Archive Page 12

Comparatif des revues de droit sur JSTOR vs Westlaw et HeinOnline

Pas toujours évident de s’y retrouver dans les bases qui proposent des archives de revues, notamment pour les revues de droit anglophone. On a toujours l’impression d’acheter plusieurs fois les mêmes revues, et bien sûr quand on cherche une revue qu’on croyait comprise dans tel bouquet, on s’aperçoit qu’elle n’y est pas… Avec l’aide d’un doctorant*, nous avons donc établi ce comparatif entre les ressources JSTOR, Westlaw et HeinOnline. Nous sommes partis de la liste des titres du domaine « Droit » sur JSTOR (73 titres), et nous avons cherché s’ils étaient présents sur HeinOnline et Westlaw. Si c’était le cas, nous avons ajouté la période de couverture disponible pour chaque base. Nous avons également mentionné dans quelle(s) collection(s) les titres étaient disponibles sur JSTOR.

On note 36 titres uniques sur JSTOR, et 18 titres présents dans les 3 bases ; sur ces 18, seulement 2 ont une période de couverture similaire. Juste 2 particularités : on trouve les années les plus récentes assez fréquemment sur HeinOnline, et sur Westlaw une partie des titres n’existe que pour un seul numéro, ou une sélection d’articles.

Enfin, et c’était aussi un peu l’objet de cette investigation, les collections JSTOR contenant du droit sont surtout Art & Sciences 4, et dans une moindre mesure Arts & Sciences 6 (15 titres sur 120, soit 12.5% de la collection).

Maintenant que c’est fait, je partage ici pour vous éviter d’avoir à refaire le travail. Logique, non ?

[photo : Yves.]

*Un grand merci à Wilfried Bigenwald, étudiant en thèse dans mon université, qui a effectué la majorité du travail ingrat 🙂

Stratégie numérique: la Commission lance une consultation sur un accès plus ouvert aux informations scientifiques

EUROPA – Press Releases – Stratégie numérique: la Commission lance une consultation sur un accès plus ouvert aux informations scientifiques

Bruxelles, le 15 juillet 2011 – Une consultation publique concernant l’accès aux informations scientifiques numériques et leur conservation a été lancée par la Commission européenne à l’initiative de Mme Neelie Kroes, vice-présidente de la Commission responsable de la stratégie numérique, et de Mme Máire Geoghegan-Quinn, membre de la Commission responsable de la recherche et de l’innovation. Pour concourir sur un pied d’égalité avec leurs homologues à travers le monde, les chercheurs, ingénieurs et entrepreneurs européens doivent pouvoir accéder aisément et rapidement à certaines informations scientifiques et les infrastructures numériques modernes peuvent jouer un rôle important pour ce qui est d’en faciliter l’accès. Toutefois, plusieurs défis restent à relever: les tarifs d’abonnement aux publications scientifiques sont élevés et en augmentation; le volume de données scientifiques ne cesse de croître; les résultats de la recherche doivent être sélectionnés, organisés et conservés. L’accès ouvert, défini comme un accès libre au contenu universitaire sur Internet, peut donc être utile à cet effet. Les scientifiques, organismes de financement de la recherche, universités et autres parties intéressées sont invités à transmettre leurs contributions sur la façon d’améliorer l’accès aux informations scientifiques. Cette consultation se déroulera jusqu’au 9 septembre 2011. Accéder aux connaissances et les réutiliser constituent un objectif clé de la stratégie numérique pour l’Europe et de l’initiative Une Union de l’innovation.

Il faudra juste m’expliquer pourquoi ce genre d’initiative est lancé en plein été, avec un délai de réponse si court…

Usages des outils en ligne par les bibliothécaires – 2011

Webjunction a reconduit son enquête sur les usages des outils en ligne par les bibliothécaires. Cette année pas de distinction BU/BM (il semble que les répondants travaillent majoritairement en bibliothèque de lecture publique), mais un distingo entre les usages personnels et les usages professionnels.

Curieuse photographie de cette profession tout de même, qui n’utilise jamais dans le cadre professionnel d’applications mobiles, d’outils de messagerie instantanée, d’outils de gestion de bookmarks ni de fils RSS – pour la moitié des répondants ou plus… Et qui continue à consulter quotidiennement les listes de diffusion (50%), loin devant les réseaux sociaux (23%), ces 2 outils étant utilisés quotidiennement à titre personnel pour 24% (listes de diffusion) et 46% (réseaux sociaux) des répondants.

