Archive for the 'Profession' Category



Extension du domaine de la veille

Ce post du Vancouver Law Librarian attire notre attention sur la nécessité, pour les bibliothécaires et autres professionnels de l’information, d’étendre le périmètre de leur veille : en plus des bases de données, revues et sites web, il faut également regarder ce qui se fait du côté des applications pour mobiles, tant pour leurs aspects fonctionnels que pour les contenus proposés. En France nous avons un peu de marge – aucun éditeur juridique, par exemple, ne propose ce type d’appli, à ma connaissance – mais aux Etats-Unis on voit déjà arriver de la jurisprudence (Fastcase, Lexis-Nexis), et les éditeurs en sciences dures s’y sont mis aussi (ces jours-ci c’est Nature qui sort son appli). Alors il va falloir suivre, tester, essayer. (<digression>Mais comment on fait pour tester quand on n’a pas de smartphone ? On peut utiliser un émulateur : ça sert plutôt pour les programmeurs, mais pourquoi ne pas l’adapter à d’autres usages ?</digression>)

D’autant plus qu’il n’y a pas que les applis mobiles à avoir dans le radar, il y a aussi les extensions pour les logiciels plus traditionnels : ainsi, Lexis vient d’annoncer une extension pour les produits MS Office (Word et Outlook), qui permet de lancer des recherches dans la base, mais aussi sur l’intranet de l’entreprise, depuis les applications bureautiques, sans passer par la case navigateur… Et je ne vous parle même pas de tout ce qui gravite autour du livre électronique (livrels et autres liseuses, e-paper etc). Damned, mais comment allons-nous pouvoir suivre tout ça ? Qui va faire cette veille dans la bibliothèque ? « On n’a pas le temps de faire de la veille », vous savez bien… Et bien, m’est avis qu’il va falloir commencer à le prendre, le temps…

[photo : colodio]

Où sont les toilettes ?

« Les usagers posent fréquemment des informations d’orientation, même aux personnes situées à proximité d’un panneau leur donnant la réponse. Certaines personnes préfèrent clairement poser une question à un être humain plutôt que lire la signalétique d’un bâtiment. Les gens ont souvent tendance à commencer par poser des questions d’orientation lorsqu’ils se trouvent dans un nouvel environnement, parce que ce sont celles qui les intimident le moins. Si ça marche pour ça, et s’ils se sentent à l’aise, ils finissent par arriver à poser des questions plus compliquées. Les questions d’orientation paraissent sans doute terre-à-terre, mais elles peuvent aussi être le premier pas vers les réponses à d’autres questions à venir, et vers une plus grande confiance dans la bibliothèque de la part du lecteur qui pose la question. »
[…] « Si vous en avez marre d’entendre « Où sont les toilettes ? », alors il est peut-être temps de reconsidérer votre choix professionnel ou votre façon de travailler. En clair, soit vous arrêtez de faire du service au public, soit vous faites le nécessaire pour redynamiser vos relations avec le public et donner une image positive de votre bibliothèque. »

Diane Zabel et Lorraine J. Pellack dans le dernier édito de RUSQ, First impression and rethinking restroom questions.

[photo : woonyen77]

Library101 !

Finie la « bibliothèque 2.0 » : depuis hier, la nouvelle hype, c’est « Library101 » !

Library101, c’est un projet de David Lee King et Michael Porter, bibliobloggueurs de longue date, qui souhaitent aider les bibliothécaires à entrer dans le XXIème siècle, en ayant pleinement conscience des enjeux que font porter les mutations en cours dans notre « société de l’information » sur notre métier. Etre bibliothécaire aujourd’hui (et demain !), c’est maîtriser un certain nombre de compétences, savoirs-faire et autres savoirs tout court, en terme de communication, de technologies, de présence en ligne, pour pouvoir rester en phase avec sa communauté de service. C’est ce que David et Michael rappellent avec cette initiative, qui connaît déjà un certain succès : + de 2000 fans sur la page Facebook du projet. Sur le site on trouve :

