Archive for the 'Doc élec' Category



19.6, jusqu’à quand ?

Dans la pratique, les budgets d’acquisition de ressources électroniques des établissements publics acquéreurs sont amputés de 19.6%, sans contrepartie. Le taux de TVA actuel appliqué aux ressources électroniques est en train de miner les budgets d’acquisitions des universités en matière de documentation électronique… Comme le dit très bien Henri Isaac : « Ce niveau de T.V.A. pénalise très fortement les budgets des Services Communs de la Documentation (S.C.D.). » Le même constat peut être élargi au niveau européen. Une étude du groupe de Francfort de 2006, étude menée par le SOFI (Institut de recherche sociologique de Göttingen) montre que la TVA freine considérablement le développement de la documentation électronique en Europe. Le rapport appuie ce constat sur deux thèses. D’une part, le poids de la TVA pèse sur la décision des bibliothèques de choisir la version  électronique pour leurs ressources. D’autre part, comme les budgets des bibliothèques européennes sont réduits à proportion de l’élévation du taux de TVA, c’est l’ensemble du développement de la production éditoriale et scientifique en Europe qui se trouve affaibli. Comparativement, d’autres pays, comme les USA, qui bénéficient d’une TVA à taux zéro sur les publications électroniques bénéficient d’un avantage compétitif. Pour le groupe de Francfort, l’abaissement du taux de TVA sur les publications électroniques pourrait être un facteur déterminant de l’accroissement de la compétitivité européenne.

Dans TVA de 19.6% sur les ressources électroniques : jusqu’à quand ?, Pierre Naegelen, responsable des ressources électroniques au SCD de Toulouse 3, fait une bonne synthèse de la question de la TVA sur la documentation « dématérialisée ». Il évoque principalement la question du livre électronique, puisque c’est celle qui fait le plus parler d’elle, mais également le reste de la documentation électronique, en attirant notre attention sur un dispositif réglementaire qui permettrait aux universités de récupérer une partie de la TVA versée pour la documentation électronique utilisée pour remplir des contrats de recherche.

Je vous laisse, je vais voir mon agent comptable…

De moins en moins

« Vu l’investissement que mettent ces éditeurs [Lamy, Dalloz, Lexis-Nexis, Lextenso, Lexbase] dans des bases de doctrine, il semblerait que « Doctrinal plus » soit de moins en moins utilisé et apprécié. Le manque d’informations relatives à la couverture exacte du produit oblige les abonnés à se tourner vers d’autres outils. Les délais d’intégration des articles sont jugés trop long entre leur date de parution et leur présence dans la base. Doctrinal plus est aujourd’hui uniquement un produit complémentaire de recherche de références d’articles, mais ne suffit plus à des recherches exhaustives. »

Ce n’est pas moi qui le dit (je ne me permettrai pas – ou alors je parlerai aussi des statistiques inexploitables, de l’absence de possibilité d’export, ou de personnalisation, des liens aléatoires vers le fulltext… Bref), mais les spécialistes de l’association Juriconnexion, qui évaluent régulièrement au sein de leur groupe de travail Juriformation les bases de données et autres produits juridiques en ligne. La fiche Doctrinal plus vient de sortir, donc.

[photo : samantha celera]

Bibliothèques et sciences : pertinence ?

Il y a eu un mini-débat, lors de la dernière conférence Science Online 2010, sur les rapports entre enseignants-chercheurs et bibliothécaires, les uns s’étonnant de la présence des autres à une conférence scientifique. Pour Dorothea Salo, bibliothécaire, le fait que les acteurs de la recherche soient si déconnectés des professionnels de l’information, que la pertinence des bibliothèque et des bibliothécaires pour la recherche soit ignorée par ces mêmes acteurs – comme s’il n’y avait pas de lien entre documentation et recherche – est extrêment inquiétant pour les BU, notamment scientifiques.

(J’ai envie d’ajouter que c’est un peu une tendance générale dans les universités, qui bien souvent relèguent sur leur site web les BU dans la rubrique « vie universitaire » ou « formation »… Du reste en France, depuis la LRU, les directeurs de SCD ne font plus partie des membres du Conseil Scientifique ni du Conseil d’Administration de l’université, ils ne participent plus qu’au Conseil des Etudes et de la Vie Universitaire. Mais je m’égare.)