Des attentes pour des données enrichies

« Par comparaison avec les revues et les autres formes de littérature universitaire, les livres sont bien plus couramment achetés pour un usage personnel. Si les ouvrages universitaires étaient restés les seuls vecteurs de la recherche, les bibliothèques auraient conservé une plus grande influence, mais l’explosion des acquisitions de livres pour un usage personnel a eu un impact majeur sur les attentes des lecteurs.
Apple et Amazon ont joué un rôle capital dans la façon dont les e-books sont lus… mais, plus important encore, Amazon a aussi habitué les utilisateurs à naviguer dans-  et à évaluer bien plus de métadonnées pour découvrir des titres et déterminer leur intérêt. L’expérience personnelle des utilisateurs concernant la découverte d’e-books dépasse désormais, et de loin, les ressources à la disposition des bibliothécaires pour fournir des métadonnées descriptives enrichies et de l’assistance à la recherche. Les bibliothécaires sont en train de réaliser qu’ils ne devancent pas les attentes des utilisateurs, mais qu’ils les suivent, et ce même dans leurs domaines de compétences de base. Le défi auquel les bibliothécaires doivent faire face est celui d’arriver à offrir une expérience au moins aussi riche [que celle d’Amazon] dans leurs propres environnements, mais augmentée de leur expertise dans le repérage d’outils, de contenus et d’éléments de contextualisation appropriés pour la découverte et l’évaluation d’e-books universitaires. Ces éléments de contexte devraient comprendre bien plus de métadonnées provenant des éditeurs : couvertures, extraits, critiques, évaluations, validation par les pairs, recommandations, réalisés notamment par les enseignants-chercheurs de l’institution et les experts locaux. »

How Individual Book Buying Experiences are Reshaping Academic Library User Expectations for Ebooks « InfoViews.
[photo : a440]