– des liens (Resources To Know)

– des textes (Essays) rédigés par 2 douzaines de professionnels réputés du monde des bibliothèques anglophones

– et bien sûr la vidéo (ci-dessus), illustrée de photos et vidéos envoyées par + de 500 professionnels des bibliothèques du monde entier (oui, j’y suis. plusieurs fois, même)

Le site a été lancé hier après-midi en direct de Monterey, Californie, lors d’Internet Librarian 2009. L’intervention a été filmée, à l’instar de certaines keynotes des jours précédents ; toutes les vidéos sont disponibles sur la chaîne ILive, alimentée par l’équipe des Shanachies ; je vous recommande l’interview de Paul Holdengraber de la New York Public Library par Erik Boekesteijn : c’est pertinent, drôle, « inspirational »… réussi, quoi.

Savoir-faire et faire savoir

3977741615_41ebcabdd0_m.jpg« Alors, que faire des « sans commentaires » ? Quelle que soit la perception que chacun peut avoir de l’Enssib, pourquoi et comment une école emblématique de la profession peut ne pas s’ouvrir au dialogue tel qu’il est pratiqué aujourd’hui, peut ne pas accepter une discussion sur les sujets communs de préoccupation ? Nous ne lui demandons pas d’être derrière un F Bon ou un O Ertzscheid mais plutôt DEVANT.« 

Mercure, réagissant dans Enssib, édito et commentaires, à la fin de non-recevoir de la directrice de l’enssib pour qui « Un édito n’est pas un forum. Donc, pas de commentaires.« 

Où l’on réalise que la question posée dans ledit édito : « Comment mettre en œuvre de nouveaux outils (en particulier numériques) qui permettent […] le dialogue ? » trouvera vraisemblablement sa réponse ailleurs qu’à l’enssib.

[photo : victius]

D’autres marges

2428939280_c127743b00_m.jpgJ’ai trouvé dans ce post sur le blog de Lauren Pressley quelques suggestions pour alimenter le questionnement de Daniel sur Face-écran sur les marges de manoeuvre disponibles en bibliothèque :

« – Arrêter avec nos OPACs compliqués et le temps de formation des usagers qui va avec – utiliser la moitié du temps (et de l’énergie !) consacré à la formation pour améliorer le design de nos systèmes.

– Réinventer le service de référence

– Lever le pied sur le catalogage et autres questions d’AACR2-MARC-OCLC…

– Réaffecter les personnels sur les ressources électroniques. Faire du traitement des documents imprimés une spécialité, et des ressources en ligne la norme »

Lauren rend compte de l’intervention de Kenning Arlitsch (University of Utah) et Kristin Antelman (North Carolina State University) lors de la conférence annuelle de la LITA, qui a lieu ces jours ci. Celles-ci ont enquêté sur la perception de la culture organisationnelle qu’ont de futurs responsables de bibliothèques (voir le détail de l’enquête). Il en ressort qu’il existe un fort écart entre leur perception d’une organisation réellement opérationnelle et l’organisation qu’ils connaissent actuellement. Ils se disent limités par la structure actuelle des bibliothèques (rigides, hierarchisées, auto-centrées), notamment universitaires, pour faire évoluer le service rendu et leur profession. Le manque de réactivité face aux technologies est également pointé, ce qui a donné lieu à débat à l’issue de la présentation, notamment sur les rapports entre les bibliothécaires et les services informatiques, et sur les compétences techniques des bibliothécaires : faut-il des informaticiens formés à la bibliothéconomie ? Les écoles de bibliothécaires doivent-elles former aux nouvelles technologies ? Des questions que l’on se pose aussi ailleurs sur Face-écran

[photo : thomasbrandt]