Dorothea ajoute : « Je vais vous dire une chose : nous ne combleront pas le gouffre [qui nous sépare des chercheurs, ndlt] en restant derrière nos bureaux dans nos bibliothèques. Nous ne le combleront pas dans des conférences de bibliothécaires ou sur l’édition. Nous pourrons peut-être jeter des ponts par dessus ce gouffre grâce à l’électronique, mais nous n’arriverons à rien en restant dans notre coin sur nos petits sites web. »

A cela Martin Fenner, un chercheur en médecine qui s’intéresse aux questions d’édition scientifique (et qui tient le blog Gobbledygook), répond qu’effectivement, les relations entre chercheurs et bibliothécaires se sont raréfiées avec le développement des ressources en ligne, qui ont fortement diminué l’intérêt d’une visite à la bibliothèque. Et que, bien que les bibliothèques aient pris le virage internet, elles n’ont pas su saisir cette opportunité d’adapter leur offre aussi bien que certains éditeurs, qui en ont profité pour créer de nouveaux produits (il cite notamment Faculty of 1000). Résultat : le chercheur visite bien plus souvent Pubmed ou ses revues favorites que la page d’accueil de la BU. Martin propose plusieurs suggestions pour rendre le site de la BU plus attractif :

  • Fournir des outils de gestion des références bibliographiques, et l’assistance qui va avec
  • Proposer de la formation  et des tutoriels en ligne
  • Maintenir une liste à jour des publications des chercheurs de l’institution
  • Participer au dépôt de la production scientifique dans l’archive ouverte de l’institution
  • Aider les chercheurs à soumettre leurs articles pour publication
  • Permettre aux chercheurs de découvrir les nouveaux outils de travail et de communication à leur disposition

Rien de ce qui est dans cette liste ne me choque, bien au contraire : je pense que c’est vers ce type de service que nous devons nous orienter pour faire de la bibliothèque une véritable valeur ajoutée pour l’université.

[photo : Nic’s events ]

Economies(bien) cachées

« EBSCO est déjà la seule ressource qui permette aux bibliothèques de proposer à leurs usagers un accès en ligne à la plupart des grandes revues généralistes, et nous savions que si nous ne garantissions pas les contenus dont il est question ici, les clients d’EBSCO se verraient dans l’obligation de souscrire des accès via un second agrégateur. Au lieu de cela, les bibliothèques font des économies, puisque cet accord d’exclusivité leur évite de dupliquer les abonnements pour des ressources en texte intégral. On peut comprendre que cela agaçe Gale, mais la réalité est que cette société a elle aussi eu la possibilité de faire les investissements nécessaires pour assurer une exclusivité de diffusion à ses clients. [mais elle n’a pas remporté l’appel d’offres, ndlt] Il va d’ailleurs être intéressant de voir sir Gale va proposer des réductions substantielles à ses clients actuels, maintenant qu’elle n’a plus à payer les droits pour les revues les plus importantes. »

Extrait de la réponse d’Ebsco à la lettre ouverte pour un accès juste à l’information adressée par son concurrent Gale, suite à l’annonce de l’accord d’exclusivité conclu entre une trentaine de revues et Ebsco.

[photo : g_cowan]

Dépenser plus pour consulter moins

Deux annonces qui auront sans doute des conséquences douloureuses pour les bibliothèques et, partant, pour leurs usagers :

– Le New-York Times va retenter l’expérience de l’accès payant : après 2 essais qui ont tourné court faute de lecteurs, le NYT se donne l’année 2010 pour mettre au point un modèle économique et technique qui tienne la route pour 2011. L’idée, c’est de créer une source de revenus complémentaires à ceux de la publicité. D’après les rumeurs, un certain nombre (non encore défini) d’articles serait accessible librement, ensuite, une fois le quota atteint, l’internaute serait invité à souscrire un forfait (« a fee ») pour accéder à la totalité des contenus. Le public visé est bien celui des grands lecteurs du journal – seront-ils prêts à payer, à l’instar de ceux des grands quotidiens économiques (WSJ ou FT) qui ont déjà choisi cette voie ? L’enjeu est également technique : en l’absence de solution universelle, il va falloir composer avec la diversité des modes de connexion (IP, identifiants, vpn…) – comment faire entrer les usages de type bibliothèque dans tout ça ? Comment préserver l’accès public à l’information ?