Symposium Koha 2011

J’ai assisté les 26 et 27 mai au 2ème symposium Koha organisé par l’association KohaLa à Lyon. Organisation remarquable, à mettre au crédit des collègues du SCD de Lyon 2 (à part la wifi qui n’a guère fonctionné, mais les collègues n’y sont pour rien). Contre toute attente*, 2 journées très riches d’interventions variées, laissant la part belle aux retours d’expériences et abordant des thématiques cruciales comme le rapport avec les fournisseurs dans le contexte du logiciel libre ou les changements organisationnels induits par le passage à Koha. Et des ateliers plus techniques (sur XSLT et SQL, et même une install party !) qui ont eu paraît-il un franc succès auprès des participants. Les diaporamas et les podcasts des journées seront bientôt mis à disposition sur le futur site du symposium, où l’on trouvera également celles de l’année passée. Juste quelques notes sur les conférences auxquelles j’ai assisté :
Travailler avec les professionnels du libre
Bon casting pour cette table ronde qui rassemblait P. Poulain pour BibLibre, R. Ganier pour Progilone et F. Aubriot pour PLOSS Rhône Alpes, animée avec pertinence par F. Elie, président de l’ADULLACT. Les points saillants que j’ai relevés :
– Le manque d’info sur les développements est un handicap pour les sociétés de services comme pour les bibliothécaires. L’exemple de mutualisation Lyon 2 / Lyon 3 / St Etienne fait figure d’exception, la plupart des bibliothèques déployées ou en cours de déploiement ne partage pas ses développements. Pour atténuer cette opacité, le mot d’ordre c’est la mutualisation : KohaLa pourrait être, sinon le lieu, du moins la caisse de résonance pour ce type d’information. L’AG de l’association qui a eu lieu en fin de journée a, du reste, validé la mise en ligne d’un annuaire des établissements déployés, enrichi de la liste des développements en cours ou prévus.
– Le manque de structuration de la communauté française : la communauté des utilisateurs est assez réduite et peine à collaborer, et l’investissement des bibliothécaires dans la communauté internationale est quasi-nul (c’est un prestataire, en l’occurrence Paul Poulain, qui fait le lien) ; on évoque la barrière de la langue, of course… mais il faudra bien définir, à un moment ou un autre, le rôle de chacun (bibliothécaires et prestataires)
– Le temps des marchés publics n’est pas adapté à l’évolution rapide des logiciels libres ; le passage du modèle de feature-based releases (on sort une nouvelle version une fois que toutes les fonctionnalités prévues sont prêtes) à une logique de time-based releases (on sort une nouvelle version selon une fréquence définie à l’avance, si les fonctionnalités ne sont pas prêtes cette fois, elles seront dans la version suivante), décidé par la communauté Koha (une nouvelle version tous les 6 mois), devrait être un atout pour les établissements. C’est toute l’économie de la maintenance des systèmes qui est en jeu derrière.
Les changements dans l’organisation du travail : Retours d’expérience du SAN Ouest Provence, des SCD de Lyon 2 et de Lyon 3
– La mise en place de Koha a induit une dynamique de « work in progress » au SAN Ouest Provence : démarche permanente d’apprentissage, d’évolution. Volonté d’être contributeurs du logiciel, et mise à disposition des ressources humaines nécessaires en informatique
– Accélération de la dématérialisation des procédures pour les acquisitions à Lyon 2, au prix d’une augmentation certaine du temps de traitement des commandes – les développements en cours pour St Etienne devraient améliorer les choses.
– Repérage de besoins en formation des personnels aux bases de l’informatique à Lyon 3 ; certaines fonctionnalités (relances, réservations, outils d’interactivité avec l’usager) soulèvent des questionnements chez les personnels et incitent à une réflexion sur une nouvelle organisation de certains services.
Des outils pour extraire des statistiques dans Koha : Birt (F. Barré, Lyon 2) et JasperReports (L. Prête, Progilone)
Birt et JasperReports sont 2 outils open source de création de rapports. Leur intérêt principal est qu’ils permettent d’agréger des données provenant de sources différentes (par exemple les prêts et les entrées) : on peut ainsi réaliser de véritables tableaux de bord pour suivre l’activité de tel ou tel secteur de sa bibliothèque. Les 2 ont une communauté d’utilisateurs assez active, Lyon 2 s’investit et proposera bientôt un mode d’emploi en français pour Birt. JasperReports peut être installé sur un serveur pour une utilisation mutualisée, Progilone développe l’intégration d’une connexion à JasperServer pour la BULAC.
Koha, d’un petit centre de doc à un grand SCD : Retours d’expérience à l’école d’architecture de Nantes (CERMA), au SCD de Lyon 2 et à la BM de Nîmes
3 établissements assez différents, qui reflètent bien la diversité des possibilités de Koha.
– Du travail mais pas de regret pour le laboratoire CERMA : malgré de nombreux problèmes de reprise de données (export manuel, pertes de liens entre les notices), le gain en ergonomie et en fonctionnalités est appréciable. Un investissement humain important est nécessaire, et beaucoup d’espoirs sont placés dans la communauté.
– Expérience positive de la coopération avec Lyon 3 et St Etienne pour Lyon 2 : les coûts ont vraiment été partagés, les compétences mutualisées, et l’organisation de formations ouvertes à tous les partenaires a permis de constituer un socle de connaissances commun. L’articulation avec des prestataires différents et des versions différentes de Koha, la difficulté de récupérer les développements des partenaires et de les intégrer dans la version de Lyon 2 constituent les principaux désagréments rencontrés ; au final le SCD a un outil qu’il maîtrise et qui représente une économie sur le long terme.
– Inscription du choix de Koha dans la stratégie informatique globale de la ville à Nîmes, avec un engagement de la DSI pour mobiliser les moyens nécessaires pour mener le projet à bien. Implication moindre de la DSI depuis le déploiement (changement de priorités), forte attente de la mutualisation avec les autres établissements pour les développements futurs.

Quelques réflexions plus globales pour terminer ce trop long billet :
– La nécessité de disposer d’un informaticien a été relevée par tous les intervenants (ce qui ne fait que renforcer une impression déjà évoquée sur ce blog) ; plus largement, la question des ressources humaines à mettre a disposition pour ce type de projet est cruciale (autour de 3-4 ETP pour les projets présentés, et cela ne semble pas suffisant)
– La mutualisation des développements est capitale : KohaLa va relancer une enquête pour constituer l’annuaire des établissements et de leurs développements évoqué plus haut.
– La synchronisation des calendriers de la communauté / des prestataires / des établissements reste une difficulté, que la publication des développements et/ou des cahiers des charges des uns et des autres permettra peut-être de contourner, au moins partiellement.