10 conseils tech pour les directeurs de bibliothèque

3915829583_7241458e9e_m.jpgSur Techessence.info, Roy Tennant propose 10 conseils pour les administrateurs de bibliothèques à propos de l’informatique et des technologies (je résume) :
– La technologie, ce n’est pas aussi difficile que l’on pourrait croire (et c’est en tout cas beaucoup plu simple qu’il y a quelques années)
– Les technologies sont de plus en plus simples
– Les outils et les technologies coûtent de moins en moins cher
– L’investissement le plus coûteux, et le plus précieux, ce sont vos personnels – d’où l’intérêt de les former et de leur fournir des outils de travail adéquats.
– La perfection n’existe pas : il ne sert à rien d’attendre l’outil / le site parfait, mieux vaut sortir une version beta et faire des mises à jour fréquentes, qui tiennent compte des demandes des utilisateurs ; ils y sont habitués du reste, et cela peut toujours excuser les imperfections de votre site / outil
– N’ayez pas peur d’échouer : tout ne fonctionnant pas forcément du premier coup, mieux vaut lancer plusieurs projets et voir ensuite ce qui fonctionne ou pas. Il ne faut avoir peur ni d’échouer, ni d’expérimenter.
– N’ayez pas peur de réussir : quand ça marche, faites-le savoir !
– Jouez la carte du prototype : il donne un aperçu réel du service final, et a un rôle pédagogique non négligeable pour les équipes (et fait gagner du temps pour la mise en oeuvre s’il est validé)
– Dans un projet technique, la gestion de projet est capitale – et votre meilleur informaticien n’est pas forcément le meilleur chef de projet : faire travailler les gens en équipe est souvent une stratégie payante
« La plus grosse menace sur un projet technique est essentiellement politique. Au bout du compte, la partie technique est la plus facile. Ce qui est difficile, c’est la partie humaine. C’est pourquoi votre rôle, en tant que directeur de bibliothèque, est le plus important de tous dans n’importe quel projet technique. Allez-vous apporter votre soutien politique au projet ? Souhaitez-vous investir dans les ressources nécessaire pour en faire un succès ? Allez-vous mobiliser toute votre institution pour soutenir, promouvoir et utiliser ce nouveau site ou service ? Si tel n’est pas le cas, ce n’est pas la peine. Si ça l’est, alors bienvenue dans ce qui a toutes les chances d’être une réussite. »

Thanks, Roy !
[photo : Freebird_71]

Une question d’attitude

3607353410_0991c69dcd.jpg« Toutes ces courbettes et toute cette diplomatie, ça a l’air horrible »
« Je ne suis pas devenu bibliothécaire pour passer mes journées sur excel »
« Je ne voudrais jamais faire de management »
« Je ne pourrai jamais faire ce que tu fais »
« Je ne voudrais jamais d’un travail tel que le tien »
« N’oublie pas d’où tu viens »
« Tu es sûre de vouloir ce boulot ? »
« Est-ce qu’au moins tu aimes le boulot que tu fais ? »