– Un groupe d’éditeurs de revues et magazines généralistes vient d’accorder l’exclusivité de leur diffusion à Ebsco via la plateforme Ebscohost, c’est en tout cas ce qui a été annoncé lors de la conférence d’hiver de l’ALA la semaine dernière. Je n’ai pas encore vu de liste officielle, mais une quinzaine de titres circule, parmi lesquels Time, Forbes, Harvard Law Review, History today – les autres bases y donnant accès actuellement vont devoir les retirer de leurs plateformes. Un monopole de plus dans l’édition électronique, direz-vous – à juste titre. Qui vient assombrir les possibilités de négociation des bibliothèques, tout comme l’ont fait les premiers contrats de type « big deal » en leur temps. Et qui est d’autant plus gênant qu’Ebsco se pose ici en tant qu’agrégateur (des contenus de plusieurs éditeurs différents) : concrètement cela veut dire une diversité moindre dans l’offre de contenus, et une augmentation probable du coût de l’accès aux bases de données qui proposeront ces contenus exclusifs, histoire de permettre à Ebsco de rentrer dans ses frais (qui ne doivent pas être triviaux, vu la mauvaise santé financière de la presse généraliste). La concurrence s’organise : déjà, Gale a publié une lettre ouverte aux bibliothécaires pour les alerter sur ces pratiques douteuses, et réaffirmer que eux, lorsqu’ils ont répondu à l’appel d’offre des éditeurs, n’ont jamais parlé d’exclusivité…

Le problème se pose différemment de ce côté-ci de l’Atlantique : là-bas, les bibliothèques publiques achètent aussi bien de la doc électronique de niveau recherche que des ressources grand public, ici les BU gèrent la pénurie en privilégiant les ressources de niveau recherche et en rognant sur tout ce qui n’est pas lié aux thématiques de leur université… enfin, j’ai l’impression. Peut-être que je me trompe, et peut-être, par exemple, que l’offre de magazines de Cairn va remporter un grand succès ; j’attend de voir.

[photo : MyEyeSees]

Comment se lisent les articles en 2010 ?

Martin Fenner dans ce post sur Gobbledygook se penche sur les pratiques de lecture des articles scientifiques, et sur leur évolutions probables :
– la version imprimée : c’est le support dont la consultation est la plus satisfaisante (en terme de typo et de mise en page), mais le mode d’accès plus délicat : il nécessite d’avoir un abonnement personnel, ou d’aller lire à la bibliothèque, qui parfois n’a plus que des accès en ligne. Ou l’éditeur ne produit plus de version imprimée.
– la photocopie : à réserver aux articles anciens (qui n’existent pas en ligne)
– l’impression de pdf : c’est le mode de lecture le plus courant de nos jours, mais sans doute pas le plus écologique (on garde la copie numérique et on jette l’impression, voir l’item suivant)
– la lecture de pdf à l’écran : utilisée pour vérifier la pertinence du document avant l’impression, et pour en consulter des extraits. Le pdf est de plus en plus stocké à des fins d’archivage. Exemples : Papers pour le stockage et un petit nouveau, Utopia, pour des pdf enrichis.
– la lecture sur support mobile : même si la plupart des smartphones ouvrent des pdf, ce format n’est pas adapté pour une lecture optimale sur les petits écrans ; à réserver aux tables des matières.
– la lecture sur liseuse (ou livrel) : a priori elle y est confortable, le problème se pose surtout du côté de l’offre de contenus : peu de revues sont présentes, et les modèles tarifaires ne sont pas fixés.
– les pages web : au lieu de tenter de reproduire ce qui se fait sur le papier, enrichir l’article des avantages du web : navigation à l’intérieur du contenu (vs lecture linéaire de bout en bout), apports externes (commentaires, discussions dans des blogs, citations, etc), annotations… – Exemples : PLoS ONE, Article of the future chez Cell Press.

L’article n’aborde pas la question des disciplines (il  parle des articles scientifiques en général), mais il est intéressant de noter que les pratiques ne divergent pas fondamentalement entre sciences « dures » et SHS – on aurait pu croire les scientifiques plus utilisateurs de contenus enrichis ou de lecture web, par exemple. A revoir quand une masse critique de ces contenus aura été atteinte (pour l’instant on en est au stade expérimental).