* J’avais je l’avoue quelques appréhensions : allais-je tomber en pleine convention de barbus mangeurs de pizza ou me retrouver dans une réunion Tupperware de Bisounours idéalistes ?
[photos : National Media Museum, satane]

Mon Kindle et moi

Depuis quelques semaines, je suis l’heureuse propriétaire d’un Kindle. Je me suis dit qu’il pourrait être intéressant de suivre mon parcours avec ce « nouveau » support sur ce blog.
Ergonomie, fonctionnalités
– L’encre électronique est bluffante, on dirait vraiment du papier. L’affichage est réglable : taille des polices, nombre de mots par phrase… On peut vraiment parler de « confort de lecture ».
– Le paiement n’est pas simple si on veut acheter ailleurs que dans le Kindle store : un achat qui prend moins d’une minute chez Amazon est tout simplement impossible ailleurs, en tout cas avec ma banque, qui m’impose de m’inscrire à un service plus sécurisé, moyennant l’envoi d’un code par SMS à *chaque* transaction… Heureusement qu’il y a Paypal.
– Très pratique, le chargement de documents personnels : le Kindle mange du .pdf, du .doc, du .txt, etc… pour peu qu’on ait pris la peine de convertir préalablement ses fichiers avec un outil comme Calibre, par exemple. A signaler, l’export pour Kindle disponible sur Instapaper : tous les articles « à lire plus tard » sont transférés en quelques secondes. Magique.
Contenus
– L’offre de livres en français est… comment dire ça poliment… maigre. Et nécessite, outre une certaine motivation, des qualités de fouineur bibliothécaire : il n’est pas possible de chercher par langue dans le Kindle Store, ni dans le site ereaderIQ que j’indiquais dans le dernier marché du mardi. En plus, il faut le savoir, les oeuvres en français du domaine public, qui sont gratuites dans le catalogue Amazon US, sont soumises à de la TVA si elles sont consommées en Union Européenne. J’ai fait le test : un recueil de titres de Victor Hugo, à 0$ quand je localise ma machine aux Etats-Unis, passe à 1,43$ si je suis en France.
En gratuit, on trouve des vieilleries classiques de la littérature, et encore, on se heurte parfois à des restrictions dûes au copyright. Du coup, même pour ces antiquités oeuvres du domaine public, il faut parfois chercher un peu pour récupérer le fichier qui va bien.
A un tarif abordable, il y a des daubes, mais il y a aussi des choses bien, chez publie.net par exemple ; mais on est déjà plus dans de la lecture « de découverte » (enfin si on ne lit normalement pas de « littérature contemporaine ») : l’amateur de polars, par exemple, ne retrouvera pas ses auteurs fétiches (malgré la prometteuse collection « Mauvais genres » qui démarre). Non, ceux-ci, quand ils existent en format numérique, sont vendus à peine moins cher que leur version papier brochée – dans ces cas-là, on n’achète pas, on commence plutôt à s’intéresser à l’offre non légale.
La qualité
Gratuit ou payant, cher ou pas cher, je n’ai pas encore lu d’ouvrage qui ne contienne pas au moins une faute de typographie, ou d’orthographe. Voire plusieurs sur certains textes. Ca paraît bizarre dans du tout-numérique, où on peut supposer que l’usage du correcteur orthographique est naturel. Quand je l’ai signalé sur le premier texte que j’ai acheté, l’éditeur (publie.net) a été très réactif et a mis à ma disposition une version corrigée dans les 3 heures qui ont suivi (ça c’est du service !). Après j’ai trouvé nettement moins d’erreurs, du coup j’ai laissé filer. Mais je réfléchis à une façon de faire remonter l’info à l’éditeur, parce qu’il me semble nécessaire que la qualité des livres numériques soit au moins aussi bonne que celle des livres au format papier.
Impact sur mes pratiques
Au bout d’un mois, mon appareil contient une trentaine de titres, provenant pour moitié de publie.net, la seconde moitié se partageant à part égale entre ouvrages du domaine public et articles de revues professionnelles formatés par mes soins. J’ai lu entièrement 10 documents, commencé 7. J’ai l’impression que le support favorise le « picorage », qui n’est pas dans mes habitudes de lectures ; on verra si c’est l’effet découverte ou si ça va perdurer. Je note 2 conséquences sur mes habitudes de lecture IRL traditionnelles : une baisse de la fréquentation de ma bibliothèque physique (une visite en un mois, au lieu des visites hebdomadaires – mais ce mois a été aussi riche en déplacements professionnels, alors ceci explique peut-être cela), et une hausse de mes achats de livres papier (3 en un mois), que j’attribue à la fréquentation plus assidue du site d’Amazon, mais je pense que ça ne va pas durer.