Nous avons un problème d’attitude dans la profession. Regardez les commentaires ci-dessus. Je les ai tous entendus au moins une fois au cours des 6 dernières semaines. […] Ils proviennent presque tous de professionnels de bibliothèques qui grimacent dès que l’on parle de management. Alors voici mes réponses à ça :
« Toutes ces courbettes et toute cette diplomatie, ça a l’air horrible » : En fait, ça a surtout l’air d’être ce qu’il faut faire pour être sûr d’avoir le soutien nécessaire pour pouvoir fonctionner. Chaque fois que je souris ou que je serre la main d’un administrateur, que j’aide à résoudre un problème pour un autre service, ou que je donne une information pour quelqu’un en dehors de la bibliothèque, je montre notre bonne volonté dans les relations [avec nos partenaires]. Et un jour vous aurez besoin de moi pour [leur] rappeler cette bonne volonté, et faire en sorte qu’un projet de la bibliothèque avance. Alors ce n’est pas horrible. C’est nécessaire. Et puis, être gentille et serviable ? C’est gratifiant pour le genre de personne que je veux être.
« Je ne suis pas devenu bibliothécaire pour passer mes journées sur excel » : Vous savez quoi ? Moi si. J’aime les données. J’adore l’information. J’aime la manipuler et l’étudier et lui faire dire ce que je dois savoir. Excel et moi, on est potes. Et s’il n’y avait personne pour passer des jours entiers à naviguer dans Excel, vous n’auriez pas une bonne analyse, juste et précise, de l’information disponible dans votre bibliothèque. Alors ne dénigrez pas cela : j’aime ça, et tant mieux pour vous si j’aime ça, et le fait que ça me plaît ne me rend pas moins bibliothécaire que vous pour autant.
« Je ne voudrais jamais faire de management » : Et bien moi oui. Et j’en fais. Et vous avez de la chance que quelqu’un en fasse, parce que ce bateau ne navigue pas tout seul. Besoin de quelqu’un pour trancher quand 2 collègues ne sont pas d’accord ? C’est du management. Besoin de quelqu’un pour répartir les financements équitablement ? C’est du management. Besoin de quelqu’un pour défendre la bibliothèque ? Management. Besoin de quelqu’un pour décider des recrutements ? Management. Il faut bien que quelqu’un le fasse.
« Je ne pourrai jamais faire ce que tu fais » : Dans la plupart des cas, bien sûr, vous pourriez. C’est juste que vous ne voulez pas.
« Je ne voudrais jamais d’un travail tel que le tien » : Bon là c’est sans doute vrai. Mais avez-vous besoin de le dire sur ce ton ? Parce que, comme je l’ai dit, j’ai voulu ce poste, alors en parler de façon si méprisante, c’est vraiment vexant, voyez-vous ?
« N’oublie pas d’où tu viens » : &lt;les bras m’en tombent&gt; Pensez-vous que j’aie si peu de personnalité que, quand j’enfile mon Grand Manteau De Manager (Pas Si) Bien Payé, je puisse oublier que je suis bibliothécaire ? Ou que je n’aie plus de patron, ni de comptes à rendre à personne, ou que je me fiche des conséquences de mes actions ? […]
« Tu es sûre de vouloir ce boulot ? » : … Oui ? J’ai mis beaucoup de temps et d’investissement pour la candidature, j’ai travaillé dur pour assurer au téléphone et lors des 2 jours d’entretiens, j’ai négocié mon salaire, et après tout ça, je n’aurais pas signé le contrat si je n’avais pas voulu ce poste. Vraiment. Je savais ce qui m’attendait, et j’y ai pensé longuement. Je veux réussir, et je n’aurai pas pris ce job si je ne pensais pas que je pouvais y arriver – et surement pas si je n’avais pas voulu y arriver.
« Est-ce qu’au moins tu aimes le boulot que tu fais ? » : Oui, oui et encore oui.
J’aime savoir que toutes mes actions au quotidien vont en soutien au travail des bibliothèques. J’aime savoir que mes décisions comptent. J’aime savoir que j’aide les gens. J’aime savoir que mon temps est utile, et passé à des tâches utiles. J’aime organiser. J’aime planifier. J’aime développer des stratégies et voir ce qu’elles donnent. J’aime me faire des amis et cultiver mes relations. J’aime penser à des problèmes complexes. J’aime interagir avec des personnes ayant des compétences et des intérêts très différents des miens.
Je dois faire toutes ces choses en tant que Directrice des bibliothèques. Alors oui, j’aime mon boulot. J’en suis ravie.
Et je suis vraiment désolée que tant de gens aient eu de mauvais managers, des patrons mesquins, des gestionnaires inconscients, mais il faut vraiment dépasser ça. Nous avons, en tant que profession, un mauvais état d’esprit en ce qui concerne le management, or nous avons besoin de managers. Votre chef va partir à la retraite – qui va prendre ce rôle ? Il vaudrait mieux pour vous que ce ne soit pas une de ces personnes qui ont passé leur carrière à rabaisser les managers… Et si c’est une personne qui a été constamment dénigrée parce qu’elle voulait avoir une fonction de management, je parierai ma paire de Fluevog que vous serez soulagés quand vous réaliserez qu’elle vaut mieux que ce que vous auriez pensé. »
An attitude problem, par Jenica Rogers-Urbanek, moins de 30 ans, Directrice des bibliothèques de la State University of New York at Potsdam depuis le 1er juillet 2009, sur son blog Attempting elegance.