[photo : postalectrice]

Marronnier

1438051057_7789bc8c40_m.jpgCa n’a échappé à personne, c’est la rentrée… Et avec elle le nouveau tirage de l’incontournable brochure REPERE, dont nous venons, comme la plupart des autres BU, de recevoir 300 exemplaires. Une bonne surprise dans cette livraison 2009, le chapitre consacré à l’exploitation de l’information, qui aborde aussi bien la gestion des références bibliographiques, la gestion des signets que la citation, la veille ou le plagiat. Je reste toujours un peu perplexe sur la finalité de cette opération : la brochure me semble trop complexe pour des étudiants ou des enseignants en dehors des sciences de l’info, mais bon…

Quoi que : hasard de l’actualité, je viens de lire les dernières brèves de l’UNJF, et du coup j’ai une suggestion pour donner plus d’impact au travail d’analyse et de recensement fait pour cette brochure : pourquoi ne pas créer, à l’instar de la rubrique « les outils de recherche sur internet spécifiques au domaine scientifique », une rubrique sur les ressources numériques pour les sciences juridiques ? Il pourrait être judicieux ensuite de la proposer au comité éditorial de l’UNJF : cela leur éviterait de mettre en référence sur tous les cours en ligne de la plateforme cet article consacré aux Bases et banques de données juridiques et économiques d’A. Maximin, paru dans le BBF certes, mais en 1981…

[photo : annia316 ]

Lextenso, chapeau !

3723898102_a371dcb38d_m.jpgDans l’épisode précédent, je me lamentais sur la piètre qualité de service de la base juridique Lextenso, qui ne communiquait pas avec ses usagers, ne demandait pas leur avis aux bibliothèques et proposait des fonctions inaccessibles aux usagers desdites bibliothèques. Bien m’en a pris : quelques jours et un passage sur la liste Juriconnexion plus tard, j’ai été contactée par Jean-Philippe Pinsar, directeur de la production chez Lextenso, qui a pris le temps de répondre à mes objections et demandes d’explications, rapportées ici :

  • JPP : Il est possible de créer des dossiers dans lesquels on peut classer les documents, avec une identification par adresse email individuelle, donc y compris pour les bibliothèques (hé oui nous pensons aussi à vous et aux étudiants)

MD : Excellente nouvelle ! Mais comment y accède-t-on ? Nous sommes plusieurs à avoir cherché, sans succès, la façon de se créer un compte. Et l’aide ne nous a pas été d’un grand secours. Je suis preneuse d’un mode d’emploi ou d’instructions, ça me permettra d’expliquer la démarche aux étudiants.

JPP : Pour définir un compte personnel (y compris donc pour les institutions en reconnaissance d’adresse IP), il faut cliquer sur « sauvegarder votre personnalisation » (même si l’on a effectué aucune personnalisation), et renseigner son adresse email ; par la suite, en renseignant cette adresse email, vous récupérerez la personnalisation de l’interface, mais aussi les dossiers et requêtes préenregistrées et donc la gestion de ces derniers. Nous avons conscience de l’ergonomie imparfaite de ce système que nous viendrons corriger dans les prochaines semaines.

  • JPP : On peut enregistrer les documents sur le support de votre choix (certes en passant par la fonction « imprimer », pas celle du navigateur)

MD : Tiens, c’est vrai, mais dans ce cas, pourquoi ne pas appeler la fonction « enregistrer ou imprimer » ? N’ayant vu qu’une fonction « imprimer », je ne suis même pas allée voir plus loin…

JPP : Pour ce qui est de l’appellation de la fonction « enregistrer / imprimer », nous prenons bonne note de votre suggestion et y donnerons la suite utile.

  • JPP : On peut en outre faire un lien très facilement vers le document en question et copier ce lien où bon vous semble d’ailleurs (la permanence des URL n’est pas si fréquente)

MD : J’ai vu ça après coup, voilà une valeur ajoutée hautement appréciable.

  • JPP : Il est par ailleurs injuste de dire que nous ne consultons pas les bibliothèques, vous devez savoir que nous sommes notamment en discussion avec Couperin et que la mise en place de Shibboleth est programmée pour le second semestre de cette année, en étroite collaboration avec Couperin …
MD : Non, je ne le savais pas : qui me l’aurait dit ? Couperin ne nous communique les infos que lorsque les négociations sont terminées. [ou en tout cas suffisamment avancées]

JPP : Concernant Shibboleth, nous attendons un feu vert de Couperin ; nous avons demandé à ce que l’on nous désigne une université « pilote » pour mettre en place le procédé […] – quand on nous pose la question, nous répondons bien volontiers, mais nous n’allons pas claironner que nous sommes prêts sur ce sujet tant que nous ne le sommes pas. Nous faire le procès d’ignorer les demandes en la matière est cependant injuste.

  • JPP : Pour la modification d’URL et les configurations réseau de nos clients, notamment des bibliothèques, il y a tant de cas de figure qu’il nous est impossible de tout prévoir.