Bilan mitigé pour les ERMS

Une enquête du Library Journal sur les attentes des bibliothécaires en matière d’ERM (Electronic Resources Management systems) fait ressortir les priorités suivantes :
Gestion des workflows (suivi du cycle de vie des ressources électroniques)
C’est sans doute la partie la plus difficile à gérer : chaque établissement disposant de spécificités locales, il est difficile de faire entrer ses particularités dans les interfaces standard des systèmes du marché ; les bibliothécaires, souvent obligés de trouver des solutions de contournement, en sont moyennement satisfaits.
Gestion des licences (stockage des informations contractuelles, et diffusion des conditions d’utilisation)
Un bon point pour les solutions existantes, qui permettent toutes de dépouiller les clauses des licences, d’y faire référence et de les diffuser auprès du public, dans l’OPAC par exemple. Un bémol : l’accès aux ressources se faisant via les nouveaux outils de découverte (à la Summon) ne permet pas pour l’instant de récupérer les données de licences.
Gestion des statistiques (récupération et traitement des données)
Malgré l’adoption de SUSHI par un nombre grandissant d’éditeurs, son utilisation n’est pas universelle, et son intégration dans les outils du marché met du temps à arriver. Les bibliothécaires ont donc toujours une bonne partie des données à traiter manuellement.
Stockage des infos d’administration (identifiants d’accès à l’interface administrateur)
Un autre bon point pour la centralisation des urls, identifiants, et informations de contact qui, malgré une saisie manuelle, permet un gain de temps certain en fonctionnement courant.
Gestion des acquisitions (infos budgétaires et comptables, facturation)
C’est une demande forte des bibliothécaires, qui doivent rendre des comptes aux tutelles, et qui ne sont pas satisfaits par les outils existants. Le calcul du coût à l’usage, une analyse chronologique des dépenses s’avèrent difficiles voire impossible à obtenir. Il reste du pain sur la planche aux éditeurs de ce côté.
Interopérabilité (alimentation automatisée du système, transfert vers d’autres applications)
Gros échec pour les répondants à l’enquête du LJ que celui de l’interopérabilité. Que ce soit avec les SIGB, les résolveurs de liens ou les interfaces publiques, rien n’est intégré, la compatibilité ne va pas de soi. La faute aux standards, toujours émergents, pas encore achevés ou adoptés malgré les groupes de travail collaborant sur ces sujets. Avec pour conséquence une augmentation de la charge du travail de mise à jour, multipliée par le nombre d’outils utilisés par la bibliothèque, qui ne communiquent pas entre eux.
Du coup, beaucoup observent avec attention Web-scale management service (WMS), la solution de gestion « dans les nuages » d’OCLC, qui promet, outre la gestion des collections physiques, une gestion des accès et des modèles économiques spécifiques aux ressources électroniques. Et du coup une interopérabilité certaine entre tous ses produits…
[photo : vince viloria]

« La référence, c’est mort »

« On a besoin de gros serveurs et d’informaticiens pour les faire tourner, » selon Neiburger. « Qu’allons-nous supprimer pour pouvoir recruter un informaticien ? Nous allons « tailler » dans le personnel du service de références. La référence, c’est mort. »
Bien qu’un bibliothécaire bien formé apporte une plus-value certaine à un entretien de référence, il se trouve que l’usager d’aujourd’hui, habitué à faire ses recherches sur Google, n’en a cure, et les bibliothécaires n’arrivent pas à s’y résoudre, d’après Neiburger.
« Les agences de voyages se sont démodées parce que les gens ont eu l’impression d’avoir un meilleur accès à l’information que ce que les agences leur proposaient. Nous sommes dans une situation similaire », ajoute-t-il. Dans son rapport « Perceptions of Libraries » de 2010, OCLC soulignait que 84% des consommateurs d’informations démarraient leurs recherches avec un moteur de recherche. Aucun des répondants à l’enquête ne commençait par un site de bibliothèque.
« Les bibliothécaires doivent accepter ce fait, et y voir une opportunité, » pour Neiburger.
« Les bibliothécaires professionnels doivent être dans les coulisses, et leur temps utilisé avec discernement. Et on peut faire beaucoup d’économies en employant du personnel de qualification différente au bureau de références. » Le fait de repenser le service de référence permettra de libérer des ressources pour construire des infrastructures de stockage et employer du personnel qualifié pour les gérer.
« Cela signifie d’avoir des informaticiens qui travaillent pour vous, et pas pour vos fournisseurs, dit-il. »