Formation permanente

440559743_c4c824cbd6_m.jpgPourquoi l’apprentissage des technologies émergentes fait partie du travail de tous les bibliothécaires, c’est le titre de l’intervention donnée par Kathryn Greenhill, bibliothécaire à l’Université de Murdoch, début mai à la conférence Educause Australasia 2009.

D’abord, elle rapporte les objections avancées par les collègues pour ne pas se former :
⁃ Je n’ai pas le temps
⁃ J’ai trop de travail pour jouer
⁃ Je ne comprend pas comment utiliser de nouvelles technologies dans mon travail actuellement
⁃ Je préfère juste lire des articles sur les nouvelles technologies
⁃ Il n’y a pas d’étude validée par les pairs sur la pertinence de ces nouvelles technologies
⁃ Je veux qu’on me dise quels outils sont pertinents et n’apprendre à me servir que de ceux-ci.

Ensuite, elle liste 21 raisons pour appuyer son propos, et propose des pistes pour trouver le temps de s’y mettre – pour moi ce n’est pas une question de temps ; du reste, le succès des formation en ligne que Kathryn évoque en préambule (Steven Bell en a dressé une liste conséquente) montre qu’on peut apprendre avec un investissement en temps minime : tout le monde peut dégager 1/4 d’heure par jour, ou 1 heure par semaine pour s’auto-former aux nouveaux outils et usages du web.