MD : D’où l’intérêt de communiquer en amont avec nous, afin que nous puissions repérer les problèmes éventuels et vous les faire remonter rapidement… Je sais que vous n’avez pas les moyens de vos concurrents, mais dans ce cas un simple mél anonçant le changement de plateforme et récapitulant les nouvelles fonctionnalités aurait suffit.

JPP : Enfin, je précise qu’à plusieurs reprises, la lettre de diffusion de Lextenso mentionnait le changement prochain d’interface.

Et ma conclusion : « J’apprécie le fait que vous ayez pris le temps d’apporter des réponses aux inconvénients que je soulevais dans mon billet : je m’aperçois qu’en fait vous avez fait évoluer votre plateforme dans le bon sens, et que certains des reproches que l’on pouvait adresser à l’ancienne version sont corrigées dans celle-ci. Visiblement de simples modifications de terminologie (plus de clarté dans vos intitulés : mettez un lien clair vers « créer un compte », changez « Imprimer » en ‘Imprimer ou enregistrer ») suffiraient à améliorer grandement l’ergonomie de la plateforme pour l’utilisateur final. Merci d’avoir échangé sur le sujet, l’ouverture que montre ainsi Lextenso envers ses clients est fort agréable face à l’autisme de certains de ses compétiteurs. »

[photo : francis bourgouin]

JSTOR, trop fort

2632797541_89cafc568b_m.jpgJSTOR est une organisation a but non lucratif dont la principale mission consiste en la numérisation rétrospective d’articles de revues scientifiques, et ce à des fins de conservation et de consultation. Près de 1200 revues, issues de plus de 600 éditeurs, font partie de ce projet. Les articles sont organisés et commercialisés sous la forme de collections thématiques définies ; le modèle tarifaire s’appuie sur un droit d’entrée (qui couvre les frais de numérisation) la première année, auquel s’ajoute ensuite un abonnement annuel (il existe également des abonnements pour les anciens élèves, les « alumni »). Plus de 5500 établissements sont abonnés à une ou plusieurs collections. Cette ressource a pris assez tôt le virage 2.0 ; en effet, elle est présente sur Facebook [page officielle (+ de 38 000 fans), appli de recherche, plus d’une trentaine de groupes, dont JSTOR lovers, I heart JSTOR (+ de 500 membres), I love JSTOR, JSTOR saved my ass, JSTOR appreciation…], sur Twitter, sur YouTube. Côté fonctionnalités, une recherche à facettes est annoncée pour le mois de juillet…

Cette démarche ouverte se poursuit avec JSTOR Showcase, véritable vitrine des projets en cours autour des données et des fonctionnalités de la base, dans laquelle on trouve notamment
Data for Research
: il s’agit d’un outil d’analyse visuelle des résultats des recherches faites sur le corpus de la base. Représentations graphiques, nuages de mots, analyse des citations… Je trouve que ça illustre bien l’idée de faire plus travailler les données (« make the data work harder ») à notre disposition. Il y a aussi une carte animée des usages, la présentation d’un projet d’outil d’annotation collaborative et celle d’un projet de conservation des catalogues de vente.

J’en déduis que les bases de données figées, aux fonctionnalités basiques, non évolutives, ne sont pas une fatalité.

[photo : cosmonautirussi]

Paper is over

108977189_13521d853e_m.jpgL’American Chemical Society, LA société savante de référence dans le domaine de la chimie, productrice d’une trentaine de revues spécialisées et de la base incontournable Chemical Abstracts, a laissé filtrer l’info : à partir de 2010, elle abandonne la diffusion au format papier de la presque totalité de ses revues. Les quelques revues maintenues (dont la revue phare Journal of the Americal Chemical Society) vont être reformatées pour coûter encore moins cher – à produire et à distribuer, s’entend ;-). Cette décision, motivée par la demande des utilisateurs par de l’électronique, accessible partout et tout le temps, est conforme à la logique suivie par la société, qui s’était illustrée il y a quelques mois en étant la première à baser son modèle tarifaire sur les statistiques de consultation des revues – conduisant quelques universités, dont la mienne, à arrêter leur abonnement. Paradoxe : plus on consulte, plus c’est cher – que faire ? Instaurer des quotas ? Favoriser le pay-per-view pour sensibiliser chercheurs et labos aux coûts ? Ce serait peut-être un bon moyen de les amener à regarder ailleurs – du côté de l’Open Access par exemple…

[photo : spike55151]


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