que pour les contenus proposés. En France nous avons un peu de marge – aucun éditeur juridique, par exemple, ne propose ce type d’appli, à ma connaissance – mais aux Etats-Unis on voit déjà arriver de la jurisprudence (Fastcase, Lexis-Nexis), et les éditeurs en sciences dures s’y sont mis aussi (ces jours-ci c’est Nature qui sort son appli). Alors il va falloir suivre, tester, essayer. (<digression>Mais comment on fait pour tester quand on n’a pas de smartphone ? On peut utiliser un émulateur : ça sert plutôt pour les programmeurs, mais pourquoi ne pas l’adapter à d’autres usages ?</digression>)

D’autant plus qu’il n’y a pas que les applis mobiles à avoir dans le radar, il y a aussi les extensions pour les logiciels plus traditionnels : ainsi, Lexis vient d’annoncer une extension pour les produits MS Office (Word et Outlook), qui permet de lancer des recherches dans la base, mais aussi sur l’intranet de l’entreprise, depuis les applications bureautiques, sans passer par la case navigateur… Et je ne vous parle même pas de tout ce qui gravite autour du livre électronique (livrels et autres liseuses, e-paper etc). Damned, mais comment allons-nous pouvoir suivre tout ça ? Qui va faire cette veille dans la bibliothèque ? « On n’a pas le temps de faire de la veille », vous savez bien… Et bien, m’est avis qu’il va falloir commencer à le prendre, le temps…

[photo : colodio]

Où sont les toilettes ?

« Les usagers posent fréquemment des informations d’orientation, même aux personnes situées à proximité d’un panneau leur donnant la réponse. Certaines personnes préfèrent clairement poser une question à un être humain plutôt que lire la signalétique d’un bâtiment. Les gens ont souvent tendance à commencer par poser des questions d’orientation lorsqu’ils se trouvent dans un nouvel environnement, parce que ce sont celles qui les intimident le moins. Si ça marche pour ça, et s’ils se sentent à l’aise, ils finissent par arriver à poser des questions plus compliquées. Les questions d’orientation paraissent sans doute terre-à-terre, mais elles peuvent aussi être le premier pas vers les réponses à d’autres questions à venir, et vers une plus grande confiance dans la bibliothèque de la part du lecteur qui pose la question. »
[…] « Si vous en avez marre d’entendre « Où sont les toilettes ? », alors il est peut-être temps de reconsidérer votre choix professionnel ou votre façon de travailler. En clair, soit vous arrêtez de faire du service au public, soit vous faites le nécessaire pour redynamiser vos relations avec le public et donner une image positive de votre bibliothèque. »

Diane Zabel et Lorraine J. Pellack dans le dernier édito de RUSQ, First impression and rethinking restroom questions.

[photo : woonyen77]

Library101 !

Finie la « bibliothèque 2.0 » : depuis hier, la nouvelle hype, c’est « Library101 » !

Library101, c’est un projet de David Lee King et Michael Porter, bibliobloggueurs de longue date, qui souhaitent aider les bibliothécaires à entrer dans le XXIème siècle, en ayant pleinement conscience des enjeux que font porter les mutations en cours dans notre « société de l’information » sur notre métier. Etre bibliothécaire aujourd’hui (et demain !), c’est maîtriser un certain nombre de compétences, savoirs-faire et autres savoirs tout court, en terme de communication, de technologies, de présence en ligne, pour pouvoir rester en phase avec sa communauté de service. C’est ce que David et Michael rappellent avec cette initiative, qui connaît déjà un certain succès : + de 2000 fans sur la page Facebook du projet. Sur le site on trouve :

– des liens (Resources To Know)

– des textes (Essays) rédigés par 2 douzaines de professionnels réputés du monde des bibliothèques anglophones

– et bien sûr la vidéo (ci-dessus), illustrée de photos et vidéos envoyées par + de 500 professionnels des bibliothèques du monde entier (oui, j’y suis. plusieurs fois, même)

Le site a été lancé hier après-midi en direct de Monterey, Californie, lors d’Internet Librarian 2009. L’intervention a été filmée, à l’instar de certaines keynotes des jours précédents ; toutes les vidéos sont disponibles sur la chaîne ILive, alimentée par l’équipe des Shanachies ; je vous recommande l’interview de Paul Holdengraber de la New York Public Library par Erik Boekesteijn : c’est pertinent, drôle, « inspirational »… réussi, quoi.

Savoir-faire et faire savoir

3977741615_41ebcabdd0_m.jpg« Alors, que faire des « sans commentaires » ? Quelle que soit la perception que chacun peut avoir de l’Enssib, pourquoi et comment une école emblématique de la profession peut ne pas s’ouvrir au dialogue tel qu’il est pratiqué aujourd’hui, peut ne pas accepter une discussion sur les sujets communs de préoccupation ? Nous ne lui demandons pas d’être derrière un F Bon ou un O Ertzscheid mais plutôt DEVANT.« 

Mercure, réagissant dans Enssib, édito et commentaires, à la fin de non-recevoir de la directrice de l’enssib pour qui « Un édito n’est pas un forum. Donc, pas de commentaires.« 

Où l’on réalise que la question posée dans ledit édito : « Comment mettre en œuvre de nouveaux outils (en particulier numériques) qui permettent […] le dialogue ? » trouvera vraisemblablement sa réponse ailleurs qu’à l’enssib.

[photo : victius]


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