Voici ses 21 raisons (c’est moi qui souligne) :
a) Pour améliorer le coeur de métier : Notre mission de base est la mise en relation de gens et d’informations. De nouvelles façons de le faire, plus efficaces, existent, et nous devons les connaître.
b) Pour augmenter notre productivité : L’ensemble des tâches qui nous sont confiées peuvent être facilitées au moyen des technologies émergentes, encore faut-il savoir s’en servir.
c) Accéder à une perspective internationale : Notre réseau professionnel ne doit pas se restreindre à notre propre pays ; les nouveaux outils facilitent la formation de « communautés d’intérêt ».
d) Connaître les réalisations d’autres bibliothèques : Les revues imprimées et les conférences ne sont plus le meilleur moyen de se renseigner sur les succès ou les échecs des autres bibliothèques. Avec les blogs, les wikis, les podcasts – tous interrogeables dans votre agrégateur par une recherche sujet, vous pouvez faire de la veille et débattre de ces sujets avec vos collègues.
e) Comprendre l’information sous tous ses formats : Les utilisateurs vont nous questionner sur ces sources d’information. Est-ce que c’est bien les servir que de leur répondre « désolée je ne connais que certains formats d’information » ?
f) Veiller : Les outils évoluent et changent constamment. Ce qui démarre comme une distraction apparemment inutile peut devenir une source d’information potentielle une fois qu’elle a atteint une masse critique ou bien que les gens lui trouvent un nouvel usage (twitter par exemple). Nous devons être attentifs à ça et comprendre ce qui se passe.
g) Réorienter nos savoir-faire traditionnels : Tagguer, les métadonnées, le data-mining, l’indexation – ces nouvelles technologies ont besoin de nos compétences.
h) Comprendre les enjeux technologiques lors des négociations commerciales : Si nous ne savons pas ce qu’il est possible de faire, gratuitement, en utilisant de nouveaux outils, alors les sociétés commerciales spécialisées dans les bibliothèques pourront continuer à nous vendre des « solutions » propriétaires et chères.
i) Etre prêt quand un nouvel outil devient grand public : Ce que quelques initiés utilisent maintenant, le grand public s’en servira dans 18 mois. Si nous nous familiarisons avec ces outils dans leur phase de démarrage, nous saurons mieux comment les utiliser lorsque les usagers s’attendront à ce que nous les ayons incorporés à nos services.
j) Comprendre la redéfinition de notre coeur de métier : Certaines notions de base en vigueur dans les bibliothèques sont en train d’être redéfinies – le droit d’auteur, le plagiat, la recherche scientifique, l’autorité, la vie privée, les loisirs. Nous devons participer aux débats là où ils ont lieu.
k) Gérer nos personnels « technophiles » : Nous avons besoin de personnels jeunes, technologiquement à l’aise, passionnés et intelligents pour appréhender tous ces changements, et nous devons en savoir suffisamment pour pouvoir gérer ces personnels et utiliser au mieux leurs nouvelles compétences.
l) Personne ne connaît mieux nos utilisateurs que nous : Un grand nombre des nouveaux outils du web est très simple à utiliser et à apprendre. Il est par contre difficile de connaître nos utilisateurs – leurs besoins, leurs préférences, leurs capacités. Qui mieux que nous est capable d’évaluer l’utilité de ces nouveaux outils pour nos usagers ? Cela implique de connaître les outils et de savoir s’en servir.
m) S’amuser : Si l’on permet aux personnels de s’amuser et d’être créatifs dans le cadre de leur apprentissage, cela peut améliorer le moral sur le lieu de travail.
n) Fournir un meilleur service à nos usagers : Si nous avons la connaissance de ces nouveaux outils, nous pouvons offrir un meilleur service à nos usagers, là où ils sont, et en utilisant leurs outils favoris (par exemple en signalant par SMS la disponibilité de références sur leurs téléphones mobiles).
o) Pouvoir dire aux services informatiques ce que nous voulons : Si nous nous sentons dépassés par des technologies web qui ne sont pour l’instant disponibles qu’en version bêta, imaginez ce que cela serait si nous avions à installer des logiciels, à protéger un réseau ou à normaliser un environnement de travail informatique. Si nous avons notre propre département informatique centralisé, alors nous devons en savoir un peu plus sur les outils que nous voulons utiliser (par exemple un logiciel pour un blog interne).
p) Nos utilisateurs professionnels doivent se tenir au courant : Dans les bibliothèques universitaires et les bibliothèques spécialisées, nos institutions exigent de nos usagers qu’ils soient à la pointe de la technologie dans leurs disciplines. Nous devons nous aussi être à la pointe pour pouvoir les aider.
q) De nombreuses interfaces sont devenues de pseudo-standards : Les outils que nous utiliserons désormais ne seront pas de vieux standards comme AACR2
(UNIMARC) ou LCSH (Rameau). Les meilleurs outils de travail évoluent et changent avec les besoins de nos utilisateurs. Nous devons acquérir une flexibilité et des compétences globales pour nous adapter à cela.
La même fonction est souvent reproduite de la même façon sur plusieurs sites. Pour comprendre les nouveaux outils web, nous devons savoir faire des choses simples comme s’enregistrer sur un réseau social, comprendre comment fonctionne le système des commentaires sur les blogs, comment évaluer des logiciels en open source, et comment bidouiller les modèles et les produits pour les adapter à nos bibliothèques.
r) On ne peut pas prédire l’avenir – l’expérimentation est une assurance : Sans boule de cristal, nous ne pouvons pas savoir avec certitude ce qui sera largement utilisé. Nous devons essayer et évaluer de nombreux services pour trouver ce qui marchera pour nos utilisateurs.
s) Les foules sont changeantes
Des outils bien établis, avec une masse critique d’utilisateurs, sont parfois préférés au détriment d’outils de bonne qualité avec des interfaces simples… et la masse critique peut changer d’avis. C’est ce qui s’est passé lorsque les utilisateurs ont migré en grand nombre de l’agrégateur Bloglines vers Google Reader. La startup anodine d’aujourd’hui peut devenir l’entreprise qui marche de demain.
t) Mieux collaborer : Les bibliothèques ont une culture du partage des ressources et des idées. Les technologies émergentes améliorent ça.
u) Expérimenter augmente les compétences : A la première sortie de Windows, le système était livré avec un jeu de solitaire. Il fallait que les gens apprennent à se servir de la souris, en l’utilisant de façon répétitive pendant plusieurs heures : la pratique du solitaire s’est avérée le moyen le plus rapide et le plus efficace pour éduquer les salariés. Certains sites apparemment inutiles nous apprennent de nouvelles interfaces.