Pour Eli Neiburger, directeur adjoint de la bibliothèque d’Ann Arbor et responsable des aspects informatiques, l’enjeu c’est d’avoir le contrôle des données : l’exemple donné est celui de l’accord conclu entre la sa bibliothèque et le fournisseur Magnatune, pour la diffusion de musique en ligne – téléchargeable – à ses publics. Les fichiers sont hébergés localement et diffusés sans restrictions de type DRM. Et sa solution pour obtenir les ressources humaines nécessaires pour faire tourner tout ça, c’est de mettre des « paraprofessionnels » – en France, je pense qu’on dirait des bénévoles – aux bureaux de renseignements.
Effectivement, si la permanence au bureau de renseignements se résume les 3/4 du temps à fournir une agrafeuse/un crayon/du scotch ou indiquer les toilettes/la banque de prêt/les horaires d’ouverture, on peut peut-être se poser la question.
Geeks Are the Future: A Program in Ann Arbor, MI, Argues for a Resource Shift Toward IT
[photo : warhead]

Qu’est-ce qu’un article scientifique ?

C’est le sujet d’une série de billets publiée sur le blog Journalology l’an dernier, qui propose :
– une définition, un périmètre, des objectifs What is the scientific paper 1 : observations
– un problème : les revues scientifiques What is the scientific paper 2 : what’s wrong ?
– un enjeu : l’évaluation (et les indicateurs qui vont avec) What is the scientific paper 3 : the metrics
– un enjeu : l’accès (aux contenus et aux données brutes de la recherche) What is the scientific paper 4 : access
Intéressantes réflexions sur ces questions, quoique focalisées sur la recherche en STM (sciences, techniques, médecine).
[photo : Kaare]

Le marché du mardi, n°44

DOC ELEC STUFF
– Thomson lance son probable concurrent à SciVal d’Elsevier, Research in view
– Les étudiants râlent parce qu’ils doivent traquer dans les versions papier les numéros de page des références trouvées dans les bases de données, certains seront peut-être contents d’apprendre qu’Amazon a ajouté cette fonctionnalité à ses Kindle.
– Un intéressant comparatif de 4 outils de gestion de références bibliographiques dans le dernier numéro du RUSQ
– Un autre comparatif Scopus / Web of Science Part 1, Part 2, chez Intellogist.
OPEN STUFF
OpenCourseWare Scholar : des cours en ligne du MIT, ouverts à tous – de la formation continue « first class », quoi…
– Un mini guide pour passer une revue en Open Access, par les responsables de la revue Research in Learning Technology
– D’ailleurs ça y est, la revue professionnelle College & Research libraries passe au libre accès ce mois-ci.

DIVERS STUFF
– une BU d’Hambourg catalogue des vidéos d’Helmut Schmidt sur YouTube
– Tout savoir de l’inflation pour les enseignants ? C’est possible, avec the classroom economist une initiative de la banque fédérale d’Atlanta, qui présente chaque trimestre une notion économique, avec vidéos, quizz et powerpoint à l’appui.

C’EST CADEAU, CA ME FAIT PLAISIR STUFF
– Toutes les revues en sciences de l’éducation de chez SAGE sont en accès gratuit (après enregistrement) en avril
– Une dizaine de ressources de chez Gale est en accès libre à l’occasion de la semaine nationale des bibliothèques organisée par l’ALA, du 10 au 16 avril.
– Heureux possesseurs de Kindle, vous cherchez des e-books ? ereaderIQ est fait pour vous : vous y trouverez la liste des e-books gratuits sur Amazon, mais aussi un système d’alertes pour vous avertir des baisses de prix.
[photos : roitberg]


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