Et elle conclut : « Les technologies émergentes changent le rapport des gens à l’information. Les bibliothécaires doivent comprendre leur fonctionnement pour pouvoir les utiliser et mieux servir leurs usagers. Les outils en ligne changent plus rapidement que ce que les programmes de formation traditionnels peuvent suivre. Il est essentiel que les bibliothécaires deviennent des apprentis permanents et se forment constamment à ces nouveaux outils.« 

[photo : fascinating_girl]

La question qui tue

3425378250_5a7640f4a3_m.jpgDorothea Salo pose une bonne question pour les bibliothécaires des BU :

« Pourquoi devons-nous faire tant d’efforts pour apprendre aux étudiants de Licence (« undergraduates« ) à utiliser des bases de données commerciales alors que la grande majorité d’entre eux n’y aura plus jamais accès une fois qu’ils auront eu leur diplôme ? »

Allez voir par vous mêmes les réponses qu’elle a obtenues, pour ma part j’y ajouterai 2 éléments :

– pour certaines disciplines (au hasard, le droit) les bases de données commerciales ont une clientèle professionnelle non négligeable : maîtriser leur utilisation est un atout pour l’étudiant en stage ou le jeune diplômé.

– par ailleurs, le plus tôt les étudiants sont familiarisés avec l’utilisation des bases de données de leur domaine, le mieux c’est, surtout pour ceux qui continueront en M – peut-être un jour ainsi ne verra-t-on plus ces étudiants de M2 qui découvrent les ressources électroniques de la BU au moment de rendre leur mémoire…

Il est clair cependant, et merci à Dorothea d’ouvrir le débat, que nous avons tendance à focaliser nos actions de formation sur les ressources payantes (question de rentabilité, légitime), aux dépens des ressources en libre accès. Or les deux ne s’excluent pas, bien au contraire, elles devraient être complémentaires. Le problème, c’est que, souvent, j’ai l’impression que les bibliothécaires se disent que « si c’est en libre accès sur internet, les usagers n’ont pas besoin de nous pour savoir s’en servir », un peu comme si ce qui se passe sur l’internet non-documentaire-et-hors-de-ma-bibliothèque ne les concernait pas.

Se pose aussi, plus prosaïquement, la question du niveau d’information et de formation desdits bibliothécaires sur ces outils là (rares sont les formations à la veille ou à l’utilisation des bases de données en formation initiale) – mais je m’égare.

Je n’oublie pas non plus le problème du temps prévu pour les formations : les interventions sur les ressources documentaires, quand elles sont intégrées dans les maquettes de formation, ne laissent guère de place à autre chose que le catalogue de la bibliothèque + les ressources électroniques de la discipline, dans le meilleur des cas.

Je garde néanmoins dans un coin l’idée de modules de formation sur les ressources en libre accès, qui me paraît pouvoir ouvrir des possibilités de collaborations entre formateurs… quoique, si ça se trouve, ça existe et je n’en sais rien : je suis preneuse des références que vous voudrez bien mettre dans les commentaires.

[photo : Sashafatcat]

Un petit conseil

1290565748_7448a210a9_m.jpg« Ne vous tournez pas vers les métiers des bibliothèques si vous n’aimez pas l’informatique. Si vraiment vous préférez les livres, optez plutôt pour la librairie ou l’édition, mais pas les bibliothèques. »

La directrice du département SIB de l’Université d’Aberystwyth, dans Shh, this is a digital library, un article du TimesOnline.
[photo : bookgrl]


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